La pièce fut un énorme succès à Londres et c’est maintenant à Paris qu’elle remporte tous les suffrages. Après avoir fait un triomphe au théâtre Tristan Bernard l’an dernier et raflé le Molière de la comédie le 23 mai dernier, « Les Faux British » sont désormais à l’affiche du théâtre Saint Georges et c’est salle comble tous les soirs ! Difficile en effet de ne pas passer un excellent moment de théâtre devant cette pièce ultra drôle et diablement efficace. Le pitch ? Imaginez 7 amateurs de romans noirs anglais qui décident de monter sur les planches pour adapter un roman de Conan Doyle, alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds sur scène…. L’action se situe au XIXème siècle dans un manoir anglais. Par une nuit d’hiver enneigée, on découvre le corps sans vie de Charles Aversham dont on s’apprêtait à fêter les fiançailles. Sitôt est appelé sur les lieux du crime le vieil inspecteur qui démarre son enquête sur tous les protagonistes : la fiancée, le majordome,…Nos acteurs d’un soir vont donner le meilleur d’eux-mêmes pour proposer un digne spectacle mais n’est pas comédien qui veut et les petites et grandes catastrophes vont s’enchaîner à un rythme effréné : oubli de texte, élocution difficile, régisseur à contre temps, décor en carton pâte, nos apprentis comédiens vont faire les frais de leur amateurisme…
Si vous aimez l’humour décalé dans l’esprit « Les Monthy Python font du théâtre », les gags à gogo et le comique de situation, courrez applaudir « Les Faux British » qui mérite amplement son succès. Un moment de théâtre franchement réjouissant, drôle, extrêmement bien interprété qui vous fait passer une délicieuse soirée. A l’affiche jusqu’à la fin de l’année.
Signé Elisabeth
Théâtre Saint Georges, 51 rue Saint Georges, 75009 Paris
Mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h30; samedi à 18h et à 21h; dimanche à 15h et à 20h
Jusqu’au 18 décembre 2016







Maquillage soigné, queue de cheval élégante, robe tendance, elle est assise sur une chaise, le plateau baigné par une douce pénombre. Et elle commence à nous parler sans attendre le silence du public, le point de départ d’un récit-confession qui nous emportera bien plus loin que l’on aurait pu imaginer. Au départ, il s’agit seulement de l’histoire d’une femme : son quotidien de vendeuse, sa vie de couple, son désir d’enfant. Et puis les indices pointent un à un, se font écho – son traitement au lithium, ses séances de sismothérapie, ses épisodes schizophréniques, ses allers-retours à l’hôpital Saint Anne – et nous font comprendre par bribes ce dont elle souffre : la maniaco-dépression. « Rendez-vous gare de l’Est », c’est le portrait d’une femme malade qui se livre entièrement sans fausse pudeur. Et indirectement nous donne des « clés » pour essayer de mieux appréhender la maladie invisible. 
Prenez cinquante ans de combats féministes, ajoutez quatre comédiennes qu’on sent aussi complices à la scène qu’à la ville, saupoudrez d’une bonne dose d’humour, laissez cuire pendant 1h20 et vous obtiendrez « Et Pendant ce Temps Simone Veille », un spectacle ultra sympathique, écrit par la comédienne Trinidad, qui retrace l’évolution de la condition féminine des années 1950 à nos jours, à travers les destins de 4 générations de femme (Marcelle l’ouvrière, France la bourgeoise et Giovanna issue de la classe moyenne). L’occasion de revisiter les grandes dates qui ont jalonné les combats féministes, du droit de vote à la légalisation de la pilule contraceptive en passant par la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse ou la procréation assistée,…et de rendre hommage aux grandes figures des combats féministes de Simone de Beauvoir (« On ne naît pas femme, on le devient« ) à Simone Veil.


« Constellations », créée en 2012 par le jeune auteur londonien 



Un titre énigmatique pour un spectacle qui ne ressemble à aucun autre et qui restera quelque part dans un coin de ma mémoire -à l’instar de l’inoubliable 







Il est déjà sur scène quand le public s’installe. Alors que la salle s’éteint doucement et que les derniers chuchotements cessent, un halo de lumière d’une vieille lampe industrielle éclaire un homme avachi sur un bureau couvert d’un désordre de boîtes de métal. Il relève péniblement la tête pour se présenter à nous : le crâne dégarni, les cheveux blancs ébouriffés, les yeux à demi-clos par la lumière crue, le visage ridé, grimé de blanc, le nez rouge…Ce vieux clown pathétique et solitaire prêterait même à faire sourire mais l’émotion nous étreint déjà. Irrésistiblement. « La Dernière Bande » – écrit en 1958 – raconte l’histoire de ce vieil homme, Krapp, qui chaque année, le jour de son anniversaire, enregistre les souvenirs qui ont marqué son année écoulée. Mais ce soir-là, alors qu’il s’apprête à enregistrer, il va écouter une « dernière bande », celle-là même enregistrée trente ans plus tôt -alors qu’il avait 39 ans – et replonger dans les souvenirs de sa vie, faite de vaines illusions, de remords, de regrets, et d’un amour féminin définitivement perdu. Théâtre minimaliste par excellence, « La Dernière Bande » explore les thèmes chers à Beckett : la vieillesse et l’absurdité de l’existence.



Hélas, 1h20 d’ennui presque total devant « Old Times » actuellement à l’affiche du théâtre de l’Atelier, pourtant l’une des pièces les plus célèbres et les plus jouées du dramaturge anglais. Rien n’y a fait ! Les minutes ont été longues, très longues devant ce huis clos oppressant qui évoque les chassés-croisés amoureux d’un couple avec une jeune femme troublante dans une maison de campagne anglaise au bord de mer. Une succession de monologues prétentieux, d’une totale vacuité et au final difficiles à suivre, une mise en scène insipide et vraiment à l’économie (les trois comédiens ne font que passer d’un canapé à l’autre et longer les murs – le dépouillement a ses limites), un casting très inégal (si Marianne Denicourt et Emmanuel Salinger tirent leur épingle du jeu, Adèle Haenel m’a semblé jouer extrêmement faux de sa première à sa dernière réplique et « plomber » complètement la pièce). Bref, quelques spectateurs sont partis, des ricanements ont fusé, des applaudissements timides et beaucoup de visages fatigués à la sortie. ..Je n’étais pas la seule à être malheureusement très déçue. 


Des plumes, des paillettes, du strass, de la pétillance et de l’humour, beaucoup d’humour ! Bienvenue dans l’univers glam et totalement burlesque des 


