VOTRE MAMAN – THÉÂTRE DE L’ATELIER

VOTREMAMANAffiche♥♥♥♥ Dans une maison de retraite, la maman reçoit les visites quasi-quotidiennes de son fils. Atteinte d’Alzheimer, tantôt elle le reconnaît, tantôt elle le confond avec le directeur de la maison médicalisée où elle est la seule résidente à marcher sur ses deux fémurs. Ces visites sont souvent semées de malentendus qui font naître des répliques aussi percutantes qu’absurdes jusqu’au jour où on lui annonce que sa mère a disparu… Lire la suite

L’ÉVEIL DU CHAMEAU-THÉÂTRE DE L’ATELIER

eveil-du-chameau-affiche♥♥ Maryse a des principes : elle ne supporte pas que sa fille de 18 ans attende un enfant d’un jeune homme, Simon, qui s’est fait la malle. Pour Maryse, Simon doit faire face à ses responsabilités. Elle va donc résolument rendre visite au père de ce dernier, Mickaël, pour le contraindre à jouer son rôle de père en incitant Simon à assumer le sien.

Sauf que Mickaël n’a jamais reconnu ce fils qu’il a eu par accident, et n’a pas vu grandir. Il refuse les obligations morales qu’on lui oppose et qu’il a toujours fuies. Et lui, n’a aucun principe !

Comédie de Murielle Magellan dont l’intrigue est traitée avec une grande banalité. Ici ou là des bonnes répliques qui font sourire tout au plus. Les apartés un rien hystériques de Barbara Schulz ralentissent le rythme d’une mise en scène d’Anouche Setbon sans surprise. Valérie Decobert a bien du mal à trouver sa place. Par contre, coup de chapeau pour l’interprétation de Pascal Elbé et au joli décor signé par Oria Puppo.

Bref, on peut passer son chemin, rien de vraiment remarquable à retranscrire. Le chameau ne nous a pas éveillé.

Le regard d’Isabelle

L’ÉVEIL DU CHAMEAU

Théâtre de l’Atelier, 1, place Charles Dullin- 75018 Paris – Téléphone : 01 46 06 49 24 (Métro Pigalle ou Anvers).

Jusqu’au 31 décembre, du mardi au vendredi à 21h – samedi à 17h30 et 21h.

Trois exceptions : le jeudi 8 décembre à 19h, le samedi 24 décembre à 19h (pas de matinée), le samedi 31 décembre à 21h (pas de matinée).

Crédits photos : Chantal Depagne Palazon et Hugo Cohen

OLD TIMES – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14576061753787Hélas, 1h20 d’ennui presque total devant « Old Times » actuellement à l’affiche du théâtre de l’Atelier, pourtant l’une des pièces les plus célèbres et les plus jouées du dramaturge anglais. Rien n’y a fait ! Les minutes ont été longues, très longues devant ce huis clos oppressant qui évoque les chassés-croisés amoureux d’un couple avec une jeune femme troublante dans une maison de campagne anglaise au bord de mer. Une succession de monologues prétentieux, d’une totale vacuité et au final difficiles à suivre, une mise en scène insipide et vraiment à l’économie (les trois comédiens ne font que passer d’un canapé à l’autre et longer les murs – le dépouillement a ses limites), un casting très inégal (si Marianne Denicourt et Emmanuel Salinger tirent leur épingle du jeu, Adèle Haenel m’a semblé jouer extrêmement faux de sa première à sa dernière réplique et « plomber » complètement la pièce). Bref, quelques spectateurs sont partis, des ricanements ont fusé, des applaudissements timides et beaucoup de visages fatigués à la sortie. ..Je n’étais pas la seule à être malheureusement très déçue.  

Le point de vue d’Elisabeth 

OLD TIMES

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Crédit photo : Pascal Victor/ArtComArt

OLD TIMES (Benoit GIROS) 2016

 OLD TIMES (Benoit GIROS) 2016

OLD TIMES (Benoit GIROS) 2016

 

TRAÎNE PAS TROP SOUS LA PLUIE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

TRAINE PAS AfficheChaque soir, Richard Bohringer réinvente, retrace toute une vie d’écriture, de passions, d’amours et de tendresse. Un voyage au pays de sa mémoire, un road-movie dédié à l’Afrique, aux amis morts ou vivants, aux femmes, à l’alcool, aux errances. Tel un boxeur sur le ring, l’émotion à fleur de peau, il nous fait voyager au travers de ses propres textes, dans cette atmosphère que lui seul sait créer. Entre chaque texte, l’improvisation a toute sa place.

Seul en scène entre un lutrin et une chaise bistrot, à fleur de peau et la voie rocailleuse, Richard Bohringer nous livre ses textes bruts de style. Univers de la nuit, de la création artistique, des amours, des amitiés, de l’alcool… Le public découvre une plume, une sensibilité, une humanité. Certes… Mais suit-il réellement toutes les digressions de ses pensées ? Là est la question. 

Par contre, les intermèdes entrecoupant ses lectures ravivent l’attention de tous les esprits, découvrent avec tendresse, générosité voire humilité sa vie intime – son épouse, sa fille, ses amis, ses voyages – et les affres de son existence  – ses ivresses, ses errances, sa maladie. 

Un moment de bonheur simple pour tous ceux qui reconnaissent à Richard Bohringer un talent d’auteur et d’acteur ; pour les autres, la rencontre d’un homme écorché face au miroir d’une vie en puzzle, homme ivre de mots pour vivre encore quelques poignées d’années car « Si à vingt ans on veut mourir, à presque soixante-dix on veut rester. » 

Le regard d’Isabelle 

TRAÎNE PAS TROP SOUS LA PLUIE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris. 

A partir du 8 mars 2016 pour 30 représentations exceptionnelles. 

Relâche les 17 et 18 mars.

Du mardi au samedi à 19h00

Crédit photo : Alain Rousseau

TRAINE PAS Richard Bohringer Photo Pupitre libre de droits  (c)Alain RousseauTRAINE PAS Richard Bohringer Photo couleurs libre de droits (c)Alain Rousseau.jpg

AH ! LE GRAND HOMME – THÉÂTRE DE L’ATELIER

GRAND HOMME AfficheDes comédiens (connus ou moins connus) sont convoqués par un metteur en scène légèrement fumeux et un sous-directeur un peu dépassé. Ils ont pour mission de rendre hommage au grand Jean Vilar le soir même sur scène…

« Ah ! Le grand homme » de Pierre et Simon Pradinas se veut une farce débridée, un haut délire en couleurs, à la gloire des grandes figures du théâtre.

Tous les comédiens – Yvan Le Bolloc’h, Jean-Jacques Vanier, Jean-Luc Porraz, Stéphan Wojtowicz, Aurélien Chausade, Jean-Pierre Malignon et Serena Reinaldi – campent merveilleusement bien leurs personnages. La caricature du milieu artistique et la rivalité entre comédiens sont bien vues. Mais le jeu est trop lent pour faire mouche. Sans doute est-ce la faute de la mise en scène de Panchika Velez jamais en accord avec la farce délirante qui nous est annoncée. Il faut attendre plus d’une heure pour entrer dans le vif du sujet et voir enfin s’exprimer le talent et l’humour des comédiens… C’est long. Trop long. « Ah ! Le grand homme » : un grand dommage.

Le regard d’Isabelle

AH ! LE GRAND HOMME

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h

Relâche exceptionnelle le jeudi 21 janvier 2016

Crédit photo : Christopher Vootz

 

J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14471684491307Si vous aimez le théâtre, réservez vite vos billets pour cette pièce programmée jusqu’au 3 janvier 2016 au théâtre de l’Atelier. C’est un énorme coup de coeur personnel ! Les critiques plus élogieuses les unes que les autres sont venues consacrer « J’avais un beau ballon rouge » mis en scène par Michel Didym et je m’y associe pleinement! Sur le plateau, ils sont deux, père et fille, à la ville et à la scène : Richard et Romane Bohringer. Ils nous offrent un moment de théâtre unique ! La pièce, écrite par la jeune dramaturge italienne Angela Dematté, nous plonge dans l’Italie des années 60 et 70 et raconte le destin fulgurant et tragique de Margherita Cagol, l’épouse de Renato Curcio, fondateur et idéologue des Brigades Rouges, cette organisation révolutionnaire d’extrême gauche italienne qui ensanglanta le pays à cette époque. Angela Damatté a fait le choix très séduisant de raconter la grande histoire à travers la petite, celle de la relation poignante qui unit Margherita, radicale et éprise d’absolu, à son père, pétri de bon sens et de valeurs chrétiennes. A travers leur confrontation, la pièce éclaire deux visions de la société incompatibles et irréconciliables. 

La pièce est une réussite incontestable : un texte fort, violent, fort bien écrit, servi par une mise en scène très fluide. A noter un astucieux jeu de décors coulissants, qui permet de voyager à travers les lieux et les années, de la cuisine familiale du petit appartement de Trente au squat milanais des Brigades quelques années plus tard.  

Et puis bien sûr, une interprétation au sommet ! Le « duo Bohringer » fonctionne admirablement. Lui, tout en retenue, presque à l’économie, qui de fait dégage une sensibilité et une émotion vraie. Grand comédien ! Elle, passionara incontrôlable, tiraillée entre l’amour pour son père et l’engagement dans ses idéaux, dans la quête de vouloir construire une société qu’elle estime plus juste, offre une interprétation d’une précision remarquable. On ne dira jamais assez combien Romane Bohringer est une excellente comédienne. La critique ne s’y est pas trompée. Le « Palmarès du Théâtre » a décerné en 2013 le prix « Coup de coeur du Théâtre public » à Richard Bohringer et Romane Bohringer pour leur interprétation dans ce spectacle. Parfaitement mérité, un grand et très très beau moment de théâtre !

Et puis parenthèse personnelle, une fois le rideau levé, il m’a suffi d’apercevoir la cafetière Bialetti sur le gaz, La Repubblica sur la table de la salle à manger pour replonger dans des souvenirs d’enfance précieux et inoubliables. Cara Italia, sei sempre nel mio cuore.

Le point de vue d’Elisabeth

J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Jusqu’au 3 janvier 2016

Crédit photos : Eric Didym 

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DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14477775048159Dans la société américaine en pleine mutation des années seventies, Béatrice Hundsdorfer rêve d’ouvrir un salon de thé élégant alors qu’elle élève seule, et non sans peine, ses deux filles. Si Ruth, 17 ans, est fantasque et rebelle, Mathilda, 13 ans, est introvertie et passionnée de sciences. Entre autre, elle étudie l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites…

Dans un salon sans dessus dessous, Isabelle Carré, Alice Isaaz et Armande Boulanger nous livrent leurs rêves brisés. Le texte de Paul Zindel est plein de cruauté, d’amour, d’égoïsme mais surtout de souffrance, de regret et de mélancolie. Dans une ambiance étouffante, la mise en scène d’Isabelle Carré (c’est sa toute première !) brosse avec justesse les liens toxiques existant entre cette mère complètement paumée, accro autant à l’alcool qu’au tabac et ses deux filles. Haine et amour s’entrecroisent dans le cœur de cette mère indigne. L’interprétation des comédiennes est pleine de justesse et de retenue. Excellentes toutes les trois. Seulement 30 représentations ! A voir, vite.

Le regard d’Isabelle

DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES 

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris 

Prolongation : jusqu’au 6 février inclus. Du mardi au samedi à 19h00, matinée le samedi à 17h00.

Crédit photos : Christophe Vootz 

ANCIEN MALADE DES HÔPITAUX DE PARIS – THÉÂTRE de L’ATELIER

zoom_affiche20150309182026C’est à un rythme effréné que le public va suivre Gérard Galvan (Olivier Saladin), futur grand professeur, mais pour l’heure encore interne, aux urgences du CHU Postel-Couperin.

Une nuit de pleine lune où infections éruptives, cuites comateuses, infarctus, épilepsies, embolies pulmonaires, coliques néphrétiques… se côtoient quand soudain, dans la salle d’attente, un patient que Galvan ne quittera plus « tombe sans défense, la tête la première. Une gifle sur le carrelage… gisant dans sa flaque, crispé autour de son abdomen, comme une araignée de maison secondaire ». C’en est fini de la carrière de ce FFI (Faisant Fonction d’Interne) et de son ambition transmise comme une maladie de père en fils depuis plusieurs générations s’il ne parvient pas à sauver ce malade qui n’a qu’une seule chose à dire et qu’il répète en boucle, « je ne me sens pas bien ».

Le ton est donné, les premiers fous rires laisseront place aux deuxièmes puis aux troisièmes… sans une minute de répit.

Olivier Saladin, haut en couleur sous ses cheveux blancs qui lui confèrent un air de sommité pour la circonstance, occupe la scène avec brio dans un monologue gesticulatoire où on reprend son souffle pour lui tant il ne s’arrête jamais. Pendant une heure et quart, la salle court avec lui derrière une table à roulettes – qui se veut être un brancard aux roues bien graissées. On va croiser dans les couloirs de l’hôpital, et toujours sous les traits du comédien, un cardiologue, un chirurgien, un anesthésiste, un urologue, un pneumologue… mais aussi Françoise – sa femme –, une infirmière, une ravissante cardiologue, une vieille dame – une patiente qui attend son tour et dont la voix perchée est si bien imitée qu’on a peine à y croire pendant quelques secondes.

Sans s’économiser, Saladin n’hésite pas à être agenouillé, plié, assis, débout, couché… pour nous faire vivre l’univers angoissant du service des urgences mais toujours avec un humour à réveiller un mort. À travers le jeu d’acteur, on retrouve la verve et le persiflage de Daniel Pennac à qui il emprunte le texte de son livre cocasse « Ancien malade des hôpitaux de Paris ».

Belle performance d’acteur ! Les applaudissements pleuvront à la fin du spectacle. Une véritable ovation. À découvrir au Théâtre de l’Atelier jusqu’au 6 juin 2015. Vous ne verrez plus jamais le service des urgences avec le même œil !

ANCIEN MALADE DES HÔPITAUX DE PARIS 

Théâtre de l’Atelier, 1, place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi, à 21h. Dimanche, à 15h.

Jusqu’au 6 juin 2015 – Relâche les 12 et 13 mai.

 

DOMINIQUE BLANC LIT « LES ANNÉES » D’ANNIE ERNAUX – THÉÂTRE de L’ATELIER

lectures1Du 3 février au 15 mars, le Théâtre de l’Atelier propose un cycle de trois lectures, du mardi au samedi à 19 h et le dimanche à 18 h. Je me suis rendue à la première, le samedi 14 février, pour entendre (et voir !) Dominique Blanc lire Les Années d’Annie Ernaux.

Elle (Dominique Blanc !) apparaît comme par enchantement sur la scène. Habillée sobrement, costume noir-chemisier blanc, elle balaie d’un regard la salle et dans un sourire entendu nous salue : « Bonsoir ». Un « Bonsoir » collégial remonte jusqu’à elle. La salle est pleine, nous sommes tous au rendez-vous attendu. La magie opère… Assise sur une chaise derrière une table en bois sur laquelle reposent un verre, une carafe d’eau et une bougie qui illumine son visage, sans attendre, elle commence…

À un rythme soutenu parfois rapide, parfois lent, ponctué de quelques secondes de silence pour mieux soutenir les mots et parfois même les chanter quand elle évoque des chansons d’époque, pendant une heure et demie, Dominique Blanc nous transporte « aux » temps des Années d’Annie Ernaux. Un livre autobiographique à la troisième personne pour lequel A. E. a reçu le prix Marguerite Duras et le prix François Mauriac.

Dans un texte qui s’adresse à toutes les générations et semble émerger de l’inconscient collectif de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, Dominique Blanc mêle merveilleusement sa voix à celle d’Annie Ernaux qui nous raconte à travers la description de photos de famille des séquences de sa propre vie tout en commentant l’évolution de la société dans sa chronologie : la condition féminine, Mai 68, la mort de Jean XXIII, la crise de Cuba, le 11 Septembre… Une lecture pertinente et sensible de Dominique Blanc qui sait, dans un phrasé théâtral, incarner le style très personnel d’Annie Ernaux, courageusement intimiste à certains moments, même si elle se met à distance dans sa propre écriture (en remplaçant le « je » par le « elle ») et qui rappelle à chacun ses propres émotions d’enfance, ses marqueurs culturels à l’âge de son adolescence, de sa vie d’adulte ou à l’étape de sa vie de parent d’enfants déjà adultes (selon son âge !).

Le Temps des Cerises, les 4L, Salut les Copains, Les Corons de Bachelet, l’Obao, le Canigou pour chiens, Hara Kiri, les Muppet Show, Métal Hurlant, la pub « Mammouth écrase les prix », les Danette… des souvenirs pour tous les goûts et servis avec un zeste d’humour qui provoquera à répétition un rire collectif.

Une complicité avec Dominique Blanc se tisse au fil du spectacle. Ainsi défilent les années, la vie et… les minutes. D’un souffle, Dominique Blanc éteint la bougie encore incandescente posée devant elle, et marquera ainsi le temps de la lecture écoulé. Applaudissements nourris. Merci Dominique Blanc !

DERNIÈRE MINUTE : Reprise des lectures des ANNÉES par Dominique Blanc du 17 au 29 mars 2015 !

Au Théâtre de l’Atelier, deux autres lectures sont à l’affiche :

Du 17 février au 1er mars 2015, Jean-François Balmer lit Un Candide à sa fenêtre de Régis Debray ;
Du 3 au 15 mars 2015, Sami Frey lit Entretiens avec Jean-Paul Sartre (août-septembre 1974) de Simone De Beauvoir, lecture en 12 épisodes.

Théâtre de l’Atelier, Place Charles Dullin, 75018 Paris (Metro Anvers)

Dominique Blanc

GUSTAVE – THÉÂTRE de L’ATELIER

zoom_affiche20141016172234Dès son entrée en scène dans la demi-obscurité du plateau de l’Atelier vendredi dernier, le charisme de Jacques Weber agit irrésistiblement : une présence physique incontestable, une diction parfaite, une puissance vocale qui interpellent à la première réplique et nous font instantanément comprendre que l’on va assister à un grand moment de théâtre. A l’occasion de 30 représentations exceptionnelles, le comédien se glisse pendant une heure et demie dans la peau de Gustave Flaubert et nous fait découvrir dans un soliloque grandiose et puissant non pas l’écrivain mais l’homme intime, insoumis, anarchiste, libre jouisseur, combattant des petits-bourgeois et de l’étroitesse d’esprit de ses contemporains. Le verbe est haut, les mots souvent crus, la parole libre sur une succession de thèmes variés et d’une formidable actualité : le pouvoir, les femmes, l’amour, la postérité, les honneurs… Un formidable texte signé Arnaud Bédouet et librement inspiré de la correspondance de Flaubert. Car l’auteur de Madame Bovary a laissé une impressionnante correspondance dans laquelle il se laissait aller à une écriture plus libre, plus personnelle, plus truculente sans crainte de l’interdit ni des jugements de son époque et offrait son regard ironique et pessimiste sur l’humanité.

Jacques Weber travaille ses gammes dans ce rôle qui lui va comme un gant. Il est vrai qu’il fréquente sur scène depuis plus de vingt ans l’écrivain normand et plonge régulièrement dans les pages flamboyantes de la correspondance de Flaubert, dont il est un grand admirateur. Le comédien joue le texte avec une intelligence, une acuité et une délectation jubilatoire. Aussi à l’aise dans les indignations que les désespérances, les tourments que les insoumissions (formidable scène de l’Académie française), le comédien excelle. Du grand art devant un public proprement ébloui. Une réussite.

Le point de vue d’Elisabeth 

 

GUSTAVE

Théâtre de l’Atelier • 1 place Charles-Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h30

Jusqu’au 31 décembre 2014

Crédit photos : Kim Weber

Photo GustaveGustave - Kim Weber