TRACES – BOBINO

vz-85429a12-6f53-4e2a-9c39-9e638283876a (1) Mais c’est quoi ce cirque ?

C’est TRACES, l’un des spectacles cultes du collectif québecois Les 7 doigts de la main. Créé à Montréal en 2006, le show a depuis fait le tour du monde (25 pays, 200 villes) et été applaudi par près d’un million de spectateurs ! A l’occasion de son dixième anniversaire, la troupe a posé ses valises à Paris pour 60 représentations. Ici, point de chapiteau, costumes paillettes, Monsieur Loyal ou de piste aux étoiles. Objectif ? Casser les codes du cirque traditionnel à travers un show ultra moderne sur lequel souffle un vent de fraîcheur et une décontraction toute nord-américaine...

Pour décor, un simple abri de fortune fait de bâches plastiques et de rubans adhésifs, un  vieux piano, un fauteuil déglingué,… Et sur scène, 7 artistes venus des 4 coins de la planète au look « garage », à la cool attitude et qu’on sent unis ….comme les doigts de la main. Face à l’imminence de la destruction d’un monde imaginaire, nos artistes-musiciens-acrobates-voltigeurs veulent laisser leur « trace » et utilisent, chacun à leur manière, la création comme moyen de survie. Après avoir pris le temps de décliner leur identité au micro volant (jolie trouvaille !), ils nous embarquent dans un spectacle de 90 minutes bourré d’énergie, de tonicité, d’audace et totalement décomplexé. Fidèle à la signature artistique de la compagnie, TRACES alterne séquences d’acrobatie de haute voltige (trapèze, mât chinois, main à main, anneaux, sangle aérienne…), à des tableaux plus ludiques (skateboard, basket, diabolo,…) en passant par des intermèdes musicaux et poétiques (chant, piano, dessin …). A la course aux superlatifs, mention spéciale à la spectaculaire scène finale et au « frenchy » de la bande, Lucas Boutin, impressionnant de facilité dans un numéro de mât chinois sur quelques notes de Radiohead qui laisse ..sans voix !

Au delà de la qualité d’exécution des numéros, TRACES séduit par sa fraîcheur! Aussi complices entre eux qu’avec le public, nos sept artistes offrent une belle bouffée d’oxygène aux arts du cirque. Même si on pourra regretter l’absence d’un véritable fil narratif et quelques effets de mise en scène un peu gratuits, un spectacle brillant, original et très attachant. A découvrir sur la scène de Bobino jusqu’au 23 avril.

Le point de vue d’Elisabeth

TRACES

BOBINO, 14-20 rue de la Gaîté, 750174 Paris

Du mercredi au samedi  21h00 et le samedi à 16h30

Jusqu’au 23 avril 2016

Crédit photo : Alexandre Galliez

 

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ENCORE UNE HISTOIRE D’AMOUR – STUDIO DES CHAMPS-ELYSÉES

ENCORE UNE HISTOIRE-100X150_JANV_3L’affiche vous fait la promesse de plonger dans un univers à la « Cocteau » d’entre-deux-guerres mais « Encore une histoire d’amour » est une pièce qui se regarde comme une comédie romantique des années 90 version grand écran. Alors plantons le scenario : ELLE, une jeune et belle comédienne new-yorkaise, en partie paralysée, rêvant de jouer une pièce écrite par LUI, un auteur dramatique anglais, névrosé, boulimique, agoraphobe et reclus dans son petit appartement londonien depuis des années. Alors elle décroche son combiné et c’est le début d’une relation téléphonique (pas d’email ni de Skype, la pièce a été écrite au début des années 90) qui d’abord professionnelle évolue progressivement vers quelque chose de plus intime. De confidences en dévoilement, ils vont apprendre peu à peu  à s’apprivoiser, découvrir leurs histoires respectives, écouter leurs blessures, se faire confiance  jusqu’à l’envie irrépressible de traverser l’Atlantique pour se rencontrer « en vrai ». Happy end ? Chuuuuttttt ! En tout cas, la pièce questionne élégamment les relations comédien/auteur dramatique, l’ultra moderne solitude, l’appréhension de la rencontre, la méconnaissance et la peur de l’autre.

Un très joli moment de théâtre solidement défendu par un duo de comédiens qui fait merveille et qu’on sent incroyablement complice sur scène comme à la ville: Elodie Navarre et Thierry Godard qui défendent leurs personnages avec beaucoup de conviction, de good vibrations et ..de talent ! La mise en scène, signée Ladislas Chollat, plutôt habile, repose sur des astucieux décors coulissants pour nous transporter de Londres à Manhattan, des projections sur grand écran et des dialogues ultra rythmés qui donnent le tempo, même si la première partie m’a semblé quelque peu bavarde. La pièce prend vraiment son envol en deuxième partie et offre de très beaux moments d’émotions, servis, last but not least, par une bande son ultra « funky ». Quelque chose qui sonne comme ça par exemple: http://bit.ly/1FMq2vE ! Let’s dance…

Le point de vue d’Elisabeth

ENCORE UNE HISTOIRE D’AMOUR

Studio des Champs-Elysées, 15 avenue Montaigne, 75008 Paris

Du mardi au samedi à 20h30

Le samedi à 16h

Crédit photos : Lisa Lesourd

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BIO – COMÉDIE DES BOULEVARDS

vz-dfbaa5d6-9d69-4ea6-b897-2e4cf25cfa75Coup de projecteur sur « BIO », un sympathique (et brillant !) spectacle d’impro applaudi par plus de 5 500 spectateurs la saison passée dans la petite mais chaleureuse Comédie des Boulevards. A la manœuvre, les comédiens de la compagnie EUX, fort bien rodés à l’exercice, disons-le tout net ! Le concept ? Raconter la vie d’un héros anonyme (la BIO !) en piochant trois éléments donnés par le public, soit un prénom, un métier, un lieu (résultats vendredi dernier : « Emmanuelle », « majordome », « école maternelle »). Rien n’est préparé, rien n’est discuté, tout est absolument improvisé ! Le temps d’un jingle musical et nos trois comédiens se lancent dans une histoire d’une heure riche en flash-back, rebondissements et personnages hauts en couleur. Un grand coup de chapeau aux comédiens qui font merveille dans cet exercice périlleux et parviennent à tisser le fil d’une histoire …complètement improbable. Une belle performance et un très bon moment de théâtre à s’offrir. Pour les amateurs du genre, je conseille !

Le point de vue d’Elisabeth  

BIO 

La Comédie des Boulevards, 39 rue du Sentier, 75002 Paris

Du jeudi au samedi à 21h30

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La compagnie d’improvisation EUX © J-M Guillaume

 

 

ROBERTO ZUCCO – THÉÂTRE GÉRARD PHILIPE (SAINT-DENIS)

roberto-zuccoD’abord un lieu: le théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis et son plateau immense, profond, comme un formidable terrain de jeu qui autorise toutes les libertés, toutes les audaces. S’y joue actuellement « Roberto Zucco », Zucco avec un Z mais l’erreur d’orthographe ne trompera personne. La pièce, écrite par Bernard-Marie Koltès en 1988, s’inspire du serial killer italien, Roberto Succo, né près de Venise en 1962, qui tua son père et sa mère à l’âge de 19 ans et commis cinq assassinats lors d’une cavale tragique en France et en Suisse avant de se suicider en 1988 dans sa cellule de prison à l’âge de 26 ans. B-M. Koltès, fasciné par ce tueur monstrueux à la gueule d’ange qu’il qualifiait de « tueur exemplaire » (la pièce fit scandale à sa parution) choisit, par l’écriture, de prendre ses distances par rapport au fait divers pour proposer une thématique beaucoup plus allégorique et littéraire d’un homme qui déraille et que rien ne pourra jamais remettre sur les rails, comme le symptôme d’une société malade.

La pièce, créée à la comédie de Valence et mise en scène par Richard Brunel, se concentre autant sur le personnage de Zucco que sur ses rapports aux autres : sa mère, « la Gamine » qui l’aime mais le dénoncera, « la femme élégante » dont il tuera le fils. Richard Brunel propose une mise en scène chorale (14 comédiens sur scène) dense, haletante, parfois spectaculaire et ponctuée d’épisodes esthétiques, très visuels : la scène d’amour de Zucco et « la Gamine » se relevant nus de dessous la table familiale, le duo avec la « femme élégante », la mort de son fils symbolisée par une pluie de sacs en plastique, les scènes de combat. La langue de Koltès est poétique, dramatique, une langue de théâtre avec un grand T, que certains comédiens interprètent à merveille, on citera en particulier Noémie Develay-Ressiguier dans le rôle de « la Gamine », Luce Mouchel dans celui de « la femme élégante » et Pio Marmai qui compose un Zucco extrêmement convaincant dans la composition d’un personnage complexe, prisonnier de sa folie. Une pièce engagée, forte, avec de véritables partis-pris artistiques qui fait l’évènement de ce début d’année.

Le point de vue d’Elisabeth

ROBERTO ZUCCO

Théâtre Gérard Philipe, 59, boulevard Jules-Guesde, 93 207 Saint-Denis Cedex

Jusqu’au 20 février 2016

Du lundi au samedi à 20h – dimanche à 15h30 – Relâche le mardi

Crédit photos : Jean-Louis Fernandez

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LES MISÉRABLES – VINGTIÈME THÉÂTRE

imageJ’avais eu l’occasion (et le plaisir !) de découvrir le travail de la compagnie Chouchenko en décembre dernier aux Béliers Parisiens. Cette jeune compagnie, née en 2009 sous la houlette de la comédienne et metteur en scène Manon Montel, se passionne pour les grands classiques, dont elle propose des adaptations très élégantes. Sa signature: aller au-delà du « simple » théâtre pour offrir des spectacles où se mêlent toutes les expressions artistiques : dramaturgie bien sûr mais également musique, chant, combat, danse… Au programme de cette saison 2015/2016 : Roméo et Juliette, Le Cid, Dom Juan…et Les Misérables, actuellement à l’affiche du Vingtième Théâtre (théâtre menacé par ailleurs, pour signer la pétition, c’est ici). Les 1800 pages des Misérables résumées en 1h30, pari tenu ! Ce spectacle de belle facture offre, malgré de modestes moyens, une belle succession des plus célèbres « épisodes » de l’oeuvre mythique : de la déchéance misérable de Fantine au procès de Jean Valjean, de la levée des barricades à l’amour inébranlable de Cosette et de Marius, le tout astucieusement contée en fil rouge par Madame Thénardier, complice du public. L’interprétation, de qualité homogène, est solide et attachante. Mention spéciale à Stéphane Dauch, déjà formidable dans le rôle titre de Cyrano de Bergerac au théâtre du Ranelagh – toujours à l’affiche-, qui campe un impeccable Jean Valjean. Une jolie adaptation, simple et fraîche, qui s’adresse à tous les publics.

Le point de vue d’Elisabeth 

LES MISÉRABLES

Vingtième théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020 Paris

Jusqu’au 6 mars 2016

Samedi à 19h30 – Dimanche à 15h00
Jeudi 14, 28 janvier, 4 février à 14h30

Crédit photo : Pierre Colletti

UNE JOYEUSE ET DÉLIRANTE VILLÉGIATURE – LA COMÉDIE ITALIENNE

 

AFFICHE-%20Vill%E9giature-2Souvenons-nous, il y a deux ans, Attilio Maggiulli, le fondateur et directeur de la Comédie Italienne, ce petit théâtre unique en France spécialisé dans le jeu très codifié de la Commedia dell’arte, enfonçait sa voiture dans les grilles de l’Elysée pour dénoncer  le manque de subventions et la lente agonie de son théâtre. A l’époque, ce « coup de folie » avait été largement relayé par les medias, ému les amoureux de cette petite salle d’une centaine de places, nichée au cœur du 14eme arrondissement de la capitale. Un appel au fond avait même été lancé pour sauver les lieux. Deux ans plus tard, la situation financière ne semble guère s’être améliorée mais la Comédie Italienne est toujours debout et  lève le rideau tous les soirs. Elle propose depuis le 17 octobre dernier une savoureuse pièce de Carlo Goldoni et Giacomo Casanova « Une joyeuse et délirante villégiature » qui nous plonge dans le Paris baroque du XVIIIe siècle.

La comédienne Silvia Balletti (Hélène Lestrade), ayant délaissé les planches en raison de son âge mûr, se laisse pourtant convaincre par ses amis Goldoni (David Clair) et Casanova (Vincent Morisse) de rejouer quelques scènes célèbres de la Trilogie de la villégiature…Du théâtre dans le théâtre pour cette joyeuse sarabande qui voient se succéder un vieux maître fortuné et ronchon, un pique assiette séducteur, des mages charlatans et nos éternels,  Colombine et Arlequin, espiègles et amoureux, toujours prêts à déjouer les intrigues et sauver leurs maîtres. Un très bon divertissement servi par une troupe de comédiens excellents et complices du public! Le charme du lieu et du spectacle opère également grâce au soin particulier apporté aux costumes, masques, perruques. Allez applaudir cette jolie pièce et ainsi soutenir ce théâtre qui a plus que jamais besoin de fréquentation. Dommage seulement d’avoir reçu ce jour là un accueil terriblement froid et impersonnel. On aurait aimé un accueil plus chaleureux…

Le point de vue d’Elisabeth

UNE JOYEUSE ET DÉLIRANTE VILLÉGIATURE

La Comédie Italienne, 17-19 rue de la Gaieté, 75014 Paris

Du mardi au samedi à 20h30 et les dimanches à 15h30

FUGUE – THÉÂTRE DES BOUFFES-DU-NORD

FugueA-®Jean-LouisFernandez059À jeter un coup d’œil au décor, on comprend d’instinct qu’on va assister à une pièce « Out of the box ». Pour preuve, le grand plateau des Bouffes-du-Nord est entièrement recouvert d’un sable couleur craie, un modeste refuge en bois est posé au milieu de nulle part, une baignoire rouillée trône à l’avant-scène. Les comédiens-musiciens-chanteurs s’installent un à un dans l’indifférence générale… « Fugue », créé au dernier festival d’Avignon et mis en scène par Samuel Achache, raconte l’histoire de cinq explorateurs échoués quelque part sur une base en Antarctique à la recherche d’un lac préhistorique situé à des kilomètres sous glace. Dans ce no man’s land givré et hostile, nos protagonistes vont s’aimer, s’engueuler, se quitter, confronter leurs solitudes, se retrouver. Et le titre de la pièce « Fugue » doit s’entendre au sens musical du terme, soit des voix indépendantes formant un ensemble et chacune pourchassant l’autre qui prend la fuite devant elle…

Singulière pièce que « Fugue » qui, au-delà de son thème, tient une partie de son originalité à l’alternance des scènes de jeux avec des intermèdes musicaux. On est d’ailleurs surpris du léger décalage entre la modernité de la mise en scène et la facture très classique des chants baroques, fort bien executés par ailleurs, et qui apportent un charme certain à l’ensemble. Au final, un spectacle d’une grande créativité, bourré de trouvailles scéniques, légèrement décalé et terriblement attachant. A noter quelques scènes irrésistibles comme la séquence de la baignoire ou l’art de se confectionner un slip de bain avec cinq bandes de scotch noir (mention spéciale au comédien et chanteur haute-contre Léo-Antonin Lutinier). Même si le spectacle s’essouffle légèrement sur sa deuxième partie,  un OTNI (objet théâtral non identifié !) qui mérite le déplacement…Aux Bouffes du Nord jusqu’au 24 janvier. 

Le point de vue d’Elisabeth 

FUGUE

Théâtre des Bouffes-du-Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris

Jusqu’au 24 janvier 2016

Crédit photos : Jean-Louis Fernandez 

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J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14471684491307Si vous aimez le théâtre, réservez vite vos billets pour cette pièce programmée jusqu’au 3 janvier 2016 au théâtre de l’Atelier. C’est un énorme coup de coeur personnel ! Les critiques plus élogieuses les unes que les autres sont venues consacrer « J’avais un beau ballon rouge » mis en scène par Michel Didym et je m’y associe pleinement! Sur le plateau, ils sont deux, père et fille, à la ville et à la scène : Richard et Romane Bohringer. Ils nous offrent un moment de théâtre unique ! La pièce, écrite par la jeune dramaturge italienne Angela Dematté, nous plonge dans l’Italie des années 60 et 70 et raconte le destin fulgurant et tragique de Margherita Cagol, l’épouse de Renato Curcio, fondateur et idéologue des Brigades Rouges, cette organisation révolutionnaire d’extrême gauche italienne qui ensanglanta le pays à cette époque. Angela Damatté a fait le choix très séduisant de raconter la grande histoire à travers la petite, celle de la relation poignante qui unit Margherita, radicale et éprise d’absolu, à son père, pétri de bon sens et de valeurs chrétiennes. A travers leur confrontation, la pièce éclaire deux visions de la société incompatibles et irréconciliables. 

La pièce est une réussite incontestable : un texte fort, violent, fort bien écrit, servi par une mise en scène très fluide. A noter un astucieux jeu de décors coulissants, qui permet de voyager à travers les lieux et les années, de la cuisine familiale du petit appartement de Trente au squat milanais des Brigades quelques années plus tard.  

Et puis bien sûr, une interprétation au sommet ! Le « duo Bohringer » fonctionne admirablement. Lui, tout en retenue, presque à l’économie, qui de fait dégage une sensibilité et une émotion vraie. Grand comédien ! Elle, passionara incontrôlable, tiraillée entre l’amour pour son père et l’engagement dans ses idéaux, dans la quête de vouloir construire une société qu’elle estime plus juste, offre une interprétation d’une précision remarquable. On ne dira jamais assez combien Romane Bohringer est une excellente comédienne. La critique ne s’y est pas trompée. Le « Palmarès du Théâtre » a décerné en 2013 le prix « Coup de coeur du Théâtre public » à Richard Bohringer et Romane Bohringer pour leur interprétation dans ce spectacle. Parfaitement mérité, un grand et très très beau moment de théâtre !

Et puis parenthèse personnelle, une fois le rideau levé, il m’a suffi d’apercevoir la cafetière Bialetti sur le gaz, La Repubblica sur la table de la salle à manger pour replonger dans des souvenirs d’enfance précieux et inoubliables. Cara Italia, sei sempre nel mio cuore.

Le point de vue d’Elisabeth

J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Jusqu’au 3 janvier 2016

Crédit photos : Eric Didym 

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LES FOURBERIES DE SCAPIN – THÉÂTRE MICHEL

affiche-scapin-theatre-michelJ’avais découvert la compagnie Le Grenier de Babouchka cet automne lors d’une excellente adaptation de Cyrano au théâtre Le Ranelagh  (la pièce joue d’ailleurs les prolongations jusqu’au 30 avril 2016, succès amplement mérité !). Née en 2003, la compagnie est spécialisée dans l’adaptation des « grands classiques » et fête cette année sa cinquième saison de résidence au Théâtre Michel. Sa signature ? Revisiter les grands textes du répertoire à travers des mises en scène -de Jean-Philippe Daguerre -pleines de fougue, de tonicité, et de créativité, mêlant tous les arts (combats, chants, danse et musique !) et faisant la part belle aux comédiens. Ici, ni modernisme gratuit, ni démagogie, ni décor sophistiqué, juste l’envie de proposer un bon et beau théâtre, populaire, solide et accessible aux enfants dès 7/8 ans. 

J’ai passé de nouveau un excellent moment devant les facéties du jeune et rusé Scapin, en proie à régler les intrigues amoureuses de ses maîtres ! Une mise en scène vive, éclairante et je dois dire, formidablement « portée » par l’interprétation d’un comédien étonnant et d’une grande aisance : Kamel Isker, qui offre, d’un bout à l’autre de la pièce, une prestation magistrale dans le rôle titre: une vraie présence scénique, un engagement physique total, un texte parfaitement approprié et retranscrit, aussi à l’aise dans les scènes de bastonnade que dans les moments d’intimité et d’émotions. Bravo à lui ainsi qu’à l’ensemble des comédiens.

Bref, du bel ouvrage ! Et en cette période de vacances de Noël, un spectacle à conseiller chaudement à celles et ceux qui veulent faire découvrir le théâtre classique aux plus jeunes. 

Le point de vue d’Elisabeth 

LES FOURBERIES DE SCAPIN

Théâtre Michel, 38 rue des Mathurins, 75008 Paris

Selon les jours 10h00, 10h15, 14h15, 16h00

Jusqu’au 7 mai 2016

Site web Le grenier de Babouchka : http://www.legrenier.asso.fr/

ROMÉO ET JULIETTE – LES BÉLIERS PARISIENS

Romeo-et-Juliette-TDBP-WEB-DistribDes Roméos et des Juliettes comme s’il en pleuvait dans les théâtres parisiens et Paris se transforme en Vérone ! Tout le monde se presse à la Comédie-Française depuis le 5 décembre dernier pour découvrir l’adaptation de la plus belle des pièces d’amour, mise en scène par Eric Ruf. Mais j’ai eu le plaisir de découvrir récemment une version fort réussie, de la jeune et talentueuse compagnie Chouchenko, spécialisée dans l’adaptation des grands classiques. Un spectacle sans faute, ultra esthétique, proposant un vrai parti-pris artistique et solidement défendu par sept comédiens pluridisciplinaires. Sur la jolie scène des Béliers, le texte, rien que le texte mais également chant, danse, combat, musique originale (saxophone, accordéon, guitare, violoncelle) pour accompagner les scènes célèbres du bal, du caveau, de la nuit de noce et de la mort. Décor épuré mais un solide travail de lumières qui offre un très bel écrin aux comédiens plein de fougue et transpirant le plaisir d’être sur scène. Bravo à cette belle troupe et aux Béliers Parisiens qui offrent encore et toujours une programmation de qualité. 

Le point de vue d’Elisabeth 

ROMÉO ET JULIETTE

Les Béliers Parisiens, 14 bis rue sainte-Isaure, 75018 Paris 

Dernière le dimanche 20 décembre à 17h !