FESTIVAL OFF AVIGNON 2026 – LA CONFITURE AUX COINGS

♥♥♥ Jules et Romane nous content leur vie entière, en remontant le temps de leurs 90 ans à leurs 10 ans, à leur passion, leurs doutes, leur amour… sans jamais oublier leurs petits goûters de 17 heures avec les immanquables biscottes et la succulente confiture de coings.

La Confiture de coings, texte et mise en scène de Margaux Lebrun, est interprétée par deux excellents comédiens, Clara Navarro et Hugo Samperiz. En quatre tableaux – Mourir, Vieillir, Vivre, Naître – allant de leurs derniers jours aux premières années de leurs vies, Jules et Romane nous racontent les moments les plus marquants de leur histoire d’amour.

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LE BOUQUINISTE MENDEL – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥♥ Dans la Vienne du début du XXe siècle, il n’est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l’ensemble du savoir imprimé. Monomaniaque à la mémoire prodigieuse, affreusement peu doué en affaires, il est affligé d’une boulimie bibliographique qui fait de lui un homme précieux. Perpétuellement installé à la table du café Gluck du vieux Vienne dont il a fait son quartier général, il délivre ses conseils aux amateurs d’éditions les plus rares ou les plus savantes. Pour cela, il reçoit des quatre coins du monde la documentation nécessaire à entretenir son expertise. Mais la guerre 1914-1918 éclate, et ce pacifiste passionné de livres est suspecté d’espionnage…

« Tout de suite ce personnage [le bouquiniste Mendel] m’a attiré parce que, à un moment de ma vie, j’avais croisé pendant plusieurs années un personnage très similaire. Dans une vie précédente j’étais pédiatre. Mon maitre fut un homme qui, après un parcours tragique (déporté pendant un an à Auschwitz) était devenu, à l’époque où la mémoire du monde ne se trouvait que dans les livres et dans le cerveau de l’homme, une référence dans le monde médical tant sa connaissance livresque était presque infinie. Dans son domaine on avait toujours l’impression qu’il avait tout lu et, de ce fait, avait réponse à tout. Leur judéité commune, et la tragédie qui les avaient traversés, comme elle avait traversé la vie de Stéphane Zweig, malgré une époque différente, me les rendait très proches. Je percevais comme un hommage le fait de me glisser dans la peau d’un tel personnage. » (Jean-Luc Giorno, l’adaptateur).

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CASANOVA, LA FABULEUSE ÉVASION – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥ Le 1er novembre 1756, Giacomo Casanova s’évade de la prison des Plombs de Venise. Le 31 décembre de cette même année, en fuite vers Paris, son chemin croise, à l’auberge de l’Esprit de Strasbourg, celui d’une espionne vénitienne chargée d’une mission : établir la complicité de son geôlier dans cette évasion. Elle convainc Casanova de faire le récit de son aventure par le menu, dont elle fera le procès-verbal afin d’inculper ou disculper son gardien. Il accepte et dans les ombres de cette nuit, des secrets vont être dévoilés.

Pendant toute une nuit, l’évadé (Frédéric Andréi) le plus célèbre de son époque révèle absolument tous les secrets relatifs à sa fabuleuse évasion à Caterina Manuzzi, charmante espionne (Isabelle Texier) au service de la Sérénissime Venise, qui l’a poursuivi au-delà des Alpes pendant deux mois. Il ne lui épargne aucun détail du moindre élément. Quant à elle, elle l’interroge encore et encore, redemandant plus d’éléments jusqu’à plus soif. Leur confrontation un brin invraisemblable inonde d’informations. Certes, le tout est intéressant mais le texte (trop) dense de Frédéric Andréi, inspiré des Mémoires de ma vie, de Casanova, empêtre tant les comédiens que la mise en scène d’Hervé Hiolle, réduite à l’essentiel, est sans originalité et n’invite aucunement le spectateur à l’imaginaire. Il ne révèle rien (ou presque) sur l’emblématique Giacomo Casanova, son charisme mythique, son mode de séduction de ses multiples conquêtes féminines comme sur ses idées philosophiques en avance sur son temps. Heureusement, des traits d’esprit égayent le propos.

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JE SERAI TOUJOURS LÀ POUR TE TUER – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥♥ Helen, la trentaine passée, vit seule dans une petite maison à la campagne. Elle a quitté la capitale pour retrouver une vie plus saine. Mais Helen se morfond : elle ressasse ses frustrations, l’échec de sa carrière de comédienne, la gloire qu’elle ne connaîtra jamais. Elle songe à mettre fin à ses jours mais ne trouve pas le courage de passer à l’acte. Aussi, elle décide d’avoir recours à un tueur professionnel. Simon Gilbert répond à sa petite annonce : elle l’engage comme homme à tout faire et lui demande de la supprimer sans même la prévenir, un jour prochain, de préférence avant l’automne. Au fil des jours, le quotidien s’installe entre ces deux êtres et Helen se met à flancher : pourra-t-elle négocier un petit sursis auprès de Simon ?

Je serai toujours là pour te tuer, savoureuse comédie à l’intrigue bien insolite écrite et interprétée par Sophie Tonneau aux côtés d’Yves Comeliau, est d’un humour noir franchement décapant et totalement jubilatoire. Les rebondissements sont surprenants, les situations fantaisistes, les dialogues percutants… et la chute inattendue. La mise en scène de Catherine Perrotte ajoute sa petite note de folie à l’ensemble sur un fond musical de très bon goût.

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L’INGÉNU – LE LUCERNAIRE

Affiche l'IngénuNous avions découvert et beaucoup aimé « L’Ingénu » à la Folie Théâtre l’an dernier. La pièce est de nouveau à l’affiche au Lucernaire à partir du 23 octobre. Nous vous la conseillons et republions notre critique à cette occasion. 
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L’INGÉNU – À LA FOLIE THÉÂTRE

265♥♥♥♥ Au 17ème siècle, un jeune Indien du Canada débarque d’Angleterre dans la petite communauté du prieuré de l’Abbé de Kerkabon située en Basse-Bretagne. Sa parole franche et pleine de bon sens tranche avec les habitudes locales. Aussi, tous les gens de la bonne société veulent l’approcher, le connaître notamment la belle Mademoiselle de Saint-Yves dont il tombe éperdument amoureux au premier regard échangé. Mais bientôt, chacun s’indigne qu’il ne soit pas catholique ! Qu’à cela ne tienne : il suit une initiation religieuse expresse, il est baptisé et projette d’épouser sa belle. Mais cela lui est refusé car son adorée a été sa marraine lors du sacrement. Il se pourvoit à la cour du Roi pour plaider sa cause… Lire la suite

JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

228♥♥ Fin du 19ème siècle, Célestine, la chambrière des Lanlaires à la sensualité manifeste, dénonce avec une lucidité redoutable et un humour impitoyable la condition misérable des domestiques et gens de maison. Tour à tour dévouée, manipulatrice et amoureuse, Célestine se confie dans son journal sans retenue… et sur scène sans pudeur.

Karine Ventalon – meilleure comédienne 1er rôle P’tits Molières 2015 – dans une petite robe noire sans décolleté mais très courte, avec bas noirs et porte-jarretelle, donne vie à Célestine. Etait-il nécessaire que les spectateurs entrevoient ses cuisses et son entrejambe, qu’elle mime avec un réalisme dérangeant l’acte sexuel à plusieurs reprises, pour leur faire apprécier le texte d’Octave Mirbeau (adapté par Virginie Mopin) et la sensualité de l’interprète ? La mise en scène épurée mais trop « sexe » et si crue de William Malatrat finit par déranger et occulter la beauté du texte comme l’interprétation de la comédienne qui sait autant jouer de son corps, de sa voix et de son intimité pour interpréter toute une galerie de personnages et une palette d’émotions. Version bien sensuelle. On en oublierait presque la condition des domestiques à la fin du 19ème siècle.

Le regard d’Isabelle

LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Theatre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Reprise à partir du 15 mai 2025

Durée : 1h15

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LES BOUTS DE VAISSELLE – A LA FOLIE THÉÂTRE

204Sous l’Occupation, une attachante bande de bras cassés – un vacher polonais, un ouvrier de chez Renault, une fonctionnaire libérée, une écervelée pétillante, et un paysan bonne pâte – s’engage autour de Sœur Hortense, une religieuse franchement caractérielle, dans une action aussi désordonnée qu’inefficace avec les moyens du bord (cierges, selle de vélo et pince Monseigneur). Une comédie qui se veut résistante aux accents loufoques.

 « Les bouts de vaisselle » nous parle bien de la Résistance mais elle n’est ni loufoque, ni comique. Le texte de Jérôme Gaulier manque de rythme, de rebondissements comme d’originalité ; la fin est ficelée à la va-vite. La mise en scène colle ici ou là des extraits de chansons ou des films d’époque sans lien avec l’intrigue alors que les éléments de décor (prie-Dieu, banc) campent sobrement mais avec efficacité les lieux (église, ferme). Quant à la troupe de comédiens, si elle est animée par la fougue de la jeunesse, son talent est pour la plupart encore en herbe. On passe un bon moment mais le tout fait un peu « amateur » au sens strict du terme.

Le regard d’Isabelle 

LES BOUTS DE VAISSELLE 

A La Folie Théâtre – Grande Salle- 6 rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris.

Les vendredi et samedi à 20h00, le dimanche à 18h30

Jusqu’au dimanche 31 janvier 2016. 

 

 

 

 

LYSISTRATA LA GRÈVE DU SEXE – À LA FOLIE THÉÂTRE

198Et si pour que cesse à jamais la guerre entre Athènes et Sparte, il suffisait de faire la grève du sexe ?

Sur le ton du conte musical, la Compagnie Poupées Russes donne un grand coup de jeune à un texte écrit en 411 avant J.-C par Aristophane, l’illustre poète comique grec. Toujours avec humour, vitalité et plaisir, les comédiens nous entraînent dans cette quête folle de la paix par des femmes prêtes à tout pour garder leur mari et leurs enfants mâles près d’elles et surtout que plus jamais ils ne meurent au combat. Jeux d’acteurs et jeux de mots – parfois osés, jamais vulgaires – se bousculent pour le plus grand bonheur des spectateurs. Si on se réjouit devant le désespoir des époux, on s’étonne de l’ingéniosité des femmes pour résister aux tentatives de séduction des hommes à leur corps défendant. Surtout elles résistent, elles font bloc et elles obtiendront que les hommes fassent enfin la paix… et tant pis pour les anachronismes.

Aristophane flirte sans complexe avec notre actualité contemporaine. Et on se surprend à espérer qu’un jour prochain, toutes les femmes des pays où leurs droits sont bafoués ou empêtrés dans des conflits guerriers sans fin fassent la grève du sexe avec autant d’humour et de maestria dans le jeu et la voix.

Le regard d’Isabelle 

LYSISTRATA – LA GRÈVE DU SEXE

A la Folie théâtre, 6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris 

Jusqu’au 8 novembre 2015

Les jeudis à 19h30, les samedis à 18h et les dimanches à 16h30

Crédit photos : Harold Passini 

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