MOLIÈRE MALGRÉ MOI – THÉÂTRE DE LA GAÎTÉ MONTPARNASSE

vz-178545c6-8a45-4ab0-bae0-d0a3e809b136Le Bourgeois gentilhommeLe Malade imaginaireLes Précieuses ridicules, le Misanthrope, Tartuffe, l’Ecole des maris, l’Ecole des femmes…  Les titres de ces pièces de théâtre appartiennent a notre patrimoine culturel. Si leurs textes sont étudiés dans les écoles depuis plusieurs générations, trop peu d’entre nous connaissent les différentes facéties de l’existence tourmentée de leur  auteur, Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673) dit Molière.

Francis Perrin (auteur, metteur en scène et interprète) nous a concocté un spectacle d’une rare érudition sur cet auteur assuré de la protection de Monsieur, frère du Roi Soleil et du fidèle soutien de Louis XIV en personne ; aimé des femmes ; soutenu par ses amis (Boileau, La Fontaine, le peintre Mignard…), trahi par d’autres (Racine, Lulli…) ; décrié par les courtisans de la Cour mais adulé par le peuple.

Les quinze dernières années de la vie de Molière défilent, les plus prolifiques du chef de troupe de l’Illustre Théâtre, déchirées entre les joies et les chagrins, les amours et les trahisons. Le tout nous est offert emballé par de magnifiques et d’inoubliables répliques de ce grand Homme de théâtre.  

Francis Perrin nous invite à une superbe balade dans les coulisses d’une existence mouvementée pour nous faire partager son amour inconditionnel de Molière dont il a joué l’essentiel du répertoire (Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire, Le Misanthrope…). Si on peut regretter la trop grande sobriété de la mise en scène et le choix du monologue, l’interprétation fougueuse et toujours talentueuse de ce comédien hors pair (malgré quelques agacements fâcheux de la langue) les fait oublier pour notre plus grand bonheur.

« Molière malgré moi » est à partager en couples, entre amis et même en famille pour que les plus jeunes découvrent (si besoin) les plaisirs de s’exprimer dans la belle langue de Molière.

Le regard d’Isabelle 

MOLIÈRE MALGRÉ MOI

Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, 26 rue de la Gaîté – 75014 Paris

Du mardi au samedi à 19h00| Jusqu’au 10 septembre 2016

Crédit photos : Bernard Richebé

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RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST – THÉÂTRE DU ROND-POINT

Pages de RdvGareEst1Maquillage soigné, queue de cheval élégante, robe tendance, elle est assise sur une chaise, le plateau baigné par une douce pénombre. Et elle commence à nous parler sans attendre le silence du public, le point de départ d’un récit-confession qui nous emportera bien plus loin que l’on aurait pu imaginer. Au départ, il s’agit seulement de l’histoire d’une femme : son quotidien de vendeuse, sa vie de couple, son désir d’enfant. Et puis les indices pointent un à un, se font écho – son traitement au lithium, ses séances de sismothérapie, ses épisodes schizophréniques, ses allers-retours à l’hôpital Saint Anne – et nous font comprendre par bribes ce dont elle souffre : la maniaco-dépression. « Rendez-vous gare de l’Est », c’est le portrait d’une femme malade qui se livre entièrement sans fausse pudeur. Et indirectement nous donne des « clés » pour essayer de mieux appréhender la maladie invisible.  

Guillaume Vincent, l’auteur et metteur en scène de la pièce, a interrogé pendant six mois dans le quartier de la gare de l’Est une amie dépressive sur sa vie, sur sa maladie. Il a recueilli des dizaines d’heures d’entretiens. « J’ai tout gardé, même ce qui d’ordinaire est mis de côté lorsqu’on retranscrit une parole orale » confie-t-il. Il en a tiré ce monologue bouleversant, un témoignage sans filtre sur le portrait d’une femme en souffrance, dans ses moments de peur, de colère, de répit, de rechute, dans ses fragilités. 

Un moment de théâtre formidable de justesse, d’émotion vraie ! La présence lumineuse, profonde, magnétique de la comédienne Emilie Incerti Formentini, est hallucinante de naturel. Elle nous happe dès les premiers mots, nous entraîne avec elle dans les méandres et les tourments de son âme, sachant user des changements de rythmes et de ton avec une fluidité et une profondeur rares. On boit ses paroles, ses silences nous troublent. Une interprétation au sommet.   

Signé Elisabeth

RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris  – Salle Roland Topor

Jusqu’au 26 juin 2016 (relâche les lundis et le 5 juin)

Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30

Durée : 1 heure 

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Crédit : Giovanni Cittadini Cesi

 

 

 

UNE FOLIE – THÉÂTRE RIVE GAUCHE

UNE FOLIE (Th+®+ótre Rive Gauche-Paris 14+¿me) - visuel d+®finitifLe docteur Flache, célèbre psychiatre, s’apprête à quitter Paris pour prendre sa retraite dans le midi, laissant ses patients, son joli petit pavillon du XVIIIe (une folie !) et son infirmière… Mais voilà que Jean-Louis, puis sa compagne Missia, débarquent dans son cabinet. L’un après l’autre, ils demandent au docteur d’examiner leur moitié qu’ils croient devenue folle. Ce dernier les enverrait bien au diable, mais la femme est plutôt charmante… et le divorce est encore un sujet bien délicat en 1934.

En 1938, Sacha Guitry crée « Un monde fou ». Il reprendra son texte en 1951 et le rebaptisera « Une folie » pour l’offrir au Théâtre des Variétés. C’est la seconde version de cette comédie qui nous est offerte au Théâtre Rive-Gauche dans une mise en scène sobre et épurée de Francis Huster.

Les répliques d’un Guitry très inspiré, sont toutes acérées avec finesse, pertinentes et impertinentes. Elles font le plus souvent mouche, qu’elles ciblent le mariage ou le divorce, même si on peut regretter quelques longueurs dans le texte. Néanmoins, Lola Dewaere, Manuel Gélin, Alice Carel comme Marianne Giraud et Mathilde Hennekine (toutes deux en alternance) s’en délectent, le savourent et le servent avec délice, talent et humour. Quant à Olivier Lejeune, son interprétation est époustouflante de ressemblance à celle que Sacha Guitry a dû endosser dans son temps. Peut être, d’un peu trop prêt. Il en est de même pour le jeu des comédiens calqué sur celui du théâtre d’avant-guerre.

Mais toute la troupe baigne dans une douce folie par cette farce coquine et délirante. Au tomber de rideau, les applaudissements du public fusent. La vie conjugale vue par Sacha Guitry est toujours aussi pertinente. Un petit bonheur de théâtre à partager en couple ou en cours d’union… avant divorce.

Le regard d’Isabelle 

UNE FOLIE 

THEÂTRE RIVE-GAUCHE,  6, rue de la Gaîté – 75014 Paris

Métro : Edgar Quinet ou Gaîté

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h30.

Crédit photos : Fabienne Rappeneau 

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ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE – STUDIO HÉBERTOT

f227a9_1ed4b2e28cd943a69f47a6eeaba518dePrenez cinquante ans de combats féministes, ajoutez quatre comédiennes qu’on sent aussi complices à la scène qu’à la ville, saupoudrez d’une bonne dose d’humour, laissez cuire pendant 1h20 et vous obtiendrez « Et Pendant ce Temps Simone Veille », un spectacle ultra sympathique, écrit par la comédienne Trinidad, qui retrace l’évolution de la condition féminine  des années 1950 à nos jours,  à travers les destins de 4 générations de femme (Marcelle l’ouvrière, France la bourgeoise et Giovanna issue de la classe moyenne). L’occasion de revisiter les grandes dates qui ont jalonné les combats féministes, du droit de vote à la légalisation de la pilule contraceptive en passant par la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse ou la procréation assistée,…et de rendre hommage aux grandes figures des combats féministes de Simone de Beauvoir (« On ne naît pas femme, on le devient« ) à Simone Veil.

Une pièce très plaisante, qui, après un démarrage un peu lent, gagne en épaisseur et en drôlerie au fur et à mesure de la représentation. La mise en scène, signée Gil Galliot, s’appuie sur une habile alternance entre scènes de vie quotidiennes, chansons joliment détournées et archives télévisuelles. Ici, point de donneuses de leçons ou de théâtre militant, juste l’envie de rappeler quelques vérités aux plus jeunes générations et continuer la lutte(!) entre clins d’œil, fraîcheur et ironie. Allez les applaudir jusqu’au 26 juin.  

Signé Elisabeth 

ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE

Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h.

Jusqu’au 26 juin 2016

Durée : 1h20

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CONSTELLATIONS – THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN

AFFICHE_122« Constellations », créée en 2012 par le jeune auteur londonien Nick Payne, a rencontré un énorme succès en Angleterre et à Broadway. Le public parisien découvre cette pièce au théâtre du Petit Saint-Martin depuis avril. Encore une semaine de réprésentations. Allez-y, c’est un très joli et très vibrant moment de théâtre !

La pièce raconte l’histoire d’une rencontre amoureuse. Elle, Marianne (Marie Gillain) une astrophysicienne, spécialiste de physique quantique. Lui, Roland (Christophe Paou), un apiculteur. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, ils font connaissance à l’occasion d’un barbecue, dînent ensemble, se revoient, et c’est le début …de tous les possibles. Car la suite, sera à l’image de la théorie physique de la multiplicité des univers,…multiple ! L’auteur s’amuse à  donner différentes versions de chaque moment important de la vie de ses personnages et à imaginer les différentes évolutions de leur vie. D’où une pièce ultra originale qui déroule le fil de la vie de Marianne et Roland, jonglant sans cesse entre avenir et passé, et explore tous les situations, tous les scenarii possibles d’une relation, d’une vie. Comme l’indique le metteur en scène Marc Paquien, « Il ne s’agit pas d’élaborer une série de sketchs, mais de mettre en lumière l’infinie des possibilités de l’humain (..) Une manière de rappeler à quel point nous sommes multiples, à quel point nos vies sont riches de promesses ». Inspiré et émouvant.

La mise en scène est absolument superbe ! Les deux comédiens évoluent sur un plateau nu, composé de deux disques concentriques tracés à la craie, une jolie métaphore d’une …constellation. Pas de décor, juste les mouvements des corps tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur des cercles et baignés par un jeu de lumière extrêmement bien travaillé. Le couple de comédiens fonctionne plutôt bien même si Marie Gillain (Molière de la meilleure Comédienne 2015) « écrase » quelque peu son partenaire et transmet une émotion vraie et grandissante au fil de la pièce. Solide travail d’acteur dans tous les cas à rejouer les mêmes scènes en variant les tons…Une thématique originale, un texte singulier, un joli casting, une scénographie très élégante..Laissez-vous séduire par ce beau moment de théâtre qui bénéficie d’un beau succès critique et public (mérité).

Signé Elisabeth 

CONSTELLATIONS

Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René Boulanger, 75010 Paris 

Du mardi au vendredi à 20h30 • Samedi 17h et 20h30

Jusqu’au 4 juin 2016

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DES PLACES DE THÉÂTRE À GAGNER SUR LE BLOG !

Nous avons le plaisir de vos faire gagner 4 x 2 places pour la pièce UNE FOLIE, une comédie de Sacha Guitry, mise en scène par Francis Huster, avec entre autres Olivier Lejeune, Lola Dewaere et Manuel Gélin, et qui sera à l’affiche du théâtre Rive Gauche à partir du 2 juin prochain.

Les places sont valables tous les soirs de représentation (à l’exception du samedi soir) du 2 juin au 2 juillet inclus. 

Envie de participer ? Très simple !

Il vous suffit d’adresser dès maintenenant votre prénom, nom et la date de votre venue à l’adresse coup2theatre@hotmail.com

les 4 premiers participants remporteront les places.

Bonne chance et d’ici là, quelques informations sur la pièce : 

Le pitch : Le docteur Flache, célèbre psychiatre, est sur le point de quitter Paris pour prendre sa retraite dans le midi, laissant ses patients, son joli petit pavillon du XVIIIème et son infirmière… Mais c’est sans compter sur l’irruption soudaine de Jean-Louis, puis de la charmante Missia dans son bureau : chacun lui demandant d’examiner son conjoint, qu’il croit devenu fou…

Elisabeth & Isabelle 

Crédit photo : Christine Renaudie 

 

LE VIDE – ESSAI DE CIRQUE -MONTFORT THÉÂTRE

la-salle-du-theatre-royal-02Un titre énigmatique pour un spectacle qui ne ressemble à aucun autre et qui restera quelque part dans un coin de ma mémoire -à l’instar de l’inoubliable Celui qui tombe de la compagnie Yoann Bourgeois !

A notre arrivée, plongée dans un univers circassien bohème et foutrac : matelas mousse de fortune, sacs de sable, planches et tréteaux, radio cassettes d’une autre époque, quelques micros, un violon. Et sept grosses cordes, blanches, lisses, vertigineuses suspendues à 18 mètres de hauteur. En attendant que les derniers spectateurs s’installent, un homme se prépare tranquillement à les défier, un acrobate à la corde, au regard bleu acier qui plante son regard dans les yeux des spectateurs installés à deux mètres de lui. Alors une fois le silence installé, prenant son temps, il s’élève une première fois dans les airs tout en force et en précision. Mais la corde se rompra. Il chutera lourdement sur le matelas de mousse, se relèvera, et montera de nouveau. Méthodiquement, sans mot dire, bravant la peur du vide, défiant les lois de l’apesanteur, il multipliera les tentatives inlassablement, se hissant toujours plus haut -faisant des éléments architecturaux du Montfort théâtre un terrain de jeu inattendu- tombera et remontera encore pour ne plus jamais s’arrêter jusqu’à un final formidable qui révèlera toute la portée philosophique de ce spectacle saisissant ! « Le Vide – Essai de Cirque » co-écrit par Fragan Gehlker, Alexis Auffray et Maroussia Diaz Verbèke, revisite « Le Mythe de Sisyphe » écrit par Albert Camus en 1942 pour qui la vie, éternel recommencement des choses confinant à l’absurde, n’a de sens que dans l’accomplissement des tâches et non  dans leur signification.

Monté dix‑neuf fois depuis sa création en 2009, sans cesse adapté aux lieux qui l’accueillent « Le Vide – Essai de Cirque » est un spectacle profond, intense, aussi vertigineux que poétique, qui avait déjà fait salle comble en 2014 avant de partir en tournée en France et à l’international pendant 1 an. On ne peut qu’être saisi et admiratif par l’originalité d’un spectacle qui allie performance visuelle et puissance dramatique. Le final est une merveille et conclut superbement la vocation du spectacle. Un conseil : replongez-vous dans « Le Mythe de Sisyphe » avant d’aller voir le spectacle, vous n’en serez que plus séduit et …si vous êtes sensible au vertige, abstenez-vous. Certaines séquences sont impressionnantes. 

Signé Elisabeth

LE VIDE – ESSAI DE CIRQUE

Montfort Théâtre, 106 rue Brancion, 75015 Paris

Jusqu’au 21 mai 2016

Durée : 1 heure

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Crédit : Perrine Cado / Le Montfort

LES ÎLES DÉSERTES – LE LUCERNAIRE

 

vz-50B4319B-7B55-4DC8-BFF9-80E7FDB234FFLéa, petite fille espiègle neuf ans, découvre qu’elle souffre d’une maladie chronique : le diabète. Du jour au lendemain, toute sa vie change. Léa va devoir apprendre à vivre avec cette maladie chronique, une « sale bête » qui l’accompagnera désormais. Son quotidien est désormais rythmé par ses dextro, ses hypoglycémies, ses hyperglycémies, ses piqûres d’insuline. Dans son imaginaire d’enfant, Léa devient Super Léa, une super-héroïne du quotidien, une dompteuse… La « sale bête » n’a qu’à bien se tenir !

Le texte d’Avela Guilloux et Rébecca Stella sonne juste, la mise en scène (Avela Guilloux et Caroline Stella) est inventive, l’interprétation des trois comédiens est formidable (Avela Guilloux, Jean Vocat et Rébecca Stella)… et tout cela dans un simple décor composé de deux bouts de ficelle et d’un drap.

Tout respire le talent : le texte, le jeu, la mise en scène. Pas la peine d’en dire plus, courez-y : vous ne le regretterez pas ! A la sortie, vous serez requinqué pour devenir à votre tour un héros du quotidien (qu’une maladie chronique vous assaille ou non).

Le regard d’Isabelle

LES ÎLES DÉSERTES 

Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris 

Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h30

Jusqu’au 29 mai 2016

Durée : 50 minutes 

Crédit photos : Pauline Le Goff

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POUR QUE TU M’AIMES ENCORE – COMÉDIE DE PARIS

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Elise a 13 ans et demi, tient un journal intime, est secrètement amoureuse de Tony, part bientôt avec sa classe en voyage au Pologne, a une maman névrosée et des profs un peu barrés. Pour l’heure, elle ne rêve que de sa première boum où elle pourra voir Tony sur sa mobylette et de sa « choré » avec ses copines de 5eme sur une musique de son idole, Céline Dion, …   Bref, une jeune ado des rêves plein la tête, à l’âge des premiers tourments, premiers bonheurs, premiers chagrins, premiers espoirs. ..

Personnellement, très conquise par ce « seule en scène » qui bénéficie actuellement d’un joli bouche-à-oreille ! Entre drôlerie, tendresse et émotion, la comédienne et auteur Elise Noiraud, qui signe ici son deuxième spectacle – après « Elise : la banane américaine » en 2011 – nous offre un spectacle vraiment épatant sur son thème de prédilection  : l’adolescence ! Avec un dispositif scénique volontairement léger – une chaise, quelques accessoires, pieds nus sur le plateau – elle nous fait replonger au cœur de ses années à travers une galerie de portraits tous plus irrésistibles les uns que les autres (elle interprète une dizaine de personnages, mention spéciale à sa prof d’EPS féministe et sa mère angoissée), et propose au passage un regard aussi malicieux sur les ados que sur les adultes. En plus d’être une excellente comédienne, Elise Noiraud, a un vrai talent d’écriture avec des textes textes ciselés, fins, très « justes » sur un sujet pourtant maintes fois traité. C’est drôle, frais, pétillant. Allez l’applaudir, elle est à la Comédie de Paris jusqu’au 25 juin et c’est une vraie réussite. 

Signé Elisabeth 

POUR QUE TU M’AIMES ENCORE 

La Comédie de Paris, 42 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris

Du mardi au samedi à 19h30

Jusqu’au 25 juin 2016

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Ah bon, tu as aimé ?

derniere-bande-weber170Exercice inédit sur notre blog, une « collègue » et amie blogueuse, Véronique, a lu ma chronique enthousiaste sur « La Dernière Bande » et a réagi spontanément en me disant qu’elle avait un avis …radicalement opposé ! Qu’à cela ne tienne, je publie ici sa chronique dans le cadre d’un délicieux « j’aime / j’aime pas »…. 

La dernière bande – Théâtre de l’Oeuvre

Le temps de la désillusion

par Véronique Tran-Vinh

Au centre de la scène, sous un halo de lumière, un vieil homme est avachi sur un bureau métallique sur lequel sont posés un magnétophone, une enceinte et quelques boîtes. Il n’émet de menus signes de vie que lorsque les derniers spectacteurs sont assis. Pesamment, il repousse sa chaise pour se lever, puis se ravise. Le public retient son souffle, attentif à ses moindres mouvements. De l’action, cependant, il n’y en aura pas. Le début de la pièce est lent, très lent, meublé d’une foule de petits détails : le vieillard se lève, fait le tour du bureau d’un pas lourd, prend une clé dans son trousseau, ouvre un tiroir, s’empare d’une banane, referme le tiroir, mange sa banane et ainsi de suite.

Pourtant, Jacques Weber (méconnaissable grimé en clown) semble habiter son personnage jusque dans sa respiration bruyante, ses grognements et les mimiques de son visage. Krapp réécoute les souvenirs qu’il a enregistrés sur son magnétophone trente ans auparavant – seul lien qui le relie à son passé et à la vie – et réagit avec amusement, colère, agacement ou ironie, comme si les propos qui sortent du magnétophone étaient ceux d’un autre. Ultime ironie : il est obligé de décrypter ses propres mots, désormais incompréhensibles, dans un dictionnaire. L’idée de l’auteur – créer un dialogue entre le vieillard et son ancien moi grâce au magnétophone – est ingénieuse mais finit par lasser. Car Krapp rembobine sans arrêt la bande, ressassant le même souvenir : celui d’un amour de jeunesse enfui à jamais.

Malgré un texte poétique et le jeu impressionnant de Jacques Weber, cette tentative de retranscrire l’échec d’une vie d’homme à travers le jeu de la mémoire n’a pas réussi à me toucher. Peut-être parce que cette œuvre courte de Beckett (une heure) manque singulièrement de chair, ou que le parti pris de montrer Krapp sous le masque d’un clown dérisoire et pathétique enlève de l’émotion et de la profondeur au personnage. De son côté, la mise en scène, très rigoureuse, ne contribue pas à rendre la pièce plus facile d’accès. On sort du théâtre dans le même état d’esprit que Krapp : avec l’impression confuse d’avoir raté un rendez-vous important.