JOUER JUSTE -AKTÉON THÉÂTRE

Joeur_Juste_72L’amour et le sport au même banc d’essai… !

Le comédien Erick Deshors a saisi la balle au bond quand Fabrice Michel, metteur en scène, lui a proposé de porter sur scène Jouer Juste de François Bégaudeau.

Deux histoires en apparence sans lien. Lors de la finale de la Coupe d’Europe de football, un entraîneur, à la mi-temps, assène de recommandations son équipe et les exhorte à « jouer juste ». Devant une télé posée sur les planches dont les images agressent par leur luminosité trop forte, Erick Deshors, l’entraîneur, invective ainsi des joueurs qui brillent par leur absence. Récit imaginaire ou réminiscence d’une expérience vécue ? On s’interroge. Dans un monologue, Erick Deshors continue et nous fait rencontrer alors Julie, sa petite amie dont il est particulièrement épris. Trop épris à son goût, il lui faut élaborer une stratégie pour s’en détacher tout en conservant son amour. Du terrain de l’amour à celui du match, il glisse dans un jeu de va-et-vient incessant. Tactique, manœuvre, ligne de conduite… en ordre de bataille, il pense en amour comme dans le sport ou dans le sport comme en amour.
D’un match qu’il a engagé et choisi d’arbitrer lui-même envers Julie saura-t-il sortir gagnant comme il l’impose à son équipe ?

Erick Deshors occupe la scène par son énergie et n’hésite pas à « jouer juste » avec son corps pour exprimer ses émotions. Donner vie à Julie sur un écran où défilent des images bien filmées est une jolie trouvaille. À aller voir.

Signé Carole !

JOUER JUSTE

Théâtre Aktéon, 11 rue du général Blaise, 75011 Paris 
Du mercredi 2 décembre 2015 au jeudi 3 mars 2016

Les mercredis et jeudis à 21h30

Crédit photo : LaMan

 

L’ÉCHANGE – THÉÂTRE AKTEON

echangeWork addicted depuis début août mais je te retrouve mon cher blog ! Plaisir toujours intact de découvrir une nouvelle salle, d’écouter les bavardages très discrets des spectateurs du soir à 10 minutes du lever de rideau, de plonger progressivement dans cette douce et chaude pénombre qui nous offrira cette intimité magique avec celles et ceux qui s’offrent aux regards. Le plateau s’éclaire, une silhouette s’avance à petits pas sur la scène et je me souhaite intérieurement une « bonne rentrée »… La pièce s’appelle « L’ECHANGE », elle a écrite par Paul Claudel en 1894 et raconte l’histoire de Marthe, une jeune femme qui a quitté la France pour suivre aux Etats-Unis l’homme qu’elle aime, Louis, un homme épris de liberté et d’indépendance. Ils font la connaissance d’un couple en tout point opposé à eux : Thomas Pollock, riche homme d’affaires, vénal, et cupide, et sa femme, la ténébreuse Lechy, une actrice aux mœurs libres… Louis, qui travaille pour Pollock, vendra par appât du gain, sa douce et vertueuse épouse pour quelques dollars tandis qu’il la trompera avec Lechy. Une perte des idéaux insupportable pour la vertueuse Marthe qui ne sera d’ailleurs pas la seule victime de ce quatuor destructeur. L’histoire éternelle d’hommes et de femmes en proie au doute, à la tentation, à la corruption et aux désillusions. Un plateau fort dépouillé, des effets lumière réduits au minimum, pas d’accompagnement musical : ne cherchez pas ici de mise en scène sophistiquée ou de quelconques artifices  susceptibles de nous plonger sur la côte ouest américaine du XIXème siècle. Le texte, encore le texte, rien que le TEXTE et….le souci des comédiens de « délivrer » la prose claudélienne au plus juste. Et dans l’exercice, Margaux Lecolier, dans le rôle de Marthe, offre de bout en bout une prestation remarquable qui surclasse, à mon avis, ses partenaires : un timbre doux, une diction parfaite et une capacité à transmettre ses émotions avec une rare intensité. 2 à 3 moments de grâce sur un plateau presque nu. Un grand bravo à elle.

Le point de vue d’Elisabeth 

L’ECHANGE

Théâtre Aktéon · 11 rue du Général Blaise, 75011 Paris

Mercredi et jeudi à 21h30 jusqu’au 2 octobre

Découvrir le site de la compagnie BossKapok

lc3a9change1lc3a9change2lc3a9change4