LE CERCLE DES ILLUSIONNISTES – THÉÂTRE LA PEPINIERE

Piece.1549Tu vas voir, tu vas adorer. Ca me rappelle quelque chose…. Une fois, deux fois, trois fois, adjugé. Direction le théâtre La Pépinière mercredi dernier pour découvrir « Le cercle des illusionnistes », la deuxième création d’Alexis Michalik, après le succès du spectacle « Le porteur d’histoire ». Et j’ai A-DO-RE la pièce parce qu’Alexis Michalik raconte les histoires comme personne. Ce jeune et talentueux metteur en scène a définitivement trouvé un style, une signature théâtrale, une manière bien à lui d’embarquer le public dans des récits à tiroirs originaux, formidablement construits, de les faire se combiner, s’enchaîner, se répondre à travers les époques et les lieux, tout en suivant le fil d’une histoire unique. On retrouve ici l’équation gagnante qui a fait le succès du Porteur d’histoire : six comédiens « caméléons » ultra talentueux portés par une mise en scène fluide, rythmée et très inventive.

Dans « Le cercle des illusionnistes » cette fois-ci, il est question de magie, d’inventeurs fous, de cinéma, de théâtre, d’amour. Alexis Michalik nous invite à découvrir, des plaines italiennes à la cour de Russie, de Londres à Paris, les destins méconnus et passionnants de Jean-Eugène Robert-Houdin (1805 – 1871) horloger, magicien, créateur d’automates et de Georges Méliès (1861 – 1938), héritier d’un fabricant de chaussures, industriel, inventeur des premiers « effets spéciaux » du cinéma. Ils ne se rencontreront jamais mais leurs destins respectifs se noueront au cœur d’une salle de théâtre parisienne, aujourd’hui disparue, devenue à l’époque la première salle de cinéma moderne. Mais la pièce commence en juin 1984. Alors que la France vibre pour le championnat d’Europe de football, Décembre vole un sac dans le métro. Dans le sac, il trouve la photo d’Avril jolie et décide la revoir…

Après chut !! C’est parti pour 1 heure 30, de rêve, d’émerveillement, de rire. Le bonheur tout simple de retomber en enfance.

Le point de vue d’Elisabeth 

LE CERCLE DES ILLUSIONNISTES

Jusqu’au 29 juin

Théâtre La Pépinière, 7 rue Louis le Grand, 75002 Paris

Du mardi au samedi à 20h30

Matinée samedi à 16h

NOUVEAU : Reprise au théâtre de la Pépinière à partir du 27 mai 2017

Mardi au samedi à 20h30, matinée le samedi à 16h00

 

SAHAR ET JEREMY – THÉÂTRE du PETIT HEBERTOT

Sahar-ET-Jeremy-PH-WEB1-682x1024Aurore Auteuil questionne la quête du bonheur avec « SAHAR ET JEREMY», la pièce qu’elle interprète actuellement au Petit Hébertot.  Lui, c’est Jeremy, 17 ans au début de la pièce, sweat à capuche et baskets, une enfance difficile marquée par un père violent, adolescence chahutée, des excès d’alcool et de cocaïne, un job de garçon de café purement alimentaire, jusqu’à sa rencontre avec Sahar, une jeune femme « venue du pays du soleil » qui changera le cours de sa vie. Seule en scène, Aurore Auteuil interprète les 2 personnages à tour de rôle, d’abord son parcours à lui, puis leur vie à eux, leurs joies, leurs doutes, leurs espoirs pendant près de 15 ans. Le récit s’égrène ainsi de chapitre en chapitre avec en toile de fond la même question : peut-on oser croire au bonheur et le vivre quand on ne l’a jamais connu ?  

Pour défendre cette histoire et relever le défi toujours difficile du « seul en scène », la comédienne se livre à 100% pendant une heure et parvient à rendre ses personnages attachants en transmettant de belles émotions dans les scènes de colère et de désespoir, davantage d’ailleurs que dans les passages narratifs. Dommage cependant de ne pas la voir interpréter davantage Sahar, très en retrait par rapport au personnage masculin. Côté mise en scène, de belles choses ! Aurore Auteuil évolue au milieu de trois grands panneaux de tissu transparents sur lesquels sont projetés textes et dessins stylisés. Jolie trouvaille du metteur en scène Ladislas Chollat qui  apporte beaucoup de fraîcheur et de poésie à la pièce. Il faut noter aussi une très belle bande son, dont la reprise magique de With or without you de U2 au violon, qui ponctue judicieusement les temps forts de la pièce.

On imagine aisément qu’Aurore (Sahar en persan) Auteuil a livré de sa vie dans ce spectacle qu’elle s’est écrit sur mesure, tant son émotion était  palpable mercredi dernier, au moment des applaudissements nourris du public.

Le point de vue d’Elisabeth

SAHAR ET JEREMY

Jusqu’au 19 avril

Théâtre du Petit Hébertot

78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Du mercredi au samedi à 20h

 

LES VAISSEAUX DU CŒUR – THÉÂTRE du PETIT MONTPARNASSE

Les-Vaisseaux-du-coeur-afficheC’est l’histoire vraie d’un amour pas comme les autres. Elle, George, une intellectuelle parisienne. Lui, Govain, un marin breton. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, encore moins à s’aimer. Pourtant LES VAISSEAUX DU COEUR raconte cette passion là : leur rencontre à 18 ans, la révélation d’un désir charnel puissant, la naissance d’un amour véritable, les séparations temporaires (chacun se mariera et mènera sa vie de son côté), les retrouvailles toujours plus belles et plus intenses, des marchés africains aux plages seychelloises jusqu’aux littorals bretons pendant près de 30 ans. L’attirance qu’on croyait simplement physique laissera place au fil des décennies à un amour véritable, fort, fusionnel et aura raison des différences sociales, des distances lointaines, du temps qui passe. « Tu l’écriras, notre histoire ? » demanda un jour Govain à George. Elle a dit « non », et elle l’a écrite.

La pièce est l’adaptation d’un roman autobiographique de Benoîte Groult publié en 1988. Le livre marqua à l’époque les esprits par la crudité des mots pour évoquer l’amour physique. La comédienne Josiane Pinson, qui interprète le rôle de George, signe ici l’adaptation de la pièce . « J’ai lu Les Vaisseaux du coeur pour la première fois il y a quelques vingt cinq ans et le roman ne m’a plus quittée depuis ».   

Pour évoquer cette histoire d’amour hors du commun, le metteur en scène Jean-Luc Tardieu a fait le choix d’un plateau dépouillé, blanc, aérien qui permet au spectateur de ne pas se disperser et de s’attacher au texte, rien qu’au texte. Le récit alterne moments de narration et moments d’actions, joliment illustrés par des lumières douces et des transitions sonores fluides. Sur scène, le duo Josiane Pinson/Serge Riaboukine fonctionne à merveille. Les deux comédiens, tout en complicité, incarnent, avec le même talent, toutes les facettes des émotions amoureuses : la puissance du désir, la tristesse des départs, la nostalgie des souvenirs heureux, la joie des retrouvailles. Au-delà de la qualité d’interprétation, le texte est l’une des grandes forces du spectacle : superbement écrit, drôle, émouvant et parfois (très) cru !  George appelle un chat un chat, ce qui crée d’ailleurs un contraste charmant avec l’élégance et le timbre suave de Josiane Pinson.

Le point de vue d’Elisabeth 

THÉÂTRE DU PETIT MONTPARNASSE 

DERNIÈRE MINUTE : Prolongations jusqu’à fin mai 2014 !

31 rue de la Gaité, 75014 Paris

Du mardi au samedi à 19h

Le dimanche à 17h

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LA COMTESSE D’ESCARBAGNAS – Le FUNAMBULE MONTMARTRE

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Très, très déçue par ce spectacle qui m’avait pourtant séduite sur le papier. Certes, de l’enthousiasme et une belle énergie au sein de cette jeune compagnie « les Oracles imparfaits », qui propose une pièce méconnue du répertoire de Molière « La comtesse d’Escarbagnas », satire sur la société de province, où se croisent comtesse vaniteuse, valets incultes, jeune première, vicomte secrètement amoureux…. Malgré l’implication et le plaisir des jeunes comédiens à être sur scène, 1 heure 10 d’ennui total devant ce spectacle au final mal ficelé et peu abouti : interprétation poussive à la limite de la caricature, mise en scène simpliste, décor ultrarudimentaire. Pas convaincue hélas…

Le point de vue d’Elisabeth 

http://www.funambule-montmartre.com/

RIEN NE SE PERD – LE PETIT HEBERTOT

RNSP-WEBEmballée par le spectacle « RIEN NE SE PERD » hier soir au PETIT HEBERTOT !

RIEN NE SE PERD, ce sont 5 comédiens, tous plus talentueux les uns que les autres, qui « recyclent » les plus belles et plus célèbres répliques du théâtre classique au service d’une comédie sur vitaminée, pleine d’humour et forcément …décalée ! Tous les « ingrédients » du drame classique sont au départ réunis: la reine folle et toute puissante, une belle princesse à marier, le traître démoniaque, un prince charmant et loufoque, la coquette prête à tout. Aventure, chevauchée, passion contrariée, trahison, …L’amooouur finira-t-il par triompher ? Ce scénario revu et (légèrement !) corrigé pour l’occasion permet aux comédiens de déployer tout leur talent dans une succession de tableaux déjantés mais dont l’intrigue se suit parfaitement. Et comme rien ne se perd et qu’on ne se limite pas à recycler uniquement les textes des classiques, cartonnages, emballages alimentaires, produits d’entretien, boites à chaussures et même capsules chères à un certain George G. ont été mis à contribution pour confectionner de costumes….100% récup. Attention les yeux !

Au final, un spectacle très drôle, enlevé, rythmé, et ponctué par une bande son inspirée qui apporte beaucoup de charme et de peps à l’ensemble. La mise en scène de Béatrice de la Boulaye, est originale et créative mais toujours au service d’un spectacle parfaitement cohérent. Il faut souligner au passage la belle prouesse de faire enchaîner pendant une heure et demie les plus belles répliques de Molière, Goldoni, Shakespeare, Marivaux, Tchekhov et tant d’autres. Et puis, mention spéciale aux cinq comédiens (Cindy Doutres, Blandine Bury, Vincent Londez, Romain Vissol, Diana Lazlo) qui s’en donnent à cœur joie, aussi complices entre eux qu’avec le public. Frais et décomplexé !

Un grand BRAVO au collectif LA BOUEE, qui avait déjà rencontré le succès avec une belle adaptation de « L’écume des jours » en 2009.

Allez les applaudir !

Le point de vue d’Elisabeth 

RIEN NE SE PERD

Théâtre du Petit Hebertot 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Du mercredi au samedi 21h30 jusqu’au 26 avril

Copyright visuels ©labouee

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DÉSHABILLEZ-MOTS 2 – L’EUROPÉEN

affiche-déshabillez-mots-n-2Prenez deux comédiennes pleines de peps, ajoutez des textes ciselés, saupoudrez d’un zeste d’impertinence, secouez bien fort et servez frais !  Voici  Déshabillez-mots 2, un spectacle réjouissant servi par un duo de comédiennes espiègles et complices, qu’on imagine très bonnes copines dans la vie ! Fortes du succès de leur premier opus en 2011, Léonore Chaix (la blonde) et Flore Lurienne (la brune) rempilent pour un nouveau spectacle à l’Européen dans lequel elles incarnent, illustrent, décortiquent des mots de la langue française comme de vrais personnages, en proie à des états d’âme. Passent ainsi à la moulinette du duo les mots improbables tels que : « politesse », « perfection », « exigence », « quiproquo », « lâcher-prise »… Mention spéciale au passage pour l’interprétation des signes de ponctuation (le point-virgule : un régal !). Mais chuttt ! N’en dévoilons pas trop… On feuillette en tout cas pendant une heure et demie les pages d’un dictionnaire virtuel avec gourmandise et délectation. Les différents tableaux du spectacle permettent à Léonore et Flore de déployer tout leur talent de comédiennes et leur don pour l’écriture. Il y a du Raymond Queneau dans l’air. Spectacle drôle, singulier, culotté ! Laissez le charme agir….

Le point de vue d’Elisabeth 

DERNIÈRE MINUTE : Nouvelles représentations du 16 octobre 2014 au 4 janvier 2015

L’EUROPÉEN,  5 rue Biot, 75017 Paris

Site officiel DÉSHABILLEZ-MOTS 2

LE MISANTHROPE – THÉÂTRE de L’OEUVRE

misanthrope-affiche-largeAprès les facéties de Régis Mailhot, il me tardait d’aller voir LE MISANTHROPE mis en scène par Michel FAU au THÉÂTRE DE L’OEUVRE. C’est chose faite !

Le Misanthrope, c’est l’histoire d’Alceste et Célimène. Alceste haït la société des hommes, ses codes, son hypocrisie et ne rêve que de sincérité. Mais il est secrètement amoureux de Célimène, jeune coquette qui fait tourner le cœur des hommes et manie l’intrigue et l’hypocrisie à ravir. Lui n’est que noirceur et intransigeance. Elle n’est que préciosité et frivolité, emprisonnée dans les carcans de son époque. Deux âmes en souffrance qui s’aimeront, se confronteront jusqu’à la rupture et l’exil inévitable.

Michel Fau s’attaque au classique des classiques avec un parti pris scénographique et artistique qui séduira ou ne séduira pas mais ne laissera personne indifférent. « Il faut rêver le XVIIème siècle, profiter du style baroque de l’œuvre et exploiter l’alexandrin qui est le vers noble, pour mettre en lumière un monde décadent et raffiné, précieux et féroce » indique-t-il dans sa note de metteur en scène. Pari fort réussi de ce point de vue. Dès le lever du rideau, on est plongé dans une esthétique sophistiquée, saturée de couleurs, de rubans, de strass, un vrai « bling bling » Grand Siècle. Il faut noter le soin tout particulier apporté aux costumes, perruques et maquillages, tous plus superbes les uns que les autres et parfaitement sublimés par la lumière chaude et intimiste de Joël Fabing.

A ce régal des yeux s’ajoute celui des oreilles car Michel Fau aime la langue du XVIIème et le respect des 12 syllabes de l’alexandrin. Le texte est servi par un casting masculin remarquable, à commencer par Michel Fau/Alceste qui fait résonner les vers de manière résolument moderne et sait, d’un regard, d’une posture, d’un silence jouer toute la gamme d’émotions du sombre Alceste. J’ai trouvé Jean-Pierre Lorit très convaincant en sage et raisonnable Philinte (quelle voix, quelle diction !) ainsi que Roland Menou et Frédéric le Sacripan qui jouent leur partition de « petits marquis » avec beaucoup de talent, tout en préciosité et ridicule. Et puis coup de cœur personnel pour Jean-Paul Muel qui campe en Oronte un poète pédant surpoudré et surperruqué absolument irrésistible et déclenche les rires du public dès la pointe de son soulier posée sur scène. J’ai été sincèrement moins séduite par la distribution féminine. Je suis restée sur ma faim notamment pour les duels Célimène/Arsinoé, que j’attendais plus mordants et féroces.

Du bel ouvrage dans tous les cas!

Le point de vue d’Elisabeth 

 

LE MISANTHROPE, jusqu’au 9 mars 2014

Théâtre de l’Œuvre, 55 rue de Clichy (Paris 9ème)

En savoir plus

Copyright visuels MARCEL HARTMANN 

REPRISE DES HOSTILITÉS – THÉÂTRE du PETIT SAINT MARTIN

Mise en page 1Il ne manque pas de charme REGIS MAILHOT : sourire ravageur, œil pétillant, costume impeccable et débit bien rythmé, il nous fait passer un très bon moment avec son spectacle «REPRISE DES HOSTILITÉS», qu’il joue actuellement au THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN. Seul en scène avec pour tout décor, pupitre, bureau, et piles de cartons, Régis Mailhot s’adonne à son exercice favori pendant une heure et demie: un regard sans concession sur notre société et ses contemporains. Et il s’en donne à cœur joie en appuyant généralement là où ça fait mal : les politiques, la religion, le mariage pour tous, le célibat, les femen, les profs, les grèves, le trou de la sécu,…le tout ponctué régulièrement par un « c’est un skeeeeetch….. ! » quand ça fait un peu trop grincer des dents. Au programme : impertinence, corrosion, esprit poil à gratter pour dire STOP à la bêtise et au politiquement correct.

Si vous aimez l’esprit chansonnier, allez-y. C’est jusqu’au 12 avril !

REPRISE DES HOSTILITES au Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris 10ème)

Et merci encore à Fous de théâtre 

Le point de vue d’Elisabeth 

PARIS DES FEMMES – THÉÂTRE des MATHURINS

image (1)Salle comble hier soir pour la troisième et dernière soirée du festival PARIS DES FEMMES, qui s’est tenu du 10 au 12 janvier au théâtre des Mathurins.

Paris des Femmes est né en 2011 sous l’impulsion de 3 femmes : la journaliste, romancière et scénariste Michèle FITOUSSI, la dramaturge, romancière et comédienne Véronique OLMI et la directrice artistique du festival  de la correspondance de Grignan Anne ROTENBERG. Partant d’un constat simple (75 % des auteurs de théâtre sont des hommes, les femmes sont peu nombreuses dans le spectacle vivant), elles décident de créer un festival mettant à l’honneur des textes de théâtre exclusivement écrits par des femmes. Ce festival a pour objectif « de mettre en avant les femmes, qu’il s’agisse des auteures, des metteures en scène ou des interprètes pour qu’on ait autant de femmes que d’hommes sur le plateau ».Maîtres-mots de l’aventure : convivialité, plaisir mais aussi « lutte contre la morosité ambiante » comme l’a rappelé hier soir Michèle Fitoussi en ouverture de la soirée.  Dans le projet également, des metteurs en scène chargés de mettre en espace textes et comédiens à l’occasion de lectures-spectacles.

9 romancières et dramaturges  venus d’univers différents (Emilie Freche, Florence Huige, Carole Martinez, Véronique Olmi, Fabienne Perineau, Blandine le Callet, Karine Tuil, Delphine de Vigan, Alice Zeniter) ont répondu à l’appel de Paris des Femmes 2013 en composant chacune une pièce courte (4000 mots, 20-30 minutes, 1 à 3 personnages maximum) et sur un thème imposé (cette année, La vie, mode d’emploi, après Guerres et paix en 2012 et De bruit et de fureur en 2011). Durant les 3 soirées du festival aux Mathurins (partenaire de la première heure), 3 pièces sont présentées chaque soir.

Hier, sur scène et pour tout décor, 4 tabourets rouges, quelques piles de cartons et 7 comédiens, textes en main, qui se succèdent pour donner vie aux textes d’Alice Zeniter (D’une infinie élégance), de Karine Tuil (La quarantaine)  et de Florence Huige (Clémence ou comme si). Monologue dépressif, crise fraternelle, tête-à-tête conjugual et autant de tranches de vie pour symboliser pêle-mêle : la quête du bonheur, le deuil  la maladie, l’amour de soi et des autres, les doutes qui jalonnent notre vie. Les textes sont tous portés par de très bons comédiens, impliqués, généreux et rompus à l’art très difficile de la lecture. Mention spéciale à Raphaël Mezhari, que j’ai trouvé formidable dans son rôle de dentiste armé et suicidaire, en proie à une crise existentielle. Ces lectures donnent d’ailleurs beaucoup d’originalité et de fraîcheur au spectacle : ni représentation classique,  ni genèse d’une pièce, on se sent comme un spectateur privilégié venu « voler » un moment de répétition.  Le charme opère dans tous les cas, on reviendra applaudir les nouveaux protagonistes du Paris des Femmes 2014. Longue vie au collectif et comme le précise Michèle Fitoussi, « c’est artistique mais on ne se prend pas au sérieux, nous sommes joyeuses ! ». Nous aussi !

Le point de vue d’Elisabeth 

http://parisdesfemmes.blogspot.fr

Recueil des textes PARIS DES FEMMES 2013, c’est ici

NOBLESSE ET BOURGEOISIE – LA COMÉDIE ITALIENNE

ComIta Noblesse afficheJ’ai eu spontanément envie de soutenir Attilio MAGGIULLI, le directeur de la Comédie Italienne, qui a fait la une des médias cette semaine en enfonçant les grilles de l’Elysée pour dénoncer le manque de subventions, mettant en péril son activité. J’ai apporté ma (toute) petite pièce au combat en allant voir la pièce  « NOBLESSE ET BOURGEOISIE » de Carlo Goldoni, dans ce théâtre unique en France, qui programme un répertoire exclusivement italien depuis 40 ans.

Et c’est vrai qu’il faut soutenir le spectacle vivant, surtout quand c’est de qualité ! Une fois les lumières éteintes, le rideau tiré, vous voilà transporté dans le XVIIIeme italien où se joue une comédie d’intrigue familiale : une épouse douce et vertueuse (formidable Hélène Lestrade) trompée outrageusement par son vicomte de mari retrouvera honneur et dignité, grâce à son intelligence, sa ruse, sa patience, …et la complicité de ses valets, délicieusement futés. On prend plaisir, dès la première minute et la présentation des personnages, à plonger dans cette comédie qui fait la part belle aux ingrédients du genre: arlequin virevoltant, servante accorte, valet ivrogne, comte cynique, marquise jalouse,….Il faut souligner le soin particulier apporté aux costumes, perruques, maquillages et …masques vénitiens. Bel hommage d’Attillio Maggiulli à la commedia dell’arte.

Une trame somme toute simple – ce n’est peut-être pas la meilleure pièce de Goldoni – mais l’énergie et le talent des comédiens, tous vraiment formidables avec mention spéciale à Guillaume Garnaud dans le rôle de la marquise Beatrice, et David Clair dans celui du comte Ottavio, donnent à la pièce épaisseur, fantaisie, et rythme. On pourra regretter quelques éléments de mise en scène répétitifs (entrée en scène de la servante notamment) et mimiques un peu forcées mais l’ensemble est une vraie réussite qu’il faut saluer et aller applaudir.

Bon courage à la Comédie Italienne. Tenez bon !

DERNIERE MINUTE : la mobilisation s’organise pour sauver le théâtre, une pétition est en ligne, l’appel aux dons est lancé.

Pour signer la pétition, c’est par là

Le point de vue d’Elisabeth 

http://www.comedie-italienne.fr/

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