MON OLYMPE – THÉÂTRE DOUZE

54006.affiche Mon Olympe♥♥ Cinq jeunes femmes, féministes au caractère bien trempé, se retrouvent enfermées une nuit dans un parc sans aucun moyen de communication. Elles vont profiter de ce moment pour réfléchir sur leurs différentes convictions du féminisme. Lire la suite

ICI LES AUBES SONT PLUS DOUCES – THÉÂTRE DOUZE

cache_2473534229-jpg♥♥♥ 1942. Un petit dépôt de chemin de fer dans un coin perdu de l’URSS est sous le commandement de Vaskov, adjudant-chef vieillissant et dévasté par les bleus de l’existence. Il vit désormais conditionné par le règlement militaire. Un jour, on remplace ses soldats trop bons vivants par des soldates : un peloton de jeunes filles âgées de 16 à 22 ans, pleines de vie et d’insouciance, très attachées à des préoccupations bien féminines en ces temps de guerre. Un jour, une patrouille allemande rôde dans les parages…

Roman de Boris Vassiliev, « Ici les aubes sont plus douces », est un classique de la littérature russe du XXe siècle. C’est une chronique douce amère sur l’engagement des femmes sur le front russe pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour la première fois, il est adapté sur les scènes françaises de théâtre.

Si on regrette que le texte manque de consistance et de rebondissements avec néanmoins de beaux moments de grâce et d’émotion, la mise en scène de Marie Lauricella et Olivia Combes est originale, sobre et dynamique mêlant avec grâce et virtuosité vidéos, chants et chorégraphies. Les lumières judicieuses de Denis Koransky enveloppent avec magnificence le superbe décor de Lou Pfaffmann et soulignent les heures et les jours qui s’écoulent. Tous les acteurs – Guy Vouillot (en alternance avec Antoine Lelandais), Olivia Combes, Fanny De Rivoyre, Marie Lauricella, Claire Le Fouler, Anaïs Nicolas, Julie Martigny, Sabine Laurent et Philippe Caubère (voix off) – sont talentueux et authentiques dans la tragique cruauté du destin de ces combattants de l’ombre.

Voilà un spectacle hors norme ne ressemblant à aucun autre. A voir pour découvrir tous les arts de la scène et pour ne jamais oublier que les femmes ont depuis toujours joué un rôle marquant dans la grande Histoire.

Le regard d’Isabelle

ICI LES AUBES SONT PLUS DOUCES

Théâtre Douze – Maurice Ravel, 6 avenue Maurice Ravel – 75012 Paris

Jusqu’au 11 décembre 2016 du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30.

Durée 1h30.

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PAS UN KOPECK – THÉÂTRE DOUZE

Visuel-Pas-un-Kopeck-theatre-douze-213x300De Tchekhov, je confesse humblement que je ne connaissais que les pièces cultes, Les Trois Sœurs, La Mouette, La Cerisaie…terrain de jeux de tous les metteurs en scène français depuis la fin des années 50. Mais Anton Tchekhov s’est commis également dans de courtes comédies, largement moins connues, dont le but était le simple divertissement ! Trois d’entre elles, La demande en mariage, Les méfaits du tabac et l’Ours, sont actuellement à l’affiche du Théâtre Douze, proposées et mises en scène par la compagnie Alcandre, que j’avais eu l’occasion de mieux connaître à l’occasion d’ UN CAFE AVEC son directeur Serge Bourhis en juin dernier. Bien installée dans la très jolie salle du théâtre Douze, je plonge avec plaisir dans la première pièce, La demande en mariage, dont l’intrigue est on ne peut plus simple : Lomov vient demander une jeune fille en mariage, Natalia Stepanovna. Il est reçu par le père, Stepan Stepanovitch, qui marque son enthousiasme, et va chercher sa fille. La question de l’appartenance du pré aux vaches fait dégénérer cette demande en mariage. Mais Natalia défaille quand elle apprend que le voisin était venu demander sa main. L’éconduit revient, elle souhaite présenter ses excuses mais se dispute à nouveau à propos du prix d’un chien de chasse. Le prétendant s’évanouit. On le croit mort. Ils se marieront… en se disputant. Les trois comédiens, à commencer par Vincent Remoissenet (déjà vu dans Molieratus et Racine par la racine) s’en donnent à cœur joie, n’hésitant pas à grossir le trait à la limite de caricature, mais toujours avec justesse et générosité.

Dans la scène monologue Les méfaits du tabac, le comédien Sylvain Porcher prête ses traits au personnage de Nioukhine, la cinquantaine, qui doit faire une conférence à la demande de sa femme sur les méfaits du tabac dans un cercle de province. On comprend rapidement que le pauvre homme est littéralement tyrannisé par sa femme et qu’il profite de cet espace de liberté pour se lamenter sur son sort. Soyons sincère, le texte est mineur dans l’œuvre de Tchekhov et n’offre pas d’intérêt particulier. Mais Sylvain Porcher, formidable comédien, tantôt goguenard, roublard, ou complice, offre toute l’étendue de son talent à servir ce texte, et nous fait passer un moment savoureux. Bravo à lui. Puis vient L’Ours, farce en 1 acte qui met en scène Elena Popova, une jeune veuve qui s’est retirée du monde depuis la mort de son mari, Grigori Smirnov, un propriétaire terrien et Louka, le vieux valet d’Elena. Smirnov, homme brutal et grossier vient réclamer le paiement de la dette contractée par le défunt mari d’Elena. S’ensuit une violente joute verbale entre les deux protagonistes qui n’aura d’issue que le meurtre …ou l’amour ! Encore une fois Sylvain Porcher est extrêmement convaincant dans ce rôle d’homme grossier, volcanique, brutal, prêt à tout et soudain fragilisé et ému par la découverte d’un sentiment amoureux insoupconné…

Au final, un spectacle fort réussi, bien rythmé et solidement interprété ! Allez applaudir ce beau trio d’acteurs dans un répertoire « tchekhovien » pour le moins inattendu. Car ici point d’envolées lyriques, de silences nourris, illustrant l’âme slave et la richesse intérieure de personnages en proie aux affres tourments de destinées tragiques. On se divertit seulement à voir ces personnages, profondément humains, se débattre dans des situations cocasses ou absurdes. Le spectacle est à l’affiche jusqu’au 30 novembre dans la très belle et confortable salle du théâtre Douze. Courez-y !

Le point de vue d’Elisabeth 

PAS UN KOPECK !

Théâtre Douze • 6 rue Maurice Ravel, 75012 Paris

Du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h30

Jusqu’au 30 novembre 2014

A partir de 10 ans

En savoir plus : La compagnie Alcandre 

 

Crédits photo : La compagnie Alcandre

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