M’MAN – THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN

vz-475b2f69-0923-45ba-9235-f4372930a08f♥♥♥ Famille quand tu nous tiens ! Les relations parents-enfants ont toujours inspiré les auteurs dramatiques et Fabrice Melquiot n’échappe pas à la règle pour sa pièce « M’man » que j’imagine largement autobiographique, actuellement à l’affiche du Petit Saint-Martin.

La pièce nous plonge dans un petit appartement modeste de Modane, à la frontière italienne. Ce soir-là, Brunella fête les 30 ans de son fils Gaby, célibataire, sans emploi et vivant toujours chez « M’man ». Pas de père, on devine qu’une rupture difficile et qu’un mari volage ont laissé des traces. Sur 10 ans, en 5 tableaux, la mère et le fils vont se défier, se raconter, se combattre, se réconcilier à travers une histoire d’amour fusionnelle à la fois tendre, cocasse, cruelle, et finalement indestructible. Jusqu’à s’avouer un lourd secret. 

Si la pièce démarre « mollement » et de manière un peu convenue à mon goût, « M’man » est une belle comédie douce-amère qui gagne progressivement en densité et en profondeur, au fil des tableaux. Côté interprétation, un sans faute ! Mention spéciale à Cristiana Reali, extrêmement convaincante dans la peau de cette femme lunaire, instable, paumée et terriblement attachante. D’une grande précision dans chacune de ses intentions, elle offre de formidables moments d’émotion. A ses côtés, Robin Causse (outre sa belle voix d’italian lover!) ne manque ni de charme ni de talent et tire son épingle du jeu, notamment dans les scènes de vraie confrontation. A noter, un astucieux décor tournant permet de faire défiler les années et les univers tout en fluidité. Une réussite ! 

Signé Elisabeth

M’MAN

Théâtre du Petit Saint-Martin, 10 rue René Boulanger, 75010 Paris (métro Strasbourg Saint Denis)

Du mardi au samedi à 19h ou 21h en alternance |  Samedi à 17h en alternance

Placement libre

2016-09-26_i7i82412016-09-26_z1a52452016-09-26_i7i8335

BRASSEUR ET LES ENFANTS DU PARADIS – THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN

module♥♥♥♥ Hiver 1943. Quatre amis – Marcel Carné réalisateur homosexuel, Jacques Prévert auteur antimilitariste, Alexandre Trauner et Joseph Kosma, décorateur et compositeur juifs – se retranchent en Provence pour fuir la tourmente de l’occupation allemande, des collabos et des résistants. Dans le plus grand secret, entourés de leurs femmes et de quelques amis, ils créent en six mois « Les enfants du paradis », le film français mythique de l’après-guerre.

Au début des années 50, Pierre Brasseur se souvient. Il nous raconte l’histoire extraordinaire de la création de ce monument du cinéma, des prémices de son écriture à son tournage, révélant les doutes et les affres de la création dans une période si trouble et si tumultueuse de l’Histoire… 

Sur une idée d’Alexandre Brasseur et par les mots de Daniel Colas, Arletty et Jean-Louis Barrault renaissent aux côtés des quatre compères…

Bien entendu, on peut rappeler une fois encore l’impressionnante filiation d’Alexandre Brasseur connue du grand public. Mais si le talent est génétique, il est magnifié, incarné, glorifié lorsqu’Alexandre Brasseur joue tour à tour les différents protagonistes de cette création cinématographique : Pierre Brasseur bien sûr mais aussi Marcel Carné et tous les autres. Par son corps, par sa voix, ils apparaissent sur scène. 

Transporté dans l’appartement parisien de Pierre Brasseur, les spectateurs sont littéralement subjugués par le charme talentueux de son petit-fils, véritable génie du Théâtre du petit Saint-Martin pour les mois à venir (prolongations assurées, c’est certain).

Petit bémol : dans la première scène, Pierre Brasseur peint un modèle (Cléo Sénia), personnage muet n’apportant absolument rien à l’intrigue sinon une nudité à la plastique parfaite. Sincèrement, Messieurs Colas et Brasseur, ni votre texte, ni votre interprétation n’ont besoin d’avoir recours aux charmes féminins pour atteindre la perfection. Seul votre talent pour permet d’y accéder au plus haut degré. Les publics du Paradis comme du Théâtre du petit Saint-Martin vous acclament et vous ovationnent. Bravo ! Mille fois bravo ! 

Le regard d’Isabelle

BRASSEUR ET LES ENFANTS DU PARADIS

Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René Boulanger, 75010 Paris 

Placement libre.

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 17h. Plusieurs dates à 19h. 

Jusqu’au 15 octobre 2016. 

29381686300_db296cd1fd_b29381686160_a6ac64d261_b

CONSTELLATIONS – THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN

AFFICHE_122« Constellations », créée en 2012 par le jeune auteur londonien Nick Payne, a rencontré un énorme succès en Angleterre et à Broadway. Le public parisien découvre cette pièce au théâtre du Petit Saint-Martin depuis avril. Encore une semaine de réprésentations. Allez-y, c’est un très joli et très vibrant moment de théâtre !

La pièce raconte l’histoire d’une rencontre amoureuse. Elle, Marianne (Marie Gillain) une astrophysicienne, spécialiste de physique quantique. Lui, Roland (Christophe Paou), un apiculteur. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, ils font connaissance à l’occasion d’un barbecue, dînent ensemble, se revoient, et c’est le début …de tous les possibles. Car la suite, sera à l’image de la théorie physique de la multiplicité des univers,…multiple ! L’auteur s’amuse à  donner différentes versions de chaque moment important de la vie de ses personnages et à imaginer les différentes évolutions de leur vie. D’où une pièce ultra originale qui déroule le fil de la vie de Marianne et Roland, jonglant sans cesse entre avenir et passé, et explore tous les situations, tous les scenarii possibles d’une relation, d’une vie. Comme l’indique le metteur en scène Marc Paquien, « Il ne s’agit pas d’élaborer une série de sketchs, mais de mettre en lumière l’infinie des possibilités de l’humain (..) Une manière de rappeler à quel point nous sommes multiples, à quel point nos vies sont riches de promesses ». Inspiré et émouvant.

La mise en scène est absolument superbe ! Les deux comédiens évoluent sur un plateau nu, composé de deux disques concentriques tracés à la craie, une jolie métaphore d’une …constellation. Pas de décor, juste les mouvements des corps tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur des cercles et baignés par un jeu de lumière extrêmement bien travaillé. Le couple de comédiens fonctionne plutôt bien même si Marie Gillain (Molière de la meilleure Comédienne 2015) « écrase » quelque peu son partenaire et transmet une émotion vraie et grandissante au fil de la pièce. Solide travail d’acteur dans tous les cas à rejouer les mêmes scènes en variant les tons…Une thématique originale, un texte singulier, un joli casting, une scénographie très élégante..Laissez-vous séduire par ce beau moment de théâtre qui bénéficie d’un beau succès critique et public (mérité).

Signé Elisabeth 

CONSTELLATIONS

Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René Boulanger, 75010 Paris 

Du mardi au vendredi à 20h30 • Samedi 17h et 20h30

Jusqu’au 4 juin 2016

vz-f31c2567-8708-4382-a788-1e2a8b9de25cvz-56f494ba-b087-40ec-9478-51adb76d811evz-6fda27de-9d04-4e3f-82ea-39161909cccdvz-4c74fea0-27c0-4353-b9f9-78c3014cc94c

DES FLEURS POUR ALGERNON – THÉÂTRE du PETIT SAINT-MARTIN

algernon-5Dès la première réplique, j’ai compris. J’ai compris que j’allais vivre un moment de théâtre unique qui resterait longtemps gravé dans ma mémoire. Et pas seulement dans la mienne, j’en suis certaine, mais dans celle des 150 spectateurs venus découvrir « Des fleurs pour Algernon » mercredi dernier au théâtre du Petit Saint-Martin. Nous avons, je crois, tous été suspendus aux paroles d’un comédien exceptionnel qui n’a pourtant pas bougé de sa chaise pendant 1 heure et 20 minutes.

Ce comédien, c’est Grégory Gadebois, ancien pensionnaire de la Comédie-Française, césar du meilleur espoir masculin en 2012 (voir le joli portrait que Libération lui a consacré en janvier 2013) qui offre une prestation époustouflante de la première à la dernière seconde ! Dans « Des fleurs pour Algernon » (qui fut d’abord un livre, puis un film), il campe le personnage de Charlie, un jeune ouvrier simple d’esprit qui est approché par deux professeurs de médecine pour subir une opération du cerveau, susceptible de démultiplier ses facultés mentales. L’expérience a réussi sur une souris nommée Algernon, alors pourquoi ne pas la tenter sur un homme ? Charlie, secrètement amoureux de l’un des professeurs Miss Kinian, accepte de devenir cobaye et l’expérience fonctionne. Progressivement, il se métamorphose en un être aux compétences intellectuelles exceptionnelles brillant analyste, doué d’une mémoire phénoménale, d’une pétillance et d’une subtilité  incomparable. En sera-t-il plus heureux pour autant ? Mais l’expérience sera de courte durée. Tandis que la souris Algernon meurt, Charlie connaît un déclin aussi vertigineux que son ascension.  

Au-delà du beau questionnement de la pièce (qu’est-ce que l’intelligence ? Celle du cœur n’est-elle pas aussi ou plus importante que celle des connaissances ?), j’ai été subjuguée par la performance de Grégory Gadebois et sa capacité à interpréter successivement cet homme au QI limité, puis supérieurement intelligent puis redevant l’homme simple qu’il était, et profondément conscient de la perte de ses capacités. L’exercice aurait pu s’avérer caricatural, il est d’une justesse, d’une subtilité et d’une finesse formidables. Grégory Gadebois incarne Charlie avec une infinie douceur et une profonde humanité, dans les mots, les gestes, le regard, la posture. C’est terriblement émouvant, on en ressort touché. Courez applaudir ce spectacle qui est un triomphe depuis sa création en 2012. Logique et tellement mérité, c’est une leçon de théâtre !

Le point de vue d’Elisabeth 

DES FLEURS POUR ALGERNON

Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René Boulanger, 75010 Paris

Du mardi au vendredi à 20h30

Le samedi à 16h et 20h30

Photo Pascal Victor. Artcomart

Photo Pascal Victor. Artcomart

REPRISE DES HOSTILITÉS – THÉÂTRE du PETIT SAINT MARTIN

Mise en page 1Il ne manque pas de charme REGIS MAILHOT : sourire ravageur, œil pétillant, costume impeccable et débit bien rythmé, il nous fait passer un très bon moment avec son spectacle «REPRISE DES HOSTILITÉS», qu’il joue actuellement au THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN. Seul en scène avec pour tout décor, pupitre, bureau, et piles de cartons, Régis Mailhot s’adonne à son exercice favori pendant une heure et demie: un regard sans concession sur notre société et ses contemporains. Et il s’en donne à cœur joie en appuyant généralement là où ça fait mal : les politiques, la religion, le mariage pour tous, le célibat, les femen, les profs, les grèves, le trou de la sécu,…le tout ponctué régulièrement par un « c’est un skeeeeetch….. ! » quand ça fait un peu trop grincer des dents. Au programme : impertinence, corrosion, esprit poil à gratter pour dire STOP à la bêtise et au politiquement correct.

Si vous aimez l’esprit chansonnier, allez-y. C’est jusqu’au 12 avril !

REPRISE DES HOSTILITES au Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris 10ème)

Et merci encore à Fous de théâtre 

Le point de vue d’Elisabeth