12 HOMMES EN COLÈRE – THÉÂTRE HÉBERTOT

AFFICHES-12hommes-theatre-pour-5-oct♥♥♥♥ Dès le lever de rideau, l’image séduit – 12 hommes immobiles sur une même ligne, baignés par une lumière claire-obscure, le regard droit – et annonce un grand moment de théâtre. Lire la suite

LES JUMEAUX VÉNITIENS – THÉÂTRE HÉBERTOT

Affiche LES JUMEAUX VENITIENS♥♥ Deux jumeaux, Zanetto et Tonino, sont séparés à leur naissance : Zanetto est élevé dans la montagne, Tonino à Venise. Le premier est un crétin, le second un habile homme. Lire la suite

C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI – THÉÂTRE HÉBERTOT

affiche-cest-encore-mieux-lapres-midi♥♥♥♥Dans le bel Hôtel de l’Hémicycle, tout proche de l’Assemblée Nationale, M. Machalier, célèbre député, se prépare à un après-midi coquin avec une secrétaire du Premier ministre au lieu d’assister à un débat parlementaire de la plus haute importance. Mais la présence de sa femme dans le même hôtel et la maladresse chronique de son assistant vont déchaîner les catastrophes et une série de quiproquos de plus en plus délirants.

« C’est encore mieux l’après-midi » est sans aucun doute la comédie la plus hilarante de l’anglais Ray Cooney. L’adaptation par Jean Poiret n’a pas pris une ride. La mise en scène de José Paul est d’une précision magistrale qui fait mouche à chaque scène, elle ne laisse aucun temps mort ni aux comédiens, ni aux spectateurs. Une mention spéciale pour toute la troupe – Pierre Cassignard, Lysiane Meis, Sébastien Castro, Guilhem Pellegrin, Pascale Louange, Guillaume Clérice, Rudy Milstein, Anne-Sophie Germanaz – où chacun excelle et pétille dans son rôle quelle que soit son importance.

Ce vaudeville offre au théâtre du Boulevard ses lettres de noblesse et au public un divertissement au rythme endiablé. Catastrophes et situations cocasses en cascades. Explosions de rires de bout en bout grâce à des répliques ciselées et un humour sans aucune vulgarité. Déferlements d’applaudissements mérités aux changements de décor et au baisser de rideau final.

Allez au théâtre Hébertot en après-midi ou en soirée, une heure trente de pur bonheur assuré. N’oubliez pas vos mouchoirs : vous allez pleurer de rire !

Le regard d’Isabelle

C’EST ENCORE MIEUX L’APRES-MIDI

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris – Métro : Rome (ligne 2) – Villiers (lignes 2 et 3).

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h30, le dimanche à 15h00.

Jusqu’au 26 mars 2017

Crédit photos : Lot

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MARIAGE ET CHÂTIMENT – THÉÂTRE HÉBERTOT

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♥♥♥♥  Ce matin-là, Edouard (Daniel Russo) ne savait pas qu’en faisant le mensonge que personne n’ose faire, le plus gros, l’ultime, « THE mensonge », sa vie allait brusquement basculer. Tel un tsunami, ce mensonge va détruire le couple qu’il forme avec Marianne (Delphine Rich), le mariage de son meilleur ami (Laurent Gamelon). Et comme Edouard est un honnête homme qui, d’ordinaire, fuit le mensonge comme la peste, toutes les manœuvres pour rétablir la vérité ne feront qu’aggraver sa chute. Et dans cette chute, Edouard entraîne tout son entourage…

« Mariage et Châtiment » est une comédie de David Pharao mise en scène par Jean-Luc Moreau autour d’une histoire d’amitié tiraillée entre le mensonge et le rétablissement de la vérité. Si on a aimé quelques belles répliques bien pointées de David Pharao ; si on a apprécié la troupe de comédiens – Daniel Russo, Laurent Gamelon, Delphine Rich, Fannie Outeiro, Zoé Nonn – plein de talent et de pétulance ; si on a adoré l’envol du dernier quart d’heure tout en crescendo plein de folie; on a moins apprécié la première partie qui aurait gagné à être plus enlevée. Au final, un agréable divertissement à l’humour efficace.

Le regard d’Isabelle

MARIAGE ET CHÂTIMENT

Théâtre Hébertot, 78bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris (Métro : Villiers lignes 2 et 3)

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h.

Crédit photos : LOT

 

 

À TORT ET À RAISON – THÉÂTRE HÉBERTOT

40_60_ATEAR2016_webBerlin, février 1946. En zone américaine, le commandant Steve Arnold (Francis Lombrail) est chargé d’interroger Wilhelm Furtwängler (Michel Bouquet), chef d’orchestre renommé du Philharmonique berlinois, accusé de compromission avec le régime nazi et d’une collaboration avec Adolf Hitler. Malgré tous les témoignages qui se succèdent et qui innocentent le grand artiste, l’officier est bien décidé à prouver sa culpabilité. Leur affrontement se révèlera cruel. Quant aux choix politiques de Wilhelm Furtwängler, ils se révèleront troublants.

Inspirée de faits réels, la pièce « À tort et à raison » de Ronald Harwood (scénariste du film Le Pianiste, entre autres) est un authentique prodige théâtral. Pendant deux heures, le temps s’arrête au théâtre Hébertot. Pas un bruit dans la salle, ni même un applaudissement lorsque le Grand Michel Bouquet entre en scène. Le public n’est plus au théâtre à Paris en 2015, il est aux côtés du commandant Arnold à Berlin en 1946. Pour qui prend-t-il fait et cause ? Nul ne le sait mais ni le texte ni les personnages ne laissent assurément aucun spectateur indifférent pendant toute la représentation.

C’est le souffle coupé, le cœur ému et l’esprit bouleversé que le public accueille debout dans un même élan le tomber de rideau dans une véritable salve d’applaudissements, multipliant les rappels et les ovations pour l’admirable Michel Bouquet mais aussi Francis Lombrail, Juliette Carré, Didier Brice, Margaux Van Den Plas & Damien Zanoly. Des comédiens aux talents à l’état pur. 

« A tort et à raison » est l’évènement théâtral de cette fin d’année (même si c’est une reprise). A (re)voir absolument.

Le regard d’Isabelle 

À TORT ET À RAISON

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris 

Du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 17h

Jusqu’au 28 février 2016

Crédit photo : L. Lot

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MOINS 2 – THÉÂTRE HÉBERTOT

40x60-MOINS2_2Bercés par Les Nocturnes de Chopin, deux hommes, alités, le bras perfusé, l’esprit embrumé, se réveillent en salle de réanimation et peinent à échanger. Un médecin ne tarde pas à arriver. Il annonce à chacun que ses jours sont comptés par un cancer des poumons pour l’un, des reins pour l’autre. Après une très courte présentation protocolaire entre eux, Paul Blanchot (Guy Bedos) et Jules Tourtin (Philippe Magnan) décident, dans un même élan instinctif, de s’évader de cette anti-chambre de la mort, ensemble, « n’importe où mais loin ».
Les voitures roulent à grande allure sur la nationale sans s’arrêter au pouce tendu de Blanchot qui – toujours en pyjama et chaussons comme Tourtin – tente de faire du stop. Survient une jeune femme sur le point d’accoucher qui se risque à l’imiter dans l’espoir de se rendre à l’hôpital au plus vite. Se risquer… oui ! car c’est sans compter sur le tempérament râleur et l’humour noir de Blanchot qui n’entend pas se faire doubler. Le bras encore tenu à la perfusion, Tourtin, par nature toujours empreint d’humanité, le reprend et lui réplique sur un ton décalé de tout.

Ce n’est que le début du périple et des péripéties qui les attendent… le hasard les conduira loin sur le chemin de la vie, même s’ils resteront finalement qu’à quelques mètres de l’hôpital.

Une histoire insolite au carrefour de la tendresse et de l’humour, signée Samuel Benchetrit. Guy Bedos occupe la scène par sa prestance, surprend par ses répliques plus touchantes que caustiques quand Philippe Magnan brille par son talent. Audrey Looten, accompagnée sur les planches par Manuel Durand, se distingue également dans les trois rôles qu’elle incarne. À souligner, sur fond de décor minimaliste, l’orchestration de jeux de lumières est particulièrement réussie (scène de l’autoroute…).

Signé Carole !

MOINS 2

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris 

Du mardi au samedi à 19h
Matinée le dimanche à 15h

Crédit photos : Laurencine Lot

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VICTOR – THÉÂTRE HÉBERTOT

40x60-VICTORnewOKUne affiche de gala, signée par le célèbre studio Harcourt, pour le duo star de cette rentrée théâtrale. Grégory Gadebois et Éric Cantona sont les protagonistes de Victor une pièce d’Henri Berstein au théâtre Hébertot depuis le 2 septembre. J’ai eu l’opportunité et le  plaisir d’assister à la couturière, confortablement installée au milieu d’une audience attentive et curieuse de découvrir ce duo inattendu sur scène ! La metteur en scène, Rachida Brakni, nous prévient, dans son speech introductif qu’elle s’accordera à tout moment le droit d’interrompre la représentation, si d’aventure la mise en scène lui déplaît. À bon entendeur… Extinction des lumières, lever de rideau. Sur scène, un homme est assis sur un banc public. Nous sommes en 1950. Victor (Grégory Gadebois) sort de prison, après une longue peine purgée à la place de Marc (Éric Cantona), héros de guerre et homme d’affaires peu fréquentable. Une décision qu’il avait alors prise par amour pour une femme, Françoise (Caroline Silhol), la femme de Marc. Françoise n’a rien oublié de cet amour pour Victor et souhaite le reconquérir. Entre amours contrariées, quête de richesse, amitié virile et désillusions, la pièce nous raconte la trajectoire de ce triangle amoureux. Cette belle trame narrative (la pièce se suit comme un film) est assurément une réussite d’autant que le casting fonctionne à 100%, à commencer bien sûr par Grégory Gadebois, l’inoubliable interprète de Charlie, dans le succès phénomène Des Fleurs pour Algernon. Il offre une nouvelle fois une prestation de haute volée de bout en bout, maniant toute la palette des émotions avec une simplicité et une profondeur formidables. J’ai été également très séduite par les seconds rôles, et notamment par la jeune comédienne Marion Malenfant, ex-pensionnaire de la Comédie Française, qui illumine le plateau par sa fraîcheur et la justesse de son interprétation. Ses scènes avec Grégory Gadebois sont à mon avis les plus convaincantes. Et « Canto » dans tout ça ? À demi-caché dans la pénombre d’un couloir, costume trois-pièces et borsalino vissé sur la tête, la metteur en scène, son épouse à la ville, n’a pas manqué de soigner son entrée en scène. Éric Cantona n’est certes pas un acteur professionnel mais force est de lui reconnaître une présence, une voix, une stature. Même si le débit est parfois rapide et la gestuelle un peu mécanique, il délivre une prestation très honorable avec quelques moments franchement réjouissants, notamment dans les duos avec Grégory Gadebois. Quelques regrets cependant : une mise en scène sans fausse note mais qui reste un peu linéaire et statique ; l’absence d’un « je-ne-sais-quoi » qui ne m’a pas permis de plonger dans les années 50, et de savourer la belle pièce d’atmosphère à laquelle je m’attendais. Peut-être est-ce dû aux décors un peu froids et à la signature musicale trop discrète. Ces bémols exceptés, un très joli moment de théâtre à vous conseiller en cette rentrée !

Le point de vue d’Elisabeth 

VICTOR

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Du mardi au samedi à 21h

Dimanche 17h

Crédit photos : L. LOT 

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LE ROI SE MEURT – THÉÂTRE HEBERTOT

40x60-leroisemeurt_def2.inddFoule des grands soirs au théâtre Hébertot samedi 10 mai pour la dernière du « Roi se meurt ». L’occasion ou jamais de voir Michel Bouquet se glisser dans ce rôle mythique qui lui avait valu le Molière du meilleur comédien en 2005. Acteur légendaire pour pièce légendaire donc ! Et le public ne s’y est pas trompé en accueillant les comédiens par des applaudissements très nourris dès leur entrée en scène.

Le roi Béranger 1er, vieux souverain d’un royaume imaginaire en proie au chaos et à l’agonie, apprend qu’il est malade et qu’il va bientôt mourir. Entouré d’une cour bigarrée (ses deux premières épouses, son médecin, son garde et sa femme de chambre), le vieux roi, manteau pourpre, couronne de pacotille et sceptre en main, veut pourtant s’accrocher au pouvoir et à la vie. Ainsi commencera son long cheminement – refus, révolte puis résignation – avant l’inexorable issue. Dans « Le roi se meurt », Eugène Ionesco questionne l’angoisse de chacun d’entre nous face à la mort et explore l’absurdité de la vie et le tragi-comique de la condition humaine. « J’ai toujours été obsédé par la mort. La mort, c’est la condition inadmissible de l’existence », confiait Ionesco qui avait d’ailleurs échappé de peu à la mort en 1962, peu avant l’écriture de la pièce. Une manière peut-être d’exorciser ses angoisses, « d’apprivoiser la mort », comme le souligne Michel Bouquet.

Quelle belle soirée théâtre dans tous les cas ! Le texte est superbe et l’interprétation, faut-il même le souligner, remarquable. Michel Bouquet, 88 ans, offre une prestation de bout en bout exceptionnelle dans cette pièce qu’il juge au passage « très dure à cause du chahut des sensations différentes par lesquelles l’acteur est obligé de passer, du plus comique au tragique pur ». Mention spéciale également à la comédienne Juliette Carré qui, dans la peau de la perfide reine Marguerite, parvient presque à voler la vedette à son Michel Bouquet de mari. Notons également le grand soin apporté aux costumes et au travail des découpes lumineuses qui illustrent avec beaucoup de pertinence les temps forts de la pièce. La baisse progressive de la lumière sur le visage du vieux roi jusqu’à l’obscurité totale pendant les 30 dernières secondes du spectacle est à ce titre une pure merveille. Plus besoin de texte, tout est dit par le seul jeu des lumières pour symboliser le passage vers l’au-delà.

Une émotion particulière traversa la salle au moment des saluts. Michel Bouquet, petit pas, yeux à moitié clos par la lumière puissante des projecteurs et sourire formidable aux lèvres venait dire adieu à un rôle de légende.

Le point de vue d’Elisabeth

THEATRE HEBERTOT • 78 bis boulevard des Batignolles 75017 Paris

DERNIERE MINUTE : NOUVELLES REPRESENTATIONS AU THEATRE HEBERTOT jusqu’au 25 octobre 2014

Crédit photo ©Laurencine Lot

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LE PERE – THÉÂTRE HÉBERTOT

Affiche-LE-PERE-webJ’inaugure ce blog avec l’envie de partager un MAGNIFIQUE coup de coeur pour la pièce « LE PERE » de Florian ZELLER, actuellement jouée au théâtre HEBERTOT (Paris 17ème).C’est l’histoire d’un homme âgé au caractère bien trempé (Robert HIRSCH) dont la mémoire vacille. Il se voit proposer par sa fille (Isabelle GELINAS)  de venir vivre chez elle.  Mais cet homme acceptera-t-il de renoncer à sa liberté ? Comment sa fille vivra-t-elle cette situation ? Quand les parents deviennent enfants, quand les enfants deviennent parents. Voilà l’histoire.

La pièce traite avec, pudeur et intelligence, de la vieillesse et de la dépendance. Sans jamais être citée, l’ombre de la maladie d’Alzheimer plane sur le spectacle. J’en resterai là sur le fond qui est fort bien traité : mise en scène élégante, texte ciselé, construction originale et atypique.

Mais que dire de l’interprétation de Robert HIRSCH qui offre une prestation absolument magistrale. Ses partenaires comédiens ne déméritent pas, loin de là, mais il surclasse l’ensemble et excelle dans tous les registres : vieux roi pathétique, tour à tour agressif, blessé, hagard, séducteur, perdu….Il donne une épaisseur fantastique à la pièce qui a d’ailleurs été écrite pour lui.

On a frôlé la standing ovation à la fin du spectacle. Peu importe pour moi, j’ai vu la pièce debout. Hommage à un comédien d’exception.

Les représentations sont prolongées jusqu’au 2 février 2014. Courez-y !

Le point de vue d’Elisabeth

 

www.theatrehebertot.com