CHUTE – EN TOURNÉE

chute-2♥♥♥ La petite trentaine, sourire aux lèvres, jean large, pieds nus, les deux acrobates Matthieu Gary et Sidney Pin, issus du collectif Porte 27, vous accueillent en mode résolument décontracté dans la petite salle du Montfort Théâtre. Au centre des gradins de bois, un grand « ring » noir rectangulaire de 6 m sur 4, espace de jeu et de réflexions du spectacle CHUTE, créé en mars 2016 par ce collectif, basé en Champagne-Ardennes, qui réunit de jeunes artistes circassiens autour d’un désir commun, celui de mettre la rencontre au cœur de toute proposition artistique.

CHUTE, c’est la performance visuelle et l’atelier de réflexion de deux acrobates/penseurs cherchant à démontrer et questionner le mouvement de la chute. Qui est l’acrobate ? Qu’à t-il à nous apprendre ? Quel rapport entretient-il avec la gravité ? Quel est son désir d’envol ou sa peur du vide ? Pour y répondre, un spectacle détonnant, singulier et (très !) attachant alternant acrobaties terriennes spectaculaires et conférences participatives sur toutes les dimensions du sujet (philosophique, physique, poétique,…). Se voir, se parler, s’entendre, Matthieu Gary et Sidney Pin, au-delà de leurs performances physiques, privilégient le contact direct au public et offrent un spectacle particulièrement original, débordant d’énergie et très impactant visuellement. Un cirque de proximité frais, décomplexé et intelligent. Allez les découvrir, le spectacle tourne partout en France. 

Signé Elisabeth

CHUTE 

Toutes les dates de la tournée 2016/2017 ici

Durée : 52 minutes

Crédit photos : Vasil Tasevski

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CONVERSATIONS AVEC MA MÈRE – THÉÂTRE DE LA PÉPINIÈRE

conversations-amm-affiche♥♥♥♥ Après « M’man » semaine dernière, je continue d’explorer la thématique mère-fils sur scène. Cette fois-ci, exit les crêpages de chignon, les cigarettes fumées nerveusement par une mère à bout,  les coups de gueule d’un fils en quête d’amour. Juste l’histoire tendre et très touchante d’un grand fils de 50 ans et de sa maman de 82 ans. 

« Conversations avec ma mère », adapté d’un film argentin de Santiago Carlos Oves, nous plonge dans l’Espagne secouée par la crise économique des années 2010. Jaime, 50 ans, vient de perdre son emploi et demande à sa mère, veuve et âgée, de quitter l’appartement qu’elle occupe afin qu’il le vende. Mais Mamà s’y refuse et passée la première confrontation, Jaime se confie : son licenciement, son mariage au bord de la rupture, ses enfants qui ne lui parlent plus…Face aux doutes, Mamà offre à son fils une  philosophie de vie simple et profonde (sous l’influence de son fiancé argentin Gregorio, recueilli dans la rue) et saura lui faire la plus belle des déclarations d’amour, même dans les situations les plus inattendues…. 

Je pourrais aligner quelques compliments (mérités) qui font généralement un beau moment de théâtre : un texte juste et « piquant », une mise en scène soignée quoique minimaliste signée Pietro Pizzuti, des effets sonores et visuels bien vus. Mais je voudrais surtout rendre hommage à une grande dame du théâtre : Jacqueline Bir qui offre une composition exceptionnelle du premier au dernier mot. Tour à tour drôle, incisive, bouleversante, elle « est » le personnage avec ce qu’il faut de force, de présence, de drôlerie, d’émotion. On boit ses paroles…Quel talent !  Face à elle, Alain Leempoel campe un Jaime tout en finesse, sans jamais tomber dans le pathos.

Magnifique portrait d’un amour mère/fils, huis-clos tendre, intime, superbement interprété, « Conversations avec ma mère » est aussi élégant que les quelques pas de tango que Jacqueline Bir/Alain Leempoel ont le plaisir d’esquisser. A découvrir et applaudir.

Signé Elisabeth 

CONVERSATIONS AVEC MA MÈRE

Théâtre de la Pépinière, 7 rue Louis Le Grand, 75002 Paris

Du mercredi au samedi à 19h et les dimanches à 15h

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M’MAN – THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN

vz-475b2f69-0923-45ba-9235-f4372930a08f♥♥♥ Famille quand tu nous tiens ! Les relations parents-enfants ont toujours inspiré les auteurs dramatiques et Fabrice Melquiot n’échappe pas à la règle pour sa pièce « M’man » que j’imagine largement autobiographique, actuellement à l’affiche du Petit Saint-Martin.

La pièce nous plonge dans un petit appartement modeste de Modane, à la frontière italienne. Ce soir-là, Brunella fête les 30 ans de son fils Gaby, célibataire, sans emploi et vivant toujours chez « M’man ». Pas de père, on devine qu’une rupture difficile et qu’un mari volage ont laissé des traces. Sur 10 ans, en 5 tableaux, la mère et le fils vont se défier, se raconter, se combattre, se réconcilier à travers une histoire d’amour fusionnelle à la fois tendre, cocasse, cruelle, et finalement indestructible. Jusqu’à s’avouer un lourd secret. 

Si la pièce démarre « mollement » et de manière un peu convenue à mon goût, « M’man » est une belle comédie douce-amère qui gagne progressivement en densité et en profondeur, au fil des tableaux. Côté interprétation, un sans faute ! Mention spéciale à Cristiana Reali, extrêmement convaincante dans la peau de cette femme lunaire, instable, paumée et terriblement attachante. D’une grande précision dans chacune de ses intentions, elle offre de formidables moments d’émotion. A ses côtés, Robin Causse (outre sa belle voix d’italian lover!) ne manque ni de charme ni de talent et tire son épingle du jeu, notamment dans les scènes de vraie confrontation. A noter, un astucieux décor tournant permet de faire défiler les années et les univers tout en fluidité. Une réussite ! 

Signé Elisabeth

M’MAN

Théâtre du Petit Saint-Martin, 10 rue René Boulanger, 75010 Paris (métro Strasbourg Saint Denis)

Du mardi au samedi à 19h ou 21h en alternance |  Samedi à 17h en alternance

Placement libre

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FABRICE LUCHINI ET MOI – THÉÂTRE DE L’ARCHIPEL

6f98fdeb2e78994a92d54d01ac5142f0♥♥♥♥ Les jolies pièces se ramassent à la pelle en cette rentrée automnale ! Après le flamboyant LE CID semaine dernière au théâtre du Ranelagh, place à un « seul en scène » intimiste et attachant, prix du public au Festival d’Avignon OFF en 2015, qui bénéficie d’un très bon bouche à oreille depuis sa création en 2013.

Cette pièce, c’est l’histoire de la rencontre improbable entre Olivier, jeune apprenti comédien, rêvant de gloire, mais paresseux, inculte, et accessoirement uniquement obsédé par le sexe, et son idole le comédien Fabrice Luchini. De cette rencontre naîtront trois leçons de théâtre qui, au-delà, de révéler le talent du jeune homme, lui offriront une nouvelle lecture de son existence.

Empruntant à la verve et la posture toutes « luchiniennes », Olivier Sauton, qui s’est inspiré en partie de sa vie pour écrire ce texte, nous offre un spectacle extrêmement attachant, tout à la fois empreint de réflexions sur la difficulté de devenir acteur (les vertus de l’humilité, la nécessité du travail, l’amour des grands textes,…), d’humour (la répétition de « La Cigale et la Fourmi ») et d’émotions sur son parcours de vie. Au-delà du sujet et d’une grande aisance dans l’exercice du dédoublement, soulignons une vraie performance d’imitation ! Sans jamais tomber dans la caricature, le comédien compose un Fabrice Luchini plus vrai que nature, tout en subtilité et en finesse.  Dommage peut-être de n’avoir pas fait ce travail précis de composition sur son propre personnage d’Olivier, parfois un peu caricatural.

Un excellent moment dans tous les cas et une pièce qui devrait continuer à trouver son public ! A conseiller notamment à toutes celles et ceux qui ont envie de devenir comédien…Il n’y a pas meilleur professeur que Fabrice Luchini. D’ailleurs, au-delà de son activité de comédien, Olivier Sauton est également professeur de théâtre. Si vous cherchez un cours, renseignez-vous ! http://www.courssauton.com/

Signé Elisabeth 

 

FABRICE LUCHINI ET MOI

Théâtre de l’Archipel, 17 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris

Jusqu’au 31 décembre 2016

Mercredi, jeudi et vendredi à 21h, le samedi à 17h et 21h

 

LE CID – THÉÂTRE DU RANELAGH

le-cid♥♥♥♥ Une pluie de louanges pour un magnifique moment de théâtre ! Fidèle à la qualité de ses précédents spectacles, la compagnie Le Grenier de Babouchka, sous la houlette du metteur en scène Jean-Philippe Daguerre, offre une superbe adaptation du Cid, actuellement à l’affiche du théâtre du Ranelagh.

Faisant fi du mythe littéraire, le metteur en scène parvient, grâce à un mise en scène rigoureuse (non sans s’interdire quelques impertinences !) et à une très bonne direction d’acteurs, à nous faire ré-entendre les vers célébrissimes de Corneille et nous rendre ce chef d’œuvre du répertoire proche, accessible, presque intime. Sur le plateau, rien que du très bon, à commencer par les comédiens, tous unanimement excellents, complètement engagés, généreux, ardents, maniant l’alexandrin avec une parfaite aisance (mention spéciale à Stéphane Dauch/Don Gomès, Yves Roux/Don Diègue et Charlotte Matzneff très convaincante dans le rôle de l’Infante). Toute la troupe, également bien mise en valeur par un élégant jeu de lumières et de beaux costumes sang et or signés Virginie Houdinière, s’exprime pleinement dans une mise en scène pure, virevoltante, énergique, mêlant combats de capes et d’épée et intermèdes musicaux « hispanisants » interprétés sur scène par Petr Ruzicka (violon, alto, cajon) et Antonio Matias (guitare, accordéon, cajon).

C’est dense, fougueux, esthétique, en un mot, du bel ouvrage ! Même si vous n’êtes pas « versé » pièce du répertoire, vous succomberez au charme et à l’élégance de cette mise en scène. Du théâtre avec un grand T à applaudir…doublement d’ailleurs, car  la troupe reprend  son superbe Cyrano de Bergerac  à partir du 20 octobre au même théâtre du Ranelagh. Faites le plein de classiques en ce début d’automne !

Signé Elisabeth 

LE CID

Théâtre du Ranelagh, 5 rue des Vignes, 75016 Paris (Métro La Muette, Passy)

Du mercredi au samedi à 20h45, les dimanches à 17h

Les samedis 17, 24 septembre et 1er octobre à 16h30 puis les samedis à 15h à partir du 8 octobre

Relâches les 7 octobre, 2, 24 et 25 décembre, 1er janvier 2017

Durée : 1h40

Crédit photos : Jérémy Circus

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LA VERSION BROWNING – THÉÂTRE DE POCHE-MONTPARNASSE

AFF-BROWNING1-200x300♥♥♥♥ Le Poche-Montparnasse inaugure sa saison avec « La version Browning » du dramaturge anglais Terence Rattigan, célèbre pour ses comédies de mœurs. La pièce nous plonge à la fin des années 1940 dans l’atmosphère confinée et rigide des public schools britanniques. Ce soir de juillet, le jeune Taplow a rendez-vous avec son professeur de lettres classiques, le respecté Andrew Crocker-Lewis, pour un ultime cours de rattrapage qui devra lui permettre de passer dans la classe supérieure. Mais ce soir-là marque également la fin de la carrière de Crocker-Lewis , affaibli et malade, contraint de quitter son poste par la petite porte après 18 années d’ancienneté. Le salon du professeur devient alors le réceptacle de tous les rapports de force, luttes de pouvoir et désillusions personnelles d’un homme à l’orée de sa chute. 

 Patrice Kerbrat signe une mise en scène tout en sobriété qui s’appuie sur une direction d’acteurs d’une remarquable précision. Jean-Pierre Bouvier (vu notamment dans Un Tango en bord de mer) offre une interprétation magistrale dans ce rôle de vieux professeur, humilié, accablé, trahi mais digne et combatif. C’est de la dentelle ! Un superbe rôle taillé sur mesure pour cet immense comédien qui devrait le propulser dans la course aux Molières. Le reste de la distribution offre également une prestation de haut vol. Citons Marie Bunel, parfaite dans son rôle d’épouse infidèle et frustrée ou Benjamin Boyer, très convaincant dans la peau de l’ambigu Franck Hunter. Un casting 5 étoiles qui compense, seul regret, le morne décor. Au final un petit bijou qui devrait rencontrer un beau succès, dans la lignée de The Servant

Signé Elisabeth

LA VERSION BROWNING

Théâtre de Poche-Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris (métro Montparnasse)

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h

Relâches exceptionnelles les 5 et 15 novembre

Durée : 1h25

Crédit photos : Pascal GELY

LA VERSION BROWNING

LA VERSION BROWNING

LE MEC DE LA TOMBE D’À CÔTÉ – THÉÂTRE DES FEUX DE LA RAMPE

vz-ae29530c-0ff2-4734-9a8a-b66afb40c5d7Trois petites semaines « off » et c’est déjà le retour. Heureuse de vous retrouver en cette presque-rentrée. J’inaugure cette nouvelle saison avec  la pièce « Le Mec de la Tombe d’à côté », vue semaine dernière au théâtre Les Feux de la Rampe. Adapté du best-seller suédois de Katarina Mazetti publié en 1999, la pièce raconte l’histoire de deux âmes en peine, voisins de cimetière. Elle, Daphné, 39 ans, bibliothécaire intello, fan de Lacan et de Schopenhauer, vit dans un appartement tout en blanc et mange bio. Elle vient se recueillir sur la tombe de son mari décédé et fait la connaissance de Jean, 45 ans, agriculteur célibataire et solitaire, fan de courses de tracteurs et de Mickey Magazine, qui vient fleurir la tombe de sa mère. Drôle de rencontre dans un drôle d’endroit. Évidemment, rien ne prédestinait ces deux-là à se rencontrer encore moins à s’aimer mais ces deux solitudes vont s’unir pour vivre une réelle histoire d’amour atypique et singulière. 

Dans l’esprit des Vaisseaux du cœur vu il y a deux ans au théâtre du petit Montparnasse, « Le mec de la tombe d’à côté » est une pièce attachante, joliment écrite et interprétée par un couple de comédiens qu’on sent aussi complice à la ville qu’à la scène Florence Hebbelynck et Stéphane Fievet. Mention particulière pour le comédien, parfaitement à l’aise dans son rôle d’agriculteur rustique au grand cœur qui offre une très belle prestation ! Côté scénographie, c’est hélas un peu moins convaincant. Le plateau « obstrué » en son centre par un grand socle rectangulaire gris fige quelque peu la mise en scène et la dynamique des mouvements. J’ai regretté également le manque d’habillage (aucun accompagnement musical, peu de jeux de lumière,…) qui m’aurait permise d’être davantage touchée par la pièce. L’ensemble reste cependant plaisant et si vous aimez les histoires d’amour contrariées et improbables, allez découvrir ce spectacle qui joue les prolongations cet été, après avoir obtenu un joli succès la saison dernière. 

Bonne rentrée !

Signé Elisabeth

LE MEC DE LA TOMBE D’À CÔTÉ

Théâtre des Feux de la Rampe, 34 rue Richer, 75009 Paris

Du mercredi au samedi à 21h30 jusqu’au 27 août 2016

Durée : 1h30

Crédit photos : Xavier Cantat

 

SMASHED – GANDINI JUGGLING – CENTRE CULTUREL IRLANDAIS

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Le spectacle estival qui donne furieusement envie de s’essayer au jonglage ….   A la manœuvre, Gandini Juggling, une compagnie anglaise, fondée à Londres par un italo-irlandais et une finlandaise, qui a posé ses valises à Paris le temps d’une dizaine de représentations pour le (toujours) formidable festival Paris Quartier d’Eté. Vendredi dernier, dans la jolie cour pavée du Centre Culturel Irlandais (Paris 5eme),  alors que les artistes se font légèrement attendre et qu’on entend les merles se chamailler dans les chênes, on jette un œil curieux au décor : 9 chaises encadrées de part et d’autre par des cageots de vaisselle blanche « so teatime » et des rangées de pommes sagement alignées…Nos 9 jongleurs (7 hommes et 2 femmes) font leur entrée sur scène. Look  aux antipodes des standards circassiens plutôt version costume, cravate tous droits sortis des années 50 ! Ce soir, la compagnie présente le décalé SMASHED (comprenez « Fracassé ») soit une série de tableaux dans lesquels nos 9 jongleurs vont explorer les thèmes éternels : les rapports homme/femme, la jalousie, la séduction, le pouvoir, la solitude,….avec pour unique article de jeu : des pommes et de la vaisselle. L’entrée en matière est plutôt sage mais le spectacle évolue vers des tableaux de plus en plus déstructurés et explosifs, jusqu’à un final complètement déjanté où nos protagonistes auront le plaisir jubilatoire de tout « envoyer valser »

Dans SMASHED, il n’est surtout pas question de performance, même si nos jongleurs maîtrisent parfaitement leur art et pratiquement leur gamme avec un flegme et une décontraction toute britannique, mais bien de poésie, de facétie et d’humour ! Conçu en 2009, juste après la disparition de la chorégraphe et danseuse allemande Pina Bausch, auquel le spectacle est dédié, SMASHED ne devait être présenté qu’une dizaine de dates mais face à l’enthousiasme du public, il n’a jamais cessé de tourner.  Ultra frais et attachant …et indiscrétion, amateurs de vaisselle anglaise, précipitez-vous, vous serez gâté à la fin du spectacle !

SMASHED

Découvrez les dates de tournée en France et à travers toute l’Europe ICI

Signé Elisabeth

« Paris Quartier d’été » jusqu’au 7 août 2016 : découvrez la programmation

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Gandini Juggling 2013

Gandini Juggling 2013

DERNIER COUP DE CISEAUX – THÉÂTRE DES MATHURINS

vz-a2b5d30a-5c83-477d-99ce-3bd071c1b82fDes chiffres à donner le tournis à n’importe quel producteur de théâtre: 30 ans de succès, 9 millions de spectateurs à travers le monde, 6eme saison en France, 400 000 spectateurs dans l’hexagone…et le Molière de la meilleure comédie remporté en 2014. Bref, vous l’aurez compris : « Dernier coup de ciseaux » est une valeur sûre si vous aimez les pièces réjouissantes …et très interactives ! Il faut dire que le concept, né aux Etats-Unis en 1978, et adapté en France par la compagnie Sébastien Azzopardi (Mission Florimont, le Tour du Monde en 80 jours) ne manque pas de sel… Plantons le décor : un salon de coiffure parisien et son lot de personnages haut en couleurs (le coiffeur gay, la shampouineuse sexy, la cliente bourgeoise, l’homme d’affaires pressé) bat son plein lorsqu’un meurtre est commis dans l’immeuble….Et nos protagonistes, tous présents au moment des faits, deviennent des suspects numéro 1 face à l’inspecteur de police (Olivier Solivérès) qui espère bien dénouer l’intrigue….

Mais pour ce faire, il saura composer avec un atout de poids : le public ! Dans la 2eme partie du spectacle, tous les spectateurs deviennent ainsi parties prenantes de l’enquête et sont mis à contribution pour démasquer l’assassin à travers un jeu de questions/réponses directement posé aux comédiens…qui s’avèrent de brillants improvisateurs pour se sortir de situations/questions pour le moins …embarrassantes ! Evidemment, à chaque soir, son public, et à chaque public, ses questions, vous ne verrez jamais deux fois la même pièce, jusqu’au dénouement final …astucieux. Mais chutt ! Nous n’en dirons pas plus…pour laisser l’effet de surprise…et le charme de cette très sympathique pièce agir…  Beaucoup de talent et de générosité. Un pur divertissement à l’affiche jusqu’à la fin de l’année ! Allez-y, rien que pour le talent et le charisme de l’excellent inspecteur/maître de cérémonie Olivier Solivérès. 

Signé Elisabeth

DERNIER COUP DE CISEAUX

Théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris 

Jusqu’au 23 décembre 2016

Du lundi au vendredi à 21h, les samedis à 16h et 21h 

 

Carte postale d’Avignon – 16 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesNotre séjour avignonnais touche à sa fin. Nos derniers applaudissements ont résonné hier soir à l’Espace Roseau pour la pièce « Le Nazi et le Barbier », un récit écrit par l’auteur allemand Edgar Hilsenrath entre tragédie et farce qui conte l’histoire d’amitié d’un allemand Max Schulz et d’un jeune juif et fils de barbier Itzig Finkelstein. Une amitié vite balayée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Max Schulz deviendra un SS « consciencieux » qui comptera des milliers de juifs parmi ses victimes, dont Itzig et sa famille. Mais, pour échapper à la dénazification, il usurpera l’identité de son ami d’enfance et deviendra juif aux yeux de tous, jusqu’à s’embarquer pour la Palestine à la fin de la guerre et vivre pleinement l’aventure du sionisme et la création de l’Etat d’Israël en 1948. Il deviendra un citoyen respecté. Seul  le fardeau de sa culpabilité le poursuivra jusqu’à sa mort. Les critiques étaient dithyrambiques sur cette pièce mais rien n’y a fait, je n’ai pas adhéré ! Monté à la manière d’un stand-up par Tatiana Werner avec pour seul décor un siège de barbier et quelques lettres de néon « l’homme du monde », le comédien David Nathanson, déjà vu dans « D’autres vies que la mienne » endosse tous les rôles, passant sans cesse du rôle de victime à celui de bourreau. Le texte est abrupt, violent, féroce, provocateur et souvent très cru. On aime ou …pas ! Même si la pièce a le mérite d’offrir un éclairage moins académique sur le thème du génocide juif de la seconde guerre mondiale.

LE NAZI ET LE BARBIER | Tous les jours 19h05 à l’Espace ROSEAU, 47 rue des Teinturiers, Avignon.

Je boucle ma valise et je repars à Paris dans l’après-midi. Merci d’avoir suivi le blog et nos chroniques. Nous avons fait le plein de bonnes vibrations pendant ces quatre jours. Et promis chère Avignon, nous reviendrons.

Signé Elisabeth

 

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