POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT – THÉÂTRE DES MATHURINS

image_363_1_Françoise (Catherine Hosmalin), la cinquantaine rayonnante, ancrée dans sa solitude et ses certitudes de vie monotone, voit pourtant un nouvel avenir possible lorsque sous les conseils avisés de Chloé (Lubna Gourion), sa nouvelle colocataire et mangeuse d’hommes avertie, elle se décide à utiliser les sites de rencontres sur internet pour rencontrer le bonheur. Il apparaît en la personne de Gaspard (Tom Dingler), jeune homme de vingt ans de moins que Françoise. Est-il un bel amoureux ou un adorable imposteur ?

A cinquante ans, une femme peut-elle tomber amoureuse alors qu’elle ne s’y attend plus et que l’amour sonne à sa porte en la personne d’un charmant jeune homme âgé de moins de vingt ans qu’elle et qui lui déclare sa flamme ? OUI ! « Hugh Grant » aime « Julia Roberts » et le public les adore.

Emmanuelle Michelet a écrit et mis en scène (assistée de Julien Ratel) une comédie pleine de tendresse, de légèreté et de fraîcheur sur les sentiments amoureux face aux âges de la vie à l’époque des réseaux sociaux. On en redemande, un quart d’heure en sus aurait été fort apprécié pour le plaisir de déguster plus encore les dernières scènes.

« Pour en finir avec Hugh Grant », c’est du baume pour le cœur que l’on soit amoureux ou pas ! A voir. Une pure gourmandise. Moral boosté assuré.

Le regard d’Isabelle

POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT 

Théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris (Métro : Havre-Caumartin, Madeleine ou Saint-Lazare)

Jusqu’au 24 septembre, du mercredi au samedi à 21h00, dimanche à 15h00.                         A partir du 28 septembre, du mercredi au samedi à 19h00, dimanche à 15h00.                   Jusqu’au 23 décembre 2016.

Crédit photos : Alexy Benard

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DERNIER COUP DE CISEAUX – THÉÂTRE DES MATHURINS

vz-a2b5d30a-5c83-477d-99ce-3bd071c1b82fDes chiffres à donner le tournis à n’importe quel producteur de théâtre: 30 ans de succès, 9 millions de spectateurs à travers le monde, 6eme saison en France, 400 000 spectateurs dans l’hexagone…et le Molière de la meilleure comédie remporté en 2014. Bref, vous l’aurez compris : « Dernier coup de ciseaux » est une valeur sûre si vous aimez les pièces réjouissantes …et très interactives ! Il faut dire que le concept, né aux Etats-Unis en 1978, et adapté en France par la compagnie Sébastien Azzopardi (Mission Florimont, le Tour du Monde en 80 jours) ne manque pas de sel… Plantons le décor : un salon de coiffure parisien et son lot de personnages haut en couleurs (le coiffeur gay, la shampouineuse sexy, la cliente bourgeoise, l’homme d’affaires pressé) bat son plein lorsqu’un meurtre est commis dans l’immeuble….Et nos protagonistes, tous présents au moment des faits, deviennent des suspects numéro 1 face à l’inspecteur de police (Olivier Solivérès) qui espère bien dénouer l’intrigue….

Mais pour ce faire, il saura composer avec un atout de poids : le public ! Dans la 2eme partie du spectacle, tous les spectateurs deviennent ainsi parties prenantes de l’enquête et sont mis à contribution pour démasquer l’assassin à travers un jeu de questions/réponses directement posé aux comédiens…qui s’avèrent de brillants improvisateurs pour se sortir de situations/questions pour le moins …embarrassantes ! Evidemment, à chaque soir, son public, et à chaque public, ses questions, vous ne verrez jamais deux fois la même pièce, jusqu’au dénouement final …astucieux. Mais chutt ! Nous n’en dirons pas plus…pour laisser l’effet de surprise…et le charme de cette très sympathique pièce agir…  Beaucoup de talent et de générosité. Un pur divertissement à l’affiche jusqu’à la fin de l’année ! Allez-y, rien que pour le talent et le charisme de l’excellent inspecteur/maître de cérémonie Olivier Solivérès. 

Signé Elisabeth

DERNIER COUP DE CISEAUX

Théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris 

Jusqu’au 23 décembre 2016

Du lundi au vendredi à 21h, les samedis à 16h et 21h 

 

PARIS DES FEMMES 2016

image_117_1_Ca y est, nous sommes le 8 janvier 2016. C’est le premier soir de la 5e édition du « Paris des Femmes ». Ce festival initié par Michèle Fitoussi, Véronique Olmi et Anne Rotenberg donne la plume à des femmes (et un homme exceptionnellement cette année) pour écrire des pièces de théâtre de trente minutes, lues par des comédiens de talent. Le thème cette année est « Crimes et Châtiments ».

Ce soir : Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay et Valérie Tong Cuong sont à l’honneur. Quant au monsieur, Christian Siméon. (Pour info, il sévira les trois soirs. Normal, c’est un homme égaré parmi des femmes. Alors il joue l’incruste !) Leurs créations sont mises en scène par Murielle Magellan et sont interprétées par Daniel Mesguich, Elsa Zylberstein, Mathias Mlekuz… tous aussi talentueux (y compris ceux que je ne peux nommer). Il n’est pas aisé de jouer un personnage, manuscrit aux pages non reliées à la main. Vous imaginez si quelques unes vous échappent, qui du personnage ou du comédien reprend le dessus du jeu ?

Je pourrais par le détail vous raconter les pièces de ces dames… et du monsieur. Mais à quoi cela servirait-il puisque demain ce sont des textes d’autres dames qui seront lus sans oublier celui du monsieur qui lui sera lu par d’autres comédiens et dans une nouvelle mise en scène. Je vous l’ai déjà dit : il joue l’incruste.

Par contre, je vous avoue que ce serait dommage de vous priver de ce plaisir… Mais non, pas le monsieur ! … De se rendre à ce festival d’auteurs féminins.

« Mais que vient faire un monsieur dans un festival de femmes ? », me demandez-vous.

« Question de parité. Je l’ai expliqué dans ma précédente chronique. Faut suivre. »

« Quoi ? »

« Mes chroniques comme mes élucubrations. »

Donc, je reprends : il faut se rendre à ce festival pour découvrir neuf plumes féminines (et une masculine), mis en scène avec maestria et interprété par des comédiens talentueux.

Voici le programme des deux prochains soirs…

Samedi 9 janvier : Carole Fréchette, Claudie Gallay et Stéphanie Blanchoud. Mise en scène de Xavier Gallais.

Dimanche 10 janvier : Léonore Confino, Alma Brami et Claire Castillon. Mise en scène de Mathilda May.

Quant aux noms des bourreaux et de leurs victimes, ils seront révélés uniquement à ceux qui auront la curiosité de se déplacer jusqu’au lieu des crimes, soit au Théâtre des Mathurins de 20h30 jusqu’à 22h30. Après, ce sera trop tard. Il faudra patienter jusqu’à la 6e édition.

Le regard d’Isabelle

PARIS DES FEMMES 2016

8, 9 et 10 janvier 2016

Théâtre des Mathurins – 36 Rue des Mathurins – 75008 Paris

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Les auteurs du Paris des femmes 2016, le 8 janvier apres le spectacle. Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong, Christian Simeon avec leur metteur en scène Murielle Magellan.

 

FESTIVAL PARIS DES FEMMES 2016

image_117_1_Aller au théâtre en matinée, le plus souvent, c’est l’après midi. Eh bien, ce 25 novembre 2015, c’est le matin ! À 11h, plus précisément.

Le public : des blogueurs de théâtre dont votre serviteur.

Nos hôtes : Michèle Fitoussi, Véronique Olmi et Anne Rotenberg, les initiatrices du festival. Elles nous ont conviés (avec café et chouquettes) pour nous présenter la cinquième édition…

Le thème : Crimes et Châtiments.

Le lieu du crime : le Théâtre des Mathurins.

Les jours des châtiments : les 8-9-10 janvier 2016.

Leurs auteurs : neuf de sexe féminin et un de sexe masculin (pour respecter la parité masculine !).

Leurs noms : Stéphanie Blanchoud, Alma Brami, Claire Castillon, Léonore Confino, Carole Fréchette, Claudie Gallay, Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong… et Christian Siméon.

Le châtiment : un texte de 30 minutes pour les dames, 10 minutes pour le monsieur ! La parité masculine a ses limites ? Pas vraiment, il a pris sa revanche : chaque soir, son texte sera mis en scène par l’un des trois metteurs en scène – Murielle Magellan, Xavier Gallais et Mathilda May – chacun ayant en charge la mise en espace de l’une des trois soirées.

Petit potin des coulisses : l’une des auteures a osé avouer à l’assistance qu’elle n’avait jamais lu le roman fleuve de Dostoïevski avant d’avoir été approchée par le trio pour participer à la cinquième édition du festival. Qui n’a jamais lu un auteur russe lui jette la première pierre… 

 Vous désirez le programme, le voici !

Vendredi 8 janvier 2016

 Lectures (grande salle) à 20h30

  • Frères, Valérie Tong Cuong
  • Rebecca m’a tuée, Tatiana de Rosnay
  • Fils de, Cécile Ladjali

Mise en lecture : Murielle Magellan

Samedi 9 janvier 2016

Rencontre littéraire (petite salle) à 17h avec Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong, Stéphanie Blanchoud, Christian Siméon.

Rencontre littéraire (petite salle) à 18h30 avec Carole Fréchette, Claudie Gallay, Claire Castillon, Léonore Confino, Alma Brami.

Lectures (grande salle) à 20h30

  • Remonter la dune, Claudie Gallay
  • Ismène, Carole Fréchette
  • Le temps qu’il faut à un bébé girafe pour se tenir debout, Stéphanie Blanchoud

Mise en lecture : Xavier Gallais

Dimanche 10 janvier 2016

Rencontre littéraire (petite salle) à 17h autour de Crime et Châtiment avec André Markowicz, traducteur

Conférence (petite salle) à 18h30 autour de Imprescriptible avec Alexis Lacroix

Lectures (grande salle) à 20h30

  • Comment tu écris le carnage,Claire Castillon
  • Ouverture, Léonore Confino
  • Mardi c’est le jour du poulet, Alma Brami

Mise en lecture : Mathilda May

Assurément, « Coup de théâtre » sera aux Mathurins et ouvrira grands ses deux oreilles pour mieux entendre ces textes écrits par des plumes féminines… sans oublier celui du monsieur ! 

FESTIVAL PARIS DES FEMMES 2016 

8, 9 et 10 janvier 2016

Théâtre des Mathurins – 36 Rue des Mathurins – 75008 Paris

http://parisdesfemmes.blogspot.fr/

Réservations par téléphone : 01 42 65 90 00 – 0 892 68 36 22 ou sur le web : http://www.theatredesmathurins.comhttp://www.fnac.com

 Le regard d’Isabelle 

PARIS DES FEMMES 2015 – THÉÂTRE des MATHURINS

image_19_1_Le théâtre des Mathurins a fait la part belle aux femmes les 9, 10 et 11 janvier 2015. Pour la 4e année consécutive (Élisabeth avait participé à l’édition 2014), Le Paris des Femmes, festival dédié aux auteures de théâtre, s’est mis en scène. Autour d’un même thème, cette année « Le Meilleur des Mondes », neuf auteures avec une plume et une sensibilité très différentes portent, sur les planches, une histoire courte pendant trente minutes. Deux prix – Bourse Durance-Paris des Femmes et Prix DSO-Paris des Femmes – sont alors décernés. Étaient à l’honneur durant ces trois jours : Nina Bouraoui, Sedef Ecer, Anne Giafferi, Stéphanie Janicot, Nathalie Kuperman, Amélie Nothomb, Lydie Salvayre, Samira Sedira et Lucy Whadam.

Feedback. Mardi 30 décembre 2014. Lançons la grande roue : vendredi, samedi ou dimanche… elle s’arrêtera sur le vendredi. Je m’y rendrai donc ce jour-là. 9 janvier 2015, 20h30. Je m’engage dans une rue située derrière l’Opéra. L’enseigne « MATHURINS » qui surplombe les portes rouges attire de loin mon attention. Idéalement installée près de la scène, je m’interroge : à quand remontent les premières auteures de théâtre ? Marguerite Duras, Sarraute… ? Bien avant… George Sand, et avant elle ? Et à quelle période, les pièces écrites par les femmes ont-elles été représentées sur scène ? Début du XXe siècle selon des premières sources… à creuser à l’occasion d’un prochain papier. La salle se remplit. J’ai hâte que cela commence. Michèle Fitoussi, Véronique Olmi et Anne Rotenberg, les trois fondatrices du Festival, montent sur scène pour présenter le spectacle. L’émotion est palpable. « L’art est une forme de résistance », concluront-elles en arborant des affichettes sur fond noir où la phrase « Je suis Charlie » se devine. Applaudissements.

Derrière chaque rideau qui encadre la scène, j’aperçois seulement le bout de grosses chaussures d’explorateurs et entends deux voix. L’une féminine (Sophie Rodrigues) et l’autre masculine (Jacques Lassale). Comment Ranger les Zumains ? Sur une terre imaginaire, nos deux acolytes – qui sortiront rapidement de leur cachette – vont tenter d’y répondre. Sans prendre la place d’un dieu quelconque, ils vont chercher à bâtir un Meilleur des Mondes possible pour l’Homme. Difficile de poser le socle d’une société surtout quand ce bipède manifeste de besoins élémentaires et éprouve des désirs inatteignables – que la société se plaît aussi volontairement à inventer pour lui. Une adéquation d’autant plus ardue à résoudre quand certains d’entre eux font de la résistance et aspirent à donner un véritable sens à leur vie. Heureusement pour ses organisateurs en herbe, il se compterait peu nombreux. Une analyse pertinente du fondement et du fonctionnement de notre société… pour qu’elle soit encore meilleure. Sophie Rodrigues était si présente et réceptive qu’elle donnait l’impression de répondre directement aux spectateurs. Ranger les Zumains, Stéphanie Janicot  

L’obscurité tombe. Soudain, en plein éclairage, sur fond de chanson titi parisienne, apparaissent lumineux et amoureux, Marianne Basler et William Nadylam, attablés à une terrasse de café que l’on devine dans la capitale. Lui : volubile, il se révèle d’entrée de jeu charmeur et spirituel. Mais, au fil des minutes, on le découvre macho, mégalo et parano – habité par Bouddha, Shiva, communiquant avec Steve Jobs, Néo… – n’ayant de cesse de nous convaincre à son projet d’une révolution mondiale qu’il va mettre en place, lui et encore lui. Ses réparties souvent monologiques et toujours décalées de la réalité déclenchent le rire. Elle… n’aura de cesse de le ramener à la réalité. Ni sa séduction indéniable, ni sa patience n’auront de raison. Un monde meilleur n’est pas pour demain avec lui : il franchit tous les interdits en pensée jusqu’à tuer éventuellement sa dulcinée. Elle n’est pas prête à le quitter pour autant ! Elle l’aime… et pour cela, elle continuera de l’accompagner jusque dans sa folie. Et si c’était encore l’amour qui, à travers les temps et en tous lieux, était le Meilleur des Mondes ? Un joli couple d’acteurs.  Apparition éclair de Jean-Philippe Puymartin, le serveur de café. Zone de non droit, Amélie Nothomb

Décollage garanti dès la première seconde, avec ce trio doté d’une telle énergie qu’il nous fait sauter de notre fauteuil et nous transporte en Mésopotamie. Sous les feux des projecteurs de la télévision, notre first lady (Agnès Jaoui), en pleine émission, se regarde le nombril ou presque en vérifiant ses hypothétiques rides. Qu’on ne vienne la déranger ! Elle n’en aurait l’idée quand ses deux conseillers (Jean-Christophe Barc et Saïd Amadis) de cette république bananière, Abdullah et Mous, tentent de lui annoncer le plus doucement mais le plus rapidement possible qu’une révolution est en marche et à quelques minutes du palais. Qu’à cela ne tienne, elle ira… nulle part : aucun pays n’est prêt à accueillir cette teigne sourde et au visage botoxé. Qu’importe, c’est elle qui conduira son peuple à bord de son vaisseau… et lui offrira alors un Monde encore Meilleur. Il lui suffit comme d’habitude de l’en persuader. Un regard plein d’humour sur la politique et le pouvoir. Un tiercé d’acteurs du feu de dieu. First Lady, Sedef Ecer

La mise en espace ce vendredi soir était signée Jean-Philippe Puymartin.

Trois sur neuf. Zut. Et les six autres pièces ? Frustrée, j’achète le livre Le Meilleur des Mondes* à la sortie. Je découvrirai au moins les textes de Nina Bouraoui, Anne Giafferi, Nathalie Kuperman, Lydie Salvayre, Samira Sedira, Lucy Wadham.

Rendez-vous l’année prochaine !

 

* Le Meilleur des Mondes,  neuf pièces courtes, collection les quatre-vents, éditions L’avant-scène théâtre (Parution décembre 2014)

SITE OFFICIEL PARIS DES FEMMES 

Crédit photos : Francesca Mantovani

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Ranger les zumains

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First Lady

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JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE – THÉÂTRE des MATHURINS

image_219_1_Seule sur la scène des Mathurins, la comédienne Christine Citti défend un texte fort, brutal, sans détour sur le harcèlement moral à l’intérieur du couple et la violence faite aux femmes. Elle incarne Adèle, la quarantaine, architecte, mariée à Guillaume, architecte lui aussi. On imagine le milieu privilégié, cultivé, aisé mais l’illusion s’arrête là car Adèle est une femme battue, violée par son mari qui la réduit à l’état d’objet, use et abuse d’elle à sa guise. Elle est une victime qui, depuis plusieurs années, s’est enfermée progressivement dans un internement moral, intellectuel et sexuel. L’histoire pourrait s’arrêter là, mais une main se tend, celle de Luba, la femme de ménage « spectatrice », qui a compris sa détresse, lui fera prendre conscience du cauchemar qu’elle vit éveillée, l’aidera à se relever et à se battre. Mise en scène minimaliste (signée Jean-Louis Martinelli) pour donner encore plus de relief aux mots, à ce texte coup de poing sur un problème de société (encore) trop méconnu. Christine Citti, engagée à 100%, offre une prestation très convaincante dans l’exercice toujours périlleux du monologue, notamment dans les passages relatifs à la violence physique, à l’humiliation, à la souffrance du corps (passage du viol). Mais il ne faut pas réduire ce texte au seul désespoir. C’est aussi un très beau monologue sur la solidarité, l’amitié, les rencontres salvatrices, «Je voulais que ce texte soit autant une prise de conscience qu’un remerciement à la vie, aux autres rencontrés, qui vous donnent à nouveau la lumière » comme le souligne l’auteure Fabienne Périneau, lauréate du Festival Paris des Femmes 2014, pour lequel elle a écrit ce texte. Bref, ne jamais baisser les bras, on est bien d’accord là-dessus. Une très jolie pièce à découvrir cet automne. Allez-y.

Le point de vue d’Elisabeth 

  

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE

Théâtre des Mathurins  • 36 rue des Mathurins 75008 Paris

Du mardi au vendredi  à 21h & samedi à 17h

 Tarif : 20 €

Crédit photo : PASCAL VICTOR/ ARTCOMART

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE (Jean Louis MARTINELLI) 2014

JE NE SERAI PLUS JAMAIS VIEILLE (Jean Louis MARTINELLI) 2014

UN CAFÉ AVEC Murielle Magellan, dramaturge, romancière, scénariste

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Coup de théâtre • Bonjour Murielle, comment êtes-vous « née » au théâtre et à l’écriture théâtrale ?

J’ai découvert le théâtre très jeune au Club de théâtre amateur de Montauban, où j’ai grandi. J’ai joué pendant toute mon adolescence et à  17 ans, je suis partie à Paris pour suivre les cours d’une école de chansons « Le studio des variétés », parce que j’écrivais des chansons également à l’époque. Puis je me suis inscrite en fac de lettres et j’ai été reçue comme élève comédienne à l’Ecole du Théâtre national de Chaillot. C’est à cette époque que j’ai commencé à écrire des petits textes, des petites scènes. A la sortie de Chaillot, j’ai eu du mal à travailler comme comédienne et l’idée m’est venue d’écrire mes propres pièces pour m’offrir des rôles. J’ai écrit une première pièce qui s’appelait La saveur subtile des dinosaures, dans laquelle j’ai joué. La pièce racontait l’histoire d’une femme tiraillée entre plusieurs hommes, c’est-à-dire en réalité entre plusieurs schémas de vie. J’explorais déjà mes thèmes de prédilection: où est la vérité ? Où est le bon schéma ? Y-a-t-il un bon chemin, un mode d’emploi ? J’ai eu de très bons retours sur le texte et très vite, j’ai réalisé que j’avais un rapport très passionnel, très vif à l’écriture, beaucoup plus qu’au jeu d’ailleurs. Le chemin s’est ouvert, j’ai écrit par la suite Pierre et Papillon et les choses se sont enchaînées.

Comment naît une pièce chez vous ? Quel est le déclic ?

Le déclic, c’est souvent une addition de sensation ou d’observation de la vie, qui passe en moi régulièrement et qui, à un moment donné, va trouver une forme dramaturgique. Au départ, c’est du vécu : j’observe quelque chose en moi, je ressens quelque chose du monde, qui d’ailleurs ne fait pas tout de suite idée ou récit. Et tout à coup, les choses s’incarnent, s’illustrent, se formalisent. Ca devient une idée de pièce, puis l’idée devient un désir de raconter. Et quand ce désir persiste, cela veut dire qu’il faut y aller !

Pourquoi, à un moment donné, faire le choix d’écrire une pièce plutôt qu’un roman par exemple ?

Je pense que le sujet induit la forme. Comme je suis un auteur multiforme, je suis très à l’écoute de ce que l’idée porte en elle comme forme. Par exemple, mon deuxième roman Un refrain sur les murs raconte l’histoire d’une femme de manière très introspective. Au théâtre, il aurait été compliqué de décrire cette intériorité, alors que le roman l’appelle en quelque sorte. C’est un peu la même chose pour N’oublie pas les oiseaux (ndlr : dernier roman de Murielle Magellan) qui raconte 15 ans de vie et porte quelque chose d’épique, de romanesque. Le roman se prête davantage à l’histoire. Si je n’étais que dramaturge, je me serais certainement posée la question du « comment faire » pour raconter cette histoire sous forme de pièce, de scénario ou de chanson mais c’est l’avantage d’être un auteur pluriforme!

Vous êtes comédienne de formation. Cela vous aide-t-il dans le processus d’écriture ?

Oui, indéniablement même si c’est avant tout une histoire de goût. Moi qui aime un théâtre vivant, un théâtre « ici et maintenant », un théâtre qui m’émeut, qui me transporte, c’est un plus. Car le fait d’avoir été comédienne permet de savoir accéder à ses émotions, de les identifier et bien sûr de ressentir et connaître la vie du plateau. Molière est un grand exemple de ça ! Le dramaturge qui n’a jamais été comédien risque  peut-être de produire un théâtre un peu théorique, un peu didactique.

Pierre et papillon

Quand vous écrivez une pièce, vous projetez-vous déjà dans une idée de mise en scène ou vous attachez-vous prioritairement à l’écriture et au propos ? 

Je suis quelqu’un de plutôt concentré sur le propos, les personnages et l’écriture. Je n’aime pas, par exemple, avoir des comédiens en tête parce que j’aime être libre avec mes personnages, j’aime les faire exister en tant que tels, les comédiens ne viennent qu’après. De la même façon, je ne me projette pas dans une mise en scène, j’aime l’idée qu’un metteur en scène vienne s’emparer de mon texte pour y mettre son univers.

Pourtant, en vous lisant, on trouve beaucoup de didascalies très précises.

Oui, c’est vrai parce qu’au fond je sais où j’ai envie d’aller. Les didascalies servent à donner un éclairage au texte. Ceci étant, le metteur en scène est libre d’en tenir compte ou pas. J’ai eu de très bonnes surprises d’ailleurs sur Pierre et Papillon.

Traits d'unionEst-ce important de confier la mise en scène à un proche (ndlr Bernard Murat pour Traits d’Union) ou du moins, à quelqu’un dont vous connaissez le travail ?

Pour une toute première création, c’est important pour moi de connaître le metteur en scène, c’est-à-dire de sentir qu’il est sensible à mon univers et qu’il l’a bien identifié. Encore une fois, j’aime bien l’idée qu’un metteur en scène apporte son univers au mien. En revanche, je n’aime pas l’idée qu’il se serve de mon texte seulement comme de la matière. C’est comme un mariage au final, ce sont deux personnalités qui se rencontrent, qui se complètent mais qui ne doivent pas se posséder. Ceci étant, une fois que la pièce est créée, je trouve qu’elle ne m’appartient plus, qu’elle appartient au public et qui veut la monte. C’est là la véritable récompense ! En parlant de Bernard Murat, j’ai une histoire particulière avec lui.Quand j’étais toute jeune, j’ai été sa seconde assistante. Puis les années ont passé, on s’est complètement perdu de vue. Quand Pierre et Papillon a commencé à avoir du succès à Avignon et à Paris, j’ai appris à l’époque que le théâtre des Mathurins, que dirigeait Bernard, était intéressé par la pièce. Au final, il a pris la pièce. Le jour de la Première, je suis montée le voir dans son bureau et je lui ai dit Murielle Magellan, c’est moi, j’avais changé de nom entre temps ! Il était très ému, il m’avait quitté jeune assistante, il me revoyait auteure ! Du coup, il a demandé si j’avais d’autres pièces, il a lu Traits d’Union, il a aimé et il l’a montée !

Participez-vous au travail de mise en scène ou laissez-vous « carte blanche » ?

Généralement, je laisse le metteur en scène travailler même s’il m’est arrivé d’intervenir. Pour la création de Pierre et Papillon par exemple, j’étais assez impliquée, j’ai dit des choses, qui ont été retenues ou pas, c’est normal. Lorsque Bernard Murat justement a monté Traits d’Union, j’ai pu assister aux répétions mais je ne suis pas beaucoup intervenue parce que c’était bien tout simplement. Pour la petite histoire, il m’est arrivée aussi de mettre en scène, notamment l’une des soirées du Paris des Femmes  2013 mais j’évite d’échanger trop avec les auteurs. J’aime qu’on se fasse confiance mutuellement. En revanche, je n’ai jamais mis en scène l’une de mes pièces. Ca ne me tente pas pour l’instant, ça viendra peut-être plus tard.

Quelles sont, ou ont été, vos influences théâtrales ?

Chez les auteurs, les classiques, je suis une grande amoureuse de Racine par exemple. Plus proche de nous, j’aime beaucoup Tennessee Williams qui a apporté une grande modernité dans l’écriture théâtrale. J’ai beaucoup lu Peter Brook également – ce qu’il dit de la vie au plateau est passionnant – Antonin Arthaud, Stanislavski et la méthode de l’Actor’s Studio. Je me suis construite en essayant d’explorer beaucoup de formes de théâtre, même si le théâtre que j’écris est un théâtre très contemporain, très doux-amer, grinçant, sur le fil. J’aime bien écrire en creux, de manière très suggérée, très pointilliste, ce qui ne veut pas dire que les thèmes que j’explore ne sont pas graves ou lourds.

Quel type de théâtre aimez-vous voir aujourd’hui ?

Quand je vais au théâtre, ce qui est devenu plus rare par manque de temps, je vais au Rond-Point, au théâtre de l’Œuvre, au théâtre de l’Atelier. Je vais également dans des « petites » salles pour découvrir de nouveaux auteurs, on y découvre des « perles » de temps à temps, comme Le mec de la tombe d’à côté qui a rencontré un beau succès. Dans tous les cas, je vais voir un théâtre qui m’émeut, me touche, qui parle à mon cœur avant de parler à ma tête en quelque sorte, qui m’apporte aussi un regard ou un éclairage. En revanche, je n’aime pas un théâtre qui veut m’expliquer quelque chose, me donner à penser, me faire une démonstration de quoi que ce soit.

Parlons de votre actualité. Vous avez publié en janvier un roman autobiographique « N’oublie pas les oiseaux » et venez de cosigner le scénario d’un film avec la comédienne Audrey Dana.

Oui, j’ai coécrit avec Audrey le scénario d’un film qui va sortir le 4 juin et qui s’appelle Sous les jupes des filles. C’est une expérience formidable, très joyeuse. Le sujet -les femmes dans tous leurs états – nous plaisait beaucoup à toutes les deux. Je ne connaissais pas Audrey mais j’ai appris à la connaître en écrivant et je l’ai même dirigée dans deux des pièces du Paris des Femmes 2013. On est très différentes l’une de l’autre mais on a la même envie d’une parole libre, honnête, qui n’a pas peur de nommer les choses. On s’est vraiment reconnues artistiquement et humainement. Une très belle rencontre qui va nous porter peut-être vers des projets théâtre ! Concernant mon roman d’ailleurs, j’écrivais le matin N’oublie pas les oiseaux et l’après-midi le scénario avec Audrey ! Des journées chargées mais qui se complétaient bien au final puisque j’explorais mon histoire de femme à moi le matin et des histoires de femmes l’après-midi. Au fur et à mesure de l’écriture, je me suis aperçue que je ne faisais rien d’autre que d’écrire la même chose ! (rire). Audrey a d’ailleurs été l’une de mes premières lectrices. C’était précieux car elle a validé l’audace qui consistait à montrer cet amour nu, à le raconter « au scalpel ». Dans N’oublie pas les oiseaux, je raconte une histoire d’amour sur 15 ans avec ses bonheurs et ses souffrances. C’est l’éducation sentimentale d’une jeune femme un peu naïve, curieuse, et qui a le goût du risque, avec un homme Don Juan, plus âgé qu’elle, flamboyant et ombrageux. Au travers de cet amour mouvementé, elle devient femme et artiste, elle se construit.

Merci Murielle. Et pour conclure, le mot « théâtre » que vous préférez ?

La coulisse. Normal pour un auteur ! (rire)

Propos recueillis par Elisabeth Donetti 

POUR ALLER PLUS LOIN :

Suivre l’actualité de Murielle Magellan sur twitter et facebook 

Retrouvez l’interview de Murielle dans La Grande Librairie le 6 mars 2013

vz-1da2c96e-b4a8-4208-a5b3-6c7f861c4351PIERRE ET PAPILLON de Murielle Magellan

Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du retrait, 75020 Paris

Les 26 avril,3 mai à 20h30

 

20667116SOUS LES JUPES DES FILLES d’Audrey Dana

Scénario Audrey Dana et Murielle Magellan

Sortie le 4 juin 2014

 

 

PARIS DES FEMMES – THÉÂTRE des MATHURINS

image (1)Salle comble hier soir pour la troisième et dernière soirée du festival PARIS DES FEMMES, qui s’est tenu du 10 au 12 janvier au théâtre des Mathurins.

Paris des Femmes est né en 2011 sous l’impulsion de 3 femmes : la journaliste, romancière et scénariste Michèle FITOUSSI, la dramaturge, romancière et comédienne Véronique OLMI et la directrice artistique du festival  de la correspondance de Grignan Anne ROTENBERG. Partant d’un constat simple (75 % des auteurs de théâtre sont des hommes, les femmes sont peu nombreuses dans le spectacle vivant), elles décident de créer un festival mettant à l’honneur des textes de théâtre exclusivement écrits par des femmes. Ce festival a pour objectif « de mettre en avant les femmes, qu’il s’agisse des auteures, des metteures en scène ou des interprètes pour qu’on ait autant de femmes que d’hommes sur le plateau ».Maîtres-mots de l’aventure : convivialité, plaisir mais aussi « lutte contre la morosité ambiante » comme l’a rappelé hier soir Michèle Fitoussi en ouverture de la soirée.  Dans le projet également, des metteurs en scène chargés de mettre en espace textes et comédiens à l’occasion de lectures-spectacles.

9 romancières et dramaturges  venus d’univers différents (Emilie Freche, Florence Huige, Carole Martinez, Véronique Olmi, Fabienne Perineau, Blandine le Callet, Karine Tuil, Delphine de Vigan, Alice Zeniter) ont répondu à l’appel de Paris des Femmes 2013 en composant chacune une pièce courte (4000 mots, 20-30 minutes, 1 à 3 personnages maximum) et sur un thème imposé (cette année, La vie, mode d’emploi, après Guerres et paix en 2012 et De bruit et de fureur en 2011). Durant les 3 soirées du festival aux Mathurins (partenaire de la première heure), 3 pièces sont présentées chaque soir.

Hier, sur scène et pour tout décor, 4 tabourets rouges, quelques piles de cartons et 7 comédiens, textes en main, qui se succèdent pour donner vie aux textes d’Alice Zeniter (D’une infinie élégance), de Karine Tuil (La quarantaine)  et de Florence Huige (Clémence ou comme si). Monologue dépressif, crise fraternelle, tête-à-tête conjugual et autant de tranches de vie pour symboliser pêle-mêle : la quête du bonheur, le deuil  la maladie, l’amour de soi et des autres, les doutes qui jalonnent notre vie. Les textes sont tous portés par de très bons comédiens, impliqués, généreux et rompus à l’art très difficile de la lecture. Mention spéciale à Raphaël Mezhari, que j’ai trouvé formidable dans son rôle de dentiste armé et suicidaire, en proie à une crise existentielle. Ces lectures donnent d’ailleurs beaucoup d’originalité et de fraîcheur au spectacle : ni représentation classique,  ni genèse d’une pièce, on se sent comme un spectateur privilégié venu « voler » un moment de répétition.  Le charme opère dans tous les cas, on reviendra applaudir les nouveaux protagonistes du Paris des Femmes 2014. Longue vie au collectif et comme le précise Michèle Fitoussi, « c’est artistique mais on ne se prend pas au sérieux, nous sommes joyeuses ! ». Nous aussi !

Le point de vue d’Elisabeth 

http://parisdesfemmes.blogspot.fr

Recueil des textes PARIS DES FEMMES 2013, c’est ici