IVO LIVI OU LE DESTIN D’YVES MONTAND- THÉÂTRE TRISTAN BERNARD

vz-58962345-2d02-4c3e-8b19-846b068c2c13♥♥♥♥ Je ne suis pas une fan inconditionnelle d’Yves Montand et pourtant je n’ai qu’un conseil à vous donner, courrez applaudir le magnifique « Ivo Livi » qui retrace la vie de l’artiste, actuellement à l’affiche du théâtre Tristan Bernard. Voilà un spectacle de théâtre musical qui devrait forcément vous emporter, tant il est abouti et réussi ! L’action  démarre en 1923 dans un petit village toscan. Ivo livi est le fils d’une famille de communistes italien en pleine dictature mussolinienne. Emigré dans les quartiers pauvres de Marseille, il quitte rapidement son emploi de garçon coiffeur pour tenter sa chance dans le music-hall et c’est le début d’une carrière exceptionnelle qui fera d’Yves Montand un grand témoin du XXe siècle, des collines d’Hollywood aux visites engagées en Russie, des planches de l’Olympia aux tournées nord-américaines, sans oublier ses échecs, ses désillusions politiques et les grandes rencontres qui ont jalonné sa vie : Edith Piaf, Simone Signoret, Marilyn Monroe…

Quelle vie et quel bijou de spectacle merveilleusement interprété par quatre comédiens et un musicien aux multiples talents (comédie, chant, danse, claquettes, imitation,…). La narration précise, rythmée est portée par une mise en scène (signée Cristos Mitropoulos et Ali Bougheraba) époustouflante, incroyablement inventive qui ne s’appuie sur rien ou presque ! La troupe aurait pu s’enfermer d’ailleurs dans une narration autocentrée mais, malin, elle interagit volontiers avec le public tout au long du spectacle. Impossible de décrocher ! Un tourbillon d’émotions, de rires, de tendresse qui sera peut-être récompensé aux Molières puisque la pièce est nominée dans la catégorie « Meilleur spectacle musical ». Bocca al lupo ! ♦

Signé Elisabeth 

IVO LIVI OU LE DESTIN D’YVES MONTAND 

Théâtre Tristan Bernard, 64 rue du Rocher, 75008 Paris (métro : Saint-Lazare ou Villiers)

Les mardis, mercredis et vendredi à 21h, samedi 16h et 21h

Jusqu’au 29 avril 2017

Crédit photos : Fabienne Rappeneau

IVO LIVI 1 HD-crédit Fabienne RappeneauIVO LIVI 3 HD-crédit Fabienne RappeaneauIVO LIVI 4 HD-crédit Fabienne RappeneauIVO LIVI 2 HD-crédit Fabienne Rappeneau

LES VIBRANTS – THÉÂTRE DE LA REINE BLANCHE

4_VIBRANTS Compression♥♥♥La pièce narre l’incroyable destin d’Eugène, engagé volontaire sur le front en 1914. Blessé par un éclat d’obus, il perd la moitié de son visage et est hospitalisé au Val-de-Grâce. Malgré l’amitié et le soutien d’une jeune infirmière, il perd le goût de vivre et l’envie de se battre…jusqu’à sa rencontre décisive avec la grande comédienne Sarah Bernhardt qui l’engagera pour interpréter Cyrano de Bergerac dans son théâtre aux Armées. Une renaissance qui fera entrer Eugène dans le monde des « vibrants »…

Du bel ouvrage ! Un sans faute oserais-je même dire pour cette pièce déjà auréolée de plusieurs récompenses (Coup de cœur du club de la presse – Avignon 2014, prix théâtre Adami 2016). Et c’est amplement mérité ! A travers le destin d’Eugène, la pièce – écrite par Aïda Asgharzadeh, l’une des comédiennes – questionne avec beaucoup d’intelligence, de finesse et de sensibilité tout à la fois l’absurdité de la guerre, les destins foudroyés des « gueules cassées » de 14-18, la perte d’identité, le dépassement de soi malgré les obstacles et le regard des autres, le pouvoir salvateur du théâtre. Une belle leçon de vie et d’espoir (qu’on penserait même être inspirée d’une histoire vraie), magnifiquement mise en scène par Quentin Defalt, qui a misé sur une esthétique très visuelle, jouant habilement entre ombres et lumières, de nombreux procédés cinématographiques (flash-back, voix off, musique,…). L’astucieux « ballet » de voiles de tulle sépare élégamment les scènes (jolie trouvaille artistique) et nous transporte des chambres du Val de Grâce aux loges d’un théâtre ou dans les tranchées de 14-18. Malgré quelques longueurs (seul bémol), un très bon spectacle fort bien interprété par quatre comédiens « caméléons », composant une dizaine de personnages. Mention spéciale à Amélie Manet qui campe une Sarah Bernhardt étonnante. Laissez-vous embarquer dans ce récit fort et émouvant à l’esthétique soignée Encore quelques dates dans le charmant théâtre de la Reine Blanche.♦

Signé Elisabeth 

LES VIBRANTS

Théâtre de la Reine Blanche, 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris (métro La Chapelle)

Du mardi au samedi à 20h45 jusqu’au 15 avril 2017

Durée : 1h20

© Crédit photographies : Jean-Christophe Lemasson

Les Vibrants 3-min (1)Les Vibrants 4-minLes Vibrants 6-min (1)

LE HORLA – THEÂTRE MICHEL

theatremichel-horla-sanslogo-198x300♥♥ Un homme semble sombrer peu à peu dans la schizophrénie, persuadé qu’un être invisible vit près de lui et se nourrit de sa vie pendant son sommeil. Est-il victime d’hallucinations, devient-il fou, ou bien est-il la première victime d’un être surnaturel ?
Le Horla – nouvelle fantastique de Guy de Maupassant écrite en 1887 sous la forme d’un journal intime – nous est présenté ‘‘telle quelle’’ sur la scène du Théâtre Michel. Comme son auteur l’avait prédit avant même sa publication, les frissons dans le dos sont garantis.
Seul en scène, Florent Aumaître est saisissant de vérité dans cette œuvre complexe dans laquelle le personnage assiste au naufrage de sa propre raison. En un mot, magnifique, époustouflant, magistral. Un doute persiste : est-il vraiment seul ?
On a regretté la scénographie ultra épurée de Slimane Kacioui et le décor minimaliste (une chaise et un tréteau). Ce texte n’était pas destiné initialement à la scène, quelques coupures dans le texte original aurait permis de gagner en intensité. A ne pas manquer néanmoins pour la performance d’acteur et la beauté du texte. ♦ 
Le regard d’Isabelle
Théâtre des Mathurins, 38 rue des Mathurins, 75008 Paris (métro Havre-Caumartin)
Les mardis et mercredis à 19h00. Dates supplémentaires : jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 mai à 19h00
Durée : 1h20

lehorla379-resizedlehorla373-resizedlehorla391-resized

QUELQUE CHOSE – CINÉ XIII THÉÂTRE

vz-898cbc93-b3e3-4df6-bf2e-dbbbd381a1cb♥♥♥♥ Du  théâtre qui fait battre le coeur et retenir ses larmes. Du théâtre qui fait sourire, rire, réfléchir et insuffle une énergie formidable. Du théâtre sans artifice, ni paillettes, juste « fabriqué » avec du talent et l’envie de (re)donner espoir à des personnes qui souffrent ou ont souffert. Du théâtre en forme de leçon de vie.

Cléopâtre, Victoria, Lucy et Michèle se sont rencontrées dans un groupe de paroles car elles ont vécu le même traumatisme d’inceste. Elles décident de se retrouver un soir de fête de la musique. Elles se connaissent peu, elles sont là pour rire et danser. Mais progressivement, de fous rires libérateurs en confidences intimes, elles vont se dévoiler, partager, expulser leur souffrance, leurs blessures, la violence qu’elles ont subi  enfants pour mieux affronter leurs difficultés de vivre et d’aimer. Pour mieux se reconstruire et pour renaître. 

« Quelque chose » est un pièce lumineuse portée par une jeune compagnie de théâtre – La compagnie Aziadé – qui s’intéresse depuis 2014 à la question des femmes dans la société. Ecrite par Capucine Maillard, l’une des quatre comédiennes, à partir de témoignages réels, « Quelque chose » aborde un sujet grave avec intelligence, énergie, sensibilité, sans moyens ou presque. Juste le talent du quatuor de comédiennes et la mise en scène épurée, très visuelle et chorégraphique d’Andréa Bescond, l’inoubliable interprète des Chatouilles qui a rejoint le projet. Difficile de ne pas être totalement séduit par ce spectacle fort et vibrant qui tracera sa route j’en suis certaine. ♦

Signé Elisabeth 

QUELQUE CHOSE 

Ciné XIII théâtre, 1 avenue Junot, 75018 Paris (Métro Abbesses ou Lamarck-Caulaincourt)

Vendredi 24 mars à 19h00; samedi 25 mars à 21h00; dimanche 26 mars à 20h00

Crédit photos : Philippe Denis 

DSC_2578DSC_2824DSC_2808DSC_2560DSC_2655DSC_2652DSC_2660

 

VOLTAIRE ROUSSEAU – THEÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

1398844782_photo_hd_18616♥♥♥ 1765. Rousseau rend visite à Voltaire à Ferney. Serait-il l’auteur anonyme du violent pamphlet qui circule sur sa personne ? Lors de leur affrontement, Voltaire et Rousseau s’étripent se lançant au visage leurs convictions divergentes sur l’éducation, Dieu, l’égalité, la liberté, le théâtre. Le premier est réaliste tout en restant caustique, le second est rongé par sa vision apocalyptique de la condition humaine. Son discours totalitaire sur la femme, l’éducation, la société ou le théâtre est effrayant et fait réfléchir sur le danger des extrêmes. 

Cette brillante joute oratoire imaginée par Jean-François Prévand, ponctuée d’humour et de l’esprit des Lumières, sobrement mise en scène par Jean-Luc Moreau et Jean-François Prévand, nous fait redécouvrir ce que nous devons encore aujourd’hui à leurs visions fulgurantes mais complémentaires de notre humanité. 

Quant à Jean-Paul Farré et Jean-Luc Moreau, tous deux se lancent à cœur joie dans l’arène dans ce corps à corps doctrinal. La fine et sarcastique rhétorique de Voltaire face à la candeur mélancolique écorché vive de Rousseau est un véritable régal pour tous nos sens. L’ironie face à l’utopie, beau duel. « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé » nous rappelle Voltaire.

Ce spectacle, créé en 1991, n’a rien perdu de sa verbe et de son gai savoir. Même ceux qui se sont ennuyés sur les bancs du lycée vont adorer philosophie et éloquence du verbe. ♦

Le regard d’Isabelle 

VOLTAIRE ROUSSEAU

Théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris (métro Montparnasse). 

Du mardi au samedi à 19h jusqu’au 1er juillet 2017. 

Relâches exceptionnelles les 17, 18, 19, 20 et 23 mai.

Durée : 1h15. 

voltaire-rousseau2voltaire-rousseau.1710.image.710x0voltaire-rousseau1