« Notre ambition ? Créer un festival de qualité, populaire et accessible » François de Mazières, maire de Versailles depuis 2008, a créé il y a trente ans Le Mois Molière, un festival de théâtre et de musique qui transforme … Lire la suite
« Notre ambition ? Créer un festival de qualité, populaire et accessible » François de Mazières, maire de Versailles depuis 2008, a créé il y a trente ans Le Mois Molière, un festival de théâtre et de musique qui transforme … Lire la suite

♥♥♥♥ Madame C, aristocrate écossaise, veuve et un peu désœuvrée, croise par hasard lors d’une soirée au casino de Monte-Carlo un jeune joueur polonais dont l’allure et l’expressivité du comportement la fascinent. Cette étrange rencontre ne durera que vingt-quatre heures qui la bouleverseront pendant des années… Son récit / confession lui permettra de se libérer de son passé pour reprendre le cours de sa vie d’avant, une vie solitaire et sans surprise.
24 heures dans la vie d’une femme de Stefan Zweig (1927) est le récit d’une passion foudroyante, qui voit soudain le destin d’une bourgeoise basculer dans une aventure amoureuse intense et un tourbillon de passion pour tenter de sauver un homme addict aux jeux de hasard. Mais la rédemption est-elle toujours possible voire désirée par celui qu’elle éprend ?
L’adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig par Anne Martinet est à la hauteur de l’écriture ciselée de l’auteur. La mise en scène très épurée de Juan Crespillo est ponctuée d’un éclairage mesuré. Une bande sonore restitue les bruits environnants : une salle de jeu, une pluie battante, le souffle de l’homme endormi… Divers objets, meubles et vêtements parsèment des touches d’ambiance des années 1930 : une radio vintage, un salon de jardin rétro… et un imperméable kaki.. Le moindre détail est soigné.
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♥♥♥♥Après Clôture de l’amour (succès mondial après sa création au Festival d’Avignon en 2011), il fallait une certaine audace pour s’attaquer à un nouveau règlement de comptes au couteau – et réussir à en tirer une matière aussi brûlante. Pascal Rambert, dramaturge de l’intime et des fractures relationnelles, reprend ici une partition d’une précision redoutable : après le couple, deux sœurs face à face, et trente ans de haine et d’amour qui explosent en pleine lumière. Ceux qui connaissent son écriture – cette langue qui frappe à hauteur d’homme, sans fioritures ni pitié – reconnaîtront immédiatement sa marque de fabrique. Les autres risquent d’être saisis d’emblée par la violence de la première réplique.
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♥♥♥ Un peu paumée, Pauline Caupenne, 20 ans, décide de partir vivre à Chennai (Madras), en Inde, pour donner un sens à sa vie, s’initier aux pratiques spirituelles hindouistes… et mieux se connaître afin de se trouver. Arrivée là-bas, elle devient par hasard actrice à Bollywood dans un film en télougou, l’une des principales langues de l’Inde du Sud ! Son nom de scène : Polin Misha. La chance de sa vie ? Oui, mais… entre émerveillement, errances spirituelles, questions existentielles et désillusions, elle découvre que l’exil ne suffit pas à se réinventer.
Deux décennies plus tard, Pauline Caupenne raconte son exil indien, avec ses joies et ses déboires. Elle interprète plusieurs personnages (père, mère, imprésario, vieux monsieur, astrologue…) avec beaucoup de réalisme et d’humour en mélangeant plusieurs arts de la scène : théâtre, danse et chant. S’y ajoutent des extraits du film dont elle sera l’actrice principale. « Les images qu’on voit dans le spectacle sont réelles, filmées il y a vingt ans en pellicule. Je les ai toujours gardées. […] Dans le film, c’était du télougou. Je ne l’ai pas appris : je récitais en phonétique, sans comprendre un mot. J’étais doublée ensuite et dans le spectacle, c’est du tamoul. »
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Depuis 2006, le Théâtre des Béliers Avignon participe au Festival Off : « Il y a vingt ans, nous arrivions dans cette impasse. C’était excentré mais la salle était belle et il y avait possibilité d’en créer une deuxième. Nous sommes toujours là, vingt ans plus tard. Depuis vingt ans… 340 spectacles ! Nous recevons tous les autres pour notre anniversaire, les talents d’aujourd’hui et de demain. […] Et merci à vous le public, si fidèèèèèle ! »
Coup de théâtre était présent pour la présentation officielle de sa programmation 2026. En fond sonore, l’enregistrement du chant des cigales avignonnaises. Le Festival Off se tiendra du 4 au 25 juillet.
Cette année, le Théâtre des Béliers Avignon reçoit 18 spectacles (par ordre alphabétique). Coup de Théâtre en a chroniqué trois (bientôt quatre). Parmi eux, plusieurs de nos coups de cœur.
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♥♥♥♥ Dans son studio de cinéma, George Méliès (1861-1938), cinéaste et magicien, est en manque d’inspiration, il pense mettre la clé sous la porte. C’est alors qu’il reçoit la mystérieuse visite du romancier Jules Verne (1828-1905). Cette rencontre lui donne une nouvelle impulsion créatrice : Georges Méliès tourne avec son équipe sous nos yeux émerveillés trois courts-métrages : De la Terre à la Lune, Voyage au centre de la terre et Vingt Mille Lieues sous les mers. Illusion des fonds marins et des cratères de la Lune, fusées et monstres de tous ordres… Les trois des plus beaux voyages imaginés par Jules Verne à travers le regard du magicien du cinéma Georges Méliès. Un régal !
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♥♥♥♥ Pour nous raconter Une histoire du théâtre – de la tragédie grecque à la fresque sociale en passant par le drame shakespearien – un dialogue s’ordonnance entre deux passionnés de politique et de théâtre : (la voix originale de) Philippe Tesson (1928-2023), journaliste de presse écrite, chroniqueur de radio, critique de théâtre… et directeur du Théâtre de Poche et Christophe Barbier, journaliste-auteur-comédien, un des piliers du Théâtre de Poche. Un dialogue complice rétroactif, « plus vivant que nature » composé et mené sur le vif par Christophe Barbier, s’engage…
« Dans les recoins des bibliothèques et les replis de sa mémoire de spectateur, il [Philippe Tesson] déniche, il dépoussière, pour mettre sous nos yeux quelques moments essentiels de 2 500 ans de théâtre. » Débute « une promenade érudite pour devenir une exploration téméraire et inédite […]. » en reprenant les enregistrements de Philippe Tesson pour l’émission de France Culture (2010) créée sur l’initiative du journaliste Matthieu Garrigou-Lagrange.
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♥♥♥♥ De ses treize ans jusqu’à son dernier souffle, dans l’indifférence absolue, elle s’est abîmée, perdue et niée. Par amour pour lui, croit-elle. Mais qu’est-ce qu’un amour qui n’a pour écho que le silence ? « Je n’ai rien de toi. Plus d’enfant, pas un mot, pas une ligne, pas de place dans ta mémoire. Pourquoi ne mourrais-je pas volontiers, puisque pour toi, je n’existe ? » Et pourtant l’histoire qu’elle confie à cet homme aujourd’hui est la sienne, celle de son amour absolu gardé secret pour lui « qui jamais ne l’aura connue ». De son obsession aussi. L’obsession de lui. L’histoire de celle qu’elle est devenue : une femme qui s’est volontairement effacée aux yeux du monde au fil des années qui se sont écoulées. Ne pas exister dans son regard à lui, c’était pour elle n’exister dans celui de personne.
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♥♥♥♥ Il y a des spectacles que l’on admire depuis son fauteuil… et puis il y a ceux que l’on découvre de l’intérieur, là où la magie prend véritablement vie. La semaine dernière, j’ai eu la chance rare de pénétrer dans les coulisses du mythique Roi Lion au Théâtre Mogador. Une visite privilégiée, quelques heures avant l’arrivée du public, qui m’a permis de mesurer l’ampleur du travail titanesque caché derrière l’un des spectacles les plus grandioses de la scène parisienne et internationale qui a captivé plus de 110 millions de spectateurs depuis sa création en 1997.
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♥♥♥♥ Entrer dans la ronde avec Pierre Rigal, c’est découvrir la force d’entraînement du collectif, cette énergie qui naît de l’écoute et de la confiance entre les corps. Le chorégraphe, qui aime décloisonner les pratiques scéniques pour abolir la limite entre le public et le spectacle, s’intéresse ici aux liens entre danse et flux collectif. Il réunit huit interprètes comme « aspirés, entraînés dans un flux de déplacement, de rythmique et d’endurance ». Ce qui frappe d’emblée, c’est la connexion permanente entre les membres de la ronde : ils sont souvent reliés par leurs mains, mais aussi par leurs regards et leurs sourires, dans une sorte de communion joyeuse. La ronde, Pierre Rigal l’a bien compris, est une figure populaire, une force de fraternité et de vie – le plaisir retrouvé d’être ensemble.
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