LA MAISON DE BERNARDA ALBA – LA COMÉDIE-FRANÇAISE

bernardaAndalousie. Les années 30. Bernarda Alba (Cécile Brune) revient avec ses cinq filles de la messe : elle vient d’enterrer son second mari. Appuyée sur sa canne, elle apostrophe ses quatre plus jeunes filles – Magdalena (Coraly Zahonero/Anna Cervinka en alternance), 30 ans, Amelia (Claire de La Rüe du Can), 27 ans, Martirio (Jennifer Decker), 24 ans et la cadette Adela (Adeline d’Hermy), 20 ans – et les avertit qu’elles observeront un deuil de huit longues années comme l’exige la tradition. Elles devront aussi se plier aux diktats et aux conventions sociales du milieu auquel elles appartiennent.
Sous le prétexte de les rendre irréprochables – loin du regard masculin –, elle les maintiendra sous son joug, dès lors cloîtrées dans la maison familiale, volets fermés et jeunesse envolée. Un avenir aussi noir que celui des robes qu’elles portent. Seule l’aînée, Angustias (Anne Kessler), la quarantaine, laide, mais fortunée pour avoir hérité de son père, est destinée à Pepe le Romano (Sébastien Pouderoux/Elliot Jenicot en alternance), un jeune homme du village, et est autorisée à le voir dans l’enceinte du domaine. Tel un loup, il entre dans la bergerie.

Privée de liberté, de frustration en frustration, d’oppression en oppression, chaque sœur réagit selon son tempérament. Magdalena, passive, devient fataliste ; Amelia, empathique et révérencieuse, se soumet au nom des principes ; Martirio, aigrie, retourne son agressivité envers ses sœurs, et particulièrement à l’encontre d’Adela, la cadette, dotée d’un tempérament rebelle et qui entretient secrètement une relation avec Pepe le Romano. Mais les murs ont des oreilles : désirs, convoitises, intrigues, jalousies, rancœurs, colères… la situation dégénérera jusqu’au drame.

Bernarda, trop orgueilleuse, rigoriste, sûre de son bon droit, n’ « entendra » rien venir, trop insensible à un entourage sur lequel elle ne cherche qu’à étendre son emprise : la servante (Claude Mathieu), Poncia (Elsa Lepoivre) la gouvernante, Prudencia (Sylvia Bergé) ou Maria Josefa (Florence Viala), sa vieille mère.

La Maison de Bernarda brosse un tableau noir de la condition féminine et des mœurs, dans l’Espagne rurale du début du XXe siècle. La pièce est alors censurée sous Franco. Un texte que Lilo Baur, la metteure en scène, a choisi de porter sur les planches de la Comédie-Française qui lui ouvre ses portes pour la troisième fois (en 2010, Le Mariage de Gogol, en 2012, La Tête des autres de Marcel Aimé).

Une scénographie remarquable d’Andrew D. Edwards qui éveille le désir du spectateur d’en savoir plus par les parois des hautes cloisons de la maison, installées pour la circonstance. Le désespoir fait rage et créée l’enchantement dans la salle quand un orage semble éclater sur scène. Jolie chorégraphie de l’amour, conçue par Claudia de Serpa Soares, sur une musique de Mich Ochowiak. Seul bémol, l’acoustique de la salle : beaucoup de difficultés à entendre certaines répliques.

 Signé Carole !

LA MAISON DE BERNADA ALBA

La Comédie-Française, place Colette, 75001 Paris

Jusqu’au 6 janvier 2016

© Brigitte Enguerand

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