REPRISE DES HOSTILITÉS – THÉÂTRE du PETIT SAINT MARTIN

Mise en page 1Il ne manque pas de charme REGIS MAILHOT : sourire ravageur, œil pétillant, costume impeccable et débit bien rythmé, il nous fait passer un très bon moment avec son spectacle «REPRISE DES HOSTILITÉS», qu’il joue actuellement au THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN. Seul en scène avec pour tout décor, pupitre, bureau, et piles de cartons, Régis Mailhot s’adonne à son exercice favori pendant une heure et demie: un regard sans concession sur notre société et ses contemporains. Et il s’en donne à cœur joie en appuyant généralement là où ça fait mal : les politiques, la religion, le mariage pour tous, le célibat, les femen, les profs, les grèves, le trou de la sécu,…le tout ponctué régulièrement par un « c’est un skeeeeetch….. ! » quand ça fait un peu trop grincer des dents. Au programme : impertinence, corrosion, esprit poil à gratter pour dire STOP à la bêtise et au politiquement correct.

Si vous aimez l’esprit chansonnier, allez-y. C’est jusqu’au 12 avril !

REPRISE DES HOSTILITES au Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris 10ème)

Et merci encore à Fous de théâtre 

Le point de vue d’Elisabeth 

PARIS DES FEMMES – THÉÂTRE des MATHURINS

image (1)Salle comble hier soir pour la troisième et dernière soirée du festival PARIS DES FEMMES, qui s’est tenu du 10 au 12 janvier au théâtre des Mathurins.

Paris des Femmes est né en 2011 sous l’impulsion de 3 femmes : la journaliste, romancière et scénariste Michèle FITOUSSI, la dramaturge, romancière et comédienne Véronique OLMI et la directrice artistique du festival  de la correspondance de Grignan Anne ROTENBERG. Partant d’un constat simple (75 % des auteurs de théâtre sont des hommes, les femmes sont peu nombreuses dans le spectacle vivant), elles décident de créer un festival mettant à l’honneur des textes de théâtre exclusivement écrits par des femmes. Ce festival a pour objectif « de mettre en avant les femmes, qu’il s’agisse des auteures, des metteures en scène ou des interprètes pour qu’on ait autant de femmes que d’hommes sur le plateau ».Maîtres-mots de l’aventure : convivialité, plaisir mais aussi « lutte contre la morosité ambiante » comme l’a rappelé hier soir Michèle Fitoussi en ouverture de la soirée.  Dans le projet également, des metteurs en scène chargés de mettre en espace textes et comédiens à l’occasion de lectures-spectacles.

9 romancières et dramaturges  venus d’univers différents (Emilie Freche, Florence Huige, Carole Martinez, Véronique Olmi, Fabienne Perineau, Blandine le Callet, Karine Tuil, Delphine de Vigan, Alice Zeniter) ont répondu à l’appel de Paris des Femmes 2013 en composant chacune une pièce courte (4000 mots, 20-30 minutes, 1 à 3 personnages maximum) et sur un thème imposé (cette année, La vie, mode d’emploi, après Guerres et paix en 2012 et De bruit et de fureur en 2011). Durant les 3 soirées du festival aux Mathurins (partenaire de la première heure), 3 pièces sont présentées chaque soir.

Hier, sur scène et pour tout décor, 4 tabourets rouges, quelques piles de cartons et 7 comédiens, textes en main, qui se succèdent pour donner vie aux textes d’Alice Zeniter (D’une infinie élégance), de Karine Tuil (La quarantaine)  et de Florence Huige (Clémence ou comme si). Monologue dépressif, crise fraternelle, tête-à-tête conjugual et autant de tranches de vie pour symboliser pêle-mêle : la quête du bonheur, le deuil  la maladie, l’amour de soi et des autres, les doutes qui jalonnent notre vie. Les textes sont tous portés par de très bons comédiens, impliqués, généreux et rompus à l’art très difficile de la lecture. Mention spéciale à Raphaël Mezhari, que j’ai trouvé formidable dans son rôle de dentiste armé et suicidaire, en proie à une crise existentielle. Ces lectures donnent d’ailleurs beaucoup d’originalité et de fraîcheur au spectacle : ni représentation classique,  ni genèse d’une pièce, on se sent comme un spectateur privilégié venu « voler » un moment de répétition.  Le charme opère dans tous les cas, on reviendra applaudir les nouveaux protagonistes du Paris des Femmes 2014. Longue vie au collectif et comme le précise Michèle Fitoussi, « c’est artistique mais on ne se prend pas au sérieux, nous sommes joyeuses ! ». Nous aussi !

Le point de vue d’Elisabeth 

http://parisdesfemmes.blogspot.fr

Recueil des textes PARIS DES FEMMES 2013, c’est ici

NOBLESSE ET BOURGEOISIE – LA COMÉDIE ITALIENNE

ComIta Noblesse afficheJ’ai eu spontanément envie de soutenir Attilio MAGGIULLI, le directeur de la Comédie Italienne, qui a fait la une des médias cette semaine en enfonçant les grilles de l’Elysée pour dénoncer le manque de subventions, mettant en péril son activité. J’ai apporté ma (toute) petite pièce au combat en allant voir la pièce  « NOBLESSE ET BOURGEOISIE » de Carlo Goldoni, dans ce théâtre unique en France, qui programme un répertoire exclusivement italien depuis 40 ans.

Et c’est vrai qu’il faut soutenir le spectacle vivant, surtout quand c’est de qualité ! Une fois les lumières éteintes, le rideau tiré, vous voilà transporté dans le XVIIIeme italien où se joue une comédie d’intrigue familiale : une épouse douce et vertueuse (formidable Hélène Lestrade) trompée outrageusement par son vicomte de mari retrouvera honneur et dignité, grâce à son intelligence, sa ruse, sa patience, …et la complicité de ses valets, délicieusement futés. On prend plaisir, dès la première minute et la présentation des personnages, à plonger dans cette comédie qui fait la part belle aux ingrédients du genre: arlequin virevoltant, servante accorte, valet ivrogne, comte cynique, marquise jalouse,….Il faut souligner le soin particulier apporté aux costumes, perruques, maquillages et …masques vénitiens. Bel hommage d’Attillio Maggiulli à la commedia dell’arte.

Une trame somme toute simple – ce n’est peut-être pas la meilleure pièce de Goldoni – mais l’énergie et le talent des comédiens, tous vraiment formidables avec mention spéciale à Guillaume Garnaud dans le rôle de la marquise Beatrice, et David Clair dans celui du comte Ottavio, donnent à la pièce épaisseur, fantaisie, et rythme. On pourra regretter quelques éléments de mise en scène répétitifs (entrée en scène de la servante notamment) et mimiques un peu forcées mais l’ensemble est une vraie réussite qu’il faut saluer et aller applaudir.

Bon courage à la Comédie Italienne. Tenez bon !

DERNIERE MINUTE : la mobilisation s’organise pour sauver le théâtre, une pétition est en ligne, l’appel aux dons est lancé.

Pour signer la pétition, c’est par là

Le point de vue d’Elisabeth 

http://www.comedie-italienne.fr/

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LE PÈRE – THÉÂTRE HÉBERTOT

Affiche-LE-PERE-webJ’inaugure ce blog avec l’envie de partager un MAGNIFIQUE coup de cœur pour la pièce « LE PÈRE » de Florian ZELLER, actuellement jouée au théâtre HÉBERTOT (Paris 17e).C’est l’histoire d’un homme âgé au caractère bien trempé (Robert HIRSCH) dont la mémoire vacille. Il se voit proposer par sa fille (Isabelle GÉLINAS)  de venir vivre chez elle.  Mais cet homme acceptera-t-il de renoncer à sa liberté ? Comment sa fille vivra-t-elle cette situation ? Quand les parents deviennent enfants, quand les enfants deviennent parents. Voilà l’histoire.

La pièce traite avec pudeur et intelligence de la vieillesse et de la dépendance. Sans jamais être citée, l’ombre de la maladie d’Alzheimer plane sur le spectacle. J’en resterai là sur le fond qui est fort bien traité : mise en scène élégante, texte ciselé, construction originale et atypique.

Mais que dire de l’interprétation de Robert HIRSCH qui offre une prestation absolument magistrale. Ses partenaires comédiens ne déméritent pas, loin de là, mais il surclasse l’ensemble et excelle dans tous les registres : vieux roi pathétique, tour à tour agressif, blessé, hagard, séducteur, perdu…. Il donne une épaisseur fantastique à la pièce qui a d’ailleurs été écrite pour lui.

On a frôlé la standing ovation à la fin du spectacle. Peu importe pour moi, j’ai vu la pièce debout. Hommage à un comédien d’exception.

Les représentations sont prolongées jusqu’au 2 février 2014. Courez-y !

Le point de vue d’Elisabeth

 

www.theatrehebertot.com