LA MÉDIATION – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

AFF-LA-MEDIATIONPierre et Anna sont séparés. Elle se sent trahie. Il se sent persécuté. Ils sont en guerre et pourtant ils doivent se mettre d’accord pour organiser la vie de leur enfant de trois ans. Une médiation familiale doit leur permettre de renouer un dialogue pacifique et de s’entendre. La médiation aboutira-t-elle alors que les deux médiatrices s’opposent, elles aussi, sur la manière dont elles doivent conduire la médiation ?

Trois tableaux pour deux parents en quête d’un accord pour le devenir de leur jeune enfant face à deux médiatrices à l’écoute bienveillante mais en désaccord permanent.

On assiste au déballage intime de leurs passions violentes, passées et présentes. Tous sont excessifs, cruels, ridicules, violents. Ils sont vrais, ils sont humains. C’est du vécu et c’est admirablement retranscrit par Chloé Lambert. Son texte nous tient en haleine d’un bout à l’autre, il nous fait rire autant qu’il nous interroge sur notre rôle de parent, que l’on soit en couple ou séparé. Il est mordant et plein de rebondissements aussi bien dans les caractères que dans le réalisme des situations.

Quant à l’interprétation de Julien Boisselier, Raphaëline Goupilleau, Chloé Lambert ou de Ophelia Kolb, elle est juste et nuancée.

Assistez assurément à cette « Médiation » au Théâtre de Poche-Montparnasse pour le sujet, le texte, l’interprétation, la mise en scène, la lumière… C’est un sans faute ! Applaudissements. Ovation de la salle. C’est la création théâtrale de ce début de l’année 2016 à ne pas manquer.

Le regard d’Isabelle

LA MÉDIATION 

Théâtre de Poche-Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h jusqu’au 17 juillet 2016

LA MEDIATION - Lambert -  Boisselier - Theatre de Poche Montparnasse

© Brigitte Enguerand

LA MEDIATION - Lambert -  Boisselier - Theatre de Poche Montparnasse

© Brigitte Enguerand

PARIS DES FEMMES 2016

image_117_1_Ca y est, nous sommes le 8 janvier 2016. C’est le premier soir de la 5e édition du « Paris des Femmes ». Ce festival initié par Michèle Fitoussi, Véronique Olmi et Anne Rotenberg donne la plume à des femmes (et un homme exceptionnellement cette année) pour écrire des pièces de théâtre de trente minutes, lues par des comédiens de talent. Le thème cette année est « Crimes et Châtiments ».

Ce soir : Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay et Valérie Tong Cuong sont à l’honneur. Quant au monsieur, Christian Siméon. (Pour info, il sévira les trois soirs. Normal, c’est un homme égaré parmi des femmes. Alors il joue l’incruste !) Leurs créations sont mises en scène par Murielle Magellan et sont interprétées par Daniel Mesguich, Elsa Zylberstein, Mathias Mlekuz… tous aussi talentueux (y compris ceux que je ne peux nommer). Il n’est pas aisé de jouer un personnage, manuscrit aux pages non reliées à la main. Vous imaginez si quelques unes vous échappent, qui du personnage ou du comédien reprend le dessus du jeu ?

Je pourrais par le détail vous raconter les pièces de ces dames… et du monsieur. Mais à quoi cela servirait-il puisque demain ce sont des textes d’autres dames qui seront lus sans oublier celui du monsieur qui lui sera lu par d’autres comédiens et dans une nouvelle mise en scène. Je vous l’ai déjà dit : il joue l’incruste.

Par contre, je vous avoue que ce serait dommage de vous priver de ce plaisir… Mais non, pas le monsieur ! … De se rendre à ce festival d’auteurs féminins.

« Mais que vient faire un monsieur dans un festival de femmes ? », me demandez-vous.

« Question de parité. Je l’ai expliqué dans ma précédente chronique. Faut suivre. »

« Quoi ? »

« Mes chroniques comme mes élucubrations. »

Donc, je reprends : il faut se rendre à ce festival pour découvrir neuf plumes féminines (et une masculine), mis en scène avec maestria et interprété par des comédiens talentueux.

Voici le programme des deux prochains soirs…

Samedi 9 janvier : Carole Fréchette, Claudie Gallay et Stéphanie Blanchoud. Mise en scène de Xavier Gallais.

Dimanche 10 janvier : Léonore Confino, Alma Brami et Claire Castillon. Mise en scène de Mathilda May.

Quant aux noms des bourreaux et de leurs victimes, ils seront révélés uniquement à ceux qui auront la curiosité de se déplacer jusqu’au lieu des crimes, soit au Théâtre des Mathurins de 20h30 jusqu’à 22h30. Après, ce sera trop tard. Il faudra patienter jusqu’à la 6e édition.

Le regard d’Isabelle

PARIS DES FEMMES 2016

8, 9 et 10 janvier 2016

Théâtre des Mathurins – 36 Rue des Mathurins – 75008 Paris

12509296_1017431831648887_8034533650780679726_n

Les auteurs du Paris des femmes 2016, le 8 janvier apres le spectacle. Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong, Christian Simeon avec leur metteur en scène Murielle Magellan.

 

À TORT ET À RAISON – THÉÂTRE HÉBERTOT

40_60_ATEAR2016_webBerlin, février 1946. En zone américaine, le commandant Steve Arnold (Francis Lombrail) est chargé d’interroger Wilhelm Furtwängler (Michel Bouquet), chef d’orchestre renommé du Philharmonique berlinois, accusé de compromission avec le régime nazi et d’une collaboration avec Adolf Hitler. Malgré tous les témoignages qui se succèdent et qui innocentent le grand artiste, l’officier est bien décidé à prouver sa culpabilité. Leur affrontement se révèlera cruel. Quant aux choix politiques de Wilhelm Furtwängler, ils se révèleront troublants.

Inspirée de faits réels, la pièce « À tort et à raison » de Ronald Harwood (scénariste du film Le Pianiste, entre autres) est un authentique prodige théâtral. Pendant deux heures, le temps s’arrête au théâtre Hébertot. Pas un bruit dans la salle, ni même un applaudissement lorsque le Grand Michel Bouquet entre en scène. Le public n’est plus au théâtre à Paris en 2015, il est aux côtés du commandant Arnold à Berlin en 1946. Pour qui prend-t-il fait et cause ? Nul ne le sait mais ni le texte ni les personnages ne laissent assurément aucun spectateur indifférent pendant toute la représentation.

C’est le souffle coupé, le cœur ému et l’esprit bouleversé que le public accueille debout dans un même élan le tomber de rideau dans une véritable salve d’applaudissements, multipliant les rappels et les ovations pour l’admirable Michel Bouquet mais aussi Francis Lombrail, Juliette Carré, Didier Brice, Margaux Van Den Plas & Damien Zanoly. Des comédiens aux talents à l’état pur. 

« A tort et à raison » est l’évènement théâtral de cette fin d’année (même si c’est une reprise). A (re)voir absolument.

Le regard d’Isabelle 

À TORT ET À RAISON

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris 

Du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 17h

Jusqu’au 28 février 2016

Crédit photo : L. Lot

PhotoLot ART18petitPhotoLot ATR34petitPhotoLot ATR05petitPhotoLot ART30petitPhotoLot ART13petitPhotoLot ART22petit

 

DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14477775048159Dans la société américaine en pleine mutation des années seventies, Béatrice Hundsdorfer rêve d’ouvrir un salon de thé élégant alors qu’elle élève seule, et non sans peine, ses deux filles. Si Ruth, 17 ans, est fantasque et rebelle, Mathilda, 13 ans, est introvertie et passionnée de sciences. Entre autre, elle étudie l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites…

Dans un salon sans dessus dessous, Isabelle Carré, Alice Isaaz et Armande Boulanger nous livrent leurs rêves brisés. Le texte de Paul Zindel est plein de cruauté, d’amour, d’égoïsme mais surtout de souffrance, de regret et de mélancolie. Dans une ambiance étouffante, la mise en scène d’Isabelle Carré (c’est sa toute première !) brosse avec justesse les liens toxiques existant entre cette mère complètement paumée, accro autant à l’alcool qu’au tabac et ses deux filles. Haine et amour s’entrecroisent dans le cœur de cette mère indigne. L’interprétation des comédiennes est pleine de justesse et de retenue. Excellentes toutes les trois. Seulement 30 représentations ! A voir, vite.

Le regard d’Isabelle

DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES 

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris 

Prolongation : jusqu’au 6 février inclus. Du mardi au samedi à 19h00, matinée le samedi à 17h00.

Crédit photos : Christophe Vootz 

CA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES – CAFÉ DE LA GARE

artautresMardi 20h00. Un jeune couple visite une maison à vendre en Normandie. Mais leur rendez-vous immobilier se transforme très vite en un véritable cauchemar…

Le texte et la mise en scène de Nicolas Martinez et Benoît Moret sont délirants, absurdes, démentiels… En deux mots : complètement barrés. L’interprétation de Ariane Boumendil, Nicolas Martinez, Benoît Moret et de Pascale Oudot est excellente (voire même remarquable pour Nicolas Martinez) et menée tambour battant d’un bout à l’autre du spectacle. Quel dynamisme, les quatre comédiens sont plus allumés les uns que les autres !

Un regret : un sein, des fesses et bien plus sont inutilement dénudés (d’où le pourquoi le spectacle est déconseillé au moins de 12 ans). L’énergie, l’humour et le talent des quatre compères suffisent largement pour maintenir le public totalement hilare une heure durant.

En conclusion : spectacle jubilatoire. On y rit aux larmes. A voir sans faute !

Le regard d’Isabelle

CA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES 

Café de la Gare, 41 Rue du Temple, 75004 Paris

Du mercredi au samedi à 21h00, le dimanche à 16h30.

Jusqu’au dimanche 27 mars 2016.

Crédit photos : Fabienne Rappeneau (sur scène) et William Let (studio)

LES MISSIONS D’UN MENDIANT – L’ÉTOILE DU NORD THÉÂTRE

vz-8af99bf6-75e3-439b-961d-ceecf0f21a67Ce spectacle est composé de quatre pièces courtes de Daniel Keene (traduction de Séverine Magois et mis en scène par Olivier Couder et Richard Leteurtre) et nous font découvrir le monde étrange, noir et poétique de cet auteur australien :

* Je dis je : une plongée au cœur et au corps de l’identité de cette jeune fille empreinte de Prévert et du monde des baleines ;

* La visite : un père et sa fille rendent visite à la mère de cette dernière ;

* Avis aux intéressés : les tourments d’un père condamné face au devenir de son fils handicapé ;

* Un tabouret à trois pieds : Tom et Dick s’inquiètent d’Harry qui a pris toutes les couvertures alors que tous deux meurent de froid et de faim.

Francis Auvray, Olivier Couder, Stéphane Guérin, Coralie Moreau, Anna Peneveyre, Emmanuel Viennot de Vaublanc et Gabriel Xerri sont des comédiens professionnels en situation de handicap. Leur présence émouvante, décalée et fragile impressionne. Chapeau bas pour Peter Bonke, exceptionnel dans la maîtrise de son jeu d’acteur dans « Avis aux intéressés » et « Un tabouret à trois pieds ». Quant au décor créé par l’Atelier Eurydice, un ingénieux plateau escamotable en bois brut comme un îlot de tous les possibles dans ce monde où on oublie parfois les essentiels de la vie.

Le regard d’Isabelle

LES MISSIONS D’UN MENDIANT

L’Etoile du Nord – 16 rue Georgette Agutte – 75018 Paris Métro : Porte de Saint-Ouen ou Guy Môquet

Jusqu’au 19 décembre 2015. Les mardis, mercredis et vendredis à 20h30 ; les jeudis à 19h30 ; les samedis à 17h00.

Théâtre Eurydice ESAT (Plaisir 78)

23 et 24 mars 2016 à 14h30, 25 mars à 20h30

Théâtre de l’Usine (Eragny sur Oise 95)

15 et 16 avril 2016 à 21h00, 17 avril à 16h00

Réservation : 01.30.37.01.11. Email : billeterie@theatredelusine.net

LES BOUTS DE VAISSELLE – A LA FOLIE THÉÂTRE

204Sous l’Occupation, une attachante bande de bras cassés – un vacher polonais, un ouvrier de chez Renault, une fonctionnaire libérée, une écervelée pétillante, et un paysan bonne pâte – s’engage autour de Sœur Hortense, une religieuse franchement caractérielle, dans une action aussi désordonnée qu’inefficace avec les moyens du bord (cierges, selle de vélo et pince Monseigneur). Une comédie qui se veut résistante aux accents loufoques.

 « Les bouts de vaisselle » nous parle bien de la Résistance mais elle n’est ni loufoque, ni comique. Le texte de Jérôme Gaulier manque de rythme, de rebondissements comme d’originalité ; la fin est ficelée à la va-vite. La mise en scène colle ici ou là des extraits de chansons ou des films d’époque sans lien avec l’intrigue alors que les éléments de décor (prie-Dieu, banc) campent sobrement mais avec efficacité les lieux (église, ferme). Quant à la troupe de comédiens, si elle est animée par la fougue de la jeunesse, son talent est pour la plupart encore en herbe. On passe un bon moment mais le tout fait un peu « amateur » au sens strict du terme.

Le regard d’Isabelle 

LES BOUTS DE VAISSELLE 

A La Folie Théâtre – Grande Salle- 6 rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris.

Les vendredi et samedi à 20h00, le dimanche à 18h30

Jusqu’au dimanche 31 janvier 2016. 

 

 

 

 

FESTIVAL PARIS DES FEMMES 2016

image_117_1_Aller au théâtre en matinée, le plus souvent, c’est l’après midi. Eh bien, ce 25 novembre 2015, c’est le matin ! À 11h, plus précisément.

Le public : des blogueurs de théâtre dont votre serviteur.

Nos hôtes : Michèle Fitoussi, Véronique Olmi et Anne Rotenberg, les initiatrices du festival. Elles nous ont conviés (avec café et chouquettes) pour nous présenter la cinquième édition…

Le thème : Crimes et Châtiments.

Le lieu du crime : le Théâtre des Mathurins.

Les jours des châtiments : les 8-9-10 janvier 2016.

Leurs auteurs : neuf de sexe féminin et un de sexe masculin (pour respecter la parité masculine !).

Leurs noms : Stéphanie Blanchoud, Alma Brami, Claire Castillon, Léonore Confino, Carole Fréchette, Claudie Gallay, Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong… et Christian Siméon.

Le châtiment : un texte de 30 minutes pour les dames, 10 minutes pour le monsieur ! La parité masculine a ses limites ? Pas vraiment, il a pris sa revanche : chaque soir, son texte sera mis en scène par l’un des trois metteurs en scène – Murielle Magellan, Xavier Gallais et Mathilda May – chacun ayant en charge la mise en espace de l’une des trois soirées.

Petit potin des coulisses : l’une des auteures a osé avouer à l’assistance qu’elle n’avait jamais lu le roman fleuve de Dostoïevski avant d’avoir été approchée par le trio pour participer à la cinquième édition du festival. Qui n’a jamais lu un auteur russe lui jette la première pierre… 

 Vous désirez le programme, le voici !

Vendredi 8 janvier 2016

 Lectures (grande salle) à 20h30

  • Frères, Valérie Tong Cuong
  • Rebecca m’a tuée, Tatiana de Rosnay
  • Fils de, Cécile Ladjali

Mise en lecture : Murielle Magellan

Samedi 9 janvier 2016

Rencontre littéraire (petite salle) à 17h avec Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong, Stéphanie Blanchoud, Christian Siméon.

Rencontre littéraire (petite salle) à 18h30 avec Carole Fréchette, Claudie Gallay, Claire Castillon, Léonore Confino, Alma Brami.

Lectures (grande salle) à 20h30

  • Remonter la dune, Claudie Gallay
  • Ismène, Carole Fréchette
  • Le temps qu’il faut à un bébé girafe pour se tenir debout, Stéphanie Blanchoud

Mise en lecture : Xavier Gallais

Dimanche 10 janvier 2016

Rencontre littéraire (petite salle) à 17h autour de Crime et Châtiment avec André Markowicz, traducteur

Conférence (petite salle) à 18h30 autour de Imprescriptible avec Alexis Lacroix

Lectures (grande salle) à 20h30

  • Comment tu écris le carnage,Claire Castillon
  • Ouverture, Léonore Confino
  • Mardi c’est le jour du poulet, Alma Brami

Mise en lecture : Mathilda May

Assurément, « Coup de théâtre » sera aux Mathurins et ouvrira grands ses deux oreilles pour mieux entendre ces textes écrits par des plumes féminines… sans oublier celui du monsieur ! 

FESTIVAL PARIS DES FEMMES 2016 

8, 9 et 10 janvier 2016

Théâtre des Mathurins – 36 Rue des Mathurins – 75008 Paris

http://parisdesfemmes.blogspot.fr/

Réservations par téléphone : 01 42 65 90 00 – 0 892 68 36 22 ou sur le web : http://www.theatredesmathurins.comhttp://www.fnac.com

 Le regard d’Isabelle 

AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DE J.M WESTON – LE TARMAC

vz-6a0b90e4-f9f0-46de-99d4-e5f9db2f097dDeux frères, Criss et Cross, rescapés d’une guerre meurtrière, retournent sur les lieux qu’ils avaient dû fuir, en quête de la demeure familiale. Ils reviennent aussi chercher la paire de chaussures – des Weston – abandonnée lors de leur fuite. Car avant guerre, dans leur pays, ces deux hommes étaient membre de la SAPE, Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes. Mais comment retrouver les rues et les avenues dans une ville meurtrie ? « Il faut réveiller les endroits ». Aussi, ils vont errer parmi les décombres de leur quartier (symbolisés par des amas de cordes) à la recherche de leur passé pour mieux appréhender leur présent, plus encore leur avenir et enfin « retrouver l’odeur du cirage », le parfum d’avant les combats, les traumatismes, les viols et les assassinats. Après des années de « concerto pour kalache », comment réapprendre à vivre. 

Ce spectacle semble quelque peu déroutant autant que décousu pour qui n’est pas congolais pour en saisir toutes les subtilités. Le texte de Julien Mabiala Bissila est à la fois âpre, dur, gai, souvent absurde… comme la vie. Des phrases s’accrochent singulièrement à notre mémoire comme à notre triste actualité : « Tu penses que c’est avec de la littérature qu’on peut chasser un dictateur au pouvoir ? » ; « La sape c’est… comment vous expliquer ça ? C’est comme le nucléaire. C’est utile mais c’est cruel. » ; « L’être humain a toujours tendance à retourner vers ses erreurs » ; etc. Quant au trio d’acteurs (Criss Niangouna, Julien Mabiala Bissila, Marcel Mankita),  ils ont un charisme certain. 

« Au nom du père et du fils et de J.M. Weston » est assurément un hymne à la création artistique (coup de chapeau à la costumière Sophie Manach) et à la paix, un exécutoire des douleurs et des terreurs guerrières. Un véritable pied de nez à la vie… en J. M. Weston, évidemment !

Le saviez-vous ?  » Au nom du père et du fils et de J.M. Weston » a été primé aux Journées de Lyon des auteurs de théâtre en 2011 et sélectionné par Radio France pour deux lectures publiques, une pour France Culture et une pour RFI, à l’occasion du festival d’Avignon 2013.

Le regard d’Isabelle

AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DE J.M WESTON

Le Tarmac, 159 avenue Gambetta, 75020 Paris

mardi, mercredi, vendredi à 20h
jeudi à 14h30 et 20h
samedi à 16h

Jusqu’au 4 décembre 2015

NEIGE NOIRE – LE LUCERNAIRE

vz-5178d53b-4974-44ce-9006-873cc83301bfDevant un mur de valises, sur un quai de gare, une petite fille de 13 ans porte autour du cou un écriteau sur lequel sont inscrits son prénom, son nom et une destination : New York. Elle a le fol espoir de rejoindre sa mère prostituée et un père inconnu et de les réunir… Son chemin de vie sera chaotique et « jonché de crevasses ». Sans cesse, elle sera confrontée aux violences sociales et aux préjugés raciaux. Malgré la reconnaissance de son talent d’interprète, sa quête d’amour restera insatiable et sa déchéance inéluctable.   Christine Pouquet signe pour « Neige noire » une magnifique partition. Quant à sa mise en scène, elle est sans aucune fausse note : inventive, émouvante, drôle… toujours surprenante et laissant la part belle aux comédiens/chanteurs/danseurs. Samantha Lavital est la sublimissime interprète de Billie Holiday. Philippe Gouin (ce soir là) est son partenaire aux multiples talents. Tous deux sont formidables et nous font don d’un authentique moment de grâce théâtrale. 

« Neige noire » est une incontestable réussite. Ce spectacle est immanquable si vous aimez le théâtre, plus encore si vous aimez le théâtre et le jazz ! Vous serez conquis. Soirée réussie assurée. 

Le regard d’Isabelle 

NEIGE NOIRE – VARIATIONS SUR LA VIE DE BILLIE HOLIDAY

Théâtre Le Lucernaire • 53, rue Notre-Dame-des-Champs – 75006 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 19h00.

Jusqu’au 6 décembre 2015.