LE TARTUFFE – THÉÂTRE DE LA PORTE SAINT-MARTIN

vz-b829b905-6383-43c5-b2c6-27d6bf20a2f5♥♥ Bien déçue par Le Tartuffe de Michel Fau, annoncé comme l’évènement de cette rentrée théâtrale ! Les papiers sont quasi tous dithyrambiques et les louanges pleuvent sur la qualité du spectacle, les partis pris de mise en scène, l’excellence de la distribution, l’interprétation au sommet du duo Bouquet/Fau, … Lire la suite

NÉVROTIK-HÔTEL – LES BOUFFES DU NORD

♥♥♥♥ Première pièce 2017, premier coup de cœur très attendu, soyons honnêtes! Après « Fleur de Cactus » et « Un Amour qui ne finit pas », l’irrésistible Michel Fau nous revient plus diva que jamais dans son dernier opus : l’inclassable et désopilant NÉVROTIK-HÔTEL, à l’affiche des Bouffes du Nord pour 6 dates parisiennes (seulement !). Pour celles et ceux qui comme moi gardent un souvenir impérissable du désormais culte Récital Emphatique, il vous reste encore trois soirs pour découvrir ce spectacle savoureux, kitchissime et décalé de Michel Fau. Le comédien, fidèle à son personnage de diva assoluta, y campe cette fois-ci Lady Margaret, diva d’un autre temps,  venue oublier un amour perdu dans un hôtel de la côte normande. Mais à peine installée, la voilà qui s’entiche du jeune groom et lui propose un marché à la fois pathétique et délicat…

A la fois tour de chant et pièce de théâtre, Névrotik-Hôtel (trame et dialogues : Christian Siméon) offre une pièce dramatique et musical unique en son genre. Et en la matière, Michel Fau excelle ! Robe lamée, mise en plis platine, maquillage grand soir, solitaires scintillants, talons dorés, il suffit qu’il apparaisse sur scène et « pousse » la première note pour faire fondre un public littéralement sous le charme de son jeu et de son interprétation drôlissime. Volubile et dramaturgique à souhait, il/en fait des tonnes et l’on savoure chacune de ses mimiques, œillades, déhanché avec un plaisir immense…Exercice « casse-gueule » que le travestissement, mais Michel Fau tient là son univers et la signature qui en font un grand artiste! On croyait le connaître, mais entouré de trois musiciens live et du comédien-chanteur-acrobate Antoine Kahan, il nous a encore une fois émerveillé hier soir.   

Signé Elisabeth 

NÉVROTIK-HÔTEL

Les Bouffes du Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris (Metro La Chapelle)

Vendredi 6 janvier et samedi 7 janvier à 20h30 , dimanche 8 janvier à 16h

Crédit photos : Marcel Hartmann 

 

LE RÉCITAL EMPHATIQUE – THÉÂTRE de L’OEUVRE

recital-affiche-largeIRRÉSISTIBLE ! Un  petit bijou de spectacle qui ne ressemble à aucun autre ! J’ai été littéralement scotchée par Le Récital Emphatique de et avec Michel Fau, au théâtre de l’œuvre mercredi dernier. Michel Fau, je l’avais découvert cet hiver dans Le Misanthrope. Mais pour ce Récital, il troque les habits du sombre et tourmenté Alceste pour incarner une diva-tragédienne baroque, fantasque, déglinguée – mix improbable de Bianca Castafiore, Sarah Bernard et Montserrat Caballé réunies ! – et offrir un tour de chant burlesque et décadent.  On l’aura compris, le spectacle est un hommage vibrant et jubilatoire aux cantatrices d’opéra et aux tragédiennes disparues, qui ont toujours fasciné M. Fau. « Je me moque, certes, mais ce spectacle est aussi une cérémonie funèbre, un hommage à des femmes disparues » souligne-t-il. Et pour faire revivre le mythe de la Diva Assoluta, Michel Fau ne lésine pas : drapé d’une robe lamée or, juché sur des escarpins aiguille, choucroute brushingée, cils XXL et eyeliner outrancier, il est méconnaissable et irrésistible !  Seul, ou plutôt seule en scène, avec son pianiste (le parfait Mathieu El Fassi), il revisite pendant 1 heure 30 monologues tragiques et airs célèbres avec une saveur, un humour et un sens de la scène incomparables! Déclinaison de la tirade célébrissime de Phèdre sous 4 interprétations (boulevard, tragédie, vieux françois, ..) qui illustre au passage tout son talent de comédien – parodie d’un texte durassien (Mékong B4), reprise du Summertime de Gershwin, Je veux de Zaz et Comme un ouragan d’une célèbre princesse monégasque, entre autres  surprises. C’est jubilatoire ! Michel Fau ne s’interdit rien, s’en donne à cœur joie et fait mouche à chaque fois. Cela aurait pu virer grotesque mais avec son talent, il peut tout se permettre. Il lui suffit d’une œillade tragique, d’un entrechat, d’un soupir éploré, d’un tremolo ou d’une roucoulade suggestive pour déclencher les rires. L’air de ne pas y toucher,  il en met des tonnes et nous fait passer une soirée exquise. On aurait aimé qu’elle se prolonge jusqu’au bout de la nuit….

Le point de vue d’Elisabeth 

LE RÉCITAL EMPHATIQUE 

Théâtre de l’Œuvre • 55 rue de Clichy, 75009 Paris

Du mardi au samedi à 21h30

Jusqu’au 19 juillet 

 

 

LE MISANTHROPE – THÉÂTRE de L’OEUVRE

misanthrope-affiche-largeAprès les facéties de Régis Mailhot, il me tardait d’aller voir LE MISANTHROPE mis en scène par Michel FAU au THÉÂTRE DE L’OEUVRE. C’est chose faite !

Le Misanthrope, c’est l’histoire d’Alceste et Célimène. Alceste haït la société des hommes, ses codes, son hypocrisie et ne rêve que de sincérité. Mais il est secrètement amoureux de Célimène, jeune coquette qui fait tourner le cœur des hommes et manie l’intrigue et l’hypocrisie à ravir. Lui n’est que noirceur et intransigeance. Elle n’est que préciosité et frivolité, emprisonnée dans les carcans de son époque. Deux âmes en souffrance qui s’aimeront, se confronteront jusqu’à la rupture et l’exil inévitable.

Michel Fau s’attaque au classique des classiques avec un parti pris scénographique et artistique qui séduira ou ne séduira pas mais ne laissera personne indifférent. « Il faut rêver le XVIIème siècle, profiter du style baroque de l’œuvre et exploiter l’alexandrin qui est le vers noble, pour mettre en lumière un monde décadent et raffiné, précieux et féroce » indique-t-il dans sa note de metteur en scène. Pari fort réussi de ce point de vue. Dès le lever du rideau, on est plongé dans une esthétique sophistiquée, saturée de couleurs, de rubans, de strass, un vrai « bling bling » Grand Siècle. Il faut noter le soin tout particulier apporté aux costumes, perruques et maquillages, tous plus superbes les uns que les autres et parfaitement sublimés par la lumière chaude et intimiste de Joël Fabing.

A ce régal des yeux s’ajoute celui des oreilles car Michel Fau aime la langue du XVIIème et le respect des 12 syllabes de l’alexandrin. Le texte est servi par un casting masculin remarquable, à commencer par Michel Fau/Alceste qui fait résonner les vers de manière résolument moderne et sait, d’un regard, d’une posture, d’un silence jouer toute la gamme d’émotions du sombre Alceste. J’ai trouvé Jean-Pierre Lorit très convaincant en sage et raisonnable Philinte (quelle voix, quelle diction !) ainsi que Roland Menou et Frédéric le Sacripan qui jouent leur partition de « petits marquis » avec beaucoup de talent, tout en préciosité et ridicule. Et puis coup de cœur personnel pour Jean-Paul Muel qui campe en Oronte un poète pédant surpoudré et surperruqué absolument irrésistible et déclenche les rires du public dès la pointe de son soulier posée sur scène. J’ai été sincèrement moins séduite par la distribution féminine. Je suis restée sur ma faim notamment pour les duels Célimène/Arsinoé, que j’attendais plus mordants et féroces.

Du bel ouvrage dans tous les cas!

Le point de vue d’Elisabeth 

 

LE MISANTHROPE, jusqu’au 9 mars 2014

Théâtre de l’Œuvre, 55 rue de Clichy (Paris 9ème)

En savoir plus

Copyright visuels MARCEL HARTMANN