Carte postale d’Avignon – 13 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesChers amis lecteurs,

Nous avons pris nos quartiers d’été au Festival d’Avignon ! Une première qui sera, je l’espère, le début d’une longue série. A peine installées – notre « home sweet home » est un bel appartement situé dans un ancien pensionnat 1820, situé à quelques encablures du palais des Papes -nous plongeons au cœur de l’effervescence avignonnaise. A peine franchie la porte de l’immeuble, bercées par le léger mistral, nous sommes cernées par les centaines, milliers, millions d’affiches qui tapissent absolument tous les murs de la ville.  Nous nous amusons à sélectionner les spectacles que l’on a déjà vus, qui nous inspirent…(1416 pièces sont programmées cette année dans le festival OFF). En chemin pour aller récupérer le précieux sésame (carte d’abonnement) au village OFF , nous croisons des dizaines et des dizaines de compagnies qui « tractent » dans le jargon festivalier et, quand l’occasion se présente, nous arrêtent pour nous présenter leur pièce en moins de 12 secondes chrono. Le discours est ultra rodé et le sourire toujours chaleureux, c’est ça l’esprit d’Avignon !

AdieuMHaffmann-Avignon-affsite_1La carte d’abonnement en poche, place au théâtre ! En longeant la rue Guillaume Puy, nous entrons presque par hasard au Théâtre Actuel qui ressemble davantage à un cinéma avec ses 10 pièces programmées par jour de 10h à 22h ! Il reste des places pour la pièces « Adieu Monsieur Haffmann ».  On entre ! Et Premier coup de cœur ! La pièce, écrite et mise en scène par J. Ph Daguerre, nous plonge dans le Paris occupé des années 1940 et raconte l’histoire d’un bijoutier juif  Joseph Haffmann qui propose de confier sa boutique à son employé Pierre Vigneau et d’être caché dans sa cave pendant ces sombres heures. En échange, Pierre Vigneau accepte à la condition que M Haffmann …aient des relations sexuelles avec sa femme pour avoir un enfant qu’il ne peut concevoir biologiquement. Mais, peu à peu, Pierre Vigneau au départ bienveillant, va se laisser envahir par les doutes, l’ambition, la lâcheté jusqu’à recevoir l’ambassadeur de l’Allemagne nazie à sa table. Quel jeu jouera-t-il ? Une superbe pièce qui interroge la difficile et ambiguë position des comportements pendant la guerre. Un texte ciselé, un scenario très cinématographique, une mise en scène soignée -même si un peu trop ronronnante en 1ere partie- et une interprétation au sommet avec la partition toujours parfaite de Grégori Baquet, Molière de la révélation masculine 2014 et, soulignons le, de sa partenaire Julie Cavanna. Un très élégant moment de théâtre.

ADIEU MONSIEUR HAFFMANN | Tous les jours 17h20 au Théâtre ACTUEL,  80 rue Guillaume Puy, Avignon

FullSizeRenderEn sortant de la salle, j’échange quelques mots chaleureux avec le comédien Arnaud Dupont que j’avais interviewé cet hiver. Arnaud est à Avignon pour défendre La Reine de Beauté de Leenane au théâtre des Corps Saints. Je lui souhaite un bon festival !

Et hier soir notre grand saut dans le IN avec KARAMAZOV, mis en scène par Jean Bellorini aux carrières de Boulbon à une quinzaine de kilomètres d’Avignon, l’un des lieux mythiques du Festival.  Le grand saut car la pièce dure 5 heures 30  et qu’on rentre forcément dans une expérience théâtrale …unique. Les spectateurs sont venus en nombre soit en voiture ou par les navettes mises en place par le Festival pour se rendre dans ce site majestueux – un vaste arène surplombée par une falaise de calcaire- qui offre une vue panoramique sur toute la région. Nous nous installons en haut des gradins et nous nous enveloppons dans les couvertures gracieusement proposées aux spectateurs avertis. Et nous plongeons….

KARAMAZOV -

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

 

KARAMAZOV est tiré du chef d’œuvre « Les Frères Karamazov » de F. Dostoïevski. La pièce interroge, fidèlement au roman, les grandes questions de la religion, de la croyance en Dieu, de la moralité et du libre arbitre à travers le parricide de Fiodor Pavlovitch Karamazov, un homme impudique, vulgaire et sans principes, commis par l’un de ses trois fils : Alexeï, le benjamin, est un homme de foi ; Ivan, le deuxième fils, est un intellectuel matérialiste qui cherche à savoir si tout est permis, dans la mesure où Dieu n’existe pas ; Dimitri, leur très exalté demi-frère aîné, est un homme impétueux  divisé entre le vice et la vertu. Très conquise par la mise en scène inspirée, tantôt grandiose, tantôt intimiste de J. Bellorini  qui offre une lecture explicite de l’œuvre de Dostoïevski. Mais la vraie valeur ajoutée de la pièce : une interprétation magistrale ! La pièce est portée par des comédiens de très haut vol (mention spéciale à Jacques Hadaje dans le rôle du patriarche qui offre une composition exceptionnelle ainsi que Karyll Elgrichi dans le rôle de Katerina Ivanovna). Malheureusement la deuxième partie est moins convaincante. On perd le souffle, la dramaturgie et l’intensité dramatique installées en 1ere partie et les longs tunnels de monologue, même si parfaitement interprétés, plombent quelque peu l’ensemble. Le ciel étoilé n’empêche pas la magie de s’émousser donc. 3h10 du matin, dernière réplique, applaudissements chaleureux pour un public resté en nombre malgré le froid, la nuit, la fatigue. A demain pour la suite de nos traversées avignonnaises.

KARAMAZOV -

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

KARAMAZOV, les 15, 16, 17, 18, 19 21, 22 juillet à 21h30 aux Carrières du Boulbon (Navettes disponibles gare routière d’Avignon)

Signé Elisabeth

 

 

THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE – SAISON 2016/2017

Si vous appréciez la poche de votre vêtement favori, la poche offerte par le supermarché de votre quartier, le couteau de poche indispensable lors de vos balades en forêt, le livre de poche indissociable de vos voyages en train, etc. il faut absolument que vous découvriez le Théâtre de Poche-Montparnasse, sis 75 boulevard du Montparnasse dans le 6e arrondissement et sa programmation 2016/2017…

• Des pièces composées par des auteurs talentueux (Stefan Zweig, Jean Racine, Jules Renard, Nathalie Sarraute, Rainer-Maria Rilke, Marcel Pagnol…) et interprétées par des acteurs de renom (Michael Lonsdale, Anne Delbée, Alexis Moncorgé, Catherine Sauval…).

• Des conférences-spectacles autour du répertoire dramatique animées par Olivier Barrot et interprétées par Manon Elezaar et Jean-Louis Cassarino.

Pour découvrir le détail de cette prometteuse programmation, sortez votre agenda de la poche de votre sac et visitez le site de ce lieu si chaleureux et convivial : www.theatredepoche-montparnasse.com

Dans l’attente du début de la prochaine saison du Théâtre de Poche, permettez-moi une suggestion : allez voir absolument « La Médiation » de Chloé Lambert, mis en scène et interprété par Julien Boisselier (entre autres). Déjà notre chronique parue voici quelques mois vous y invitait, vous ne le regretterez pas.

Le regard d’Isabelle

SAISON 16/17 à télécharger ICI 

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MOLIÈRE MALGRÉ MOI – THÉÂTRE DE LA GAÎTÉ MONTPARNASSE

vz-178545c6-8a45-4ab0-bae0-d0a3e809b136Le Bourgeois gentilhommeLe Malade imaginaireLes Précieuses ridicules, le Misanthrope, Tartuffe, l’Ecole des maris, l’Ecole des femmes…  Les titres de ces pièces de théâtre appartiennent a notre patrimoine culturel. Si leurs textes sont étudiés dans les écoles depuis plusieurs générations, trop peu d’entre nous connaissent les différentes facéties de l’existence tourmentée de leur  auteur, Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673) dit Molière.

Francis Perrin (auteur, metteur en scène et interprète) nous a concocté un spectacle d’une rare érudition sur cet auteur assuré de la protection de Monsieur, frère du Roi Soleil et du fidèle soutien de Louis XIV en personne ; aimé des femmes ; soutenu par ses amis (Boileau, La Fontaine, le peintre Mignard…), trahi par d’autres (Racine, Lulli…) ; décrié par les courtisans de la Cour mais adulé par le peuple.

Les quinze dernières années de la vie de Molière défilent, les plus prolifiques du chef de troupe de l’Illustre Théâtre, déchirées entre les joies et les chagrins, les amours et les trahisons. Le tout nous est offert emballé par de magnifiques et d’inoubliables répliques de ce grand Homme de théâtre.  

Francis Perrin nous invite à une superbe balade dans les coulisses d’une existence mouvementée pour nous faire partager son amour inconditionnel de Molière dont il a joué l’essentiel du répertoire (Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire, Le Misanthrope…). Si on peut regretter la trop grande sobriété de la mise en scène et le choix du monologue, l’interprétation fougueuse et toujours talentueuse de ce comédien hors pair (malgré quelques agacements fâcheux de la langue) les fait oublier pour notre plus grand bonheur.

« Molière malgré moi » est à partager en couples, entre amis et même en famille pour que les plus jeunes découvrent (si besoin) les plaisirs de s’exprimer dans la belle langue de Molière.

Le regard d’Isabelle 

MOLIÈRE MALGRÉ MOI

Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, 26 rue de la Gaîté – 75014 Paris

Du mardi au samedi à 19h00| Jusqu’au 10 septembre 2016

Crédit photos : Bernard Richebé

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UNE FOLIE – THÉÂTRE RIVE GAUCHE

UNE FOLIE (Th+®+ótre Rive Gauche-Paris 14+¿me) - visuel d+®finitifLe docteur Flache, célèbre psychiatre, s’apprête à quitter Paris pour prendre sa retraite dans le midi, laissant ses patients, son joli petit pavillon du XVIIIe (une folie !) et son infirmière… Mais voilà que Jean-Louis, puis sa compagne Missia, débarquent dans son cabinet. L’un après l’autre, ils demandent au docteur d’examiner leur moitié qu’ils croient devenue folle. Ce dernier les enverrait bien au diable, mais la femme est plutôt charmante… et le divorce est encore un sujet bien délicat en 1934.

En 1938, Sacha Guitry crée « Un monde fou ». Il reprendra son texte en 1951 et le rebaptisera « Une folie » pour l’offrir au Théâtre des Variétés. C’est la seconde version de cette comédie qui nous est offerte au Théâtre Rive-Gauche dans une mise en scène sobre et épurée de Francis Huster.

Les répliques d’un Guitry très inspiré, sont toutes acérées avec finesse, pertinentes et impertinentes. Elles font le plus souvent mouche, qu’elles ciblent le mariage ou le divorce, même si on peut regretter quelques longueurs dans le texte. Néanmoins, Lola Dewaere, Manuel Gélin, Alice Carel comme Marianne Giraud et Mathilde Hennekine (toutes deux en alternance) s’en délectent, le savourent et le servent avec délice, talent et humour. Quant à Olivier Lejeune, son interprétation est époustouflante de ressemblance à celle que Sacha Guitry a dû endosser dans son temps. Peut être, d’un peu trop prêt. Il en est de même pour le jeu des comédiens calqué sur celui du théâtre d’avant-guerre.

Mais toute la troupe baigne dans une douce folie par cette farce coquine et délirante. Au tomber de rideau, les applaudissements du public fusent. La vie conjugale vue par Sacha Guitry est toujours aussi pertinente. Un petit bonheur de théâtre à partager en couple ou en cours d’union… avant divorce.

Le regard d’Isabelle 

UNE FOLIE 

THEÂTRE RIVE-GAUCHE,  6, rue de la Gaîté – 75014 Paris

Métro : Edgar Quinet ou Gaîté

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h30.

Crédit photos : Fabienne Rappeneau 

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LES ÎLES DÉSERTES – LE LUCERNAIRE

 

vz-50B4319B-7B55-4DC8-BFF9-80E7FDB234FFLéa, petite fille espiègle neuf ans, découvre qu’elle souffre d’une maladie chronique : le diabète. Du jour au lendemain, toute sa vie change. Léa va devoir apprendre à vivre avec cette maladie chronique, une « sale bête » qui l’accompagnera désormais. Son quotidien est désormais rythmé par ses dextro, ses hypoglycémies, ses hyperglycémies, ses piqûres d’insuline. Dans son imaginaire d’enfant, Léa devient Super Léa, une super-héroïne du quotidien, une dompteuse… La « sale bête » n’a qu’à bien se tenir !

Le texte d’Avela Guilloux et Rébecca Stella sonne juste, la mise en scène (Avela Guilloux et Caroline Stella) est inventive, l’interprétation des trois comédiens est formidable (Avela Guilloux, Jean Vocat et Rébecca Stella)… et tout cela dans un simple décor composé de deux bouts de ficelle et d’un drap.

Tout respire le talent : le texte, le jeu, la mise en scène. Pas la peine d’en dire plus, courez-y : vous ne le regretterez pas ! A la sortie, vous serez requinqué pour devenir à votre tour un héros du quotidien (qu’une maladie chronique vous assaille ou non).

Le regard d’Isabelle

LES ÎLES DÉSERTES 

Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris 

Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h30

Jusqu’au 29 mai 2016

Durée : 50 minutes 

Crédit photos : Pauline Le Goff

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MAZEL TOV, TOUT VA MAL ! – ESSAÏON THÉÂTRE

grd_690Quatre comédiens (Christian Abart, Sophie Accaoui, Francesca Congiu, René Hernandez, Yasmine Nadifi) font vivre les quinze personnages des trois pièces en un acte écrites par Jean-Henri Blumen. Si les deux premières (Le bon conseil – Le collège) ont été très librement inspirées par des nouvelles de Cholem Aleikhem, célèbre écrivain yiddish traduit en quarante langues, la troisième (Un client à la page) s’inspire des événements tragiques de Paris en janvier 2015.

Un grand Mazel tov (de l’hébreu, félicitations, bonne chance) pour les quatre comédiens qui se démènent un maximum pour donner un peu de vie à ce spectacle inconsistant.

Si la mise en scène de Mariana Araoz enchante le spectateur à la première pièce ; elle est redondante, ennuyeuse et sans surprise aux deux suivantes.

Quant au texte, on est à la recherche de l’humour perdu de Cholem Aleikhem dans les deux adaptations de Jean-Henri Blumen. Pas un grain, pas un embryon n’en subsiste. Pour la troisième composition sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur, elle frôle un antisémitisme certain. Tout va mal, vraiment mal pour Monsieur Blumen.

Le regard d’Isabelle

MAZEL TOV ! TOUT VA MAL 

Théâtre Essaïon, 6 Rue Pierre au Lard – 75004 Paris

Métro : Hôtel de Ville – Rambuteau

Du 21 avril au 18 juin 2016.

Les jeudis, vendredis, samedis à 19h30 et dimanche 18h en avril et mai.

Les jeudis, vendredis, samedis à 19h30 en juin.

 

 

GARDE BARRIÈRE ET GARDE FOUS – THÉÂTRE DE L’AQUARIUM

vz-f2289dd6-e98f-47a5-a419-590fcfac6275Deux femmes. Monique, garde-barrière SNCF, travaille de jour ; Myriam, infirmière en hôpital psychiatrique, travaille de nuit. Professions difficiles, mal rétribuées, sous-évaluées… Elles sont des millions dans la France d’aujourd’hui. Ce sont des vies normales, modestes, indispensables mais le plus souvent ignorées. Et pour une fois elles ont la parole. Elle nous dévoile leur quotidien de femmes simples, humaines et bouleversantes fait de petits riens mais si nécessaires pour tous ceux qui les entourent. 

Jean-Louis Benoit (texte et mise en scène) s’est directement inspiré de deux reportages diffusés sur France Culture  dans l’émission de Sonia Kronlund « les Pieds sur Terre »:

A la campagne, l’herbe est plus verte ? d’Olivier  Minot pour Monique garde-barrière (diffusée le 04/08/2014) ;

Les travailleurs de l’ombre 2 : Gardes fous, jusqu’au bout de la nuit d’Elodie Maillot (diffusée le 16/01/2007)

Même si Léna Bréban leur prête corps et voix avec talent, ces deux entretiens radiophoniques n’étaient pas destinés à la scène. Aussi exemplaires soient les existences de Monique et Myriam, leurs interview font-ils un spectacle ? Là est toute la question. 

Le regard d’Isabelle 

GARDE BARRIERE ET GARDE FOUS (Cycle Paroles de Femmes)

Théâtre de l’Aquarium – La Cartoucherie – route du champ de manœuvre – 75012 Paris

Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 21h et les dimanches à 17h.

Jusqu’au 26 mars 2016

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Léna Brabant – Crédit Frédéric Fontenoy

 

 

SACRÉ, SUCRÉ, SALÉ – THÉÂTRE DE L’AQUARIUM

vz-f2289dd6-e98f-47a5-a419-590fcfac6275Tour à tour juive, musulmane ou catholique, elle coupe, touille, pétrit et cuisine en direct tout en racontant Esther et Mahomet, la Mer Rouge et l’Eucharistie, Roch Hachana et le Ramadam parce que chaque plat renvoie à une histoire, chaque ingrédient à un symbole. 

Stéphanie Schwartzbrod (auteur et interprète), le corps enroulé dans un tablier de ménagère, tout en préparant la chorba qu’elle offrira au public à la fin de la représentation, évoque une partie du calendrier liturgique du judaïsme, du christianisme et de l’islam. 

Elle semble jubilée à cuisiner ses repas de fête autant qu’a nous gaver littéralement de renvois historiques, étymologiques et de guématria pour chaque évènement célébré.

Certes, elle aime les mots comme les mets. Comme on doit apprendre à doser le sel dans la chorba, elle doit en faire tout autant des références qu’elle distille. Trop, c’est trop. Le public, croyant ou pas, en est vite saoulé au risque d’en faire une indigestion. 

Le regard d’Isabelle

SACRE, SUCRE, SALE  (dans le cycle « Paroles de femmes)

Théâtre de l’Aquarium – La Cartoucherie – route du champ de manœuvre – 75012 Paris 

Les mercredis, jeudis, vendredis, samedis et dimanches à 19h.

Jusqu’au 26 mars 2016. 

Crédit photo : Pierre Heckler

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Theatre le Nest Religion sucre sale

 

TRAÎNE PAS TROP SOUS LA PLUIE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

TRAINE PAS AfficheChaque soir, Richard Bohringer réinvente, retrace toute une vie d’écriture, de passions, d’amours et de tendresse. Un voyage au pays de sa mémoire, un road-movie dédié à l’Afrique, aux amis morts ou vivants, aux femmes, à l’alcool, aux errances. Tel un boxeur sur le ring, l’émotion à fleur de peau, il nous fait voyager au travers de ses propres textes, dans cette atmosphère que lui seul sait créer. Entre chaque texte, l’improvisation a toute sa place.

Seul en scène entre un lutrin et une chaise bistrot, à fleur de peau et la voie rocailleuse, Richard Bohringer nous livre ses textes bruts de style. Univers de la nuit, de la création artistique, des amours, des amitiés, de l’alcool… Le public découvre une plume, une sensibilité, une humanité. Certes… Mais suit-il réellement toutes les digressions de ses pensées ? Là est la question. 

Par contre, les intermèdes entrecoupant ses lectures ravivent l’attention de tous les esprits, découvrent avec tendresse, générosité voire humilité sa vie intime – son épouse, sa fille, ses amis, ses voyages – et les affres de son existence  – ses ivresses, ses errances, sa maladie. 

Un moment de bonheur simple pour tous ceux qui reconnaissent à Richard Bohringer un talent d’auteur et d’acteur ; pour les autres, la rencontre d’un homme écorché face au miroir d’une vie en puzzle, homme ivre de mots pour vivre encore quelques poignées d’années car « Si à vingt ans on veut mourir, à presque soixante-dix on veut rester. » 

Le regard d’Isabelle 

TRAÎNE PAS TROP SOUS LA PLUIE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris. 

A partir du 8 mars 2016 pour 30 représentations exceptionnelles. 

Relâche les 17 et 18 mars.

Du mardi au samedi à 19h00

Crédit photo : Alain Rousseau

TRAINE PAS Richard Bohringer Photo Pupitre libre de droits  (c)Alain RousseauTRAINE PAS Richard Bohringer Photo couleurs libre de droits (c)Alain Rousseau.jpg

AH ! LE GRAND HOMME – THÉÂTRE DE L’ATELIER

GRAND HOMME AfficheDes comédiens (connus ou moins connus) sont convoqués par un metteur en scène légèrement fumeux et un sous-directeur un peu dépassé. Ils ont pour mission de rendre hommage au grand Jean Vilar le soir même sur scène…

« Ah ! Le grand homme » de Pierre et Simon Pradinas se veut une farce débridée, un haut délire en couleurs, à la gloire des grandes figures du théâtre.

Tous les comédiens – Yvan Le Bolloc’h, Jean-Jacques Vanier, Jean-Luc Porraz, Stéphan Wojtowicz, Aurélien Chausade, Jean-Pierre Malignon et Serena Reinaldi – campent merveilleusement bien leurs personnages. La caricature du milieu artistique et la rivalité entre comédiens sont bien vues. Mais le jeu est trop lent pour faire mouche. Sans doute est-ce la faute de la mise en scène de Panchika Velez jamais en accord avec la farce délirante qui nous est annoncée. Il faut attendre plus d’une heure pour entrer dans le vif du sujet et voir enfin s’exprimer le talent et l’humour des comédiens… C’est long. Trop long. « Ah ! Le grand homme » : un grand dommage.

Le regard d’Isabelle

AH ! LE GRAND HOMME

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h

Relâche exceptionnelle le jeudi 21 janvier 2016

Crédit photo : Christopher Vootz