TRIPTYQUE DE COUPLES – À LA FOLIE THÉÂTRE

205Deux acteurs, trois saynètes, trois avis. 

Marina Valleix et Jean-Patrick Gauthier incarnent respectivement le rôle de la femme et du mari chronologiquement dans Par la fenêtre de Georges Feydeau, Le Pain de ménage de Jules Renard, La Peur des coups de Georges Courteline.

Hector, un avocat, rentre chez lui déjeuner bien sagement et se prête à la cuisine, faute de bonne que sa femme a licenciée par jalousie. De tempérament soumis, il profite de l’espace à lui tout seul de son appartement pour souffler et nous confie la raison pour laquelle il a embrassé une carrière dans la magistrature : cela faisait plaisir à sa mère. Un coup de sonnette vient l’interrompre dans sa pause. Une inconnue sans gêne pénètre dans son appartement et lui impose de lui faire la cour « par la fenêtre » pour susciter la jalousie de son mari…Une belle énergie à la Feydeau sur scène qui donne du mouvement à cette pièce mais trop surjouée même pour un vaudeville. Aussi, un timbre de voix qui semble en décalage avec le personnage qu’on pourrait se représenter d’Emma (l’inconnue). Étonnant surtout quand Marina Valleix s’illustre avec brio dans le deuxième personnage qu’elle incarne pour Le Pain de ménage de Jules Renard.

Marthe et Pierre, amis, tous deux en couple, apprécient parfois de se retrouver et d’échanger autour de l’amour, et d’évoquer plus principalement des sujets corollaires tels que celui de l’infidélité. Voilà de quoi agrémenter de longues soirées en tête-à-tête sans oublier en pensée leur propre compagnon ou compagne ni de vanter leurs qualités, voire leurs vertus…Marina Valleix est sémillante et la diction de Jean-Patrick Gauthier remarquable. Les décors minimalistes suffisent à un jeu de comédiens qui entraîne le spectateur dans l’histoire.

Les oiseaux chantent, une tente est déployée et la salle découvre habillé en Hawaïens un jeune couple en pleine dispute. Vexé que sa femme ait pu se laisser courtiser par un officier lors d’une soirée, ce mari aussi lâche que macho s’en prend à elle. Dotée d’un fort caractère, pertinente, elle sait lui répondre et le mettre au pied du mur quand il lui déclare bonhomme aller régler ses comptes à ce malotru. Arrogant, agressif, il ne sait que menacer sa femme et s’en prendre à sa belle-mère absente : elle se cache dans la tente en pleurant « par peur des coups ». De l’humour et de la légèreté sur un sujet qui l’est moins et encore bien moderne. Une mise en scène originale, signée Guillaume Peigné.

Signé Carole !

TRIPTYQUE DE COUPLES

avec la Compagnie Chocnosof

À la Folie Théâtre, 6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris 

Du 4 décembre 2015 au 5 mars 2016, vendredi et samedi à 21h.

AH ! LE GRAND HOMME – THÉÂTRE DE L’ATELIER

GRAND HOMME AfficheDes comédiens (connus ou moins connus) sont convoqués par un metteur en scène légèrement fumeux et un sous-directeur un peu dépassé. Ils ont pour mission de rendre hommage au grand Jean Vilar le soir même sur scène…

« Ah ! Le grand homme » de Pierre et Simon Pradinas se veut une farce débridée, un haut délire en couleurs, à la gloire des grandes figures du théâtre.

Tous les comédiens – Yvan Le Bolloc’h, Jean-Jacques Vanier, Jean-Luc Porraz, Stéphan Wojtowicz, Aurélien Chausade, Jean-Pierre Malignon et Serena Reinaldi – campent merveilleusement bien leurs personnages. La caricature du milieu artistique et la rivalité entre comédiens sont bien vues. Mais le jeu est trop lent pour faire mouche. Sans doute est-ce la faute de la mise en scène de Panchika Velez jamais en accord avec la farce délirante qui nous est annoncée. Il faut attendre plus d’une heure pour entrer dans le vif du sujet et voir enfin s’exprimer le talent et l’humour des comédiens… C’est long. Trop long. « Ah ! Le grand homme » : un grand dommage.

Le regard d’Isabelle

AH ! LE GRAND HOMME

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h

Relâche exceptionnelle le jeudi 21 janvier 2016

Crédit photo : Christopher Vootz

 

UNE JOYEUSE ET DÉLIRANTE VILLÉGIATURE – LA COMÉDIE ITALIENNE

 

AFFICHE-%20Vill%E9giature-2Souvenons-nous, il y a deux ans, Attilio Maggiulli, le fondateur et directeur de la Comédie Italienne, ce petit théâtre unique en France spécialisé dans le jeu très codifié de la Commedia dell’arte, enfonçait sa voiture dans les grilles de l’Elysée pour dénoncer  le manque de subventions et la lente agonie de son théâtre. A l’époque, ce « coup de folie » avait été largement relayé par les medias, ému les amoureux de cette petite salle d’une centaine de places, nichée au cœur du 14eme arrondissement de la capitale. Un appel au fond avait même été lancé pour sauver les lieux. Deux ans plus tard, la situation financière ne semble guère s’être améliorée mais la Comédie Italienne est toujours debout et  lève le rideau tous les soirs. Elle propose depuis le 17 octobre dernier une savoureuse pièce de Carlo Goldoni et Giacomo Casanova « Une joyeuse et délirante villégiature » qui nous plonge dans le Paris baroque du XVIIIe siècle.

La comédienne Silvia Balletti (Hélène Lestrade), ayant délaissé les planches en raison de son âge mûr, se laisse pourtant convaincre par ses amis Goldoni (David Clair) et Casanova (Vincent Morisse) de rejouer quelques scènes célèbres de la Trilogie de la villégiature…Du théâtre dans le théâtre pour cette joyeuse sarabande qui voient se succéder un vieux maître fortuné et ronchon, un pique assiette séducteur, des mages charlatans et nos éternels,  Colombine et Arlequin, espiègles et amoureux, toujours prêts à déjouer les intrigues et sauver leurs maîtres. Un très bon divertissement servi par une troupe de comédiens excellents et complices du public! Le charme du lieu et du spectacle opère également grâce au soin particulier apporté aux costumes, masques, perruques. Allez applaudir cette jolie pièce et ainsi soutenir ce théâtre qui a plus que jamais besoin de fréquentation. Dommage seulement d’avoir reçu ce jour là un accueil terriblement froid et impersonnel. On aurait aimé un accueil plus chaleureux…

Le point de vue d’Elisabeth

UNE JOYEUSE ET DÉLIRANTE VILLÉGIATURE

La Comédie Italienne, 17-19 rue de la Gaieté, 75014 Paris

Du mardi au samedi à 20h30 et les dimanches à 15h30

FUGUE – THÉÂTRE DES BOUFFES-DU-NORD

FugueA-®Jean-LouisFernandez059À jeter un coup d’œil au décor, on comprend d’instinct qu’on va assister à une pièce « Out of the box ». Pour preuve, le grand plateau des Bouffes-du-Nord est entièrement recouvert d’un sable couleur craie, un modeste refuge en bois est posé au milieu de nulle part, une baignoire rouillée trône à l’avant-scène. Les comédiens-musiciens-chanteurs s’installent un à un dans l’indifférence générale… « Fugue », créé au dernier festival d’Avignon et mis en scène par Samuel Achache, raconte l’histoire de cinq explorateurs échoués quelque part sur une base en Antarctique à la recherche d’un lac préhistorique situé à des kilomètres sous glace. Dans ce no man’s land givré et hostile, nos protagonistes vont s’aimer, s’engueuler, se quitter, confronter leurs solitudes, se retrouver. Et le titre de la pièce « Fugue » doit s’entendre au sens musical du terme, soit des voix indépendantes formant un ensemble et chacune pourchassant l’autre qui prend la fuite devant elle…

Singulière pièce que « Fugue » qui, au-delà de son thème, tient une partie de son originalité à l’alternance des scènes de jeux avec des intermèdes musicaux. On est d’ailleurs surpris du léger décalage entre la modernité de la mise en scène et la facture très classique des chants baroques, fort bien executés par ailleurs, et qui apportent un charme certain à l’ensemble. Au final, un spectacle d’une grande créativité, bourré de trouvailles scéniques, légèrement décalé et terriblement attachant. A noter quelques scènes irrésistibles comme la séquence de la baignoire ou l’art de se confectionner un slip de bain avec cinq bandes de scotch noir (mention spéciale au comédien et chanteur haute-contre Léo-Antonin Lutinier). Même si le spectacle s’essouffle légèrement sur sa deuxième partie,  un OTNI (objet théâtral non identifié !) qui mérite le déplacement…Aux Bouffes du Nord jusqu’au 24 janvier. 

Le point de vue d’Elisabeth 

FUGUE

Théâtre des Bouffes-du-Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris

Jusqu’au 24 janvier 2016

Crédit photos : Jean-Louis Fernandez 

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LA MÉDIATION – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

AFF-LA-MEDIATIONPierre et Anna sont séparés. Elle se sent trahie. Il se sent persécuté. Ils sont en guerre et pourtant ils doivent se mettre d’accord pour organiser la vie de leur enfant de trois ans. Une médiation familiale doit leur permettre de renouer un dialogue pacifique et de s’entendre. La médiation aboutira-t-elle alors que les deux médiatrices s’opposent, elles aussi, sur la manière dont elles doivent conduire la médiation ?

Trois tableaux pour deux parents en quête d’un accord pour le devenir de leur jeune enfant face à deux médiatrices à l’écoute bienveillante mais en désaccord permanent.

On assiste au déballage intime de leurs passions violentes, passées et présentes. Tous sont excessifs, cruels, ridicules, violents. Ils sont vrais, ils sont humains. C’est du vécu et c’est admirablement retranscrit par Chloé Lambert. Son texte nous tient en haleine d’un bout à l’autre, il nous fait rire autant qu’il nous interroge sur notre rôle de parent, que l’on soit en couple ou séparé. Il est mordant et plein de rebondissements aussi bien dans les caractères que dans le réalisme des situations.

Quant à l’interprétation de Julien Boisselier, Raphaëline Goupilleau, Chloé Lambert ou de Ophelia Kolb, elle est juste et nuancée.

Assistez assurément à cette « Médiation » au Théâtre de Poche-Montparnasse pour le sujet, le texte, l’interprétation, la mise en scène, la lumière… C’est un sans faute ! Applaudissements. Ovation de la salle. C’est la création théâtrale de ce début de l’année 2016 à ne pas manquer.

Le regard d’Isabelle

LA MÉDIATION 

Théâtre de Poche-Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h jusqu’au 17 juillet 2016

LA MEDIATION - Lambert -  Boisselier - Theatre de Poche Montparnasse

© Brigitte Enguerand

LA MEDIATION - Lambert -  Boisselier - Theatre de Poche Montparnasse

© Brigitte Enguerand

PARIS DES FEMMES 2016

image_117_1_Ca y est, nous sommes le 8 janvier 2016. C’est le premier soir de la 5e édition du « Paris des Femmes ». Ce festival initié par Michèle Fitoussi, Véronique Olmi et Anne Rotenberg donne la plume à des femmes (et un homme exceptionnellement cette année) pour écrire des pièces de théâtre de trente minutes, lues par des comédiens de talent. Le thème cette année est « Crimes et Châtiments ».

Ce soir : Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay et Valérie Tong Cuong sont à l’honneur. Quant au monsieur, Christian Siméon. (Pour info, il sévira les trois soirs. Normal, c’est un homme égaré parmi des femmes. Alors il joue l’incruste !) Leurs créations sont mises en scène par Murielle Magellan et sont interprétées par Daniel Mesguich, Elsa Zylberstein, Mathias Mlekuz… tous aussi talentueux (y compris ceux que je ne peux nommer). Il n’est pas aisé de jouer un personnage, manuscrit aux pages non reliées à la main. Vous imaginez si quelques unes vous échappent, qui du personnage ou du comédien reprend le dessus du jeu ?

Je pourrais par le détail vous raconter les pièces de ces dames… et du monsieur. Mais à quoi cela servirait-il puisque demain ce sont des textes d’autres dames qui seront lus sans oublier celui du monsieur qui lui sera lu par d’autres comédiens et dans une nouvelle mise en scène. Je vous l’ai déjà dit : il joue l’incruste.

Par contre, je vous avoue que ce serait dommage de vous priver de ce plaisir… Mais non, pas le monsieur ! … De se rendre à ce festival d’auteurs féminins.

« Mais que vient faire un monsieur dans un festival de femmes ? », me demandez-vous.

« Question de parité. Je l’ai expliqué dans ma précédente chronique. Faut suivre. »

« Quoi ? »

« Mes chroniques comme mes élucubrations. »

Donc, je reprends : il faut se rendre à ce festival pour découvrir neuf plumes féminines (et une masculine), mis en scène avec maestria et interprété par des comédiens talentueux.

Voici le programme des deux prochains soirs…

Samedi 9 janvier : Carole Fréchette, Claudie Gallay et Stéphanie Blanchoud. Mise en scène de Xavier Gallais.

Dimanche 10 janvier : Léonore Confino, Alma Brami et Claire Castillon. Mise en scène de Mathilda May.

Quant aux noms des bourreaux et de leurs victimes, ils seront révélés uniquement à ceux qui auront la curiosité de se déplacer jusqu’au lieu des crimes, soit au Théâtre des Mathurins de 20h30 jusqu’à 22h30. Après, ce sera trop tard. Il faudra patienter jusqu’à la 6e édition.

Le regard d’Isabelle

PARIS DES FEMMES 2016

8, 9 et 10 janvier 2016

Théâtre des Mathurins – 36 Rue des Mathurins – 75008 Paris

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Les auteurs du Paris des femmes 2016, le 8 janvier apres le spectacle. Cécile Ladjali, Tatiana de Rosnay, Valérie Tong Cuong, Christian Simeon avec leur metteur en scène Murielle Magellan.

 

BONNE ANNÉE 2016 !

Chers amis bloggeurs et lecteurs,

Toute l’équipe du blog Coup de Théâtre a le plaisir de vous souhaiter une très belle et très heureuse année 2016, riche de réussites, d’accomplissement, de petits et grands bonheurs..et bien sûr de belles émotions théâtrales !

Amitiés 

Elisabeth, Carole et Isabelle 

À TORT ET À RAISON – THÉÂTRE HÉBERTOT

40_60_ATEAR2016_webBerlin, février 1946. En zone américaine, le commandant Steve Arnold (Francis Lombrail) est chargé d’interroger Wilhelm Furtwängler (Michel Bouquet), chef d’orchestre renommé du Philharmonique berlinois, accusé de compromission avec le régime nazi et d’une collaboration avec Adolf Hitler. Malgré tous les témoignages qui se succèdent et qui innocentent le grand artiste, l’officier est bien décidé à prouver sa culpabilité. Leur affrontement se révèlera cruel. Quant aux choix politiques de Wilhelm Furtwängler, ils se révèleront troublants.

Inspirée de faits réels, la pièce « À tort et à raison » de Ronald Harwood (scénariste du film Le Pianiste, entre autres) est un authentique prodige théâtral. Pendant deux heures, le temps s’arrête au théâtre Hébertot. Pas un bruit dans la salle, ni même un applaudissement lorsque le Grand Michel Bouquet entre en scène. Le public n’est plus au théâtre à Paris en 2015, il est aux côtés du commandant Arnold à Berlin en 1946. Pour qui prend-t-il fait et cause ? Nul ne le sait mais ni le texte ni les personnages ne laissent assurément aucun spectateur indifférent pendant toute la représentation.

C’est le souffle coupé, le cœur ému et l’esprit bouleversé que le public accueille debout dans un même élan le tomber de rideau dans une véritable salve d’applaudissements, multipliant les rappels et les ovations pour l’admirable Michel Bouquet mais aussi Francis Lombrail, Juliette Carré, Didier Brice, Margaux Van Den Plas & Damien Zanoly. Des comédiens aux talents à l’état pur. 

« A tort et à raison » est l’évènement théâtral de cette fin d’année (même si c’est une reprise). A (re)voir absolument.

Le regard d’Isabelle 

À TORT ET À RAISON

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris 

Du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 17h

Jusqu’au 28 février 2016

Crédit photo : L. Lot

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J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE – THÉÂTRE DE L’ATELIER

v_14471684491307Si vous aimez le théâtre, réservez vite vos billets pour cette pièce programmée jusqu’au 3 janvier 2016 au théâtre de l’Atelier. C’est un énorme coup de coeur personnel ! Les critiques plus élogieuses les unes que les autres sont venues consacrer « J’avais un beau ballon rouge » mis en scène par Michel Didym et je m’y associe pleinement! Sur le plateau, ils sont deux, père et fille, à la ville et à la scène : Richard et Romane Bohringer. Ils nous offrent un moment de théâtre unique ! La pièce, écrite par la jeune dramaturge italienne Angela Dematté, nous plonge dans l’Italie des années 60 et 70 et raconte le destin fulgurant et tragique de Margherita Cagol, l’épouse de Renato Curcio, fondateur et idéologue des Brigades Rouges, cette organisation révolutionnaire d’extrême gauche italienne qui ensanglanta le pays à cette époque. Angela Damatté a fait le choix très séduisant de raconter la grande histoire à travers la petite, celle de la relation poignante qui unit Margherita, radicale et éprise d’absolu, à son père, pétri de bon sens et de valeurs chrétiennes. A travers leur confrontation, la pièce éclaire deux visions de la société incompatibles et irréconciliables. 

La pièce est une réussite incontestable : un texte fort, violent, fort bien écrit, servi par une mise en scène très fluide. A noter un astucieux jeu de décors coulissants, qui permet de voyager à travers les lieux et les années, de la cuisine familiale du petit appartement de Trente au squat milanais des Brigades quelques années plus tard.  

Et puis bien sûr, une interprétation au sommet ! Le « duo Bohringer » fonctionne admirablement. Lui, tout en retenue, presque à l’économie, qui de fait dégage une sensibilité et une émotion vraie. Grand comédien ! Elle, passionara incontrôlable, tiraillée entre l’amour pour son père et l’engagement dans ses idéaux, dans la quête de vouloir construire une société qu’elle estime plus juste, offre une interprétation d’une précision remarquable. On ne dira jamais assez combien Romane Bohringer est une excellente comédienne. La critique ne s’y est pas trompée. Le « Palmarès du Théâtre » a décerné en 2013 le prix « Coup de coeur du Théâtre public » à Richard Bohringer et Romane Bohringer pour leur interprétation dans ce spectacle. Parfaitement mérité, un grand et très très beau moment de théâtre !

Et puis parenthèse personnelle, une fois le rideau levé, il m’a suffi d’apercevoir la cafetière Bialetti sur le gaz, La Repubblica sur la table de la salle à manger pour replonger dans des souvenirs d’enfance précieux et inoubliables. Cara Italia, sei sempre nel mio cuore.

Le point de vue d’Elisabeth

J’AVAIS UN BEAU BALLON ROUGE

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Jusqu’au 3 janvier 2016

Crédit photos : Eric Didym 

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HAPPY BIRTHDAY COUP DE THÉÂTRE !

Chers ami(e)s,

Le blog fête aujourd’hui ses 2 ans !

2 ans d’émotions théâtrales, d’amitié, de chroniques et de rencontres. Près de 15 000 connexions, 115 spectacles chroniqués, 14 « café avec » et autant de projets dans les cartons. Merci de nous suivre, de nous lire et de partager avec nous cette belle aventure pour que dure le plaisir encore et encore.

Nous vous souhaitons de belles fêtes !

Elisabeth, Carole et Isabelle