
Coup de théâtre • Bonjour Nelly, comment définiriez-vous le théâtre Dunois ?
Je dirais que c’est le seul théâtre exclusivement jeune public à Paris et identifié comme tel. Mais nous sommes aussi et avant tout un théâtre de quartier. Avant d’être un théâtre jeune public, le lieu a d’abord été le creuset d’une certaine avant-garde musicale (jazz, musique improvisée…) puis s’est converti à la danse contemporaine et au théâtre. L’ADN du théâtre DUNOIS est issu de toutes ces histoires, de toutes ces aventures artistiques.
Vous parlez d’un théâtre de quartier. C’est vrai que vous êtes implanté dans le 13ème arrondissement depuis très longtemps.
Oui, depuis 1977 exactement ! Aujourd’hui nous avons à cœur d’associer la vie de ce théâtre à la métamorphose architecturale du quartier. Je trouve important que les enfants et leurs parents s’interrogent sur cette ville en mutation, se projettent dans ce concept du « Grand Paris ». J’aime bien comparer le théâtre à un phare : même si les gens n’y viennent pas, qu’ils sentent que c’est un repère important, un lieu d’ancrage symbolique.
Quelle est la vocation du théâtre Dunois aujourd’hui ?
Notre vocation est double. D’abord proposer aux enfants et aux adolescents des spectacles singuliers, intellectuellement et esthétiquement exigeants pour les aider à réfléchir, à s’interroger et donc à grandir. Et aussi promouvoir des artistes audacieux qui ont envie d’emmener les spectateurs pas forcément là où ils s’attendraient à être conduits. Le théâtre Dunois, c’est au final, une alchimie entre un théâtre de recherche et des spectateurs curieux !
Comment élaborez-vous votre saison ? Quels critères guident vos choix ?
Selon différents critères : d’âge, de discipline, et de difficultés d’approche… Je programme des spectacles pour trois catégories d’âge : la petite enfance, les 6-10 ans et les adolescents, Je fais également une distinction entre les spectacles déjà créés et les spectacles en création. Cette année par exemple, on a 9 créations sur 14 spectacles, c’est-à-dire que je programme des compagnies, dont je connais et apprécie l’univers et la qualité du travail, uniquement sur un projet.
Dans votre programmation, quelle est la part de productions invitées et des productions « maison » ?
Nous n’avons que des productions invitées car nous n’avons pas de budget artistique pour faire fonctionner une compagnie en propre. Notre but, c’est d’apporter aux compagnies un public bien sûr et une visibilité. Pour l’économie d’une compagnie, un lieu comme le nôtre est important parce qu’il joue un peu le rôle d’Avignon. Un spectacle, pour exister, doit rencontrer un maximum de diffuseurs et pour les rencontrer, il faut un endroit précis, stratégique, qui concentre les acheteurs potentiels. Un passage au théâtre Dunois permet aux compagnies de montrer leur travail à beaucoup de programmateurs issus des 4 coins de l’hexagone, et ainsi assurer leur viabilité économique pour les saisons suivantes. Dans tous les cas, les compagnies aiment se produire ici pour les bonnes conditions techniques qui leur sont offertes ainsi que pour le rapport privilégié avec les spectateurs qu’offre notre salle.
Parlez-nous de cette saison 2013/2014
C’est difficile de privilégier des spectacles en particulier mais c’est vrai qu’on a eu quelques temps forts avec notamment la trilogie « Once Upon a time » de la comédienne Colette Garrigan et ses trois spectacles formidables Sleeping beauty, Mary Brown et Crowning Glory. Pour clore la saison, nous présentons également une pièce de l’auteur norvégien Jon Fosse Le manuscrit des chiens II/ Quelle merveille ! Cette pièce fait partie d’une trilogie dont les 2 autres volets ont été créés les années précédentes par L’Amin Cie théâtrale qui clôt ainsi trois années de résidence chez nous. Les 3 spectacles seront d’ailleurs représentés dans la même journée, le 8 juin dès 14h afin de mettre un point d’orgue à notre collaboration avec le metteur en scène Christophe Laluque.
Quel est votre public ?
En scolaire, il vient de tout Paris et des banlieues proches, avec environ 40% d’écoles du 13eme arrondissement et 60% des autres arrondissements et petite couronne. C’est vrai que la ligne 14 a tout changé ! Pour le public familial, c’est plus difficile à cerner, il y a un public de quartier, de Paris, d’Ile de France et de province.
La baisse des subventions publiques vous pénalise-t-elle ?
Pour l’instant l’impact est peu sensible, le pire est sans doute à venir. Dans l’absolu, on sait faire avec peu, on a toujours su travailler avec des moyens limités. On résistera peut-être mieux que les grosses structures. Curieusement notre notoriété est proportionnellement supérieure à nos moyens financiers.
Comment l’expliquez-vous ?
Je pense qu’elle provient d’abord du fait qu’on est un lieu parisien et qu’à ce niveau, on est visible de toute la France. On dispose également d’un certain nombre d’outils de communication (publications, site web,…) qui nous sont utiles pour développer la visibilité du lieu et mettre en avant la singularité de nos spectacles. La Gazelle, par exemple, le journal du théâtre Dunois, permet de prolonger la réflexion sur les thématiques qui sont abordées dans les spectacles que nous programmons.
Quels sont les projets du théâtre ?
Le théâtre Dunois va s’associer l’année prochaine à l’opération La belle saison qui sera lancée officiellement cet été en Avignon par la Ministre de la Culture Aurélie Filippetti. L’objectif de cette Belle Saison avec l’Enfance et la Jeunesse, c’est de soutenir le théâtre jeune public, en favorisant les synergies et les collaborations entre tous les acteurs du terrain. En Ile de France nous sommes une plateforme de référence sur cette opération. Le spectacle vivant pour le jeune public va ainsi être mis à l’honneur sur l’ensemble du territoire grâce à ce coup de projecteur qui durera jusqu’en décembre 2015.
Quel a été votre parcours avant de diriger le théâtre Dunois ?
A la base, j’ai fait des études littéraires, fréquenté les mouvements militants du début des années 70, où l’on rencontrait beaucoup d’artistes. Les hasards et les rencontres de la vie m’ont conduite au théâtre Dunois au tout début de sa création. J’ai codirigé le théâtre Dunois comme lieu réputé pour le jazz, puis comme lieu pluridisciplinaire, ensuite j’ai créé ce théâtre à Paris pour l’Enfance et la Jeunesse. J’ai l’impression d’avoir vécu plusieurs vies : comme les chats! (rire)
Et pour conclure, le mot du « théâtre » que vous préférez ?
Dramaturgie !
Propos recueilis par Elisabeth Donetti
THÉÂTRE DUNOIS
7 rue Louis Weiss • 75013 Paris
Accès : Bibliothèque F. Mitterrand (ligne 14), Chevaleret (ligne 6)
Tel: 01 45 84 72 00



Salle comble mercredi dernier au théâtre Essaïon (dont beaucoup de lycéens à l’approche du bac français j’imagine !) pour applaudir « Racine par la racine » qui enchaîne sa 4ème saison après avoir triomphé au OFF d’Avignon l’année dernière. Le spectacle a été écrit et mis en scène par Serge Bourhis, le directeur de 



Chaque printemps, le festival LES RENCONTRES DE LA NUIT crée l’événement au cœur du quartier parisien des Batignolles (17ème). Dédié au théâtre, à la littérature et à la poésie, le festival fête cette année son 10ème anniversaire. La batignollaise que je suis ne pouvait pas passer à côté de l’événement ! J’ai ainsi eu le plaisir de partager un café avec Marie-Christine Aury, co-directrice artistique du festival, à quelques jours du lancement des festivités.




Foule des grands soirs au théâtre Hébertot samedi 10 mai pour la dernière du « Roi se meurt ». L’occasion ou jamais de voir Michel Bouquet se glisser dans ce rôle mythique qui lui avait valu le Molière du meilleur comédien en 2005. Acteur légendaire pour pièce légendaire donc ! Et le public ne s’y est pas trompé en accueillant les comédiens par des applaudissements très nourris dès leur entrée en scène. 

Je ne sais pas vous mais à l’évocation des dernières heures de la vie de Molière, je pense à la scène d’ouverture du 








J’ai envie de partager un gros coup de cœur pour SLEEPING BEAUTY, un spectacle écrit, mis en scène et interprété par la comédienne et marionnettiste anglaise Colette Garrigan. La pièce a été présentée du 2 au 4 avril au THEATRE DUNOIS, dans le cadre du cycle « Once upon a time in Liverpool ».


Ceux qui ont lu le roman de Grégoire Delacourt connaissent l’histoire de « LA LISTE DE MES ENVIES », qui se joue actuellement au théâtre des Béliers Parisiens. Jocelyne Guerbette, 47 ans, est mercière à Arras. Délaissée par son mari Jocelyn qui ne l’aime plus, mère de deux grands enfants, orpheline de mère, un père atteint d’Alzheimer et des rêves de jeunesse désormais loin derrière elle, elle s’est finalement habituée à son destin modeste et tranquille. Mais sa vie bascule du jour au lendemain, lorsqu’elle gagne 18 millions d’euros au loto. Jocelyne ne mettra pas longtemps à dresser la liste de ses envies, de ses besoins, de ses folies. Mais rêve ou cauchemar ? Départ d’une nouvelle vie ou perte des repères ? La pièce au final questionne la quête du bonheur, le pouvoir de l’argent, la hiérarchie des valeurs. « Nous tâcherons de donner à voir et à entendre les conséquences de l’irruption de l’extraordinaire dans l’ordinaire » résume la metteur en scène Anne Bouvier.



Tu vas voir, tu vas adorer. Ca me rappelle quelque chose…. Une fois, deux fois, trois fois, adjugé. Direction le théâtre La Pépinière mercredi dernier pour découvrir « Le cercle des illusionnistes », la deuxième création d’Alexis Michalik, après le succès du spectacle « Le porteur d’histoire ». Et j’ai A-DO-RE la pièce parce qu’Alexis Michalik raconte les histoires comme personne. Ce jeune et talentueux metteur en scène a définitivement trouvé un style, une signature théâtrale, une manière bien à lui d’embarquer le public dans des récits à tiroirs originaux, formidablement construits, de les faire se combiner, s’enchaîner, se répondre à travers les époques et les lieux, tout en suivant le fil d’une histoire unique. On retrouve ici l’équation gagnante qui a fait le succès du