GUSTAVE – THÉÂTRE de L’ATELIER

zoom_affiche20141016172234Dès son entrée en scène dans la demi-obscurité du plateau de l’Atelier vendredi dernier, le charisme de Jacques Weber agit irrésistiblement : une présence physique incontestable, une diction parfaite, une puissance vocale qui interpellent à la première réplique et nous font instantanément comprendre que l’on va assister à un grand moment de théâtre. A l’occasion de 30 représentations exceptionnelles, le comédien se glisse pendant une heure et demie dans la peau de Gustave Flaubert et nous fait découvrir dans un soliloque grandiose et puissant non pas l’écrivain mais l’homme intime, insoumis, anarchiste, libre jouisseur, combattant des petits-bourgeois et de l’étroitesse d’esprit de ses contemporains. Le verbe est haut, les mots souvent crus, la parole libre sur une succession de thèmes variés et d’une formidable actualité : le pouvoir, les femmes, l’amour, la postérité, les honneurs… Un formidable texte signé Arnaud Bédouet et librement inspiré de la correspondance de Flaubert. Car l’auteur de Madame Bovary a laissé une impressionnante correspondance dans laquelle il se laissait aller à une écriture plus libre, plus personnelle, plus truculente sans crainte de l’interdit ni des jugements de son époque et offrait son regard ironique et pessimiste sur l’humanité.

Jacques Weber travaille ses gammes dans ce rôle qui lui va comme un gant. Il est vrai qu’il fréquente sur scène depuis plus de vingt ans l’écrivain normand et plonge régulièrement dans les pages flamboyantes de la correspondance de Flaubert, dont il est un grand admirateur. Le comédien joue le texte avec une intelligence, une acuité et une délectation jubilatoire. Aussi à l’aise dans les indignations que les désespérances, les tourments que les insoumissions (formidable scène de l’Académie française), le comédien excelle. Du grand art devant un public proprement ébloui. Une réussite.

Le point de vue d’Elisabeth 

 

GUSTAVE

Théâtre de l’Atelier • 1 place Charles-Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h30

Jusqu’au 31 décembre 2014

Crédit photos : Kim Weber

Photo GustaveGustave - Kim Weber

PAS UN KOPECK – THÉÂTRE DOUZE

Visuel-Pas-un-Kopeck-theatre-douze-213x300De Tchekhov, je confesse humblement que je ne connaissais que les pièces cultes, Les Trois Sœurs, La Mouette, La Cerisaie…terrain de jeux de tous les metteurs en scène français depuis la fin des années 50. Mais Anton Tchekhov s’est commis également dans de courtes comédies, largement moins connues, dont le but était le simple divertissement ! Trois d’entre elles, La demande en mariage, Les méfaits du tabac et l’Ours, sont actuellement à l’affiche du Théâtre Douze, proposées et mises en scène par la compagnie Alcandre, que j’avais eu l’occasion de mieux connaître à l’occasion d’ UN CAFE AVEC son directeur Serge Bourhis en juin dernier. Bien installée dans la très jolie salle du théâtre Douze, je plonge avec plaisir dans la première pièce, La demande en mariage, dont l’intrigue est on ne peut plus simple : Lomov vient demander une jeune fille en mariage, Natalia Stepanovna. Il est reçu par le père, Stepan Stepanovitch, qui marque son enthousiasme, et va chercher sa fille. La question de l’appartenance du pré aux vaches fait dégénérer cette demande en mariage. Mais Natalia défaille quand elle apprend que le voisin était venu demander sa main. L’éconduit revient, elle souhaite présenter ses excuses mais se dispute à nouveau à propos du prix d’un chien de chasse. Le prétendant s’évanouit. On le croit mort. Ils se marieront… en se disputant. Les trois comédiens, à commencer par Vincent Remoissenet (déjà vu dans Molieratus et Racine par la racine) s’en donnent à cœur joie, n’hésitant pas à grossir le trait à la limite de caricature, mais toujours avec justesse et générosité.

Dans la scène monologue Les méfaits du tabac, le comédien Sylvain Porcher prête ses traits au personnage de Nioukhine, la cinquantaine, qui doit faire une conférence à la demande de sa femme sur les méfaits du tabac dans un cercle de province. On comprend rapidement que le pauvre homme est littéralement tyrannisé par sa femme et qu’il profite de cet espace de liberté pour se lamenter sur son sort. Soyons sincère, le texte est mineur dans l’œuvre de Tchekhov et n’offre pas d’intérêt particulier. Mais Sylvain Porcher, formidable comédien, tantôt goguenard, roublard, ou complice, offre toute l’étendue de son talent à servir ce texte, et nous fait passer un moment savoureux. Bravo à lui. Puis vient L’Ours, farce en 1 acte qui met en scène Elena Popova, une jeune veuve qui s’est retirée du monde depuis la mort de son mari, Grigori Smirnov, un propriétaire terrien et Louka, le vieux valet d’Elena. Smirnov, homme brutal et grossier vient réclamer le paiement de la dette contractée par le défunt mari d’Elena. S’ensuit une violente joute verbale entre les deux protagonistes qui n’aura d’issue que le meurtre …ou l’amour ! Encore une fois Sylvain Porcher est extrêmement convaincant dans ce rôle d’homme grossier, volcanique, brutal, prêt à tout et soudain fragilisé et ému par la découverte d’un sentiment amoureux insoupconné…

Au final, un spectacle fort réussi, bien rythmé et solidement interprété ! Allez applaudir ce beau trio d’acteurs dans un répertoire « tchekhovien » pour le moins inattendu. Car ici point d’envolées lyriques, de silences nourris, illustrant l’âme slave et la richesse intérieure de personnages en proie aux affres tourments de destinées tragiques. On se divertit seulement à voir ces personnages, profondément humains, se débattre dans des situations cocasses ou absurdes. Le spectacle est à l’affiche jusqu’au 30 novembre dans la très belle et confortable salle du théâtre Douze. Courez-y !

Le point de vue d’Elisabeth 

PAS UN KOPECK !

Théâtre Douze • 6 rue Maurice Ravel, 75012 Paris

Du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h30

Jusqu’au 30 novembre 2014

A partir de 10 ans

En savoir plus : La compagnie Alcandre 

 

Crédits photo : La compagnie Alcandre

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UN CAFÉ AVEC Valérie Roumanoff, comédienne, membre de la compagnie Colette Roumanoff

Valerie Roumanoff4J’ai croisé le chemin de Valérie Roumanoff au début des années 2010 au sein des cours de théâtre qu’elle co-dirigeait à l’époque, les COURS CLÉMENT. Toujours en veille sur son actualité et ses projets, j’avais depuis longtemps envie de l’interviewer pour découvrir la femme de théâtre qu’elle est. Réponse positive à ma proposition d’autant plus sympathique qu’on est proches voisines. Une très belle rencontre placée sous le signe de la passion des planches, des souvenirs en commun et de la planète blogosphère !   

 

Coup de théâtre • Bonjour Valérie, vous êtes comédienne depuis plus de vingt ans et membre de la compagnie Colette Roumanoff. Quel a été votre parcours artistique ?

Valérie Roumanoff : Tout a commencé au lycée Carnot vers 17-18 ans. Ma mère à l’époque donnait des cours de théâtre à des collégiens et je lui ai conseillé d’en donner à des lycéens et jeunes adultes. Je l’ai aidée à monter ce cours en trouvant des élèves, qui m’ont dès le départ embarquée avec eux. A l’époque, je n’avais pas spécialement d’attirance pour le théâtre, mais plutôt envie de me diriger vers une carrière musicale. Mais, au premier cours, sur une improvisation, énorme coup de cœur, déclic complet, j’ai tout de suite eu envie de continuer ! A la fin de l’année scolaire, notre groupe s’est constitué en troupe et on a commencé à se lancer, en jouant sur des petites scènes, des manifestations en province, des festivals d’été… Très vite, on s’est professionnalisé, on a recruté des jeunes comédiens du COURS FLORENT et on a monté notre première pièce professionnelle, Les Fourberies de Scapin, en 1993. Depuis, cette troupe ne s’est jamais arrêtée et moi non plus ! Tout s’est fait au final très progressivement et très naturellement.

La compagnie Colette Roumanoff est donc née à ce moment-là…

V. R.: Oui, absolument ! Elle est née de ce cours de théâtre de lycée. On était quelques-uns très « mordus » à vouloir se lancer dans cette aventure. Et on l’a fait ! Une personne qui faisait partie de ce premier noyau est même restée dix ans dans la compagnie.

Quelle est la vocation de la compagnie C. Roumanoff ?

V.R.: Ce serait plutôt à ma mère de répondre puisqu’elle l’a créée mais je dirais que son but, c’est de transmettre au plus grand nombre des pièces qu’elle considère comme porteuses de messages universels. On propose principalement un répertoire classique et des contes jeunes publics. On pense d’ailleurs souvent à tort que ces spectacles sont adressés aux enfants. Non, ce sont des pièces classiques qui sont destinées d’abord à des adultes. Notre défi, c’est précisément de proposer une mise en scène, pédagogique compréhensible qui permette aux enfants de suivre la pièce dans le texte original. Et souvent, le pari est gagné : les personnes comprennent, les enfants arrivent à suivre. On pense souvent qu’on réécrit les pièces classiques alors qu’il n’y a aucun parti pris de simplification et qu’on joue Molière, Corneille, Shakespeare à la virgule près !

le Cid 056Le texte, rien que le texte alors ?

V.R.: Exactement ! L’idée c’est de se mettre au service du texte, sans ajouter d’artifices de mise en scène qui vont à son encontre. Sinon, on tombe dans un exercice de style Molière vu par … Notre ADN, c’est vraiment d’essayer de redonner au texte son sens premier, qui s’est peut-être dilué au fil de mises en scène plus ou moins alambiquées des dernières décennies.

Quel est votre public ?

V.R.: Le week-end, c’est surtout un public familial de parents ou des grands-parents qui veulent faire découvrir le théâtre classique à leurs enfants, leurs petits-enfants. On a aussi un large public de scolaires, primaires, collèges et lycées.

A partir de quel âge les enfants viennent-ils voir les pièces ? En quoi le jeune public est-il différent du public adulte ?

V.R.: Tout dépend des pièces ! Les Molières « faciles », comme Les Fourberies de Scapin ou Le Médecin malgré lui, ça peut-être à partir de 5 ans. Pour les pièces plus compliquées comme Tartuffe, Dom Juan, plutôt à partir de 8 ans. En ce qui concerne la relation avec le jeune public, c’est relatif aussi ! Quand on a des collégiens dans la salle, c’est assez génial car ils sont complètement avec nous, ils rient, ils applaudissent, ils interagissent bien et c’est très agréable pour nous sur scène. C’est parfois plus compliqué pour les pièces destinées à un public lycéen comme Le Mariage de Figaro ou Le Cid, vues comme des « corvées ». Mais en général, on arrive à les « capter » et à les faire sortir de leurs préjugés, ils se laissent prendre par l’histoire et par ce qui se passe sur le plateau.

Cléante Beralde Angelique Argan et ToinetteParlez-nous des comédiens. Plus d’une centaine sont passés par la compagnie en vingt ans. Comment vous rejoignent-ils ?

V.R.: Il y a eu ce noyau de départ, dont je parlais, qui s’est étoffé par des comédiens et des comédiennes qui se sont greffés au fil des créations. Et puis, généralement, les nouveaux comédiens nous rejoignent par remplacement car les comédiens de la troupe ne peuvent pas vivre en jouant uniquement dans la compagnie. Ils ont très souvent des engagements ailleurs et doivent être remplacés – la compagnie permet cette liberté, cette souplesse – Et donc pour trouver des remplaçants (souvent au pied levé !), on recrute des comédiens qui connaissent déjà le rôle. On cherche par exemple un Valère dans le Médecin malgré lui, une Toinette pour Le Malade imaginaire, etc.. Ma mère reçoit également beaucoup de CV de comédiens. Elle les invite à venir voir le spectacle pour les rencontrer et s’imagine dans quel rôle il/elle pourrait rentrer. Et elle les appelle dès qu’un rôle se libère. On a organisé une grande fête pour les 20 ans de la compagnie en 2012 avec tous les comédiens qui ont participé à l’aventure !

Jamais de frayeur pour les remplacements au pied levé ?

V.R.: Si une fois ! (rire). On devait remplacer quasiment du jour au lendemain un comédien qui jouait Monsieur Jourdain pour Le Bourgeois gentilhomme. On a regardé différentes compagnies sur internet qui jouaient Le Bourgeois gentilhomme pour recruter «leur» Monsieur Jourdain et on l’a trouvé in extremis ! Il est venu, il a joué et ça fait dix ans qu’il est dans la compagnie.

Quel est votre programme cette saison?

V.R.: Cette année, on a neuf pièces programmées au théâtre Fontaine – L’avare, Les fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire, Le Bourgeois gentilhomme, Le Médecin malgré lui , Le Cid, Hamlet, Le Mariage de Figaro et un conte Le Petit Chaperon rouge de Perrault – même si on a 12 spectacles en réserve. On essaie de faire tourner les pièces tout au long de l’année. Par exemple, on va jouer l’Avare en décembre mais on retrouvera Les fourberies de Scapin en octobre. Sinon, on joue tous les week-ends en matinée pour le grand public et on joue pour les publics scolaires, en semaine, généralement tout le mois de mai. On part également sur les routes de temps de temps faire quelques dates en France mais aussi à l’étranger. On a joué au Liban, à Londres, à Saint-Pétersbourg.

Cléante courtise MarianneComment souhaitez-vous faire évoluer la compagnie ? Quels sont vos actualités ou vos projets ?

V.R.: Notre actualité, c’est tout simplement de conserver une trace de tout le travail effectué depuis vingt ans car cette compagnie s’arrêtera peut-être un jour. Le résultat, c’est une collection de 15 DVD de tous nos spectacles. Cela n’a pas été simple à réaliser mais on l’a fait ! J’en ai profité pour faire des bonus dans les DVD avec des interviews des comédiens, des images des coulisses, de la préparation des spectacles. C’était l’occasion de montrer la vie de la compagnie au quotidien, l’envers du décor ! Et puis notre actualité, c’est La Confusionite, une pièce que j’ai co-écrite avec ma mère et qu’on joue actuellement à La Manufacture des Abbesses.

La pièce est drôle mais parle d’un sujet difficile : la maladie d’Alzheimer. Pourquoi vous être intéressée à ce sujet ? Quel est le message que vous souhaitez faire passer sur la maladie ?

V.R.: On s’est intéressées à ce sujet parce qu’on y est confrontées personnellement. Notre message est simple et direct : on peut bien vivre avec Alzheimer. La maladie fait très peur quand on l’évoque mais cette peur est nocive aussi bien pour le patient que pour la famille et aggrave encore plus la situation. L’idée est de pouvoir d’évacuer les peurs et prendre conscience qu’il est possible de vivre avec Alzheimer.

C’est un virage artistique pour la compagnie ?

V.R.: Un virage pour la compagnie je ne sais pas, l’avenir le dira mais me concernant, oui c’est la première fois que je joue du théâtre contemporain, ou du moins du non classique !

2007_0401domjuan0169Merci Valérie. Pour conclure, vous jouez, vous écrivez, vous avez fondé et dirigé des cours de théâtre, vous êtes bloggeuse. Parmi toutes ses activités, que préférez-vous ?

V.R.: Je dirais jouer ! Mais quand on joue, on a aussi beaucoup de temps libre, qu’il faut savoir occuper en variant les activités et c’est ce que j’aime faire. J’ai adoré en effet dirigé des cours de théâtre. C’était assez formidable de voir arriver des personnes en début d’année ou de cours de théâtre dans un état de stress, d’appréhension et de les voir repartir si bien au bout de quelques semaines ou en fin d’année. J’ai le souvenir de visages ouverts, épanouis, rayonnants et c’est une énorme satisfaction.  Je l’ai souvent dit mais je n’ai jamais vu le théâtre faire du mal à quiconque. Au final, ca a été une très belle aventure également, qui continue toujours même si je n’en fais plus partie. Et puis, le blog ! Il est né d’un désir d’écrire et d’être lu directement, sans intermédiaire. J’y consacre pas mal de temps, c’est une vraie bouffée d’oxygène !

Propos recueillis par Elisabeth Donetti 

Pour aller plus loin :

www.valerieroumanoff.com

www.theatre.roumanoff.com

www.laconfusionite.com

www.courspaulclement.com

www.droledemaman.com

 

 

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE – THÉÂTRE des MATHURINS

image_219_1_Seule sur la scène des Mathurins, la comédienne Christine Citti défend un texte fort, brutal, sans détour sur le harcèlement moral à l’intérieur du couple et la violence faite aux femmes. Elle incarne Adèle, la quarantaine, architecte, mariée à Guillaume, architecte lui aussi. On imagine le milieu privilégié, cultivé, aisé mais l’illusion s’arrête là car Adèle est une femme battue, violée par son mari qui la réduit à l’état d’objet, use et abuse d’elle à sa guise. Elle est une victime qui, depuis plusieurs années, s’est enfermée progressivement dans un internement moral, intellectuel et sexuel. L’histoire pourrait s’arrêter là, mais une main se tend, celle de Luba, la femme de ménage « spectatrice », qui a compris sa détresse, lui fera prendre conscience du cauchemar qu’elle vit éveillée, l’aidera à se relever et à se battre. Mise en scène minimaliste (signée Jean-Louis Martinelli) pour donner encore plus de relief aux mots, à ce texte coup de poing sur un problème de société (encore) trop méconnu. Christine Citti, engagée à 100%, offre une prestation très convaincante dans l’exercice toujours périlleux du monologue, notamment dans les passages relatifs à la violence physique, à l’humiliation, à la souffrance du corps (passage du viol). Mais il ne faut pas réduire ce texte au seul désespoir. C’est aussi un très beau monologue sur la solidarité, l’amitié, les rencontres salvatrices, «Je voulais que ce texte soit autant une prise de conscience qu’un remerciement à la vie, aux autres rencontrés, qui vous donnent à nouveau la lumière » comme le souligne l’auteure Fabienne Périneau, lauréate du Festival Paris des Femmes 2014, pour lequel elle a écrit ce texte. Bref, ne jamais baisser les bras, on est bien d’accord là-dessus. Une très jolie pièce à découvrir cet automne. Allez-y.

Le point de vue d’Elisabeth 

  

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE

Théâtre des Mathurins  • 36 rue des Mathurins 75008 Paris

Du mardi au vendredi  à 21h & samedi à 17h

 Tarif : 20 €

Crédit photo : PASCAL VICTOR/ ARTCOMART

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE (Jean Louis MARTINELLI) 2014

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE (Jean Louis MARTINELLI) 2014

L’ÉCHANGE – THÉÂTRE AKTEON

echangeWork addicted depuis début août mais je te retrouve mon cher blog ! Plaisir toujours intact de découvrir une nouvelle salle, d’écouter les bavardages très discrets des spectateurs du soir à 10 minutes du lever de rideau, de plonger progressivement dans cette douce et chaude pénombre qui nous offrira cette intimité magique avec celles et ceux qui s’offrent aux regards. Le plateau s’éclaire, une silhouette s’avance à petits pas sur la scène et je me souhaite intérieurement une « bonne rentrée »… La pièce s’appelle « L’ECHANGE », elle a écrite par Paul Claudel en 1894 et raconte l’histoire de Marthe, une jeune femme qui a quitté la France pour suivre aux Etats-Unis l’homme qu’elle aime, Louis, un homme épris de liberté et d’indépendance. Ils font la connaissance d’un couple en tout point opposé à eux : Thomas Pollock, riche homme d’affaires, vénal, et cupide, et sa femme, la ténébreuse Lechy, une actrice aux mœurs libres… Louis, qui travaille pour Pollock, vendra par appât du gain, sa douce et vertueuse épouse pour quelques dollars tandis qu’il la trompera avec Lechy. Une perte des idéaux insupportable pour la vertueuse Marthe qui ne sera d’ailleurs pas la seule victime de ce quatuor destructeur. L’histoire éternelle d’hommes et de femmes en proie au doute, à la tentation, à la corruption et aux désillusions. Un plateau fort dépouillé, des effets lumière réduits au minimum, pas d’accompagnement musical : ne cherchez pas ici de mise en scène sophistiquée ou de quelconques artifices  susceptibles de nous plonger sur la côte ouest américaine du XIXème siècle. Le texte, encore le texte, rien que le TEXTE et….le souci des comédiens de « délivrer » la prose claudélienne au plus juste. Et dans l’exercice, Margaux Lecolier, dans le rôle de Marthe, offre de bout en bout une prestation remarquable qui surclasse, à mon avis, ses partenaires : un timbre doux, une diction parfaite et une capacité à transmettre ses émotions avec une rare intensité. 2 à 3 moments de grâce sur un plateau presque nu. Un grand bravo à elle.

Le point de vue d’Elisabeth 

L’ECHANGE

Théâtre Aktéon · 11 rue du Général Blaise, 75011 Paris

Mercredi et jeudi à 21h30 jusqu’au 2 octobre

Découvrir le site de la compagnie BossKapok

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UN CAFÉ AVEC Aurélie Féat, coordinatrice du festival LES TRÉTEAUX NOMADES

1920_42778997831_6483_nC’est en feuilletant le magazine A PARIS que je suis tombée sur « Les Tréteaux Nomades », un festival de théâtre parisien programmé à la fin de l’été. Intérêt immédiat (!) et donc email envoyé le jour même à la compagnie organisatrice. Réponse positive reçue le lendemain d’Aurélie Féat, qui assure la promotion du festival depuis 2 ans et prépare activement l’organisation de cette 15ème édition. Le rendez-vous est fixé un samedi matin place Denfert-Rochereau autour d’un expresso. Jolie rencontre au cœur de l’été, à deux semaines du lancement des festivités.

Coup de théâtre • Bonjour Aurélie, comment est né le festival « Les Tréteaux Nomades » ?

Aurélie Féat : Le festival est né en 1999 et a été créé par La Compagnie du Mystère Bouffe, spécialisée dans la transmission, la création et la diffusion de la Commedia dell’arte. L’idée est d’offrir chaque année un festival populaire, festif, ludique au cœur de lieux insolites ou historiques et qui s’adresse à tous les publics. C’est devenu au fil des années le rendez-vous théâtre incontournable de la fin de l’été à Paris. En 15 ans, nous avons attiré près de 90 000 spectateurs et offert plus de 400 représentations ! La prochaine édition aura lieu du 25 août au 7 septembre, c’est la dernière ligne droite dans l’organisation et la logistique avant le jour J … 

Quelles sont les valeurs et la vocation du festival ?

A.F.: Notre vocation, c’est d’abord de remettre le théâtre au cœur de la cité en développant une vraie proximité avec le public. Pour résumer les choses, ce n’est pas le public qui vient au théâtre, c’est le théâtre qui va au public! D’ailleurs, dans la tradition de la Commedia, les comédiens font des parades dans la rue une heure avant de monter sur scène pour attirer des spectateurs. Ensuite, notre souhait à travers ce festival, c’est de perpétuer un véritable théâtre populaire, animé par un esprit « tréteaux », saltimbanque comme il existait à l’époque de Molière. Enfin, l’envie de se produire dans des lieux historiques de Paris, qui entrent en résonnance et font écho à l’art de la Commedia. Nous avons toujours beaucoup de plaisir à les faire découvrir aux spectateurs.  

C’est vrai que le festival investit des lieux souvent méconnus des parisiens…

A.F. :Oui, absolument, par exemple, l’hôtel particulier de Beauvais qui abrite la cour administrative d’appel de Paris et offre un cadre somptueux aux spectacles présentés. Les autres lieux offrent des ambiances très différentes : l’aspect collectif et populaire des Arènes de Montmartre, la convivialité de la place Sainte-Marthe et l’esprit « air du temps » de la Bellevilloise, seul espace de jeu en intérieur. En 15 années, nous avons joué dans une dizaine de lieux différents et nous sommes d’ailleurs toujours en recherche de nouveaux, à la fois esthétiques, susceptibles d’accueillir du public et dont nous pouvons obtenir l’autorisation d’y jouer sans trop de difficultés !

Quelle sera la programmation de la prochaine édition ?

A.F.: Cette année, nous présentons 6 pièces en billetterie dans 3 lieux différents – les arènes de Montmartre (18ème), la cour de l’hôtel de Beauvais (4ème) et la Bellevilloise (20ème) – et des scènes ouvertes gratuites sur la place Sainte-Marthe (10ème). Nous essayons de varier les univers et les genres : des pièces du répertoire classique (Les deux gentilshommes de Vérone, Les fourberies de Scapin), du théâtre contemporain (La cour des miracles) et des créations comme D’Artagnan hors-la-loi, qui est un vrai spectacle de cape et d’épée ou Petit Pierre qui raconte l’histoire vraie et émouvante d’un homme simple qui a traversé tout le XXème siècle en construisant un manège merveilleux ; 2 comédiens sur scène racontent cette petite histoire dans la grande. Nous proposons également des pièces jeune public comme Cendrillon s’en va-t’en guerre, une version complètement revisitée du conte de fée, assez engagée, délurée, voire féministe ! (rire), qui séduira autant les petits que les grands. Les scènes ouvertes sont quant à elles accessibles aux amateurs comme aux professionnels désirant partager leurs créations : théâtre, clown, improvisation,…Dans tous les cas, un seul mot d’ordre : le plaisir !

De quel théâtre vous sentez-vous les héritiers : commedia dell’arte, théâtre forain, théâtre burlesque  … ?

A.F.: Sans hésiter, de la Commedia dell’arte ! C’est vraiment l’ADN de la compagnie et du festival. D’ailleurs, quand nous présentons en première semaine des pièces du répertoire classique (Molière, Shakespeare, ..), nous les revisitons toujours dans un esprit Commedia en réunissant tous les ingrédients du genre : chant, danse, improvisation, acrobatie, pantomime, combat artistique, jeu masqué. Tous les comédiens de la compagnie ont d’ailleurs été formés à cet art pluridisciplinaire.

Quel est votre public ? Evolue-t-il d’année en année ?

A.F.: Notre public est avant tout parisien et francilien. Mais nous avons chaque année beaucoup de touristes surtout pour les spectacles programmés aux Arènes de Montmartre. Les touristes sont d’ailleurs un public formidable, très réactif et enthousiaste à cette expérience théâtrale en plein Paris !

La programmation part-elle en tournée, une fois le festival parisien terminé ?

A.F.: C’est plutôt en amont que les choses se passent. Certains spectacles ont été « rodés » à Avignon ou au festival d’Aurillac (ndlr : festival de théâtre de rue).En revanche, le fait de jouer à Paris permet d’attirer des programmateurs qui sont susceptibles d’acheter des spectacles et de les faire « tourner » sur d’autres scènes françaises.

Comment souhaiteriez-vous faire évoluer le festival ? Quels sont vos projets ?

A.F.: Notre souhait, c’est tout simplement grandir, augmenter le nombre de spectacles, allonger la durée du festival, investir de nouveaux lieux originaux et continuer à les faire découvrir à notre public. Nous aimerions également inviter des compagnies étrangères à se produire avec nous et à collaborer à l’organisation du festival.

La Compagnie du Mystère Bouffe a-t-elle d’autres activités ?

A.F.: Oui, en plus de la création de pièces et l’organisation du festival, nous proposons des stages et des ateliers de Commedia, dans nos locaux au Pré Saint-Gervais aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Nous privilégions l’apprentissage des compositions de personnages et de leurs correspondances modernes, des techniques d’improvisation et des disciplines complémentaires (danse, combat, pantomime, chant,..). En point d’orgue, nos élèves se produisent en public pendant le festival ! Nous avons à cœur également de dispenser nos cours auprès de personnes en difficulté, comme des collégiens en échec scolaire ou des résidents de centre Emmaüs. La Commedia offre l’avantage d’être pratiquée sans avoir nécessairement une bonne connaissance de la langue française, par exemple. C’est un engagement fort de la Compagnie.

Merci et bon festival ! Pour conclure le mot « théâtre » que vous préférez ?

A.F.: Je dirais …troupe !

Propos recueillis par Elisabeth Donetti 

Pour en savoir plus, les Tréteaux Nomades dans LIBERATION du 22 août 2014 

FESTIVAL LES TRETEAUX NOMADES

Du 25 août au 7 septembre 2014

http://www.lestreteauxnomades.com

http://www.mysterebouffe.com

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LES AMNÉSIQUES N’ONT RIEN VÉCU D’INOUBLIABLE – LE LUCERNAIRE

vz-7b7f4206-5830-4d82-8ac1-cb6723d0a8bbDes bulles de savon qui s’élèvent et disparaissent dans la lumière des projecteurs sur le Femmes, je vous aime de Julien Clerc, une baignoire débordante de mousse, un tapis de salle de bain, un WC à l’avant-scène. Et nos protagonistes du soir : LUI, grand dégingandé, se prélassant égoïstement dans son bain, occupé à quelques lectures intéressantes. ELLE, silhouette affûtée dans un maillot deux-pièces, lunettes de piscine, bonnet de bain fifties, occupée à deviner ses pensées à lui. Alors elle l’interroge par la même et sempiternelle question pour cerner celui qu’elle aime: à quoi tu penses ? Dans cette salle de bains, comme le lieu de l’intimité propice à la complicité et aux confidences amoureuses, se noue ainsi pendant 1 heure et demie, un séduisant tête-à-tête, le dialogue éternel des hommes et des femmes sur le mystère de la séduction, le temps qui passe, l’absurdité de la vie, la peur de vieillir… Face à l’interrogatoire serré, lui se dévoile peu à peu à travers ses souvenirs, fulgurances, aphorismes, blagues, malentendus, …en naviguant entre sincérité, petites lâchetés, mégalomanie, égoïsme, mélancolie, lucidité, jusqu’au dénouement de leur histoire à  eux. D’abord perplexe par la « mécanique » binaire de la pièce, je me suis laissée progressivement séduire par ce duo aquatique (!), notamment grâce à la très belle composition de la comédienne Isabelle Cagnat qui réalise un tour de force en transmettant une grande palette d’émotions dans un texte ultra tenu. La mise en scène, habilement ponctuée d’une bande-son inspirée, joue fort bien la carte de l’intimité en jouant notamment sur l’élément eau, tour à tour régressif, sensuel, ludique, fil rouge original de ce dialogue amoureux. Au final, une vision rafraîchissante et attachante de l’homme et du couple. A l’affiche tout l’été, plongez-y !

Le point de vue d’Elisabeth 

LES AMNESIQUES N’ONT RIEN VECU D’INOUBLIABLE

Le Lucernaire • 53 rue Notre-Dame des Champs, 75006 Paris 

Du 11 juin au 30 août 2014

Du mardi au samedi à 20h

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LE BEL INDIFFÉRENT – THÉÂTRE des FEUX DE LA RAMPE

vz-DC190EE4-AE41-44B9-BECF-11F49EB6D083Sans militantisme aucun, j’ai toujours plaisir à soutenir le spectacle vivant et aller applaudir des pièces qui ne bénéficient d’aucune promo particulière. Ce spectacle là, je ne sais même plus comment je l’ai déniché, en surfant sûrement dans les confins du web, à la recherche d’une salle à 20 mn du bureau avec un titre et un auteur qui donne envie. Equation gagnante (ça, c’est Paris !) avec « Le Bel indifférent », une pièce en 1 acte écrite par Jean Cocteau, dont on fête le cinquantième anniversaire de la disparition, et jouée actuellement au théâtre Les feux de la rampe.  Les années 40, Paris, la nuit, une chambre d’hôtel. Sur scène, une jeune femme, dont on ne saura jamais le prénom, décide de rappeler à l’ordre son amant, Émile, parce qu’il fréquente d’autres femmes. Mais Emile ne répondra pas, ne répondra plus car il est parti pour de bon et laisse sa douce amie en proie au plus cruel des désespoirs d’amour. La pièce est ce monologue tour à tour hystérique, doucereux, sardonique, véhément, face à l’absent, indifférent au désespoir qu’il a causé. Pendant près d’1 heure, la jeune comédienne Crystal V Lessler brûle les planches et offre toute l’étendue de son talent à cette pièce (trop) peu connue que Cocteau a écrite en 1940 pour la comédienne Edith Piaf. Joli minois, sourire lumineux, regard pétillant,  elle offre une très belle composition en offrant avec beaucoup de générosité toutes les émotions du désespoir amoureux : de l’hystérie à la cajolerie, de la rouerie à la violence, de la nostalgie à la colère. Assurément, un très beau potentiel ! Le décor rend hommage à l’univers de Cocteau, la bande-son à Edith Piaf. Soutien au spectacle vivant et découverte de nouveaux talents, allez applaudir ce spectacle. Il est à l’affiche tout l’été et au-delà.

Le point de vue d’Elisabeth 

LE BEL INDIFFÉRENT

Théâtre Les feux de la rampe • 2 rue Saulnier, 75009 Paris

Tous les lundis soirs 20h

www.lebelindifferentspectacle.com

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DENISE JARDINIERE VOUS INVITE CHEZ ELLE – LES BLONDES OGRESSES

AFFICHE sans robertEn longeant la rue Etex, à deux encablures du métro Guy Môquet, un jeune homme vous interpelle au pied d’un immeuble, pointe votre nom sur un A4, vous confirme que c’est bien ici Denise Jardinière …. Je fais semblant d’être à l’aise mais je ne sais pas ce que je fabrique ici, à quoi rime ce spectacle. Une dame installée derrière un petit guéridon nous attend dans le hall et nous invite à entrer dans l’appartement rez-de-chaussée droite. Une vieille gouvernante vient nous ouvrir. Léger malaise d’entrée en voyant cet homme grimé en vieille femme qui s’efface pour nous laisser passer. J’évite de croiser son regard, dès fois qu’il/elle le ferait, et je file directement m’asseoir au fond de la salle, l’air qui en a vu d’autre, dans le genre alternatif. Mais dès les premières secondes, l’atmosphère sépulcrale me fait oublier ce que j’ai fait hier, ma journée de boulot, le 18ème arrondissement de Paris. Bien calée dans un fauteuil, coussin à l’appui, je regarde où je suis : un appartement bric et broc, un rideau de velours (histoire de), des chaises disparates, des affiches de promo, des lampes, des portes-bougies, des casseroles qui fument au fond dans la cuisine, et cette vieille bonne femme pas commode qui s’affaire mais risque de me fixer d’un instant à l’autre. Alors je ne la regarde pas, c’est plus simple même si j’ai bien vu : chemise crème, tablier de soubrette, collants noirs, ballerines, catogan auburn, rouge à lèvre qui a dérapé, yeux écarquillés, rictus sévère. Je sens que je vais en rêver cette nuit. Et les spectateurs qui arrivent petit à petit et à chaque fois, le même cérémonial, elle va ouvrir et les installe. J’hésite à leur dire bonsoir aux nouveaux, petit sourire en coin et regard complice (bienvenue mais bienvenue où ?). On est enfin au complet et la gouvernante appelle Madame qui tarde à venir. Alors on va devoir patienter. Et il y a le fils de Madame qui n’arrive pas à s’endormir dans un coin de la pièce. Alors la gouvernante, en le bordant, lui raconte une étrange histoire: « La légende de Paul, le prince solitaire ». La suite, c’est elle…et nous qui la construisons ensemble, à travers un moment de théâtre inclassable, une succession de mini-événements qui nous permettent progressivement de tisser une relation avec elle, d’apprendre à la découvrir, à la connaître, à presque s’attacher, jusqu’à lever le mystère lors d’un final saisissant.

Spectacle interactif, totalement atypique, singulier, indéfinissable ! Ni pièce, ni one man show, ni performance, une expérience théâtrale inclassable, poétique, magique, suspendue, qui échappe à toutes les règles du genre. Il en faut de l’audace et du talent pour se lancer dans cette aventure. Elle est née de l’imagination de Thibaut Boidin, connu pour avoir incarné Peter Pan avec succès en 2005 au théâtre des Variétés …qui compose son personnage avec une vérité et une justesse saisissantes. « J’avais envie d’interpréter un personnage opposé en tous points à Peter Pan. Je l’ai cherché un peu partout et je ne l’ai pas trouvé, je l’ai donc inventé ! Voilà comment est née cette vieille gouvernante, poisseuse et menaçante. Je l’ai voulu un peu comme une « Tatie Danièle » aux longs cheveux de sorcière, fragile comme une brindille de verre » confie-t-il. Bravo à lui, ce spectacle a quelque chose d’indéfinissable.

Le point de vue d’Elisabeth 

DENISE JARDINIERE VOUS INVITE CHEZ ELLE

Les Blondes Ogresses • 28 rue Etex, 75018 Paris

Tous les lundis 21h30 à partir du 22 septembre 2014

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QUAND HENRI RENCONTRE CHARLIE – THÉÂTRE du PETIT HEBERTOT

charte-PH-WEB_QHRC1-682x1024Le 5 juillet, journée théâtre avec un grand T : sur les planches l’après-midi dans BORDERLINE conçu et mis en scène par Laurence Jeanneret (merci au public chaleureux, à la troupe pour ces beaux moments on et off stage !) et spectatrice le soir au Petit Hébertot pour « Quand Henri rencontre Charlie ». Aucune publicité pour la pièce si ce n’est le bouche à oreille d’amis d’amis des comédiens (merci Elisabeth B, elle se reconnaîtra). Ce spectacle, c’est la rencontre improbable entre Henri, jeune gay de bonne famille à la conquête de Paris et Charlie, trentenaire parisienne, travaillant dans la pub mais rêvant de «changer de vie». A travers une succession de mini-tableaux et de chansons « live », on suit le récit de leur colocation entre rires, larmes, espoirs, rêves brisés, coup de gueule, coups de cœur… Spectacle frais, décomplexé, bien ancré dans son époque (drague 2.0, Pékin-Express, stage de développement personnel, vacances dans un ashram en Inde,…) on s’attache aux personnages fort bien campés, désarmants de naturel et servis par une mise en scène rythmée. Last but not least, les 2 comédiens, Agathe Mentzer et Jean-David Jacoby, qui ont co-écrit la pièce, sont non professionnels alors chapeau ! La dernière a eu lieu le 6 juillet. J’espère que leur aventure théâtrale continuera… En attendant, plongez-vous dans l’ambiance du spectacle en écoutant ça !

Le point de vue d’Elisabeth