
Paris, 13 novembre 2015


Quand un avocat se met à plaider sa cause, rien n’est gagné. Élaborer une stratégie amoureuse sur des antiphrases est périlleux même pour un professionnel des mots. D’autant quand on est jaloux, amoureux, et que sa femme, éditrice, rencontre dans son cadre professionnel l’écrivain, un dom juan de surcroît, qui l’a toujours subjugué. Alors que faire ? Il, LUI (Florian Bayoux), se lancera alors dans un véritable réquisitoire contre ELLE (Nathalie Bernas) et utilisera tous les registres de la rhétorique… pour l’éprouver, pour la pousser à avouer son désir: à l’instar des jaloux maladifs, il suspectera le moindre mot, dénoncera la moindre de ses attitudes jusqu’à l’accuser d’être une petite bourgeoise qui préfère l’assurance du confort du couple aux dangers d’une aventure incertaine. Vice de consentement, abus de faiblesse, elle se révolte et finit par rejoindre sur les plages irlandaises celui qu’elle avait refusé pour sauvegarder leur couple.
Mais tout amour véritable est indissoluble… Alors Irrésistible, visage du désir ou de l’amour ? Des deux ? Une pièce qui nous tient du début jusqu’à la fin. Très jolie performance du duo Nathalie Bernas et Florian Bayoux (deux comédiens à suivre !) sur un texte finement ciselé et plein d’humour de Fabrice-Roger Lacan. Scénographie Emmanuel Maze.
Signé Carole !
Théâtre Le Proscenium, 2 passage du Bureau, 75011 Paris
Tous les mercredis et vendredis à 21h15
Jusqu’au 23 décembre 2015

Quand un sujet fort d’actualité, tel que les dérives du marketing pharmaceutique, est traité avec un humour décapant sans jamais être tourné en dérision, c’est… une prouesse.
Et Maaïke Jansen (Éva Makovski), Laurence Pierre (Michèle Lombard, la journaliste), Dany Laurent (Andrée Lesueur, la voisine), Gérard Maro (patron des laboratoires Lexo et ex-amant d’Eva) et Maïmouna Gueye (Hortense, une auxiliaire de vie) y sont parvenus en interprétant sur un ton très juste et avec beaucoup de piment le texte de Clément Koch.
Éva Makovski, scientifique de renom en physique moléculaire, ancienne employée des laboratoires Lexo éclaboussés par un scandale, écoule des jours bien monotones, en Suisse. Elle meuble son temps en recevant dans la chambre de sa maison de retraite sa petite voisine Andrée Lesueur avec qui elle partage complicité et pâtes de fruits quand celle-ci ne l’espionne pas l’oreille collée à sa porte ; de temps à autre, elle s’exerce à mourir ou regarde par la fenêtre, de l’autre côté de la route… Mais que regarde-t-elle ? Hortense, une auxiliaire de vie, qui n’a pas sa langue dans sa poche et « qui ne s’en laisse pas compter par les vieux hommes retraités », rythme la journée par ces irruptions. Ce matin, Michèle Lombard, une jeune journaliste entreprenante, après deux heures d’attente à la réception, est enfin autorisée à monter dans la chambre d’Éva pour l’interviewer. Quand elle pénètre dans sa chambre, Andrée lui apprend qu’elle vient de mourir. Entre-temps, Gérard Maro, patron de Lexo et ex-amant d’Éva, informé de la venue de Michèle Lombard, se rend sur place, apeuré par un nouveau scandale.
L’industrie pharmaceutique tousse pendant 1h40, atteint par le mal universel du profit à tout prix. Maaïke Jansen, Laurence Pierre et Dany Laurent savent particulièrement regagner notre confiance dans l’humanité et nous réunir par le rire. Espérons qu’elles ont raison…
Signé Carole !
Théâtre Michel, 38 rue des Mathurins, 75008 Paris
Du mercredi au samedi à 21h00
À 16h30 le samedi (16h15 dès le 28 novembre) et à 16h45 le dimanche
Jusqu’au 2 janvier 2016

© Franck Harscouet

© Franck Harscouet

© Franck Harscouet

© Franck Harscouet
Debout, évoluant sur une création musicale de Fabien Kantapareddy… ou assis, le dos tourné aux spectateurs sur un tabouret, attendant de revenir sur le devant de la scène quand leur rôle les y invite… neuf jeunes comédiens plein d’élans s’élancent sur les planches pour nous faire (re)découvrir, à pas rythmés, à voix chantées et clamées, cette comédie de mœurs du XVIIIe siècle : La Commère de Marivaux.
Quelle commère, cette madame Alain ! (Chut ! Il faut dire que Jacob, un beau paysan, lui donne matière à dire et à médire : il n’a pas son pareil pour gagner le cœur de toutes les femmes qu’il croise et leur promettre monts et merveilles si leur amour l’élève à la bourgeoisie.) Pour l’heure, il a décidé de se marier à la très gracieuse mademoiselle Haber, largement son aînée. Nenni ! Le neveu de sa future qui tient bien conserver sa part d’héritage, ne l’entend pas de cette oreille, et fera tout pour débusquer l’imposteur qui s’est forgé une fausse identité. Agathe, la fille même de madame Alain, et la servante se lanceront dans la partie, et sauront rendre la monnaie de sa pièce à ce joli cœur…
Dans une mise en scène originale de Karin Catala et sur une chorégraphie signée Sophie Méary-Sauvage, la Compagnie Enfants de la comédie nous enchante par leur fraîcheur et leur bien belle énergie théâtrale. (Un secret à répéter !)
Avec : Julie Le Lay, Cécile Clemenceau, Raphaëlle Talopp, Kamelia Pariss, Jules Méary, Simon Renou, Barthélemy Guillemard, Bastien Chevrot, Lucas Lecointe.
Signé Carole !
La Folie Théâtre, 6, rue de la Folie-Méricourt • 75011 Paris
Vendredi et samedi à 20h, dimanche à 18h30
Représentations scolaires possibles en semaine
Jusqu’au dimanche 8 novembre 2015
Andalousie. Les années 30. Bernarda Alba (Cécile Brune) revient avec ses cinq filles de la messe : elle vient d’enterrer son second mari. Appuyée sur sa canne, elle apostrophe ses quatre plus jeunes filles – Magdalena (Coraly Zahonero/Anna Cervinka en alternance), 30 ans, Amelia (Claire de La Rüe du Can), 27 ans, Martirio (Jennifer Decker), 24 ans et la cadette Adela (Adeline d’Hermy), 20 ans – et les avertit qu’elles observeront un deuil de huit longues années comme l’exige la tradition. Elles devront aussi se plier aux diktats et aux conventions sociales du milieu auquel elles appartiennent.
Sous le prétexte de les rendre irréprochables – loin du regard masculin –, elle les maintiendra sous son joug, dès lors cloîtrées dans la maison familiale, volets fermés et jeunesse envolée. Un avenir aussi noir que celui des robes qu’elles portent. Seule l’aînée, Angustias (Anne Kessler), la quarantaine, laide, mais fortunée pour avoir hérité de son père, est destinée à Pepe le Romano (Sébastien Pouderoux/Elliot Jenicot en alternance), un jeune homme du village, et est autorisée à le voir dans l’enceinte du domaine. Tel un loup, il entre dans la bergerie.
Privée de liberté, de frustration en frustration, d’oppression en oppression, chaque sœur réagit selon son tempérament. Magdalena, passive, devient fataliste ; Amelia, empathique et révérencieuse, se soumet au nom des principes ; Martirio, aigrie, retourne son agressivité envers ses sœurs, et particulièrement à l’encontre d’Adela, la cadette, dotée d’un tempérament rebelle et qui entretient secrètement une relation avec Pepe le Romano. Mais les murs ont des oreilles : désirs, convoitises, intrigues, jalousies, rancœurs, colères… la situation dégénérera jusqu’au drame.
Bernarda, trop orgueilleuse, rigoriste, sûre de son bon droit, n’ « entendra » rien venir, trop insensible à un entourage sur lequel elle ne cherche qu’à étendre son emprise : la servante (Claude Mathieu), Poncia (Elsa Lepoivre) la gouvernante, Prudencia (Sylvia Bergé) ou Maria Josefa (Florence Viala), sa vieille mère.
La Maison de Bernarda brosse un tableau noir de la condition féminine et des mœurs, dans l’Espagne rurale du début du XXe siècle. La pièce est alors censurée sous Franco. Un texte que Lilo Baur, la metteure en scène, a choisi de porter sur les planches de la Comédie-Française qui lui ouvre ses portes pour la troisième fois (en 2010, Le Mariage de Gogol, en 2012, La Tête des autres de Marcel Aimé).
Une scénographie remarquable d’Andrew D. Edwards qui éveille le désir du spectateur d’en savoir plus par les parois des hautes cloisons de la maison, installées pour la circonstance. Le désespoir fait rage et créée l’enchantement dans la salle quand un orage semble éclater sur scène. Jolie chorégraphie de l’amour, conçue par Claudia de Serpa Soares, sur une musique de Mich Ochowiak. Seul bémol, l’acoustique de la salle : beaucoup de difficultés à entendre certaines répliques.
Signé Carole !
La Comédie-Française, place Colette, 75001 Paris
Jusqu’au 6 janvier 2016

© Brigitte Enguerand

© Brigitte Enguerand

© Brigitte Enguerand

© Brigitte Enguerand
Arc-en-ciel d’émotions où Judith Magre en gris et orange apparaît sur scène aux reflets des spots qui l’éclairent, dans la chambre d’hôpital d’Oscar, un petit garçon atteint d’une leucémie. Entouré de ses amis, Bacon un enfant brûlé, Popcorn qui pèse 98 kg pour 1,10 m, et Einstein doté d’une grosse tête – pour la circonstance tous incarnés en ours en peluche –, Oscar déprime dans ce lieu où ses parents et le docteur Düsseldorf sont trop lâches pour lui annoncer qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre. Il les déteste. Mais c’est sans compter Mamie-Rose (Judith Magre), une bénévole qui visite les enfants, anciennement catcheuse qui a croisé Dieu sur son chemin et lui fera rencontrer ; mais aussi Peggy bleue, à l’âme sensible, au cœur fragile et qui deviendra sa bouffée d’oxygène et sa femme. À dix ans ? Oui car à l’aube du Grand Passage, chaque jour écoulé vaut dix ans. Mamie-Rose lui a expliqué. Pour cela, il doit accomplir le rituel d’écrire à Dieu, lui verser ses larmes et lui adresser ses vœux. Et cela se produit ? Oui ! si on ouvre la porte de son esprit et de son cœur.
De la poésie comme s’il en pleuvait… Au-delà de la maladie, c’est un conte philosophique sur la vie que Judith Magre incarne toute seule sur scène à travers le point de vue et la sensibilité d’un enfant. Difficile de rester à distance (quoi que beaucoup aient pu en penser sur le livre écrit par Éric-Emmanuel Schmitt !) et de ne pas être submergée par l’émotion quand le conte prend racine dans une réalité si douloureuse et que Judith Magre rend la pièce si vérace et émouvante : le théâtre, c’est comme la littérature, c’est comme la vie, c’est pleurer aussi.
Signé Carole !
Théâtre Rive Gauche, 6 rue de la Gaîté 75014 Paris
Du 23 septembre au 1er décembre 2015
Du mardi au samedi à 19h
Le dimanche à 15h
Humour, suspens et rebondissements inattendus… combinaison gagnante pour Jackpot. À bâtons rompus et à qui mieux-mieux, Laetitia Bisch, Victor Le Lorier et Rémi Viallet, nous entraînent dans cette comédie déjantée pendant 1h20. Une pièce très rythmée où les situations rocambolesques s’enchaînent du début jusqu’à la fin sans laisser deviner l’intrigue. Entouré de ses deux acolytes, Rémi Viallet manie le second degré avec beaucoup d’aisance – qu’on se demande s’il n’est pas ainsi dans la vraie vie – et n’hésite pas à se plier en quatre par terre, les mains enfoncées dans des gants de boxe, tentant comme un fou de répondre à son portable… pour vous faire rire – là on l’imagine bien autrement chez lui.
Pas de millions d’euros à gagner pour les spectateurs mais le public est ravi. Une surprise néanmoins à la fin de chaque représentation pour un spectateur tiré au hasard ! Tentez votre chance…
Détente assurée pour les amateurs de bons vaudevilles : on se délasse. Côté décors : simples, ils sont cependant bien adaptés au jeu des comédiens. Côté costume : de l’excentricité qui habille à ravir Laetitia et campe bien son personnage sur scène.
À noter que Rémi Viallet est également metteur en scène et coauteur de la pièce avec Clément Naslin.
Signé Carole !
Théâtre La Boussole, 29 rue de Dunkerque, 75010 Paris
Du 16 septembre 2015 au 17 janvier 2016 – Relâches les 16 octobre, 29 novembre, 11 et 12 décembre.
Du mercredi au samedi à 21h
Dimanche à 18h


La houle ralentit, les vagues déferlent sur le rivage et semblent terminer leur course, quand au bar d’un hôtel, Stéphane (Jean-Pierre Bouvier) et Vincent (Frédéric Nyssen), anciens amants, se retrouvent après des années de séparation. Le personnel de l’hôtel a deserté, il est très tard. L’eau à la bouche… Vincent, jeune, beau, le corps ondulant, insolent, se glisse derrière le comptoir et n’hésite pas à les servir :
-Un Martini blanc ?
Silence. Vincent, un écrivain à la quarantaine bien passée, élégant dans son costume qui cache un corps un peu bedonnant, le scrute.
–Tu te rappelles de cela ?
–Oui, et de deux ou trois autres trucs.
Premiers regards croisés… déjà ivres d’exaltation. Subtilité des corps et des âmes qui se tiennent à distance par pudeur, par peur, par orgueil.
–À quoi buvons-nous ?
Stéphane, enfoncé dans un fauteuil de cuir, à l’autre bout de la pièce, prend la mesure et tente de se rassurer sur l’effet qu’il produit sur Vincent.
Caché derrière le bar qu’il ne décide pas à quitter, Vincent ouvre la danse
–À nos amours, pourquoi pas ?
Le tempo est donné. À la mesure de la passion, ils examineront leur passé, reviendront sur leur rupture, s’essouffleront dans leurs mensonges, balanceront entre provocations, révélations et aveux pour, dans un mouvement, tanguer vers l’amour. Un pas en avant, deux pas en arrière… y parviendront-ils ?
Solidement interprétés par deux comédiens très « justes », ce texte intense et sensible sur la passion, de Philippe Besson, résonne plus vrai que nature. Côté scénographie, de jolies trouvailles avec notamment un astucieux jeu de lumières mettant en relief les monologues intérieurs et donnant une belle intensité à la pièce.
Signé Carole !
31 rue de la Gaîté, 75014 Paris
Du mardi au samedi à 19h
Dimanche à 15h30
Crédit photos : Véronique Vercheval




Bercés par Les Nocturnes de Chopin, deux hommes, alités, le bras perfusé, l’esprit embrumé, se réveillent en salle de réanimation et peinent à échanger. Un médecin ne tarde pas à arriver. Il annonce à chacun que ses jours sont comptés par un cancer des poumons pour l’un, des reins pour l’autre. Après une très courte présentation protocolaire entre eux, Paul Blanchot (Guy Bedos) et Jules Tourtin (Philippe Magnan) décident, dans un même élan instinctif, de s’évader de cette anti-chambre de la mort, ensemble, « n’importe où mais loin ».
Les voitures roulent à grande allure sur la nationale sans s’arrêter au pouce tendu de Blanchot qui – toujours en pyjama et chaussons comme Tourtin – tente de faire du stop. Survient une jeune femme sur le point d’accoucher qui se risque à l’imiter dans l’espoir de se rendre à l’hôpital au plus vite. Se risquer… oui ! car c’est sans compter sur le tempérament râleur et l’humour noir de Blanchot qui n’entend pas se faire doubler. Le bras encore tenu à la perfusion, Tourtin, par nature toujours empreint d’humanité, le reprend et lui réplique sur un ton décalé de tout.
Ce n’est que le début du périple et des péripéties qui les attendent… le hasard les conduira loin sur le chemin de la vie, même s’ils resteront finalement qu’à quelques mètres de l’hôpital.
Une histoire insolite au carrefour de la tendresse et de l’humour, signée Samuel Benchetrit. Guy Bedos occupe la scène par sa prestance, surprend par ses répliques plus touchantes que caustiques quand Philippe Magnan brille par son talent. Audrey Looten, accompagnée sur les planches par Manuel Durand, se distingue également dans les trois rôles qu’elle incarne. À souligner, sur fond de décor minimaliste, l’orchestration de jeux de lumières est particulièrement réussie (scène de l’autoroute…).
Signé Carole !
Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris
Du mardi au samedi à 19h
Matinée le dimanche à 15h
Crédit photos : Laurencine Lot



Dans son atelier qu’on a l’impression de partager, tant la proximité entre la scène et le public est étroite, Camille, assise sur un banc, dans une tenue de coton blanc, chante à tue-tête et bavarde à en perdre haleine tandis qu’elle lace ses bottes et continue de s’apprêter. Debout, ses mains cherchent éperdument le sculpteur Rodin, son amant (imaginé alors sur scène). Elle l’invite à lui prendre sa main.
En costume d’époque, Octave Mirbeau, Henri Asselin, critiques d’art et journalistes et le peintre Eugène Blot (trois rôles interprétés par Frédéric Goetz et Nicolas Pignon) occupent le fond de la scène, attablés et affairés à lire leurs correspondances. Ils n’ont de cesse de porter, à la lumière d’une bougie, Camille et son œuvre pour que l’éternité ne les oublie pas. Qu’ils se rassurent, Christine Farré (Camille et metteur en scène de la pièce) l’incarne avec une telle vitalité qu’elle semble être là, devant nous. Agenouillée sur le sol, habitée par une force impérieuse et impénétrable, elle creuse, triture, étire, modèle la terre sous ses mains passionnées qui donnent forme à la vie, aux Causeuses… Un talent qui rencontrera bien des déboires à s’exprimer longtemps dans l’ombre de Rodin, prisonnière d’un siècle machiste qui ne l’attendait pas : l’État français ne lui passera aucune commande, elle s’empêtrera dans des difficultés financières. Christine Farré prête sa sensibilité mais aussi son corps à Camille et n’hésite pas à se frotter le visage, son torse, ses bras d’argile pour mieux s’imprégner de l’artiste… D’une voie tourmentée, agitée, emballée, aux confins de l’exaltation de la passion, elle hurle sa souffrance, ses blessures face à ce monde plus enclin aux honneurs et à l’argent qu’à la quête d’un absolu.
Dans une fureur dévastatrice, elle détruira ses statues sous la stupéfaction de Mirbeau et Blot, impuissants à la consoler, et se clôturera dans son atelier avec ses chats. Une lente descente dans la dépression et la paranoïa la conduira à être internée dans un asile psychiatrique pendant trente ans. Délaissée des siens, elle attendra les lettres de son frère Paul et en vain de pouvoir sortir.
Un hommage appuyé à Camille Claudel que Christine Farré sculpte en chair et en os avec une profondeur de sentiment et cisèle avec une vigueur d’expression. Comme le prédisait Eugène Blot, « Le temps a remis tout en place ». En témoigne ce spectacle.
Signé Carole !
À LA FOLIE THÉÂTRE, 6 rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris
Jusqu’au 28 novembre 2015
les vendredis et samedis à 19h30