Carte postale d’Avignon – 16 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesNotre séjour avignonnais touche à sa fin. Nos derniers applaudissements ont résonné hier soir à l’Espace Roseau pour la pièce « Le Nazi et le Barbier », un récit écrit par l’auteur allemand Edgar Hilsenrath entre tragédie et farce qui conte l’histoire d’amitié d’un allemand Max Schulz et d’un jeune juif et fils de barbier Itzig Finkelstein. Une amitié vite balayée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Max Schulz deviendra un SS « consciencieux » qui comptera des milliers de juifs parmi ses victimes, dont Itzig et sa famille. Mais, pour échapper à la dénazification, il usurpera l’identité de son ami d’enfance et deviendra juif aux yeux de tous, jusqu’à s’embarquer pour la Palestine à la fin de la guerre et vivre pleinement l’aventure du sionisme et la création de l’Etat d’Israël en 1948. Il deviendra un citoyen respecté. Seul  le fardeau de sa culpabilité le poursuivra jusqu’à sa mort. Les critiques étaient dithyrambiques sur cette pièce mais rien n’y a fait, je n’ai pas adhéré ! Monté à la manière d’un stand-up par Tatiana Werner avec pour seul décor un siège de barbier et quelques lettres de néon « l’homme du monde », le comédien David Nathanson, déjà vu dans « D’autres vies que la mienne » endosse tous les rôles, passant sans cesse du rôle de victime à celui de bourreau. Le texte est abrupt, violent, féroce, provocateur et souvent très cru. On aime ou …pas ! Même si la pièce a le mérite d’offrir un éclairage moins académique sur le thème du génocide juif de la seconde guerre mondiale.

LE NAZI ET LE BARBIER | Tous les jours 19h05 à l’Espace ROSEAU, 47 rue des Teinturiers, Avignon.

Je boucle ma valise et je repars à Paris dans l’après-midi. Merci d’avoir suivi le blog et nos chroniques. Nous avons fait le plein de bonnes vibrations pendant ces quatre jours. Et promis chère Avignon, nous reviendrons.

Signé Elisabeth

 

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D’AUTRES VIES QUE LA MIENNE – MANUFACTURE DES ABBESSES

D'autres vies que la mienneInstallé dans une vie confortable, l’écrivain Emmanuel Carrère, par le hasard du destin, sera cependant témoin à la même période de deux drames : une petite fille de quatre ans emportée par un tsunami au Sri Lanka, et l’agonie de Juliette sa belle-sœur, atteinte d’un cancer, qui laissera derrière elle Patrice et leurs trois enfants. La mort d’un enfant pour ses parents et celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari bouleverseront Emmanuel C. jusqu’à métamorphoser son regard sur le monde et son couple qui se délite alors. Une empathie nouvelle pour l’Autre qui décidera Emmanuel C. à continuer à lui donner souffle de vie sous sa plume avec son roman autobiographique « D’autres vies que la mienne ».

Deux histoires véridiques que le comédien, David Nathanson, a choisi de porter sur les planches à travers les yeux d’Emmanuel Carrère.

D’une voix cuivrée, métallique, David Nathanson nous fait vivre ces événements et nous transporte d’abord sur la côte asiatique, en plein séisme, au milieu des vagues déferlantes où la fillette se noie sans qu’Emmanuel puisse la sauver. On côtoie le désespoir des parents. De retour à Paris, le sort frappe à nouveau… À l’enterrement de Juliette, on fait la connaissance de Patrice, son mari, mais aussi d’Étienne, juge, collègue et ami de celle-ci, qui raconte comment à travers le temps s’est nouée entre eux une amitié tissée sur une sensibilité commune – tous deux atteints d’un handicap physique – et sur des valeurs partagées.

Sur un ton factuel qui rend l’émotion plus intense, David Nathanson nous donnera tous les détails de ces deux récits et nous révélera le combat de Juliette et d’Étienne pour défendre les plus démunis en proie à la Justice.

Quand la mort arrache la vie autour de soi… C’est aussi une prise de conscience de son propre bonheur quand le destin nous a préservés. « Pourvu que ça dure ! », conclut David Nathanson à la fin du spectacle, toujours glissé dans la peau d’Emmanuel Carrère qui mesure sa chance.

Une jolie énergie, un jeu d’acteur et un ton justes pour David Nathanson qui nous solidarise à la vie des autres. Sur le plan scénographique, certains jeux de lumière et effets (mots clés projetés sur écran) sont par moments superfétatoires quand la seule présence de David Nathanson suffit à occuper la scène.

Signé Carole !

D’AUTRES VIES QUE LA MIENNE 

Manufacture des Abbesses, 7, rue Véron, 75018 Paris
Lundi, mardi et mercredi à 21h. Dimanche à 20h
Jusqu’au 24 juin 2015

Crédit Annabelle Jouchoux

Crédit Annabelle Jouchoux

Crédit Annabelle Jouchoux

Crédit Annabelle Jouchoux