
♥♥ Il y a cette petite vie, routinière, mesquine, étriquée, silencieuse, soumise. Et il y a cette autre vie, ces autres vies, rêvées, fantasmées, folles, démesurées, qui crient la passion, la vitesse et l’espace. Aksenty Ivanovitch Poprichtchine, discret fonctionnaire de Saint-Pétersbourg, vit seul avec sa domestique Mavra. Ses amours comme ses ambitions sont contrariées par ses maladresses et son éternelle distraction. Pour tenter d’échapper à sa condition de petit fonctionnaire, il s’invente une autre existence. Débute alors son envol vers une intense sensation de liberté qui le précipitera aux abords de la folie.
Cette adaptation de la nouvelle Journal d’un fou de Nikolaï Gogol, où se mêlent théâtre, danse et musique, soulève « des questions essentielles sur l’identité, l’humanité et la société trouvant des échos en chacun de nous. […] Elle met en lumière l’expérience de la banalité de la vie et celle de la soif de vivre comme une urgence, comme un dépassement de sa condition. Elle est aussi un cri de révolte contre la soumission, l’absurdité et la cruauté de la bureaucratie comme de la société de classes. Par la musique, le mouvement, la poésie, la rêverie, les craintes et la violence, l’homme, seul face à son destin, métamorphose son ordinaire dans un jeu de ‘‘tempéraments’’, pour atteindre l’extase ou la folie, là où se côtoient petites et merveilleuses choses du quotidien, et grandes et terrifiantes questions existentielles. Pourquoi Bach, Rameau ? Pour le dépouillement de cette musique qui revient à une mise à nu de l’âme. […] une musique qui chante le banal comme l’extraordinaire […] » (Orianne Moretti)
L’adaptation du Journal d’un fou est une ode à la rêverie autant qu’à la révolte de chacun face à ses conditions de vie, rêverie qui mènera le pauvre Poprichtchine jusqu’à l’internement en asile psychiatrique.
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