
♥♥♥♥(♥) Encore jeune garçon, Guillaume pense qu’il est une fille. Du moins se comporte-t-il comme tel, ce qui n’est pas pour déplaire à sa mère qui ne manque pas une occasion d’entretenir la confusion. « Le premier souvenir que j’ai de ma mère, c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes frères et moi, en disant ‘‘Les garçons et Guillaume, à table !’’ et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : ‘‘Je t’embrasse ma chérie’’ ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. »
Au fil d’un texte touchant et drôle, Guillaume Gallienne (sociétaire de la Comédie-Française) dresse l’autoportrait d’un jeune garçon perdu, sujet d’une confusion sexuelle troublante. Confronté à un entourage peu compréhensif, il en vient à s’interroger sur sa propre identité. Sans en avoir l’air et avec beaucoup de dérision, Guillaume brouille les pistes, entretient le trouble, s’amuse de cette fragilité, rend hommage à la féminité. Surtout, il donne un bon coup de pied dans la fourmilière familiale parce qu’il ne revendique rien d’autre que sa propre différence et son propre droit au bonheur.
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