Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas la Cité internationale universitaire de Paris – ce vaste campus situé dans le 14e arrondissement qui accueille 12 000 étudiants et chercheurs du monde entier – sachez qu’outre ses 40 maisons (Argentine, Italie, Japon, Inde…) ses équipements sportifs, sa bibliothèque, ses restaurants, elle abrite également un grand théâtre ! J’ai eu le plaisir d’être conviée mercredi 20 mai à la présentation de la saison automne-hiver 2015/2016. Ici, pas de grande messe avec présentation au micro et écran géant, l’équipe du théâtre privilégie des rencontres conviviales en petit comité favorisant le dialogue et les échanges entre les participants. Nous étions une petite vingtaine mercredi dernier (enseignants, directeurs d’institutions culturelles…), confortablement installés dans le bar chaleureux et coloré du théâtre !
Quelques lignes en préambule pour évoquer le lieu si singulier et encore largement méconnu à mon sens ! Le Théâtre de la Cité a été construit en 1936 en même temps que la Cité internationale universitaire. Il a connu, sous l’égide d’André Malraux, une première période d’activité dans les années 60/70. Mais c’est surtout à partir de 1991 que le Théâtre de la Cité prend son envol grâce à l’attribution d’un budget et d’une mission par le Ministère de la Culture : offrir un espace et une vitrine à la jeune création contemporaine et accueillir les nouvelles formes du spectacle vivant. La programmation devient alors plus variée, plus exigeante et croise les disciplines.
« Aujourd’hui, l’esprit du lieu reste fidèle aux valeurs de la Cité, me confie Héloïse Lecomte, chargée de communication web du Théâtre de la Cité: prôner la mixité, le brassage des cultures, l’ouverture à tous les publics et à toutes les disciplines artistiques. In fine, nous cherchons à questionner le monde, la société à travers des spectacles variés, audacieux, éclectiques. Surprendre notre public encore et toujours ! ». Ainsi, spectacles de chant, danse, théâtre, marionnettes, cirque, performances scéniques…sont programmés toute l’année et le public (majoritairement extérieur à la CIUP) répond présent : près de 80% de taux de remplissage en 2014. A noter, une belle initiative mise en place par le théâtre : les spectateurs sont invités à la fin des spectacles à partager leurs impressions (bonnes ou mauvaises !) dans un livre d’or sonore : à découvrir ici ! En 2014, le Théâtre de la Cité internationale a proposé 20 spectacles et quatre festivals, totalisant ainsi 196 représentations et délivré plus de 32 700 billets. Au fil des décennies, telle une pépinière, le Théâtre de la Cité a fait découvrir de nombreux collectifs et/ou compagnies qui ont pu connaître par la suite de jolis succès dans les plus belles salles parisiennes (Théâtre de la Ville, La Colline, …).
Au-delà des représentations, le Théâtre de la Cité est un lieu de vie, de partage et d’échange qui accueille également des artistes en résidence, propose des ateliers/rencontres avec les artistes, des stages de théâtre pendant les week-ends,…Le lieu dispose, il est vrai, de beaux espaces : trois salles de spectacles, rassemblées dans une même aile de la Maison Internationale : la Coupole (418 places), qui a bénéficié de travaux de rénovation en 2004, la Galerie (230 places) et la Resserre (144 places).
Le décor planté, place à la programmation théâtrale, très riche cette saison ! Trois pièces ont retenu mon attention :
Du 12 au 25 octobre 2015 / Quoi par Marc Vittecoq / compagnie « La vie brève ». Un spectacle très interactif qui interroge des thématiques sociétales (politique, travail, argent, nation, famille…) à travers différentes « variations » scéniques (théâtre documentaire / forum / pédagogique, performance, film, photo,..) et cherche à montrer au plus près la société actuelle.
Du 7 au 15 décembre 2015 / La petite communiste qui ne souriait jamais. Lecture musicale extraite du roman éponyme de Lola Lafon qui connut un beau succès critique et public en 2014. Entre lectures et chansons, Lola Lafon relate le destin miraculeux de la jeune Nadia Comaneci, icône de l’ancienne Europe communiste.
Du 7 au 22 décembre 2015 / En attendant Godot par Yann-Joël Collin par Yann-Joël Collin / compagnie « La nuit surprise par le jour ». Une nouvelle version de la pièce cultissime de Beckett qui inclut les spectateurs au cœur du dispositif scénique: le public est invité à attendre Godot comme les comédiens… !
Les rendez-vous sont pris ! A bientôt au Théâtre de la Cité …
THÉÂTRE DE LA CITÉ INTERNATIONALE
17 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Merci à Héloïse Lecomte, chargée de communication web du Théâtre de la Cité Internationale, pour l’organisation de cette rencontre.

Accueil du théâtre

La Coupole – Crédit Mario Pignata Monti

La Resserre – Crédit Mario Pignata Monti

Le bar du théâtre

La Coupole – Crédit Laure Vasconi

La Galerie – DR

Rencontre avec l’équipe du théâtre le 20 mai
Salle comble comme à chaque représentation. Buenos Aires, Buenos Aires… embarquement immédiat. La sirène du paquebot retentit et sonne le départ de la représentation du Joueur d’échecs, de Stefan Zweig, et mis en scène par Steve Suissa.Très vite, sur le pont, Francis Huster habillé d’une gabardine beige apparaît, et sans plus attendre, va nous livrer avec son talent si singulier le récit d’une partie d’échecs aux allures particulières et pour laquelle il incarnera tous les personnages.



Est-ce parce que je n’ai jamais travaillé en open space que je me suis tant ennuyée au spectacle de Mathilda May jeudi dernier ? La pièce rencontre un très gros succès public et critique depuis un an mais grosse déception me concernant ! Plantons le décor : la pièce raconte la journée de travail de 6 employés de bureau, 3 hommes et 3 femmes, qui évoluent dans un open space. On y retrouve l’employé ambitieux beau gosse qui en fait des tonnes, la secrétaire effacée et complexée qui en pince pour le premier, la workaddict alcoolique, le réservé qui a été mis au placard, le patron dictatorial qui fantasme sur la secrétaire mais se fait tyranniser par sa femme… Pendant 1 heure trente, s’enchaînent les mini évènements qui font le quotidien d’une journée de travail avec les contraintes connues d’un open space : bruit, promiscuité, manque d’intimité, épiement, …Tout cela aurait pu donner un très bon spectacle sauf que le parti-pris artistique réside dans le fait que les comédiens (tous excellents par ailleurs) ne s’expriment que par borborygmes, onomatopées, bruitages. Du coup, là où on aurait pu s’attendre à une lecture fine et assez subtile de la thématique « relations au travail », on assiste, faute de dialogue, à un enchaînement de tableaux – interprétés, chantés ou dansés – tous plus caricaturaux les uns que les autres, à la limite du grotesque : celui qui sautille tel un cabri pour aller la photocopieuse et se trémousse façon gogo-dancer, la machine à café en panne qui fait le bruit d’un moteur à réaction, le réparateur qui répare ladite machine tel un torero plantant ses dernières banderilles, la tentative de suicide d’un des salariés dans l’anonymat général, la workaddict qui sort au vu de tous sa bouteille de whisky, etc., etc… Que c’est lourd ! A se demander si on est dans un bureau ou un music-hall. A moins que ce soit l’objectif de grossir le trait. Peut-être, dans tous les cas, je suis passée à côté, même si le spectacle ne manque pas d’atouts : un très bon casting de comédiens, quelques scènes très bien chorégraphiées, une jolie bande son et un décor ultra soigné. Bref, si vous aimez l’humour burlesque à la Monty Python, allez-y. Sinon….



Dès la première réplique, j’ai compris. J’ai compris que j’allais vivre un moment de théâtre unique qui resterait longtemps gravé dans ma mémoire. Et pas seulement dans la mienne, j’en suis certaine, mais dans celle des 150 spectateurs venus découvrir « Des fleurs pour Algernon » mercredi dernier au théâtre du Petit Saint-Martin. Nous avons, je crois, tous été suspendus aux paroles d’un comédien exceptionnel qui n’a pourtant pas bougé de sa chaise pendant 1 heure et 20 minutes.
Après Le Joueur d’échecs, Éric-Emmanuel Schmitt a choisi pour ce printemps d’adapter un nouveau texte de Stefan Zweig avec la pièce 24 heures de la vie d’une femme. Une deuxième mise en scène signée également Steve Suissa. 24 heures inoubliables, où le brasier de la passion s’enflamme faisant fi de la raison, des conventions et de la morale sociale. Passion du jeu mais aussi de l’amour.



Albertine Sarrazin. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Moi non plus. Jusqu’à la semaine dernière où je suis allée découvrir une pièce qui lui est dédiée. Parce qu’Albertine Sarrazin a existé et sa destinée aussi furtive que lumineuse, tragique qu’incandescente a marqué la France des années 50. 


C’est à un rythme effréné que le public va suivre Gérard Galvan (Olivier Saladin), futur grand professeur, mais pour l’heure encore interne, aux urgences du CHU Postel-Couperin.
Courte chronique destinée à toutes celles et ceux qui auraient envie de faire découvrir les grands classiques à un jeune public ! Si tel est votre projet, je vous conseille d’aller applaudir les spectacles de la compagnie Colette Roumanoff, qui a élu résidence au théâtre Fontaine dans le 9ème. Née au début des années 1990, la compagnie poursuit sans relâche un seul objectif : être au service des plus beaux textes du répertoire classique (Molière, Corneille, Racine,..) à travers une mise en scène pédagogique, accessible, ludique à destination du plus grand nombre, grands et petits. J’avais eu le plaisir de
Paris, 1927. En sortant de la Closerie des Lilas, Samuel Beckett, 21 ans, croise le chemin d’un clochard qui, sans raison, le poignarde. Beckett est transporté à l’hôpital Tenon, il a la plèvre transpercée. Guéri, il tient à revoir son agresseur qui a été arrêté. Il lui demande « Pourquoi m’avez-vous poignardé ? » Le clochard cherche une réponse puis finit par dire : « Je ne sais pas, monsieur ». Ce fait divers, qui marqua profondément le jeune Beckett, a peut-être été à l’origine d’En attendant Godot.







Cinq jours après être allée voir Dialogues à Fables au Théâtre de La Comédie Saint-Michel, j’ai rencontré Valentin Martinie, son metteur en scène. L’occasion d’un bel échange autour de sa passion du théâtre et de la vocation de son spectacle que je voulais partager avec vous.
Quels sont vos auteurs ou livres préférés ?
Vous jouez avec Florian Spitzer…
Vous avez fait le choix d’une mise en scène minimaliste. Pourquoi ?
Merci Valentin. Une dernière question : avez-vous un rêve autour du théâtre ?