LA NUIT DES MOLIÈRES 2026 

La 37e Nuit des Molières s’est tenue ce lundi 4 mai au théâtre des Folies Bergère. Animée par Alex Vizorek, la soirée a été retransmise sur France TV. 

Depuis 1987, Les Molières saluent chaque année les artistes et les spectacles les plus remarquables (ou remarqués) de la saison, réunissant tous les genres et tous les théâtres, publics comme privés.

Voici la liste des lauréats. Pour découvrir nos chroniques, cliquez sur les titres en rouge.

Molière du théâtre privé

Le Procès d’une vie
de Barbara Lamballais, Karina Testa
Mise en scène Barbara Lamballais
Théâtre Le Splendid

Molière du théâtre public

I will survive
de Jean-Christophe Meurisse,
Les Chiens de Navarre
Mise en scène Jean-Christophe Meurisse

Molière de la comédie

Fin, Fin et Fin
De Lancelot Cherer
Mise en scène Lancelot Cherer
Théâtre Lepic

Molière du spectacle musical

La Cage aux folles
de Jerry Herman, Harvey Fierstein
D’après Jean Poiret
Mise en scène Olivier Py
Théâtre du Châtelet

Molière de l’humour

Alex Lutz
dans Sexe, grog, et rocking chair
D’Alex Lutz
Mise en scène Tom Dingler

Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé

Jérôme Kircher
dans Amadeus
De Peter Shaffer
Mise en scène Olivier Solivérès

Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé

Josiane Balasko
dans Ça, c’est l’amour
De Jean Robert-Charrier
Mise en scène Julie-Anne Roth

Molière de la création visuelle et sonore

La Petite Boutique des horreurs
de Alan Menken, Howard Ashman
Mise en scène Valérie Lesort, Christian Hecq
Scénographie Audrey Vuong
Costumes Vanessa Sannino
Lumière Pascal Laajili
Théâtre de la Porte Saint-Martin, Opéra-Comique

Molière du seul-e en scène

Les Frottements du cœur
avec Katia Ghanty
De Katia Ghanty
Mise en scène Éric Bu
Atelier Théâtre Actuel

Molière du jeune public

Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit
de Johanna Boyé, Elisabeth Ventura
Mise en scène Johanna Boyé
Comédie-Française

Molière du comédien dans un spectacle de théâtre public

Laurent Lafitte
dans La Cage aux folles
De Jeny Hennan, Harvey Fierstein
Mise en scène Olivier Py

Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre public

Elsa Lepoivre
dans Hécube, pas Hécube
De Tiago Rodrigues
Mise en scène Tiago Rodrigues

Molière du metteur en scène dans un spectacle de théâtre public

Joël Pommerat
pour Les Petites Filles modernes
De Joël Pommerat

Molière du metteur en scène dans un spectacle de théâtre privé

Samuel Valensi et Paul-Éloi Forget
pour Made In France
De Samuel Valensi et Paul-Éloi Forget

Molière de la révélation féminine

Marina Pango
dans Le Chant des lions
De Julien Delpech et Alexandre Foulon
Mise en scène Charlotte Matzneff

Molière de la révélation masculine

Lancelot Cherer
dans Fin, Fin et Fin
De Lancelot Cherer
Mise en scène Lancelot Cherer

Molière du comédien dans un second rôle

Laurent Stocker
dans Les Femmes savantes
D’Emma Dante
D’après Molière
Mise en scène Emma Dante

Molière de la comédienne dans un second rôle

Jeanne Arènes
dans Le Procès d’une vie
De Barbara Lamballais et Karina Testa
Mise en scène Barbara Lamballais

Molière de l’auteur-rice francophone vivant-e

Barbara Lamballais et Karina Testa
pour Le Procès d’une vie

Molière d’honneur

Muriel Robin

Félicitations à tous les lauréats des Molières 2026 !

Le regard d’Isabelle

ROSY ET MOI. 274 JOURS– FESTIVAL SENS, MOIS MOLIÈRE & FESTIVAL OFF AVIGNON 2026

♥♥♥♥(♥) ​​Valentine a 21 ans, une énergie débordante et des projets plein la tête. Entourée d’un grand-père qu’elle adore, de parents tumultueux mais aimants, l’avenir semble lui appartenir. Jusqu’au jour où tout bascule. Plutôt que de s’enfondrer, elle choisit le mouvement : partir 274 jours à l’autre bout du monde. Randonnée sac à dos sur les sentiers de Nouvelle-Zélande, retraite d’un mois dans un monastère bouddhiste en Birmanie, puis les steppes de Mongolie à cheval en compagnie de Rosy, présence invisible mais omniprésente. Mais qui est cette Rosy ? C’est le surnom que Valentine a donné à sa maladie, qui la menace d’une paralysie partielle ou totale : la sclérose en plaques (appelée plus communément SEP). Durant ce voyage, Valentine va tenter de retrouver l’équilibre corporel et mental que la SEP fragilise. Objectif atteint : Valentine découvrira sa force intérieure et la nécessité d’accepter de vivre une vie indissociable de Rosy.

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LE RAPPEL DES OISEAUX – FESTIVAL SENS & FESTIVAL OFF AVIGNON 2026

♥♥ Il y a cette petite vie, routinière, mesquine, étriquée, silencieuse, soumise. Et il y a cette autre vie, ces autres vies, rêvées, fantasmées, folles, démesurées, qui crient la passion, la vitesse et l’espace. Aksenty Ivanovitch Poprichtchine, discret fonctionnaire de Saint-Pétersbourg, vit seul avec sa domestique Mavra. Ses amours comme ses ambitions sont contrariées par ses maladresses et son éternelle distraction. Pour tenter d’échapper à sa condition, il s’invente une autre existence. Débute alors son envol vers une intense sensation de liberté qui le précipitera aux abords de la folie. 

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UNE FEMME À LA MER – FESTIVAL SENS & FESTIVAL OFF AVIGNON 2026

♥♥♥♥(♥) Octobre 2011. Alors qu’elle n’est même pas en course, Florence Arthaud fait une chute, aussi absurde que brutale, du bateau sur lequel elle navigue tranquillement en solitaire. Précipitée au milieu de la nuit dans une eau à douze degrés, à quinze milles marins de la côte la plus proche et sans aucun moyen de prévenir les secours, elle sait que ses chances d’en réchapper sont quasi-inexistantes…

Adaptée du livre Cette nuit la mer est noire, de Florence Arthaud en collaboration avec Jean-Louis Bachelet (Éditions Arthaud/ Flammarion) par Jean-Benoît Patricot, Une femme à la mer est le récit haletant et spectaculaire d’une navigatrice dans sa lutte acharnée pour survivre au cours des longues heures qui ont suivi sa chute.

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NAGE LIBRE – STUDIO HÉBERTOT

♥♥♥♥ Pour rappel historique, « le club sportif juif Hakoah (force, en hébreu) fut fondé en 1909, les juifs n’étant plus acceptés dans les autres clubs sportifs de Vienne. En 1938, quelques jours après l’Anschluss, il fut dissous par les nazis, ses installations furent confisquées, son palmarès effacé, le nom même d’Hakoah fût interdit en 1941, pendant que dirigeants, joueurs et salariés étaient pourchassés, assassinés ou déportés. »

Nage libre éclaire le destin de trois nageuses de ce club. Juives autrichiennes, elles ont été destituées de tous leurs titres par le IIIe Reich, dirigé par « le peintre en bâtiment » (Adolf Hitler), pour avoir refusé de participer aux Jeux olympiques de 1936. Face à un antisémitisme grandissant, elles sont forcées à l’exil. Après cinquante-neuf ans d’errance, elles se retrouvent à Vienne en 1995, invitées par la Ville pour la restitution des prix sportifs aux juifs viennois – un geste rendu possible par l’entrée de l’Autriche dans l’Union européenne. Rachel, émigrée à New York, Hannah, à Buenos Aires et Esther, à Tel-Aviv, reviennent ainsi sur les lieux de leur jeunesse pour la restitution de leurs médailles et pour nager une dernière fois dans la piscine de leurs débuts, l’Amalienbad. Leurs retrouvailles se font autour d’une coupe de champagne dans le cabaret viennois Hölle (L’Enfer) où elles avaient leurs habitudes autrefois, dans l’Autriche nazie. Un énigmatique M. Lust (Nicolas Struve) les y accueille.

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L’OGRELET – THÉÂTRE ESSAÏON (jeune public)  

♥♥♥♥ C’est la rentrée pour ce petit de 6 ans qui vit avec sa maman dans une maison perdue au milieu d’une forêt sauvage et hostile. Il est même heureux de découvrir l’école. Il a les jambes d’un homme, certes, et son hérédité lui imprime de drôles d’envies, mais « Dans l’héritage on n’est pas obligé de tout prendre ! » et celui de l’ogrelet, mi-ogre mi-humain, n’est pas simple, entre un père défaillant et monstrueux, et une mère protectrice et omniprésente, va-t-il réussir à surmonter les trois épreuves d’un difficile et tumultueux apprentissage ?

Dans une mise en scène évocatrice, célébrant l’émancipation, Christophe Laparra orchestre avec humour et pertinence le combat contre « l’ogreté », soit « le désir maladif et irrépressible de dévorer de la chair crue d’enfants ». Au-delà de sa force poétique, le très beau texte de Suzanne Lebeau, nourrit de fécondes réflexions sur le sens de la liberté et des relations filiales : « […] La pièce de Suzanne Lebeau, L’Ogrelet, […] traite de l’apprentissage d’un enfant qui, découvrant ses origines d’ogre héritées de son père, va chercher, en passant trois épreuves, à dépasser sa propre nature monstrueuse afin de devenir humain, se libérer de cette filiation et prendre de la distance avec sa mère trop protectrice. […] Le texte met en lumière la dangerosité des désirs non canalisés : les siens, ceux de ses parents et de tous en général. Il rappelle combien les meilleures intentions, comme celle de la protection maternelle, peuvent se révéler castratrices et destructrices lorsqu’elles proviennent de pulsions névrotiques inconscientes de la part de la personne qui les dispense. Il traite de la notion fondamentale d’émancipation de l’enfant qui passe par une nécessaire transcendance de soi et des siens. Il apprend, à travers le douloureux apprentissage d’un enfant, qui devra passer et réussir plusieurs épreuves, qu‘il faut reconnaître ses origines, les accepter et les dépasser afin d’acquérir sa propre liberté. » (Christophe Laparra)

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À PROPOS DU FESTIVAL OFF AVIGNON 2026…

Ce jour, Coup de théâtre assistait à la conférence de presse autour de la 60e édition du festival Off Avignon, qui se tiendra du 4 au 25 juillet 2026.

Lorsqu’André Benedetto présente sa pièce Statues en 1966 en marge du Festival d’Avignon, alors dirigé par Jean Vilar, il invente sans le savoir le Off. Né d’un espace de création spontanée, le festival Off Avignon est aujourd’hui le premier festival de spectacle vivant pluridisciplinaire en France par le volume de spectacles programmés, de compagnies et structures de production participantes, de spectateurs et de professionnels de la filière qu’il rassemble chaque année en juillet.

La journée du 14 juillet sera exclusivement consacrée à célébrer l’anniversaire du festival Off Avignon. Elle sera l’occasion de raconter le Off à travers des trajectoires singulières qui font la mémoire individuelle et collective de cet événement culturel.

L’édition 2026 proposera 1 780 spectacles, dont 27 % de créations et 35 % de premières participations. La programmation est marquée par la prédominance du théâtre (58 %) et la place importante de l’humour (20 %) sans oublier la musique, la danse, le cirque, l’art de la marionnette et l’art de la parole.

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L’ART D’AVOIR TOUJOURS RAISON – THÉÂTRE TRISTAN-BERNARD

♥♥♥♥ L’Art d’avoir toujours raison s’annonce comme l’un des grands succès de cette saison 2026, et l’on se presse au Théâtre Tristan-Bernard, obligé de jouer les prolongations, pour découvrir cette comédie satirique et mordante à souhait sur la communication politique. Co-écrite par Sébastien Valignat et Logan de Carvalho, de la compagnie Cassandre, qui axe son travail sur les formes dramatiques documentées, la pièce se présente comme une formation destinée à toutes celles et ceux qui souhaitent apprendre à gagner des élections. Et nos deux comédiens-formateurs de décortiquer avec un humour décapant toutes les ficelles et manipulations du langage politique. Incisif, mordant et au passage très éclairant, on a ri aux larmes !

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30e ÉDITION DU MOIS MOLIÈRE – VERSAILLES, JUIN 2026

Depuis trente ans, le Mois Molière marque le lancement de la saison des festivals. Pour de nombreuses compagnies, c’est un véritable tour de chauffe avant le Off d’Avignon. Incubateur de talents depuis 1996, le Mois Molière transforme Versailles en grande scène à ciel ouvert, sur différents sites, du 30 mai au 30 juin 2026.

Le programme de la 30e édition du Mois Molière nous a été présenté lors d’une conférence de presse par François de Mazières, maire de Versailles, créateur et programmateur du Mois Molière.

Voici les spectacles chroniqués précédemment ou prochainement par Coup de théâtre programmés au Mois Molière 2026 :

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LES JUSTES – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE – MOIS MOLIÈRE ET FESTIVAL OFF AVIGNON 2026

♥♥♥♥ Moscou, 17 février 1905. Quatre terroristes du Parti socialiste révolutionnaire préparent un attentat contre le grand-duc Serge, oncle du tsar Nicolas II, qui gouverne Moscou depuis onze ans. Ivan Kaliayev, dit le « Poète », tiraillé entre sa soif de justice et son respect de la vie, est chargé de lancer la bombe fabriquée par Dora. Surgit un événement inattendu qui menace de faire échouer l’attentat et qui provoque au sein du groupe un séisme existentiel…

« Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites », rappelle Albert Camus. « À travers un dilemme cornélien (sacrifier ou non des enfants) qui tourmente et déchire les protagonistes, Albert Camus nous confronte à la question de la violence au nom de causes supérieures de justice et d’humanité. […] Dans un monde violent où la sérénité du débat public est en péril et où un nouveau terrorisme fait des ravages, il est bon de se réinterroger avec Camus sur les vertus de la mesure, de se replonger dans son humanisme farouche, serviteur de l’Homme dans sa complexité et ses paradoxes, sans jamais renoncer à la possibilité du progrès », confie Maxime d’Aboville. Metteur en scène du spectacle, il a réduit la distribution à quatre comédiens de la Compagnie Les Fautes de Frappe, « jouant parfois deux personnages opposés, pour mettre en valeur ce faisceau de trajectoires morales contraires, moteur de la dramaturgie des Justes ».

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