♥♥♥♥ Après la réjouissante farce théâtrale et musicale Ah ! Félix (n’est pas le bon titre), quel plaisir de retrouver l’univers déjanté de Sonia Bester ! Cette fois, le propos est plus sérieux puisqu’elle nous parle de douleur, d’une douleur qu’elle a vécue dans son propre corps. Mais à sa manière si singulière, poétique et décalée.
Lire la suiteArchives de Catégorie: Le billet de Véronique
FESTIVAL OFF AVIGNON 2023 – LES FOUS ALLIÉS – LE PETIT LOUVRE (vu au THÉÂTRE DU MARAIS)

♥♥♥♥ À travers un duo qui incarne tour à tour deux amis, deux amants (de sexe opposé ou du même sexe), deux associés, un patient et son médecin… Vincent Cordier (à la fois auteur et comédien) épingle les mille et une mesquineries, tromperies et autres petites hypocrisies qui rongent insidieusement les relations humaines et qui finissent par déboucher sur de grands drames. Pour autant, si l’on pleure, c’est plutôt de rire, car le propos est délivré (heureusement) avec un grand sens du burlesque.
Lire la suiteL’AMANT – THÉÂTRE DE L’ATELIER

♥♥ Sur le papier, le sujet était séduisant : un couple bourgeois comme les autres qui met en scène ses fantasmes pour entretenir le désir dans sa vie quotidienne. Ainsi, Sarah, l’épouse, reçoit-elle certaines après-midi chez elle un homme qui est son amant et en même temps… son mari, Richard. Chacun joue donc un double rôle et semble y trouver son compte.
Pour porter un tel sujet, écrit par Pinter, le maître de l’ambiguïté, il eût fallu de grands acteurs portés par une mise en scène au cordeau.
Lire la suiteFESTIVAL OFF AVIGNON 2023 – CAMUS-CASARÈS, UNE GÉOGRAPHIE AMOUREUSE (vu à LA SCALA PARIS)

♥♥♥ Quel joli titre pour une pièce mettant en scène la correspondance amoureuse de deux monstres sacrés ! Les lettres (environ 865) écrites par l’écrivain Albert Camus et l’actrice Maria Casarès, au cours de douze années (de 1944 à 1959), dessinent en effet une géographie intime qui suit l’évolution de leurs sentiments et leurs déplacements au gré de leur activité professionnelle : conférences pour l’un, représentations théâtrales pour l’autre.
Albert Camus et Maria Casarès se sont rencontrés en 1944 à Paris. Ils se sont séparés lorsque l’épouse de Camus est revenue d’Algérie, se sont retrouvés en 1948 et ont continué à s’aimer follement malgré des carrières prenantes et la vie familiale de Camus. La mort accidentelle de celui-ci mettra fin brutalement à leur liaison.
Lire la suiteLA COLLECTION – THÉÂTRE DE L’ATELIER

♥♥♥ Que s’est-il passé cette nuit-là dans cet hôtel de Leeds, où se trouvaient au même moment Stella, styliste, la femme de James, et Bill, créateur de mode à la mode, par ailleurs compagnon de Harry ? Qui dit la vérité dans cette histoire de présumé adultère dans un milieu très « hype » ? Stella qui a avoué à son mari l’avoir trompé une nuit avec Bill ? Celui-ci, qui prétend la même chose, puis revient sur sa version pour affirmer qu’il a juste embrassé Stella, puis, finalement, qu’il n’y a eu qu’un bavardage entre eux ?
Lire la suiteYÉ ! (L’EAU) – LA SCALA PARIS

♥♥♥♥ C’est une histoire d’eau menée tambour battant par une jeune troupe guinéenne, bourrée de talent et dotée d’une énergie contagieuse (finaliste de « La France a un incroyable talent », en décembre 2022). Pendant une heure, les treize acrobates et danseurs (dont deux femmes) de Circus Baobab vont nous la conter avec toute l’expressivité de leurs corps.
Lire la suiteDANSE MACABRE – THÉÂTRE DU SOLEIL

♥♥♥♥ Je les avais découvertes dans le magnifique Antigone de Lucie Berelowitch – en russe et en ukrainien – où les Dakh Daughters incarnaient un chœur tragique d’une puissance sidérante. À la fois comédiennes, musiciennes et chanteuses, reconnaissables entre toutes avec leur look néogothique, les six artistes de cette compagnie créée à Kiev par Vlad Troitskyi (une septième est restée en Ukraine) mettent cette fois leurs talents au service d’un spectacle intense, oscillant entre révolte et émotion. Danse macabre est un cri de résistance contre l’invasion russe – mais un cri qui réussit à faire émerger la poésie du chaos.
D’emblée, l’esthétique visuelle frappe par sa force évocatrice. Grâce à une scénographie inspirée, les valises de ceux et celles qui fuient se transforment selon les besoins en immeubles avec leurs fenêtres éclairées, en abris précaires ou encore en autels. Les subtils jeux de lumière accentuent cette ambiance apocalyptique, au milieu de laquelle les artistes courent sous le fracas des obus, s’écroulent, se relèvent, dans une danse sans fin. L’atmosphère sombre nous plonge au cœur de la guerre en Ukraine, à travers la musique, mais aussi des textes et des témoignages – ô combien poignants – d’anonymes.
Du chant guerrier à la chanson folklorique, en passant par ces confessions déchirantes qui décrivent les horreurs des combats, Danse macabre maintient un équilibre rare entre rage et tendresse. Les Dakh Daughters apportent leur touche inclassable – à mi-chemin entre esthétique contemporaine et cabaret punk, rappelant l’énergie survoltée d’une Nina Hagen. Leurs chants façonnent une ambiance hypnotique qui ne faiblit jamais. Nous ressentons la souffrance de ceux qui vivent la guerre dans leur chair, mais aussi dans leur âme, comme les nombreux exilés ukrainiens dans le monde – dont font partie les artistes elles-mêmes. Les témoignages, hélas intemporels, montrent que le viol est sciemment utilisé comme arme de guerre pour briser l’adversaire.
Reste cette image finale qui s’impose : six femmes saluant en brandissant le drapeau bleu et jaune, et toute la salle – composée en partie d’Ukrainiens venus soutenir la cause de leur pays – qui se lève d’un seul mouvement. Danse macabre est une magnifique ode à la culture et au peuple ukrainiens, à leur courage et leur capacité de résilience.
Le billet de Véronique
DANSE MACABRE
Théâtre du Soleil
La Cartoucherie
Route-du-Champ-de-Manœuvre
75012 Paris
Jusqu’au 2 avril 2023
Du mercredi au samedi à 20 h
Le dimanche à 14 h 30
Relâche le 29 mars
Crédits photo : Oleksandr Kosmach
LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE – THÉÂTRE DE POCHE-MONTPARNASSE

♥♥♥♥ « Ce n’est pas de ma faute si les âmes, dont on arrache les voiles et qu’on montre à nu, exhalent une si forte odeur de pourriture. »
Ce portrait de la bourgeoisie de la fin du XIXe siècle, vue à travers les yeux de Célestine, jeune bonne parisienne embauchée chez des notables de province, n’a rien perdu de sa charge féroce. Asservie, Célestine l’est doublement : par son travail, mais aussi par ses sens lorsqu’elle succombe à son désir pour les hommes (notamment pour l’infâme Joseph). Noirceur et humour se conjuguent dans le récit de cette femme au bas de l’échelle sociale.
PSS PSS – LE THÉÂTRE LIBRE

♥♥♥ Jolie surprise que ce spectacle qui mélange allègrement mime, cirque et théâtre de clown ! Pour sa première à Paris – après avoir été joué 950 fois dans plus de 50 pays et avoir raflé de nombreuses récompenses –, PSS PSS de la compagnie Baccalà – Camille Pessi et Simone Fassar –, mis en scène par Louis Spagna, a enchanté le public du Théâtre libre. Avec presque rien (une pomme, une échelle, quelques notes de trompette et d’accordéon), les deux clowns composent par petites touches un univers poétique et décalé, uniquement grâce à leur gestuelle.
Lire la suiteEN ATTENDANT GODOT – LA SCALA PARIS

♥♥♥♥ En fond de scène, une magnifique toile abstraite de Jacques Gabel nous plonge d’emblée dans un paysage crépusculaire qui pourrait être situé n’importe où. Seuls éléments de décor : un rocher et un arbre réduit à sa plus simple expression stylistique, à savoir un tronc fluet et quelques branches squelettiques (allusion à l’histoire du Christ et des larrons qui y furent suspendus ?)
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