TRAÎNE PAS TROP SOUS LA PLUIE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

TRAINE PAS AfficheChaque soir, Richard Bohringer réinvente, retrace toute une vie d’écriture, de passions, d’amours et de tendresse. Un voyage au pays de sa mémoire, un road-movie dédié à l’Afrique, aux amis morts ou vivants, aux femmes, à l’alcool, aux errances. Tel un boxeur sur le ring, l’émotion à fleur de peau, il nous fait voyager au travers de ses propres textes, dans cette atmosphère que lui seul sait créer. Entre chaque texte, l’improvisation a toute sa place.

Seul en scène entre un lutrin et une chaise bistrot, à fleur de peau et la voie rocailleuse, Richard Bohringer nous livre ses textes bruts de style. Univers de la nuit, de la création artistique, des amours, des amitiés, de l’alcool… Le public découvre une plume, une sensibilité, une humanité. Certes… Mais suit-il réellement toutes les digressions de ses pensées ? Là est la question. 

Par contre, les intermèdes entrecoupant ses lectures ravivent l’attention de tous les esprits, découvrent avec tendresse, générosité voire humilité sa vie intime – son épouse, sa fille, ses amis, ses voyages – et les affres de son existence  – ses ivresses, ses errances, sa maladie. 

Un moment de bonheur simple pour tous ceux qui reconnaissent à Richard Bohringer un talent d’auteur et d’acteur ; pour les autres, la rencontre d’un homme écorché face au miroir d’une vie en puzzle, homme ivre de mots pour vivre encore quelques poignées d’années car « Si à vingt ans on veut mourir, à presque soixante-dix on veut rester. » 

Le regard d’Isabelle 

TRAÎNE PAS TROP SOUS LA PLUIE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris. 

A partir du 8 mars 2016 pour 30 représentations exceptionnelles. 

Relâche les 17 et 18 mars.

Du mardi au samedi à 19h00

Crédit photo : Alain Rousseau

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J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14471684491307Si vous aimez le théâtre, réservez vite vos billets pour cette pièce programmée jusqu’au 3 janvier 2016 au théâtre de l’Atelier. C’est un énorme coup de coeur personnel ! Les critiques plus élogieuses les unes que les autres sont venues consacrer « J’avais un beau ballon rouge » mis en scène par Michel Didym et je m’y associe pleinement! Sur le plateau, ils sont deux, père et fille, à la ville et à la scène : Richard et Romane Bohringer. Ils nous offrent un moment de théâtre unique ! La pièce, écrite par la jeune dramaturge italienne Angela Dematté, nous plonge dans l’Italie des années 60 et 70 et raconte le destin fulgurant et tragique de Margherita Cagol, l’épouse de Renato Curcio, fondateur et idéologue des Brigades Rouges, cette organisation révolutionnaire d’extrême gauche italienne qui ensanglanta le pays à cette époque. Angela Damatté a fait le choix très séduisant de raconter la grande histoire à travers la petite, celle de la relation poignante qui unit Margherita, radicale et éprise d’absolu, à son père, pétri de bon sens et de valeurs chrétiennes. A travers leur confrontation, la pièce éclaire deux visions de la société incompatibles et irréconciliables. 

La pièce est une réussite incontestable : un texte fort, violent, fort bien écrit, servi par une mise en scène très fluide. A noter un astucieux jeu de décors coulissants, qui permet de voyager à travers les lieux et les années, de la cuisine familiale du petit appartement de Trente au squat milanais des Brigades quelques années plus tard.  

Et puis bien sûr, une interprétation au sommet ! Le « duo Bohringer » fonctionne admirablement. Lui, tout en retenue, presque à l’économie, qui de fait dégage une sensibilité et une émotion vraie. Grand comédien ! Elle, passionara incontrôlable, tiraillée entre l’amour pour son père et l’engagement dans ses idéaux, dans la quête de vouloir construire une société qu’elle estime plus juste, offre une interprétation d’une précision remarquable. On ne dira jamais assez combien Romane Bohringer est une excellente comédienne. La critique ne s’y est pas trompée. Le « Palmarès du Théâtre » a décerné en 2013 le prix « Coup de coeur du Théâtre public » à Richard Bohringer et Romane Bohringer pour leur interprétation dans ce spectacle. Parfaitement mérité, un grand et très très beau moment de théâtre !

Et puis parenthèse personnelle, une fois le rideau levé, il m’a suffi d’apercevoir la cafetière Bialetti sur le gaz, La Repubblica sur la table de la salle à manger pour replonger dans des souvenirs d’enfance précieux et inoubliables. Cara Italia, sei sempre nel mio cuore.

Le point de vue d’Elisabeth

J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Jusqu’au 3 janvier 2016

Crédit photos : Eric Didym 

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