MOINS 2 – THÉÂTRE HÉBERTOT

40x60-MOINS2_2Bercés par Les Nocturnes de Chopin, deux hommes, alités, le bras perfusé, l’esprit embrumé, se réveillent en salle de réanimation et peinent à échanger. Un médecin ne tarde pas à arriver. Il annonce à chacun que ses jours sont comptés par un cancer des poumons pour l’un, des reins pour l’autre. Après une très courte présentation protocolaire entre eux, Paul Blanchot (Guy Bedos) et Jules Tourtin (Philippe Magnan) décident, dans un même élan instinctif, de s’évader de cette anti-chambre de la mort, ensemble, « n’importe où mais loin ».
Les voitures roulent à grande allure sur la nationale sans s’arrêter au pouce tendu de Blanchot qui – toujours en pyjama et chaussons comme Tourtin – tente de faire du stop. Survient une jeune femme sur le point d’accoucher qui se risque à l’imiter dans l’espoir de se rendre à l’hôpital au plus vite. Se risquer… oui ! car c’est sans compter sur le tempérament râleur et l’humour noir de Blanchot qui n’entend pas se faire doubler. Le bras encore tenu à la perfusion, Tourtin, par nature toujours empreint d’humanité, le reprend et lui réplique sur un ton décalé de tout.

Ce n’est que le début du périple et des péripéties qui les attendent… le hasard les conduira loin sur le chemin de la vie, même s’ils resteront finalement qu’à quelques mètres de l’hôpital.

Une histoire insolite au carrefour de la tendresse et de l’humour, signée Samuel Benchetrit. Guy Bedos occupe la scène par sa prestance, surprend par ses répliques plus touchantes que caustiques quand Philippe Magnan brille par son talent. Audrey Looten, accompagnée sur les planches par Manuel Durand, se distingue également dans les trois rôles qu’elle incarne. À souligner, sur fond de décor minimaliste, l’orchestration de jeux de lumières est particulièrement réussie (scène de l’autoroute…).

Signé Carole !

MOINS 2

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris 

Du mardi au samedi à 19h
Matinée le dimanche à 15h

Crédit photos : Laurencine Lot

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THÉÂTRE RIVE GAUCHE – SAISON 2015/2016

JSZaWdzfLe Théâtre Rive Gauche, un théâtre de création où il fait bon travailler : Francis Huster, Clémentine Célarié, Judith Magre, Loris Freeman et Samuel Nibaudeau, Olivier Barrot étaient réunis pour nous le dire, le lundi 29 juin dernier. Pas de texte appris pour cette fois, chacun s’est exprimé dans sa spontanéité avec ses mots.

Bruno Metzer, directeur associé du Théâtre Rive Gauche, ouvre la soirée en maître de cérémonie. À ses côtés, Éric-Emmanuel Schmitt (écrivain et dramaturge) avec lequel il partage la direction du théâtre et Steve Suissa (le metteur en scène). Tour à tour, ils témoigneront leur passion pour le théâtre d’auteurs et présenteront la rentrée théâtrale 2015-2016. Une programmation variée.

Francis Huster, assis au premier rang, se lève de son fauteuil où joyeusement il échangeait avec « ses camarades de classe » et monte sur scène. Il rappelle son attachement à la grande famille du Théâtre Rive Gauche et aux valeurs qu’il incarne. Il est heureux, paraît même épanoui, d’avoir pu faire vivre durant un an le texte fort de Stefan Zweig dans Le Joueur d’échecs : la dernière représentation a eu lieu ce 29 août  2015. (voir notre chronique du 21 mai)

Perchée sur ses talons et en jean, Clémentine, avec son éternel entrain, monte sur la scène entourée de Loris Freeman et Samuel Nibaudeau pour 24 Heures dans la vie d’une femme, un texte également de Stefan Zweig – un cycle lui est consacré. Prolongation pour Clémentine qui sera à l’affiche jusqu’au 29 novembre inclus pour incarner cette jolie veuve aristocrate à l’aube d’une passion impétueuse. (voir notre chronique du 21 avril)

C’est sans surprise qu’Éric-Emmanuel Schmitt présente lui-même Oscar et la Dame Rose qu’il avait déjà porté sur le grand écran avec Michèle Laroque et Amira Casar en 2009. Un rôle qu’il a choisi de confier aujourd’hui sur les planches à Judith Magre (à partir du 23 septembre 2015). (chronique à venir)

Sont annoncées aussi par Éric-Emmanuel Schmitt les matinées scolaires avec Monsieur Ibrahim et Les Fleurs du Coran, mis en scène par Pascal Faber.

Place à Olivier Barrot, qui avec un talent d’orateur, captive déjà la salle et expose ses neuf conférences-spectacles mensuelles autour de La Grande Histoire du music-hall français, qui débuteront le 18 octobre 2015, les dimanches à 17 h. Pour ne citer que deux thèmes : les duos comiques, les années folles. Le blog Coup de Théâtre s’y rendra.

Trois concerts exceptionnels de l’atelier lyrique Opera Fueco sont également prévus, les lundis 19 octobre, 23 novembre et 1er février. Il s’agit de trois soirées thématiques dirigées et animées par les analyses de David Stern.

De quoi se réjouir tout au long de l’année !

Signé Carole !

THÉÂTRE RIVE GAUCHE

6 rue de la Gaîté, 75014 Paris

Crédit photos : ONIRIK

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UNE LABORIEUSE ENTREPRISE – THÉÂTRE de POCHE-MONTPARNASSE

AFF-LABORIEUSE-ENTREPRISE1C’est l’histoire d’un couple, Yona et Leviva, usé par trente ans de vie commune, trente années tricotées d’habitudes et de vexations mais aussi de petits bonheurs et d’espoir de pouvoir vivre une vie haute en couleurs et en sentiments. Mais les années sont passées, leurs vies ont été banales. Leurs rêves se sont effacés, ils ont laissé place aux rancœurs amères.

Cette nuit, ils vont s’insulter, se déchirer, se renvoyer tout à la tête : les manies du quotidien mais aussi les meubles, les oranges et les yaourts. Yona veut la quitter, Leviva ne veut pas se retrouver seule après lui avoir sacrifiée sa jeunesse. Mais a-t-il vraiment le courage de partir pour concrétiser sa vie rêvée ?

Yona (Yann Denécé) et Leviva (Luciana Velocci Silva) s’affrontent dans cette guerre domestique avec une lucidité diabolique. Ils s’aiment autant qu’ils se détestent : ils s’opposent quand ils sont seuls ; ils s’allient lorsque leur voisin Gounkel (Cédric Revollon) vient les importuner en pleine nuit ; ils s’empoignent comme des chiffonniers ; ils dansent le tango avec une sensualité à fleur de peau. Ils sont unis pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort les sépare.

Une comédie acide, féroce et pathétique à ne pas manquer au théâtre de Poche Montparnasse. Pour le texte du célèbre Hanokh Levin mais plus encore pour l’excellente interprétation des comédiens.

Le regard d’Isabelle

UNE LABORIEUSE ENTREPRISE

Théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Du 22 septembre au 29 novembre 2015

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h.

Opération -35% de réductions aux premières DU 22 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE

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AVANTI ! – THÉÂTRE des BOUFFES PARISIENS

40x60_avanti_v9_siteÀ Rome, Georges, un businessman américain puritain, et Alison, une jolie comédienne anglaise, se lancent sur les traces de leurs parents décédés dans un accident de voiture. De réseaux internet bloqués en bureaux aux horaires décalés, de cercueils volés en chapelles napolitaines, les héros auront bien du mal à retrouver leurs chers disparus…

On ne peut que souligner la performance de Thierry Lopez, absolument excellent dans son rôle de Ludion Italien, pétillant de malice et de charisme au point de porter ombrage au couple Francis Huster / Ingrid Chauvin, excellents acteurs au demeurant. Erreur de casting ou mise en scène de Steve Suissa trop élégante dans un décor somptueux au risque pour le couple de se sentir quelque peu étriqué ?

A cette comédie romantique sans surprise (dommage !), le public vibre avec les vicissitudes des personnages, apprécie le moindre quiproquo et savoure les rebondissements.

« Avanti ! » pourrait être comparé à un bon tiramisu dégusté avec gourmandise mais auquel il  manquerait un peu de saveur.

Le regard d’Isabelle 

AVANTI !

Théâtre des Bouffes Parisiens, 4 rue Monsigny, 75002 Paris 

Du 17 septembre 2015 au 03 janvier 2016. 

Du mercredi au samedi à 21h, matinées le samedi à 16h et dimanche à 15h.

Représentations supplémentaires certains mardis à partir du 10 novembre 2015.

Relâches exceptionnelles : le mercredi 4/11, le 25 décembre et le 1er janvier 2016. Attention : le mercredi 11 novembre uniquement à 17h !

LYSISTRATA LA GRÈVE DU SEXE – À LA FOLIE THÉÂTRE

198Et si pour que cesse à jamais la guerre entre Athènes et Sparte, il suffisait de faire la grève du sexe ?

Sur le ton du conte musical, la Compagnie Poupées Russes donne un grand coup de jeune à un texte écrit en 411 avant J.-C par Aristophane, l’illustre poète comique grec. Toujours avec humour, vitalité et plaisir, les comédiens nous entraînent dans cette quête folle de la paix par des femmes prêtes à tout pour garder leur mari et leurs enfants mâles près d’elles et surtout que plus jamais ils ne meurent au combat. Jeux d’acteurs et jeux de mots – parfois osés, jamais vulgaires – se bousculent pour le plus grand bonheur des spectateurs. Si on se réjouit devant le désespoir des époux, on s’étonne de l’ingéniosité des femmes pour résister aux tentatives de séduction des hommes à leur corps défendant. Surtout elles résistent, elles font bloc et elles obtiendront que les hommes fassent enfin la paix… et tant pis pour les anachronismes.

Aristophane flirte sans complexe avec notre actualité contemporaine. Et on se surprend à espérer qu’un jour prochain, toutes les femmes des pays où leurs droits sont bafoués ou empêtrés dans des conflits guerriers sans fin fassent la grève du sexe avec autant d’humour et de maestria dans le jeu et la voix.

Le regard d’Isabelle 

LYSISTRATA – LA GRÈVE DU SEXE

A la Folie théâtre, 6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris 

Jusqu’au 8 novembre 2015

Les jeudis à 19h30, les samedis à 18h et les dimanches à 16h30

Crédit photos : Harold Passini 

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UN CAFÉ AVEC David Roux – directeur publication et responsable communication des Théâtres Parisiens Associés

1506581_970566599640087_7093342689131215636_nFlash back au coeur de l’été. 24 juillet dernier, pas de café en terrasse exceptionnellement mais un rendez-vous téléphonique avec David ROUX, directeur de la publication et responsable communication des Théâtres Parisiens Associés. Trois mots qui cachent une belle aventure au service du théâtre privé. Vocation, mission et enjeux des Théâtres Parisiens Associés, David Roux nous dit tout !

Bonjour David, pourriez-vous nous présenter le réseau des Théâtres Parisiens Associés (TPA) ?

David Roux : Théâtres Parisiens Associés est une enseigne commerciale grand public, créée en 2010, qui regroupe à ce jour 55 théâtres privés parisiens, tous adhérents de l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé (ASTP), qui existe depuis 1964. Un mot sur cette association qui a pour rôle principal de soutenir la création de spectacles, les emplois artistiques ou techniques et ainsi de permettre aux théâtres de produire leurs spectacles et de continuer à être indépendants. L’association perçoit une taxe fiscale et organise ensuite un système de redistribution solidaire entre les différents théâtres privés du réseau, via la gestion d’un fonds de soutien. Schématiquement, c’est un système de mutualisation des risques qui permet aux succès des uns de financer, sinon d’amortir, les échecs des autres.

Quelle est la vocation du réseau TPA ? Et ses objectifs ?

D.R : La vocation de notre réseau, c’est d’apporter une réponse collective aux enjeux des théâtres privés aujourd’hui et notamment de lutter contre la montée en puissance d’un certain nombre d’opérateurs de billetterie. Depuis le début des années 2000, c’est vrai qu’un certain nombre d’acteurs dans ce domaine ont commencé à prendre énormément de poids, parfois trop et parfois au détriment des théâtres eux-mêmes. Il y a donc eu cette volonté commune d’essayer de sortir de la dépendance de ces billetteries en ligne et de communiquer davantage et collectivement sur Internet, en partant de l’idée qu’on est plus fort à 55 que chacun dans son coin. Cela nous a amenés à créer ce portail commun, qui est tout simplement une vitrine de la programmation des 55 théâtres du réseau. Notre rôle : offrir un maximum de visibilité à nos théâtres via notre site web et donner envie aux internautes de réserver. Il faut bien préciser que chaque théâtre reste maître de sa programmation, de ses choix artistiques, de sa politique tarifaire et que TPA n’est pas une entité qui émet de la billetterie… Concrètement, lorsqu’on clique sur le bouton « RÉSERVER », l’internaute est redirigé vers la billetterie du théâtre concerné. Dans tous les cas, on est à un moment où, les directeurs de nos théâtres ont bien compris que le théâtre et le numérique ne sont pas des forces contradictoires mais bien au contraire des forces complémentaires. Beaucoup sont désormais persuadés qu’Internet est un formidable outil à leur disposition pour mettre en avant leur spectacle et attirer du monde.

Pourquoi avoir baptisé le réseau « Théâtres Parisiens Associés » ?

D.R : D’une part, pour s’affranchir de la sémantique « théâtre privé » qui fait référence à un système économique mais dont le public n’a pas forcément conscience ou connaissance et d’autre part pour éviter d’utiliser le mot « privé » pour parler de lieux dont la vocation est d’accueillir du public !

741ae6045d1ad5d5004049725a5dc8b6Quelles valeurs théâtrales défendez-vous aujourd’hui ?  

D.R. : A travers notre réseau, nous défendons bien sûr des valeurs de qualité mais avant tout des valeurs d’éclectisme et de diversité. Tous nos théâtres possèdent leur propre ligne éditoriale ce qui rend l’offre très variée : certains sont spécialisés dans la comédie ou le one man show, d’autres proposent un théâtre plus exigeant, moins purement divertissant, comme le théâtre de l’Œuvre ou le théâtre de l’Atelier. Dans tous les cas, notre position n’est pas d’influer sur la programmation des théâtres car nous défendons leur indépendance.

Le réseau dispose de 55 théâtres à ce jour. Quelles sont les conditions d’adhésion pour un théâtre ? Y a-t-il  des contraintes (taille, répertoire, capacité…) ?

D.R : D’abord, le théâtre doit en faire la demande auprès de l’ASTP. Puis, lorsqu’on est adhérent à l’ASTP et qu’on est une salle parisienne, on intègre automatiquement le réseau TPA. Parmi les critères d’adhésion principaux, il y a le fait que nos théâtres doivent produire plus des trois quarts des représentations données chaque année. Nos théâtres ont donc tous en commun d’être des théâtres producteurs, contrairement à d’autres théâtres d’économie privée, qui, eux, se contentent de louer leur espace. Ensuite, le théâtre ne doit toucher aucune subvention publique et, bien sûr il doit aussi impérativement respecter toutes les normes de sécurité, d’accueil du public ainsi que les conventions collectives, qu’il s’agisse des statuts et droits des techniciens, des salariés administratifs ou des artistes. Quand des comédiens se produisent sur scène, ils doivent tout à fait normalement toucher un salaire. Ils ne doivent pas payer pour jouer comme cela arrive parfois dans certains petits « théâtres ». Par ailleurs, il y a des obligations d’emploi permanent de personnel administratif et de personnel technique liées à la jauge du théâtre, c’est-à-dire à la capacité d’accueil du public. Par exemple, une salle avec une jauge de 800 places va devoir compter dans ses effectifs deux techniciens permanents et deux administratifs. Evidemment, selon les besoins de chaque spectacle, il peut y avoir plusieurs techniciens supplémentaires employés par le théâtre comme intermittents. Ces exigences d’emploi permanent varient selon la jauge des théâtres. 

Campagne d'affichage septembre 2014

Campagne d’affichage septembre 2014

De quels outils de communication disposez-vous pour offrir de la visibilité au réseau ?

D.R : Il faut préciser avant tout que nous avons des moyens limités et qu’il faut faire nécessairement des choix. Pour faire simple, tout est exclusivement concentré sur notre site web et nos réseaux sociaux. On tente de trouver des alternatives qui ne sont pas trop « gourmandes » financièrement parlant. On a développé par exemple un partenariat avec le journal Le Parisien et son club d’abonnés. On essaye de développer des partenariats avec des blogs théâtre et/ou des blogs culturels. En revanche, pour certains évènements importants, comme le lancement de notre nouveau site web en mai 2014, nous avions diffusé une grande campagne d’affichage dans le métro, noué des partenariats médias avec des supports comme Les Echos, Télérama, Le Parisien. On s’est donné des moyens exceptionnels qu’il est malheureusement impossible, du moins difficile, de mobiliser chaque année.

Parlez-nous justement de cette refonte complète du site web en mai 2014. Quels ont été les changements majeurs ?

D.R : Quand nous avons décidé de refondre notre site web, il avait déjà quatre ans et commençait à être obsolète. Il n’était pas en vérité conçu et tendu vers un but commercial. L’objectif de cette refonte a donc été, sans se départir de l’aspect qualitatif du site, de flécher davantage vers une efficacité commerciale tout en maintenant l’attractivité et la richesse de notre offre (100 à 150 spectacles sont proposés en permanence dans le réseau). Concrètement, on a privilégié l’affichage de grands visuels, cherché à développer une navigation spontanée, intuitive et bien sûr valoriser les offres promotionnelles. Il a fallu d’ailleurs être didactique, pédagogique auprès des directeurs de théâtre et leur démontrer que la vocation commerciale d’un site web n’était pas une maladie honteuse ! Dans tous les cas, ce qui est très encourageant, c’est que cela s’est traduit par des chiffres en constante augmentation. On naviguait autour de 850 000 visiteurs uniques en 2014. A partir de février 2015, on a enregistré une progression située entre + 25% et + 60% par rapport à l’année précédente à la même époque ! Aujourd’hui, on comptabilise 80 000 à 100 000 visiteurs uniques par mois et on vise le million de visiteurs uniques pour l’année 2015 ! Globalement, les courbes de fréquentations de notre site suivent exactement la courbe de fréquentation des salles, c’est-à-dire des pics sur la période septembre-décembre, une grosse baisse en janvier, un regain entre février et avril puis un reflux à partir de mai et sur la période estivale. Mais notre travail est de continuer au jour le jour à enrichir le contenu du site et améliorer son efficacité commerciale.  

Et connaissez-vous le taux de réservation ?

D.R : Malheureusement non ! C’est une donnée très importante que l’on cherche à obtenir mais on ne dispose pas encore des chiffres, pour la bonne et simple raison que lorsque l’internaute clique sur le bouton « RÉSERVER », il est redirigé vers la billetterie du théâtre et que, à ce jour, aucun des trois gros logiciels de billetterie utilisés par nos théâtres n’est en mesure de fournir ce type de statistiques. C’est très frustrant de ne pas pouvoir tracer ces statistiques même si on a bon espoir de les récupérer un jour ! Je peux vous confirmer en revanche que le trafic généré par le site est très qualifié car le taux de clics sur le bouton « RÉSERVER » est de l’ordre de 34% – 37% en moyenne, ce qui est très satisfaisant !

Au quotidien, comment fonctionnez-vous ? Quels sont les domaines d’action ? Y a-t-il une équipe dédiée ?

D.R : Nous sommes une équipe réduite et très souple. Au quotidien, nous travaillons avec une agence web qui met à disposition un web manager chargé du référencement, des développeurs et des community managers en charge d’animer nos réseaux sociaux. Dans ce domaine, le travail effectué commence à porter ses fruits par exemple avec plus de  24 500 personnes qui nous suivent sur Facebook et près de 3 500 followers sur twitter.

Comédie des Champs-Elysées - membre du réseau TPA

Comédie des Champs-Elysées – membre du réseau TPA

Plus globalement, quels sont, selon vous, les enjeux du théâtre privé aujourd’hui ?

D.R : Les défis sont nombreux et existent, en réalité, depuis toujours : faire des succès, faire émerger des auteurs qui rencontreront un écho, qui trouveront leur public. Je reste persuadé que, quel que le soit le théâtre, quelle que soit l’économie du théâtre, un auteur saura rencontrer son public si la qualité, la créativité, et l’inattendu sont au rendez-vous. Les succès de Sébastien Thiery ou d’Alexis Michalik tendent à le prouver. Tout cela me donne confiance dans le public des théâtres privés qui ne réservera pas uniquement un billet pour une tête d’affiche ou une star de télé, mais saura se laisser séduire, surprendre par de nouvelles signatures ou de nouveaux univers théâtraux. Quand on va voir un Shakespeare à la Porte Saint-Martin avec Lorant Deutsch, je suis persuadé que beaucoup de personnes vont voir un Shakespeare pour la première fois et y découvrent une modernité. L’enjeu principal, c’est de faire savoir que ces pièces-là existent dans un contexte où l’offre culturelle est de plus en plus riche, de plus en plus accessible depuis son canapé sans bouger et parfois même sans payer.

Merci David. Et pour conclure, quelle est l’actualité et les projets de TPA ?

D.R : Tout simplement de continuer à communiquer le plus efficacement possible pour que nos théâtres en recueillent les fruits. Cela signifie concrètement continuer à doper la fréquentation de notre site. On réfléchit aussi à mettre en place des contenus vidéo, développer de nouveaux partenariats avec d’autres enseignes que Le Parisien … Les idées ne manquent pas, on y travaille !

Propos recueillis par Elisabeth Donetti 

Pour aller plus loin :

http://www.theatresparisiensassocies.com/

http://www.astp.asso.fr

CAMILLE CLAUDEL – À LA FOLIE THÉÂTRE

168Dans son atelier qu’on a l’impression de partager, tant la proximité entre la scène et le public est étroite, Camille, assise sur un banc, dans une tenue de coton blanc, chante à tue-tête et bavarde à en perdre haleine tandis qu’elle lace ses bottes et continue de s’apprêter. Debout, ses mains cherchent éperdument le sculpteur Rodin, son amant (imaginé alors sur scène). Elle l’invite à lui prendre sa main.

En costume d’époque, Octave Mirbeau, Henri Asselin, critiques d’art et journalistes et le peintre Eugène Blot (trois rôles interprétés par Frédéric Goetz et Nicolas Pignon) occupent le fond de la scène, attablés et affairés à lire leurs correspondances. Ils n’ont de cesse de porter, à la lumière d’une bougie, Camille et son œuvre pour que l’éternité ne les oublie pas. Qu’ils se rassurent, Christine Farré (Camille et metteur en scène de la pièce) l’incarne avec une telle vitalité qu’elle semble être là, devant nous. Agenouillée sur le sol, habitée par une force impérieuse et impénétrable, elle creuse, triture, étire, modèle la terre sous ses mains passionnées qui donnent forme à la vie, aux Causeuses… Un talent qui rencontrera bien des déboires à s’exprimer longtemps dans l’ombre de Rodin, prisonnière d’un siècle machiste qui ne l’attendait pas : l’État français ne lui passera aucune commande, elle s’empêtrera dans des difficultés financières. Christine Farré prête sa sensibilité mais aussi son corps à Camille et n’hésite pas à se frotter le visage, son torse, ses bras d’argile pour mieux s’imprégner de l’artiste… D’une voie tourmentée, agitée, emballée, aux confins de l’exaltation de la passion, elle hurle sa souffrance, ses blessures face à ce monde plus enclin aux honneurs et à l’argent qu’à la quête d’un absolu.

Dans une fureur dévastatrice, elle détruira ses statues sous la stupéfaction de Mirbeau et Blot, impuissants à la consoler, et se clôturera dans son atelier avec ses chats. Une lente descente dans la dépression et la paranoïa la conduira à être internée dans un asile psychiatrique pendant trente ans. Délaissée des siens, elle attendra les lettres de son frère Paul et en vain de pouvoir sortir.

Un hommage appuyé à Camille Claudel que Christine Farré sculpte en chair et en os avec une profondeur de sentiment et cisèle avec une vigueur d’expression. Comme le prédisait Eugène Blot, « Le temps a remis tout en place ». En témoigne ce spectacle. 

Signé Carole !

 

CAMILLE CLAUDEL

À LA FOLIE THÉÂTRE, 6 rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris 

Jusqu’au 28 novembre 2015

les vendredis et samedis à 19h30

VICTOR – THÉÂTRE HÉBERTOT

40x60-VICTORnewOKUne affiche de gala, signée par le célèbre studio Harcourt, pour le duo star de cette rentrée théâtrale. Grégory Gadebois et Éric Cantona sont les protagonistes de Victor une pièce d’Henri Berstein au théâtre Hébertot depuis le 2 septembre. J’ai eu l’opportunité et le  plaisir d’assister à la couturière, confortablement installée au milieu d’une audience attentive et curieuse de découvrir ce duo inattendu sur scène ! La metteur en scène, Rachida Brakni, nous prévient, dans son speech introductif qu’elle s’accordera à tout moment le droit d’interrompre la représentation, si d’aventure la mise en scène lui déplaît. À bon entendeur… Extinction des lumières, lever de rideau. Sur scène, un homme est assis sur un banc public. Nous sommes en 1950. Victor (Grégory Gadebois) sort de prison, après une longue peine purgée à la place de Marc (Éric Cantona), héros de guerre et homme d’affaires peu fréquentable. Une décision qu’il avait alors prise par amour pour une femme, Françoise (Caroline Silhol), la femme de Marc. Françoise n’a rien oublié de cet amour pour Victor et souhaite le reconquérir. Entre amours contrariées, quête de richesse, amitié virile et désillusions, la pièce nous raconte la trajectoire de ce triangle amoureux. Cette belle trame narrative (la pièce se suit comme un film) est assurément une réussite d’autant que le casting fonctionne à 100%, à commencer bien sûr par Grégory Gadebois, l’inoubliable interprète de Charlie, dans le succès phénomène Des Fleurs pour Algernon. Il offre une nouvelle fois une prestation de haute volée de bout en bout, maniant toute la palette des émotions avec une simplicité et une profondeur formidables. J’ai été également très séduite par les seconds rôles, et notamment par la jeune comédienne Marion Malenfant, ex-pensionnaire de la Comédie Française, qui illumine le plateau par sa fraîcheur et la justesse de son interprétation. Ses scènes avec Grégory Gadebois sont à mon avis les plus convaincantes. Et « Canto » dans tout ça ? À demi-caché dans la pénombre d’un couloir, costume trois-pièces et borsalino vissé sur la tête, la metteur en scène, son épouse à la ville, n’a pas manqué de soigner son entrée en scène. Éric Cantona n’est certes pas un acteur professionnel mais force est de lui reconnaître une présence, une voix, une stature. Même si le débit est parfois rapide et la gestuelle un peu mécanique, il délivre une prestation très honorable avec quelques moments franchement réjouissants, notamment dans les duos avec Grégory Gadebois. Quelques regrets cependant : une mise en scène sans fausse note mais qui reste un peu linéaire et statique ; l’absence d’un « je-ne-sais-quoi » qui ne m’a pas permis de plonger dans les années 50, et de savourer la belle pièce d’atmosphère à laquelle je m’attendais. Peut-être est-ce dû aux décors un peu froids et à la signature musicale trop discrète. Ces bémols exceptés, un très joli moment de théâtre à vous conseiller en cette rentrée !

Le point de vue d’Elisabeth 

VICTOR

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Du mardi au samedi à 21h

Dimanche 17h

Crédit photos : L. LOT 

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HUIS CLOS – À LA FOLIE THÉÂTRE

164Un divan rouge tel celui d’un psychanalyste, un guéridon sans bras sur lequel on s’assoit, des musiciens concentrés qui attendent de jouer, un garçon d’étage coiffé d’un haut-de-forme (Mike Desa) qui déploie un rideau blanc, un bronze de Barbedienne posé sur un meuble, un bocal à poisson rouge dont l’eau recouvre un coupe-papier, une porte de réfrigérateur par laquelle Garcin, Inès et Estelle entrent chacun leur tour… dans ce salon pas comme les autres ! Où sont-ils ? Voudraient-ils ressortir, que trop tard… Les portes de l’enfer se referment sur eux. Dans une chaleur lourde et humide, un brûlant mystère pèse : pourquoi sont-ils là réunis tous les trois ? Aucun remords n’habite ces trois « morts » à l’existence soi-disant vertueuse. Et pourtant… C’en est trop pour Inès (Anne-Lore Leguicheux), une vraie méchante qui « a besoin de la souffrance des autres pour exister » et dont le franc-parler s’essouffle de s’embarrasser de tant de politesse. Avec convoitise, elle couvre des yeux la belle Estelle (Hélène Bondaz), une riche mondaine. La déception la gagne vite quand Estelle, langoureuse, tente de se faufiler entre les bras virils de Garcin (Ronan Cavenne), journaliste au temps de son séjour sur terre, qui n’a de cesse pour l’heure de se réassurer auprès d’Inès qu’il n’est pas un lâche. Une partie mal engagée dont l’éternité de la peine rend l’épreuve épouvantable : les masques tombent, les personnalités se révèlent, le ton monte, les conversations s’enflamment sans fin sous le regard de l’autre, miroir de sa propre réalité, car « l’enfer, c’est les autres », aurait dit Sartre.

Une adaptation originale de « Huis Clos », signée Anne-Lore Leguicheux, qui sous le signe des arts, mêle la danse, la musique et le théâtre des mots à l’esprit de Sartre.

À chacun son danseur : Mélodie Decultieux, Juliette Brulin, Maxim Campistron épousent respectivement le corps « astral » d’Inès, Estelle et Garcin et dansent leurs maux sous les accords d’une musique créée dans le cadre de cet événément et écrite par les musiciens eux-mêmes (Clément Caritg, Ludovic Cayrel, Agnès Le Batteux, Caroline Trouillet). L’inconscient en mouvement et en musique aux portes de l’enfer… Réaliste ? Absurde ? Sartre aurait-il sauté de son fauteuil ? Moi, je m’y suis enfoncée avec plaisir. Une version contemporaine très artistique.

Signé Carole !

HUIS CLOS  

À La Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris

Du jeudi au samedi à 21h30 – Jusqu’au 7 novembre 2015

Crédit photos : Denis Pascal 

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ISABELLE LÉVY REJOINT LE BLOG « COUP DE THÉÂTRE » !

Crédit : Photographies de ©The Tordjmaniac.

Crédit photo : The Tordjmaniac.

Chers amis,

L’aventure du blog « Coup de théâtre » se poursuit ! Nous sommes heureuses d’accueillir en cette rentrée 2015 une troisième chroniqueuse en la personne d’Isabelle Lévy.

Isabelle Lévy est écrivain, formatrice, conférencière, spécialiste des questions des pratiques religieuses en hôpital. Elle a signé ainsi plusieurs ouvrages sur la prise en compte des rites, cultures et religions dans les établissements de santé. Elle s’est intéressée par ailleurs à l’histoire anecdotique des grandes découvertes médicales (physiologie et instruments) et au Prix Nobel (biographie d’Alfred Nobel, histoire du prix et de ses lauréats).

Mais vous l’aurez compris, Isabelle Lévy est également une grande passionnée de théâtre ! Sociétaire de la Société des Gens de Lettres, auteure de spectacles de théâtre pour enfants et spectatrice avertie, Isabelle signera désormais des chroniques dans une nouvelle rubrique qui lui est dédiée « Le regard d’Isabelle » ainsi que des interviews.

Bienvenue Isabelle !

http://www.levyisabelle.net