LÉGENDE D’UNE VIE – LE LUCERNAIRE

AFFICHE Légende dune vie♥♥ L’effervescence règne dans la maison des Franck pour la présentation publique de la première œuvre de Friedrich, fils du célèbre poète Karl Amadeus Franck, véritable légende portée aux nues par son épouse et sa biographe, Clarissa von Wengen. Écrasé sous le poids de cette figure paternelle, terrifié par le regard sans pitié des bourgeois et intellectuels de la haute société, Friedrich ne supporte plus de devoir suivre les traces de ce père vénéré de tous. C’est alors que la vérité lui est enfin dévoilée : Karl Franck n’a jamais été ce grand homme que le monde connaît. La partie obscure et basse de son être a volontairement été cachée… Lire la suite

LA PEUR – THÉÂTRE MICHEL

la-peur-affiche-webnew♥♥♥ Années 50, un appartement cossu quelque part en Europe. Irène et Fritz, semblent filer le bonheur parfait. Lui avocat pénaliste, elle au foyer, parents de deux jeunes enfants, confort bourgeois. Mais derrière les apparences, Irène, en proie à une certaine solitude, trompe son mari avec un jeune pianiste Edouard. Jusqu’au jour où elle se fait surprendre par l’étrange compagne de son amant qui souhaite la faire chanter. Commence alors une traque obsessionnelle pour Irène dont le dénouement dépassera tout ce qu’elle aurait pu imaginer….

Tiré d’une nouvelle de Stefan Zweig, « La Peur » est un huis clos amoureux construit comme un thriller qui questionne les thèmes du mensonge, de la fidélité, de la conscience et de la relation de couple. Et c’est peut-être le (seul) bémol : l’intrigue, centrée autour des tourments intérieurs du personnage d’Irène, m’a semblé manquer d’épaisseur et tirer en longueur. Fort heureusement, l’ensemble est bien compensé par le soin apporté à la mise en scène élégante et très cinématographique d’Elodie Menant, bien rythmée, haletante qui tient le spectateur en haleine jusqu’au dénouement final. A noter également l’esthétisme  des costumes, maquillages, lumières, décors qui plonge le public dans un univers très « hitchcockien » extrêmement séduisant. Côté interprétation, mention spéciale à Aliocha Itovich, vraiment impeccable dans le rôle de Fritz. Helène Degy, ravissante comédienne, offre une partition plus inégale dans le rôle d’Irène, même si elle apparaît très convaincante dans les scènes de confrontation et de désespoir. Au final, un spectacle de belle facture qui a déjà séduit les spectateurs d’Avignon en 2014. 

Signé Elisabeth

LA PEUR

Théâtre Michel, 38 rue des Mathurins, 75008 Paris (métro Saint-Lazare, Madeleine)

Du jeudi au dimanche à 19h

Jusqu’au 31 décembre 2016

Crédit photo : Karine Letellier 

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LE JOUEUR D’ÉCHECS – THÉÂTRE RIVE GAUCHE

vz-bf92a559-25c2-4e20-8602-48dbd37a56acSalle comble comme à chaque représentation. Buenos Aires, Buenos Aires… embarquement immédiat. La sirène du paquebot retentit et sonne le départ  de la représentation du Joueur d’échecs, de Stefan Zweig, et mis en scène par Steve Suissa.Très vite, sur le pont, Francis Huster habillé d’une gabardine beige apparaît, et sans plus attendre, va nous livrer avec son talent si singulier le récit d’une partie d’échecs aux allures particulières et pour laquelle il incarnera tous les personnages.

Mirko Czentovicn, champion du monde des échecs, est monté à bord. Les photographes mitraillent. Informés de sa présence, les passagers se bousculent. Certains rêvent de disputer une partie avec lui et iront jusqu’à l’amadouer en le rétribuant financièrement. Mirko Czentovicn accepte et joue et rejoue à l’ennui quand « M. B. » intervient, volant au secours du « narrateur » et d’un bourgeois fortuné, perdus tous deux dans le déplacement de leurs pions. Ouverture : 1. e4 c6 ; 2. c4 d5 … une partie finira par s’engager entre l’arrogant Czentovicn et ce mystérieux passager autrichien qui s’affronteront devant une assemblée médusée et contre toute attente. Au-delà du langage des échecs, c’est celui de la psychologie humaine dans une Europe livrée aux nazis qui est étudiée, analysée sur le jeu de l’échiquier de la vie. Au fil de la partie, le « narrateur » décrypte pourquoi tel un cavalier cloué sur sa case par un fou, « M. B. » se sent attaqué, capturé jusqu’à ne pouvoir se déloger d’un passé. Échec à la vie… 

Pour que ce texte ne soit pas perdu dans les flots de l’Histoire, Francis Huster se donne et nous souffle avec subtilité et finesse ce merveilleux texte de Stefan Zweig, alors que détruit psychologiquement par la guerre – il se suicidera –, il livrait combat pour une conception européenne de la civilisation et contre la barbarie.  

Troisième vague d’applaudissements… Francis Huster ressurgit des coulisses, se pose dans un silence de deux secondes, frotte son front de son index et là, un tantinet incommodé par une émotion qu’il masque mal derrière des mots qu’il maîtrise habituellement si parfaitement, indique s’adresser aux jeunes. Concentré sur sa pensée, son émotion en reste néanmoins palpable… en direction de toute la salle, il invite à relire ou découvrir les textes de Stefan Zweig mais aussi d’autres relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Enfin, il se lâche et exprime avec indignation la raison pour laquelle il se tient encore devant nous. Non Staline n’est pas un grand homme comme l’aurait déclaré, ces derniers jours, lors d’une visite officielle, le président russe Poutine à la chancelière allemande Angela Merkel. 

Pour que la barbarie puisse être échec et mat…

 LE JOUEUR D’ÉCHECS 

Théâtre Rive Gauche, 6 rue de la Gaîté, 75014 Paris 

Jusqu’au 29 août 2015

Crédit photos : Fabienne Rappeneau

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24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME -THÉÂTRE RIVE GAUCHE

24H DE LA VIE D'UNE FEMME avec Cl+®mentine CELARIE (Th+®+ótre Rive-Gauche - Paris 14+¿me) - Visuel HD d+®finitifAprès Le Joueur d’échecs, Éric-Emmanuel Schmitt a choisi pour ce printemps d’adapter un nouveau texte de Stefan Zweig avec la pièce 24 heures de la vie d’une femme. Une deuxième mise en scène signée également Steve Suissa. 24 heures inoubliables, où le brasier de la passion s’enflamme faisant fi de la raison, des conventions et de la morale sociale. Passion du jeu mais aussi de l’amour.

Sous le ton de la confidence, Clémentine Célarié nous livre les écueils et les sentiments d’une aristocrate anglaise, veuve, égarée dans l’univers surfait des casinos à Monaco, et qui se lancera à corps perdu pour sauver du suicide un jeune homme polonais de 24 ans, anéanti pour avoir tout perdu dans les jeux de hasard.

Empathie, compassion ?… amour ?…  ou rencontre de deux êtres éperdus de sens, magnétisés par l’énergie l’un de l’autre ? Que ressortir d’une telle aventure ? Comme une pelote de laine où le fil à tirer s’entremêle dans des nœuds qu’on a peine à tirer, les sentiments et l’histoire se dénouent doucement. Chacun, tapi dans son fauteuil, est renvoyé à lui-même dans des arcanes de sa vie qu’il n’oserait peut-être pas révéler. 

Sous le feu des projecteurs qui reflètent les couleurs de la vie, de la mort et de l’absolue… Clémentine Célarié sort d’un fauteuil dans lequel elle s’était installée et s’avance tantôt vêtue de blanc, tantôt de noir, parfois gantée en rouge, sous un plafond de voiles blancs. Elle rejoint le joueur (Loris Freeman), terré dans un mustisme et trouvera les mots pour lui. Côté mise en scène, des techniques audiovisuelles nous  transportent sous la pluie, dans le vent, dans les gares, sur la route, dans une église… 

Tout au long de la pièce, Clémentine Célarié s’engouffre dans les failles de la passion et nous raconte avec émotion parfois jusqu’aux larmes les dédales de cette aventure passée qui l’a définitivement transformée et ne l’a plus quittée.

« Ne plus avoir peur de soi, c’est enfin vivre ! », conclura la pièce. Une pièce à dévorer, au Théâtre Rive Gauche, pour les passionnés du jeu, de l’amour, de la vie ou du théâtre.

24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME 

Théâtre Rive Gauche, 6 rue de la Gaîté, 75014 Paris

Du mardi au vendredi à 21h
Le samedi à 19h ou 21h
Matinée le samedi à 17h

Jusqu’au 29 août 2015

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