
♥♥♥♥ Paris, 1750. Marie du Deffand, femme d’esprit et figure majeure des salons parisiens où se côtoient gens de lettres et gens d’esprit, voit sa vue décliner. Elle choisit comme lectrice Julie de Lespinasse, jeune femme brillante et ambitieusemais fille illégitime de son frère, bien des portes lui sont fermées. Entre admiration et rivalité, se joue dans l’antichambre de son salon l’éternel conflit entre les anciens et les modernes.
Dans une langue à l’élégance cruelle, Jean-Claude Brisville nous transporte au 18e siècle dans l’ambiance feutrée d’un réputé salon parisien afin d’assister à une joute orale brillante qui se révèlera par bien des atours un effroyable duel moral. La plus âgée comme la plus jeune s’avèrent, l’une comme l’autre, aussi impitoyables par leur esprit vif et leur langue acérée.
La mise en scène de Tristan Le Doze d’une belle sobriété est une réussite, donnant aux idées les plus avant-gardistes une place privilégiée au cœur de l’intrigue : les courants de pensée révolutionnaire de Voltaire et Diderot, la création de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, la place des femmes… Le propos – un régal pour l’esprit, une arme blanche pour le cœur – fait résonnance avec nos temps actuels. Un regret : ne jamais entendre les voix des philosophes derrière les murs de l’antichambre, cela aurait donné plus de vérité à la situation. Quant au jeu des comédiens – Céline Yvon, Marguerite Mousset (jolie voix) et Rémy Jouvin, il est d’une justesse étonnante, il excelle en tous points.
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