LE PROJET POUTINE – THÉÂTRE LA BRUYÈRE

projet-poutine-la-bruyere-affiche♥♥♥ Au sommet de son pouvoir, Vladimir Poutine (Hugues Leforestier) contraint Svtelana (Nathalie Mann), procureure générale et son opposante principale qu’il a exilée depuis plusieurs années au fin fond de la Sibérie, à dévoiler ce que serait un dossier à charge contre lui. Sa teneur est telle qu’il lui faut absolument éviter de perdre le pouvoir par peur d’être un jour jugé pour ses actes devant une Cour pénale internationale. Mais leurs échanges vont prendre une tournure totalement imprévue…

« Le Projet Poutine » ou Vladimir Poutine et les dérives du pouvoir politique. Cet affrontement (imaginé par Hugues Leforestier) sur fond de politique russe est richement documenté. Il monte en puissance au fil des scènes ponctuées d’images d’actualité, rudes et violentes. Parfois, difficile de ne pas détourner le regard.

On apprend tout (ou presque) sur Poutine : son enfance dans un appartement communautaire hissé en haut d’un cinquième étage infesté de rats et sans ascenseur ; son appartenance au KGB; les meurtres des opposants Anna Politkovskaïa, Litvinenko, Boris Nemtsov; la guerre en Tchétchénie; la presse muselée; les media sous surveillance ; l’accès à Internet limité…

Véritable OVNI théâtral, « Le Projet Poutine » n’est pas un spectacle ordinaire car nous assistons à une véritable leçon de géopolitique pétrie d’une multitude de détails. A voir pour son interprétation sans faille malgré un carcan textuel dense mais percutant, un état des lieux sans langue de bois sur la politique actuelle de la Russie. Mais n’y a-t-il pas un parti pris de l’auteur au point d’accuser Poutine d’avoir diligenté les attentats qui ont ensanglanté Moscou voici quelques années ? Un spectacle engagé sur l’actualité contemporaine. Rare pour ne pas le manquer.

Le regard d’Isabelle

LE PROJET POUTINE

Théâtre La Bruyère, 5 rue la Bruyère, 75009 Paris (métro Pigalle ou Saint-Georges)

Du mardi au samedi à 19h15

Crédit photos : LOT

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THÉ A LA MENTHE OU T’ES CITRON ?

teh_a_la_menthe40x60♥♥♥ C’est l’histoire d’une troupe de comédiens qui répète une pièce de boulevard. Tout y est : le cocu, l’amant dans le placard et les quiproquos. Chacun est à côté de la plaque : les acteurs, la metteur en scène, le régisseur, les techniciens…

Le soir de la Première, la représentation tourne au délire : une succession d’imprévus s’enchaîne. Les acteurs tentent désespérément de récupérer catastrophe sur catastrophe. Véritable apothéose de quiproquos et de gags jusqu’aux saluts.

Cette folie théâtrale, écrite par Danielle Navarro-Haudecoeur et Patrick Haudecoeur, mise en scène par Patrick Haudecoeur (assisté de Véronique Barrault), a décroché le Molière 2011 de la meilleure pièce comique et compte plus de 1 800 représentations. C’est dire que nombre de spectateurs se sont amusés aux facéties de cette joyeuse troupe – Bernard Fructus, Marie Lenoir, Jean-Luc Porraz ou Philippe Spiteri, Eliza Maillot, Marina Valleix ou Sandra Biadalla, Edouard Pretet ou Michel Lagueyrie, Bob Martet ou Guillaume Laffly – qui se démène sans relâche pour se sortir de situations les plus inextricables. Mais ce spectacle est-il à la hauteur de sa réputation ?

A dire vrai, les cinq premières minutes se jouent dans un certain flottement entre la scène et la salle. Puis viennent la première partie : une mise en bouche ; la seconde : parfaitement bien enlevée.

Si les (sou)rires vont crescendo au fil de la représentation, on ne rit pas tous aux larmes. Des spectateurs s’amusent plus que d’autres, question d’humour sans doute. Quant aux comédiens, ils sont tous de très bons « mauvais acteurs », ils excellent dans tous leurs délires.

Ce sont les 60 dernières représentations, irrévocables nous dit-on. Alors, que vous soyez « thé à la menthe » ou « thé citron », courrez jusqu’au Théâtre Fontaine pour assister à un très agréable divertissement au mécanisme bien huilé.

Le regard d’Isabelle

THÉ A LA MENTHE OU T’ES CITRON ?

Théâtre Fontaine, 10 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris (Metro : Blanche, Pigalle)

Du mercredi au vendredi à 20h30 et le samedi à 18h et 21h.

Supplémentaires:Lundi 31 octobre 20h30; lundi 19 décembre 20h30 et mardi 20 décembre 20h30; lundi 26 décembre 20h30 et mardi 27 décembre 20h30.

 

LES JEUX DE L’AMOUR ET D’OFFENBACH – THÉÂTRE DE POCHE-MONTPARNASSE

aff-offenbach♥♥♥♥ Deux chanteurs lyriques, une soprano et un baryton, se présentent dans l’antichambre d’un imprésario pour une audition. Jacques Offenbach prépare sa prochaine tournée en Amérique, un couple doit compléter sa troupe. Tous les deux sont en avance. Manuela, l’accompagnatrice (Nina Uhari en alternance avec Erika Guiomar ou Sophie Teulon) les reçoit. Elle leur propose de s’échauffer la voix dans l’attente du Maître et du directeur du théâtre.

Ernestine et Alphonse sont des anciens amants, voilà plus de vingt ans qu’ils se sont quittés. La surprise passée, ils évoquent leur histoire d’amour et ses détours, au gré des ouvrages qu’ils ont chantés ensemble. Par le charme de la musique de Jacques Offenbach et des paroles des livrets de Ludovic Halévy et d’Henry Meilhac, entre rires et larmes, l’un et l’autre se repoussent pour mieux se plaire et se séduire à nouveau.

Dans cette fantaisie lyrique, conçue et mise en scène par Yves Coudray, Edwige Bourdy (en alternance avec Mélanie Boisvert) et Jean-Michel Séréni (en alternance avec Lionel Peintre) s’affrontent à coups des plus célèbres airs d’Offenbach (La Périchole, Orphée aux enfers, La vie parisienne…) et de petites merveilles moins renommées (Fantasio, Boule de Neige, La Créole, Une nuit blanche…).

Pendant plus d’une heure, les spectateurs de tous âges rient aux leçons données fort à propos sur les jeux de l’amour par Offenbach et ses deux acolytes. Chaque scène est couronnée par une salve d’applaudissements bien méritée comme le final par les cris et les bravos d’un public plus qu’enthousiaste.

Offenbach est toujours une fête. Servie par des duettistes de talent, c’est une pétillante réjouissance, fraîche et légère à souhait pour les oreilles, les yeux et les zygomatiques. A ne manquer sous aucun prétexte : folie douce garantie !

Le regard d’Isabelle

LES JEUX DE L’AMOUR ET D’OFFENBACH

Théâtre de Poche-Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse – 75006 paris

Métro : Montparnasse-Bienvenue

Jusqu’au dimanche 6 novembre 2016.

Du mardi au samedi à 19h00, le dimanche à 17h30.

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Crédit photo : Jean Pouget

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Crédit photo : Laura Dyens

BRASSEUR ET LES ENFANTS DU PARADIS – THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN

module♥♥♥♥ Hiver 1943. Quatre amis – Marcel Carné réalisateur homosexuel, Jacques Prévert auteur antimilitariste, Alexandre Trauner et Joseph Kosma, décorateur et compositeur juifs – se retranchent en Provence pour fuir la tourmente de l’occupation allemande, des collabos et des résistants. Dans le plus grand secret, entourés de leurs femmes et de quelques amis, ils créent en six mois « Les enfants du paradis », le film français mythique de l’après-guerre.

Au début des années 50, Pierre Brasseur se souvient. Il nous raconte l’histoire extraordinaire de la création de ce monument du cinéma, des prémices de son écriture à son tournage, révélant les doutes et les affres de la création dans une période si trouble et si tumultueuse de l’Histoire… 

Sur une idée d’Alexandre Brasseur et par les mots de Daniel Colas, Arletty et Jean-Louis Barrault renaissent aux côtés des quatre compères…

Bien entendu, on peut rappeler une fois encore l’impressionnante filiation d’Alexandre Brasseur connue du grand public. Mais si le talent est génétique, il est magnifié, incarné, glorifié lorsqu’Alexandre Brasseur joue tour à tour les différents protagonistes de cette création cinématographique : Pierre Brasseur bien sûr mais aussi Marcel Carné et tous les autres. Par son corps, par sa voix, ils apparaissent sur scène. 

Transporté dans l’appartement parisien de Pierre Brasseur, les spectateurs sont littéralement subjugués par le charme talentueux de son petit-fils, véritable génie du Théâtre du petit Saint-Martin pour les mois à venir (prolongations assurées, c’est certain).

Petit bémol : dans la première scène, Pierre Brasseur peint un modèle (Cléo Sénia), personnage muet n’apportant absolument rien à l’intrigue sinon une nudité à la plastique parfaite. Sincèrement, Messieurs Colas et Brasseur, ni votre texte, ni votre interprétation n’ont besoin d’avoir recours aux charmes féminins pour atteindre la perfection. Seul votre talent pour permet d’y accéder au plus haut degré. Les publics du Paradis comme du Théâtre du petit Saint-Martin vous acclament et vous ovationnent. Bravo ! Mille fois bravo ! 

Le regard d’Isabelle

BRASSEUR ET LES ENFANTS DU PARADIS

Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René Boulanger, 75010 Paris 

Placement libre.

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 17h. Plusieurs dates à 19h. 

Jusqu’au 15 octobre 2016. 

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ANQUETIL TOUT SEUL – STUDIO HEBERTOT

f227a9_508edfc750d64d4d9515c8a0d98682ac-mv2♥♥♥♥ En 2012, Paul Fournel publie « Anquetil tout seul » (Editions du Seuil/ Points). Son adaptation théâtrale s’impose à Roland Guénoun comme une évidence : tous deux partagent la même passion pour le cyclisme, et plus encore pour Jacques Anquetil. Grand mythe sportif de l’après guerre, il est LE champion admiré et mal aimé du public ; il bouscule autant les lois du sport que de la morale ; il fascine ses proches autant que ses adversaires. 

Et Jacques Anquetil (Matila Malliarrakis) nous apparaît plus vrai que nature : personnage hors norme écartelé entre la volonté d’être toujours le premier, le dopage et ses ravages, l’argent toujours plus, ses amours sulfureux au sein même de sa famille.  

Il est entouré des rois de la petite reine d’alors – Geminiani son mentor, Darrigade son fidèle équipier, Poulidor l’ennemi juré que la presse et le public avaient dressé contre lui… (Stéphane Olivié Bisson) – et de Janine son épouse et complice, d’Anne sa belle-fille et de Sophie sa fille (Clémentine Lebocey). 

N’oublions pas de mentionner la qualité irréprochable de la bande son qui traduit à merveille les efforts extrêmes et la douleur du champion comme le choix des images d’archives qui plantent le décor de notre imaginaire collectif.  

Faut-il courir voir « Anquetil tout seul » même si on déteste le cyclisme et que l’on n’a aucunement intention de suivre le prochain Tour de France ? Absolument. Ne restez pas sur le bord de la route. Suivez le champion. Pourquoi ? Vous serez totalement conquis. Première marche du podium et maillot jaune garantis. 

Le regard d’Isabelle

ANQUETIL TOUT SEUL

Studio Hébertot, 78 bis rue des Batignolles, 75017 Paris (Métro : Villiers / Rome)

Du mardi au samedi à 19h00, le dimanche à 17h00  

Crédit photos : Léonard

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DON QUICHOTTE – THÉÂTRE 13 SEINE

Aff_DonQuicotte-web♥♥♥ Alonso Quijano, qui a lu énormément de romans de chevalerie, prend le nom de Don Quichotte, se fait chevalier errant et, avec son valet Sancho Panza, part sur les routes, cherchant la gloire et luttant contre l’injustice…

Le roman fleuve Don Quichotte de 1 500 pages de Miguel de Cervantès (1547-1616) adapté sur scène en 2 heures chrono : une prouesse chevaleresque relevée par Jérémie Le Louët (il signe l’adaptation et la mise en scène) et sa Compagnie des Dramaticules.

Est-ce une réussite ?

• On a beaucoup aimé : la scénographie et ses trouvailles, les décors et ses changements à vue, la bande son et ses anachronismes musicaux, l’habillage des lumières, les costumes originaux, les vidéos surprises des spectateurs (je n’en dis pas plus volontairement). Quant à la troupe des Dramaticules (Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Jérémie Le Louët, David Maison et Dominique Massat), elle est absolument excellente, pleine de vitalité et de talent.

• On regrette : une mise en scène parfois un peu brouillon, des effets faciles et des débuts quelque peu poussifs.

Si le grand public est ravi de retrouver les scènes phares de Don Quichotte, les lecteurs avertis de Cervantès recherchent vainement la verve et l’humour de son roman. Bien évidemment, l’adaptation théâtrale du roman n’était pas aisée et Jérémie Le Louët a pris quelques libertés avec le texte original pour offrir un divertissement populaire au plus grand nombre. Pari réussi.

Le regard d’Isabelle 

« Don Quichotte voit dans les romans de chevalerie un nouvel Evangile. Il en fait sa religion, une religion dont il est le dernier prophète. Dans un siècle et un pays où la religion est si puissante et si violente, le personnage créé par Cervantès est une vraie bombe de subversion », Jérémie Le Louët, entretien publié dans L’Avant-scène théâtre (n°1403).

DON QUICHOTTE

Théâtre 13 Seine, 30 rue du Chevaleret, 75013 Paris (métro Bibliothèque François Mitterrand, ligne  14)

Jusqu’au 9 octobre 2016

Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h, relâche le lundi 

Durée : 2h05 sans entracte

Et le spectacle continue…

  • 14 octobre au Théâtre Jean Vilar de Vitry‐sur‐Seine
  • du 3 au 5 novembre au Théâtre de Châtillon
  • 8 novembre au Théâtre Roger Barat à Herblay
  • 18 novembre au Théâtre André Malraux de Chevilly‐Larue
  • 24 novembre au Centre d’art et de la culture de Meudon
  • 29 et 30 novembre au Théâtre d’Auxerre
  • 10 décembre au Centre culturel des Portes de l’Essonne
  • 13 et 14 décembre au Théâtre de la Madeleine, scène conventionnée de Troyes
  • 28 avril 2017 au Théâtre Jean Vilar de Suresnes
  • 3 mai au Théâtre de Cachan…

Crédit photos : Jean-Louis Fernandez

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MARIAGE ET CHÂTIMENT – THÉÂTRE HÉBERTOT

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♥♥♥♥  Ce matin-là, Edouard (Daniel Russo) ne savait pas qu’en faisant le mensonge que personne n’ose faire, le plus gros, l’ultime, « THE mensonge », sa vie allait brusquement basculer. Tel un tsunami, ce mensonge va détruire le couple qu’il forme avec Marianne (Delphine Rich), le mariage de son meilleur ami (Laurent Gamelon). Et comme Edouard est un honnête homme qui, d’ordinaire, fuit le mensonge comme la peste, toutes les manœuvres pour rétablir la vérité ne feront qu’aggraver sa chute. Et dans cette chute, Edouard entraîne tout son entourage…

« Mariage et Châtiment » est une comédie de David Pharao mise en scène par Jean-Luc Moreau autour d’une histoire d’amitié tiraillée entre le mensonge et le rétablissement de la vérité. Si on a aimé quelques belles répliques bien pointées de David Pharao ; si on a apprécié la troupe de comédiens – Daniel Russo, Laurent Gamelon, Delphine Rich, Fannie Outeiro, Zoé Nonn – plein de talent et de pétulance ; si on a adoré l’envol du dernier quart d’heure tout en crescendo plein de folie; on a moins apprécié la première partie qui aurait gagné à être plus enlevée. Au final, un agréable divertissement à l’humour efficace.

Le regard d’Isabelle

MARIAGE ET CHÂTIMENT

Théâtre Hébertot, 78bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris (Métro : Villiers lignes 2 et 3)

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h.

Crédit photos : LOT

 

 

POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT – THÉÂTRE DES MATHURINS

image_363_1_Françoise (Catherine Hosmalin), la cinquantaine rayonnante, ancrée dans sa solitude et ses certitudes de vie monotone, voit pourtant un nouvel avenir possible lorsque sous les conseils avisés de Chloé (Lubna Gourion), sa nouvelle colocataire et mangeuse d’hommes avertie, elle se décide à utiliser les sites de rencontres sur internet pour rencontrer le bonheur. Il apparaît en la personne de Gaspard (Tom Dingler), jeune homme de vingt ans de moins que Françoise. Est-il un bel amoureux ou un adorable imposteur ?

A cinquante ans, une femme peut-elle tomber amoureuse alors qu’elle ne s’y attend plus et que l’amour sonne à sa porte en la personne d’un charmant jeune homme âgé de moins de vingt ans qu’elle et qui lui déclare sa flamme ? OUI ! « Hugh Grant » aime « Julia Roberts » et le public les adore.

Emmanuelle Michelet a écrit et mis en scène (assistée de Julien Ratel) une comédie pleine de tendresse, de légèreté et de fraîcheur sur les sentiments amoureux face aux âges de la vie à l’époque des réseaux sociaux. On en redemande, un quart d’heure en sus aurait été fort apprécié pour le plaisir de déguster plus encore les dernières scènes.

« Pour en finir avec Hugh Grant », c’est du baume pour le cœur que l’on soit amoureux ou pas ! A voir. Une pure gourmandise. Moral boosté assuré.

Le regard d’Isabelle

POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT 

Théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris (Métro : Havre-Caumartin, Madeleine ou Saint-Lazare)

Jusqu’au 24 septembre, du mercredi au samedi à 21h00, dimanche à 15h00.                         A partir du 28 septembre, du mercredi au samedi à 19h00, dimanche à 15h00.                   Jusqu’au 23 décembre 2016.

Crédit photos : Alexy Benard

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CAPITAINE FRACASSE | FESTIVAL LES TRÉTEAUX NOMADES – HÔTEL DE BEAUVAIS

vz-5cdbc070-1a86-4d39-a3d0-4c725264d94aSur les routes, lors d’une tempête, la roue de la charrette d’une troupe de comédiens affamés se brise devant les portes de la demeure du baron de Sigognac. Ce dernier, ruiné et solitaire, décide de tout quitter et de suivre la troupe jusqu’à Paris pour l’amour de la belle Isabelle. A leurs côtés, il interprétera le rôle du Capitaine Fracasse. Mais leur chemin est semé d’embûches jusqu’à l’enlèvement par des brigands d’Isabelle. Après mille tribulations,ses compagnons de scène parviendront-ils à la soustraire de ses ravisseurs?

Le célèbre et flamboyant roman de cape et d’épée « Capitaine Fracasse » de Théophile Gautier est revisité et mis en scène par LE maître de la Commedia dell’Arte, Carlo Boso. Il est interprété par la jeune compagnie La Carabela * issue de l’Académie Internationale des arts du spectacle de Versailles. 

Dans la plus pure tradition du Théâtre de tréteaux, ce « Capitaine Fracasse » est un spectacle d’aventures  haut en couleurs façon Commedia dell’Arte, une véritable explosion talentueuse des arts de la scène – comédie, pantomime, danse, chant, combat, etc. -, une communion absolue avec le public invité à jouer son propre rôle. Dans un rythme effréné, les situations cocasses s’enchaînent autant que les chansons populaires du XXe siècle, les combats d’escrime et les danses de flamenco. 

« Capitaine Fracasse », voilà un spectacle fracassant, à voir absolument autant à la pointe de l’épée qu’avec une sacrée pointe d’humour ! Petits et grands applaudiront assurément. 

Le regard d’Isabelle 

CAPITAINE FRACASSE

Cour de l’Hôtel de Beauvais, 68 rue François-Miron – 75004 Paris (Métro : Saint-Paul ligne 1)

Du 26 au 27 août 2016 – 20h30 | Dimanche 28 août 2016 – 16h00

 (*) Greta Bacchini, Claudio Ciannarella, Carlo Coculo, Jeanne Godard, Antea Magaldi, Antonella Marino, Miriam Moleon, Victor Moleon, Mathilde Noël, Giuseppe Pedone, Mélanie Samie.

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ENTRE DEUX TEMPÊTES | FESTIVAL LES TRÉTEAUX NOMADES – HÔTEL DE BEAUVAIS

vz-00b3f4e4-a1cd-4fed-9818-1595d6c7c909Pour inaugurer l’édition 2016 des Tréteaux nomades (retrouvez ici l’interview d’Aurélie Féat, coordinatrice du Festival), la compagnie du Mystère Bouffe présente sa nouvelle création dans la cour semi-ovale de l’hôtel de Beauvais «Entre deux tempêtes» né du montage original des deux Tempêtes, l’une écrite par William Shakespeare, l’autre par Aimé Césaire…

Exilé sur une île exotique, Prospero exerce son pouvoir d’esclavagiste avec tyrannie. Lorsqu’il apprend que ses ex-ennemis passent au large de son île, il contraint magiquement Ariel, un esprit de l’air, à susciter une tempête pour se venger. Après avoir marié sa fille au fils de son ancien ennemi, Prospero libère Ariel, renonce à toute magie sans oublier de punir Caliban, esclave noir et indigène de l’île, fils de sorcière et indécrottable rebelle malfaisant. Voici le thème exposé par William Shakespeare.

Si Aimé Césaire raconte la même histoire du dramaturge anglais, il choisit le point de vue de l’indigène dépossédé de son île, Caliban. Par l’intermédiaire de son personnage, l’auteur démontre comment le pouvoir colonial calomnie, entrave et dissout peu à peu les identités culturelles.

Nelly Quette (auteur – metteur en scène) confronte La Tempête de Shakespeare à Une Tempête d’Aimé Césaire pour dénoncer l’intolérance, le racisme et les discriminations nés du colonialisme parallèlement à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle de notre époque. Avec les comédiens – Pierre Ficheux, Frédéric Kontogom, Lisa Labbé, Premyslaw Lisiecki et Sofia Lopez Cruz – la compagnie Mystère Bouffe reste fidèle à la Commedia dell’arte : changement à vue des costumes et des masques, décor dépouillé, pantomimes, combats, chants et musiques.

Si ce théâtre dans le théâtre est un ravissement absolu pour les spectateurs, on peut regretter des longueurs en première partie. Pendant que les comédiens sont écartelés dans leurs propres choix, voire mêmes contradictions – scènes à adopter parmi celles de Shakespeare et de Césaire, point de vue à défendre, distribution, etc. – le temps s’éternise quelque peu. Si sur scène, les acteurs s’agitent (toujours avec brio), l’intrigue progresse bien lentement. Soudainement, pour notre plus grand bonheur, le spectacle prend enfin son envol et la seconde partie est enlevée et rythmée. Quant à la qualité d’interprétation, elle frôle la virtuosité comme lors de chacune des précédentes créations de Mystère Bouffe et c’est un vrai bonheur que d’assister à une telle maîtrise des arts de la scène de toute la troupe d’ « Entre deux tempêtes ».

Le regard d’Isabelle

ENTRE DEUX TEMPÊTES

Cour de l’Hôtel de Beauvais, 68 rue François-Miron – 75004 Paris

Métro : Saint-Paul (Ligne 1)

Jusqu’au 25 août 2016 à 20h30.