Pour inaugurer l’édition 2016 des Tréteaux nomades (retrouvez ici l’interview d’Aurélie Féat, coordinatrice du Festival), la compagnie du Mystère Bouffe présente sa nouvelle création dans la cour semi-ovale de l’hôtel de Beauvais «Entre deux tempêtes» né du montage original des deux Tempêtes, l’une écrite par William Shakespeare, l’autre par Aimé Césaire…
Exilé sur une île exotique, Prospero exerce son pouvoir d’esclavagiste avec tyrannie. Lorsqu’il apprend que ses ex-ennemis passent au large de son île, il contraint magiquement Ariel, un esprit de l’air, à susciter une tempête pour se venger. Après avoir marié sa fille au fils de son ancien ennemi, Prospero libère Ariel, renonce à toute magie sans oublier de punir Caliban, esclave noir et indigène de l’île, fils de sorcière et indécrottable rebelle malfaisant. Voici le thème exposé par William Shakespeare.
Si Aimé Césaire raconte la même histoire du dramaturge anglais, il choisit le point de vue de l’indigène dépossédé de son île, Caliban. Par l’intermédiaire de son personnage, l’auteur démontre comment le pouvoir colonial calomnie, entrave et dissout peu à peu les identités culturelles.
Nelly Quette (auteur – metteur en scène) confronte La Tempête de Shakespeare à Une Tempête d’Aimé Césaire pour dénoncer l’intolérance, le racisme et les discriminations nés du colonialisme parallèlement à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle de notre époque. Avec les comédiens – Pierre Ficheux, Frédéric Kontogom, Lisa Labbé, Premyslaw Lisiecki et Sofia Lopez Cruz – la compagnie Mystère Bouffe reste fidèle à la Commedia dell’arte : changement à vue des costumes et des masques, décor dépouillé, pantomimes, combats, chants et musiques.
Si ce théâtre dans le théâtre est un ravissement absolu pour les spectateurs, on peut regretter des longueurs en première partie. Pendant que les comédiens sont écartelés dans leurs propres choix, voire mêmes contradictions – scènes à adopter parmi celles de Shakespeare et de Césaire, point de vue à défendre, distribution, etc. – le temps s’éternise quelque peu. Si sur scène, les acteurs s’agitent (toujours avec brio), l’intrigue progresse bien lentement. Soudainement, pour notre plus grand bonheur, le spectacle prend enfin son envol et la seconde partie est enlevée et rythmée. Quant à la qualité d’interprétation, elle frôle la virtuosité comme lors de chacune des précédentes créations de Mystère Bouffe et c’est un vrai bonheur que d’assister à une telle maîtrise des arts de la scène de toute la troupe d’ « Entre deux tempêtes ».
Le regard d’Isabelle
Cour de l’Hôtel de Beauvais, 68 rue François-Miron – 75004 Paris
Métro : Saint-Paul (Ligne 1)
Jusqu’au 25 août 2016 à 20h30.
Trois petites semaines « off » et c’est déjà le retour. Heureuse de vous retrouver en cette presque-rentrée. J’inaugure cette nouvelle saison avec la pièce « Le Mec de la Tombe d’à côté », vue semaine dernière au théâtre Les Feux de la Rampe. Adapté du








Des chiffres à donner le tournis à n’importe quel producteur de théâtre: 30 ans de succès, 9 millions de spectateurs à travers le monde, 6eme saison en France, 400 000 spectateurs dans l’hexagone…et le Molière de la meilleure comédie remporté en 2014. Bref, vous l’aurez compris : « Dernier coup de ciseaux » est une valeur sûre si vous aimez les pièces réjouissantes …et très interactives ! Il faut dire que le concept, né aux Etats-Unis en 1978, et adapté en France par la
Notre séjour avignonnais touche à sa fin. Nos derniers applaudissements ont résonné hier soir à l’Espace Roseau pour la pièce « Le Nazi et le Barbier », un récit écrit par l’auteur allemand Edgar Hilsenrath entre tragédie et farce qui conte l’histoire d’amitié d’un allemand Max Schulz et d’un jeune juif et fils de barbier Itzig Finkelstein. Une amitié vite balayée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Max Schulz deviendra un SS « consciencieux » qui comptera des milliers de juifs parmi ses victimes, dont Itzig et sa famille. Mais, pour échapper à la dénazification, il usurpera l’identité de son ami d’enfance et deviendra juif aux yeux de tous, jusqu’à s’embarquer pour la Palestine à la fin de la guerre et vivre pleinement l’aventure du sionisme et la création de l’Etat d’Israël en 1948. Il deviendra un citoyen respecté. Seul le fardeau de sa culpabilité le poursuivra jusqu’à sa mort. Les critiques étaient dithyrambiques sur cette pièce mais rien n’y a fait, je n’ai pas adhéré ! Monté à la manière d’un stand-up par Tatiana Werner avec pour seul décor un siège de barbier et quelques lettres de néon « l’homme du monde », le comédien David Nathanson, déjà vu dans «

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14 juillet, début de soirée, foule immense devant l’un des plus célèbres théâtres avignonnais : le théâtre des Béliers. Je me fraye un passage dans la foule pour récupérer mon invitation. Ma co-festivalière Florence, inscrite sur la liste d’attente, croise les doigts pour qu’une place se libère. Bingo ! Nous pouvons rentrer. La salle est archi-remplie pour « Les Lapins sont Toujours en Retard » qui avait bénéficié d’un joli succès cet hiver à Paris. Cette pièce, c’est l’histoire de jumelles, Alice et Sandra, que tout oppose : la première, romantique et sensible, ne rêve que de douceur et du grand amour. La deuxième, est une policière de choc qui collectionne les amants. Autour de ces deux personnages et d’une galerie de portraits (le collègue policier, le psy, le petit ami transi amoureux, la copine en pleine crise de couple, …), la pièce interroge la quête de sens et du bonheur. Le décor astucieux s’articule autour de deux paravents qui permettent de passer d’un univers à l’autre avec beaucoup de fluidité. Les 5 comédiens font des prouesses et l’ensemble est plaisant et sympathique. Mais je suis sincère, j’ai l’impression d’avoir vu ce genre de pièce des dizaines de fois et il m’a manqué ce petit supplément d’âme pour adhérer.
Mais les jours ne suivent et ne se ressemblent pas à Avignon…Sur les bons conseils de Florence, on a découvert un petit bijou théâtral qui m’a littéralement conquise : « Le bois dont je suis fait » écrit et mis en scène par la compagnie QUI VA PIANO. Que se cache -t-il derrière ce drôle de titre ? Une histoire de famille. Une femme, à la veille de sa mort, décide de réunir son mari et ses deux fils pour tenter de les réconcilier. Mais entre divergences de points de vues, attentes déçues et désir d’émancipation, la réconciliation va tourner court…et laisser exploser les rancœurs enfouies et faire voler en éclat l’idéal familial. Une comédie sociale absolument épatante, formidablement écrite et interprétée par deux comédiens qui réussissent le tour de force de jouer tous les personnages avec une aisance et une fluidité exceptionnelle dans la sobriété la plus totale. Seul décor, un plateau noir, délimité à la craie, deux tabourets rouges et leur talent. Ne manquez pas cette pièce si vous êtes de passage à Avignon. En sortant de la salle, j’échange quelques mots avec une spectatrice qui me conjure (!) d’aller voir « Dans la peau de Cyrano » écrit et mis en scène par la même compagnie. Un pur moment d’émotion et l’une des meilleures pièces du festival…Le rendez-vous est pris à l’occasion d’une prochaine tournée parisienne.
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La carte d’abonnement en poche, place au théâtre ! En longeant la rue Guillaume Puy, nous entrons presque par hasard au Théâtre Actuel qui ressemble davantage à un cinéma avec ses 10 pièces programmées par jour de 10h à 22h ! Il reste des places pour la pièces « Adieu Monsieur Haffmann ». On entre ! Et Premier coup de cœur ! La pièce, écrite et mise en scène par J. Ph Daguerre, nous plonge dans le Paris occupé des années 1940 et raconte l’histoire d’un bijoutier juif Joseph Haffmann qui propose de confier sa boutique à son employé Pierre Vigneau et d’être caché dans sa cave pendant ces sombres heures. En échange, Pierre Vigneau accepte à la condition que M Haffmann …aient des relations sexuelles avec sa femme pour avoir un enfant qu’il ne peut concevoir biologiquement. Mais, peu à peu, Pierre Vigneau au départ bienveillant, va se laisser envahir par les doutes, l’ambition, la lâcheté jusqu’à recevoir l’ambassadeur de l’Allemagne nazie à sa table. Quel jeu jouera-t-il ? Une superbe pièce qui interroge la difficile et ambiguë position des comportements pendant la guerre. Un texte ciselé, un scenario très cinématographique, une mise en scène soignée -même si un peu trop ronronnante en 1ere partie- et une interprétation au sommet avec la partition toujours parfaite de Grégori Baquet, Molière de la révélation masculine 2014 et, soulignons le, de sa partenaire Julie Cavanna. Un très élégant moment de théâtre.
En sortant de la salle, j’échange quelques mots chaleureux avec le comédien Arnaud Dupont que j’avais 

C’était impossible de passer à côté. Car cette pièce, c’est un fragment fabuleux de mon enfance, un écho à des souvenirs personnels qui résonnent avec toujours autant de plaisir et d’émotion 34 ans plus tard. On est au coeur de l’été 1982, chaleur caniculaire, la Coupe du monde de football bat son plein en Espagne et la Squadra Azzura italienne, après des débuts timides dans la compétition, est opposée en quart de finale à la mythique seleçao brésilienne pour un match qui allait devenir légendaire et électriser toute une nation.



