Carte postale d’Avignon – 16 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesNotre séjour avignonnais touche à sa fin. Nos derniers applaudissements ont résonné hier soir à l’Espace Roseau pour la pièce « Le Nazi et le Barbier », un récit écrit par l’auteur allemand Edgar Hilsenrath entre tragédie et farce qui conte l’histoire d’amitié d’un allemand Max Schulz et d’un jeune juif et fils de barbier Itzig Finkelstein. Une amitié vite balayée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Max Schulz deviendra un SS « consciencieux » qui comptera des milliers de juifs parmi ses victimes, dont Itzig et sa famille. Mais, pour échapper à la dénazification, il usurpera l’identité de son ami d’enfance et deviendra juif aux yeux de tous, jusqu’à s’embarquer pour la Palestine à la fin de la guerre et vivre pleinement l’aventure du sionisme et la création de l’Etat d’Israël en 1948. Il deviendra un citoyen respecté. Seul  le fardeau de sa culpabilité le poursuivra jusqu’à sa mort. Les critiques étaient dithyrambiques sur cette pièce mais rien n’y a fait, je n’ai pas adhéré ! Monté à la manière d’un stand-up par Tatiana Werner avec pour seul décor un siège de barbier et quelques lettres de néon « l’homme du monde », le comédien David Nathanson, déjà vu dans « D’autres vies que la mienne » endosse tous les rôles, passant sans cesse du rôle de victime à celui de bourreau. Le texte est abrupt, violent, féroce, provocateur et souvent très cru. On aime ou …pas ! Même si la pièce a le mérite d’offrir un éclairage moins académique sur le thème du génocide juif de la seconde guerre mondiale.

LE NAZI ET LE BARBIER | Tous les jours 19h05 à l’Espace ROSEAU, 47 rue des Teinturiers, Avignon.

Je boucle ma valise et je repars à Paris dans l’après-midi. Merci d’avoir suivi le blog et nos chroniques. Nous avons fait le plein de bonnes vibrations pendant ces quatre jours. Et promis chère Avignon, nous reviendrons.

Signé Elisabeth

 

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Carte postale d’Avignon – 15 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesLe soleil continue de briller à Avignon, le mistral souffle, les spectacles s’enchaînent aussi singuliers et différents les uns que les autres. Déjà 3 pièces « au compteur » depuis la dernière chronique et une poignée d’heures pour vous en parler. Nous avons découvert hier soir au théâtre Notre Dame « Le Bestiaire des Filles Foraines » un tour de chant singulier et décalé, né de l’imagination du duo féminin Bec (Sarah Bloch au chant) et Ongles (Charlotte Gauthier au piano). Ici nos deux artistes, toutes de noir vêtues, version cabaret, ouvrent au spectateur les portes de leur univers peuplé de créatures fantastiques, un bestiaire imagé, à travers un set de quinze compositions originales. Les textes sont grinçants, féroces, toujours percutants et la prouesse artistique aboutie : Sarah Bloch possède une voix sublime (elle est la voix chantée de Christa Théret dans le film « Marguerite » sorti cet hiver) et une réelle présence scénique. Charlotte Gauthier accompagne sa partenaire avec beaucoup de talent. M’a manqué peut-être un peu de rythme et d’originalité dans la mise en scène, somme toute un peu statique à mon goût. Dans tous les cas, si vous aimez les univers entre théâtre et chansons, allez applaudir ce spectacle, qui a déjà bénéficié d’une trentaine de représentations partout en France.

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Crédit : Clémence Pogu

LE BESTIAIRE DES FILLES FORAINES | Tous les jours 21h20 au théâtre Notre-Dame, 13 rue du Collège d’Annecy, Avignon

8H30, le réveil sonne, même pas le temps d’avaler un café, on fonce plan d’Avignon en poche au théâtre du Roi-René. On pensait être quinze et c’est la foule de des grands soirs ou des grands matins, c’est selon. Il n’y a qu’à Avignon où on va au théâtre le matin et ça ne manque pas de charme. Ce matin, donc au programme Mickaël Hirsch et son spectacle « Pourquoi ? ». Nous avions croisé le comédien il y a quelques jours en train de « tracter » et il nous avait gentiment remis son flyer. « Pourquoi ? » est un seul en scène qui raconte l’histoire d’un personnage, Mickaël, qui s’interroge de la petite enfance à la fin de sa vie sur le sens à donner à sa vie. Un parcours initiatique et une trajectoire personnelle pleine de tendresse et de fraîcheur ponctués par une galerie de portraits (dont un certain Fabrice Luchini qui s’invite à la fête…). « Bonne gueule », regard pétillant, cheveux en pétard, complice avec le public, Mickaël Hirsch déroule le spectacle avec une aisance et un plaisir certains, d’autant que le jeune comédien excelle dans les mots. En digne successeur d’un R. Devos ou d’un P. Desproges, le comédien jongle avec les mots avec jubilation et même si vous n’êtes pas fan de l’humour « jeux de mots » comme moi, vous vous laisserez séduire par ce spectacle ultra tendre et rafraîchissant qui fait la part belle à la qualité d’écriture.

Crédit photos : Fabienne Rappeneau

 POURQUOI ? | Tous les jours 10h au théâtre du ROI-RENE, 4 bis rue Gravolas, Avignon

Sitôt quitté l’univers poétique de Mickaël Hirsch et de ses interrogations philosophiques sur le sens de la vie, on prend nos jambes à notre cou pour rejoindre le théâtre Actuel et assister à « Madame Bovary » qui avait été à l’affiche du théâtre de Poche Montparnasse cet hiver. Dispositif scénique minimal pour cette libre interprétation de l’œuvre culte de Flaubert. Sur scène 4 chaises, un décor champêtre, quelques instruments de musique et 4 comédiens qui interprètent, content et ponctuent musicalement le parcours romanesque et tragique d’Emma Bovary, de sa noce avec le falot Charles Bovary, à son amour passionnel pour le beau Rodolphe en passant par ses adultères avec Léon jusqu’à la ruine et le suicide final. C’est du bel ouvrage : une mise en scène inventive, une intreprétation de qualité et de vrais partis-pris artistiques mais je n’ai pas été emportée. Car, et c’est tout à fait subjectif, l’Emma Bovary que j’imagine n’est pas celle que j’ai vue sur scène (malgré le talent indéniable de la comédienne Sandrine Molaro, nommée Révélation Féminine aux Molières 2016) : ce personnage gouailleur, entière, révoltée, à la limite de la truculence, bref presque trop « vivante ». Une audace qui m’a tenue à distance de cette adaptation.

Crédit photos : B. Enguerrand

MADAME BOVARY | Tous les jours 12h05 au Théâtre Actuel, 80 rue Guillaume Puy, Avignon

Signé Elisabeth

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Carte postale d’Avignon – 14 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesLe mistral s’est levé sur Avignon et il fait meilleur marcher sur les versants ensoleillés des trottoirs. Les rues sont toujours aussi chatoyantes, le public patient aux files d’attentes, les comédiens dans les rues à la distribution des tracts, les terrasses remplies. On continue de vivre et respirer théâtre. Mais depuis hier soir, nos chroniques nous semblent bien dérisoires en regard des dramatiques évènements survenus à Nice. Nos pensées vont aux victimes de ce drame effroyable, à leurs familles et à leurs proches. La barbarie ne vaincra jamais.

LAPINS-10X15-TDBW-e144120216321714 juillet, début de soirée, foule immense devant l’un des plus célèbres théâtres avignonnais : le théâtre des Béliers. Je me fraye un passage dans la foule pour récupérer mon invitation. Ma co-festivalière Florence, inscrite sur la liste d’attente, croise les doigts pour qu’une place se libère. Bingo !  Nous pouvons rentrer. La salle est archi-remplie pour « Les Lapins sont Toujours en Retard » qui avait bénéficié d’un joli succès cet hiver à Paris. Cette pièce, c’est l’histoire de jumelles, Alice et Sandra, que tout oppose : la première, romantique et sensible, ne rêve que de douceur et du grand amour. La deuxième, est une policière de choc qui collectionne les amants. Autour de ces deux personnages et d’une galerie de portraits (le collègue policier, le psy, le petit ami transi amoureux, la copine en pleine crise de couple, …), la pièce interroge la quête de sens et du bonheur. Le décor astucieux s’articule autour de deux paravents qui permettent de passer d’un univers à l’autre avec beaucoup de fluidité. Les 5 comédiens font des prouesses et l’ensemble est plaisant et sympathique. Mais je suis sincère, j’ai l’impression d’avoir vu ce genre de pièce des dizaines de fois et il m’a manqué ce petit supplément d’âme pour adhérer.  

LES LAPINS SONT TOUJOURS EN RETARD | Tous les jours 19h20 au Théâtre des Béliers 53 rue du Portait Magnanen, Avignon

Affiche-Le-Bois-dont-je-suis-faitMais les jours ne suivent et ne se ressemblent pas à Avignon…Sur les bons conseils de Florence, on a découvert un petit bijou théâtral qui m’a littéralement conquise : « Le bois dont je suis fait » écrit et mis en scène par la compagnie QUI VA PIANO. Que se cache -t-il derrière ce drôle de titre ? Une histoire de famille. Une femme, à la veille de sa mort, décide de réunir son mari et ses deux fils pour tenter de les réconcilier. Mais entre divergences de points de vues, attentes déçues et désir d’émancipation, la réconciliation va tourner court…et laisser exploser les rancœurs enfouies et faire voler en éclat l’idéal familial. Une comédie sociale absolument épatante, formidablement écrite et interprétée par deux comédiens qui réussissent le tour de force de jouer tous les personnages avec une aisance et une fluidité exceptionnelle dans la sobriété la plus totale. Seul décor, un plateau noir, délimité à la craie, deux tabourets rouges et leur talent. Ne manquez pas cette pièce si vous êtes de passage à Avignon. En sortant de la salle, j’échange quelques mots avec une spectatrice qui me conjure (!) d’aller voir « Dans la peau de Cyrano » écrit et mis en scène par la même compagnie. Un pur moment d’émotion et l’une des meilleures pièces du festival…Le rendez-vous est pris à l’occasion d’une prochaine tournée parisienne.

Découvrir la compagnie QUI VA PIANO

LE BOIS DONT JE SUIS FAIT | Tous les jours 15h15 au Collège de la Salle, 3 place Louis Pasteur, Avignon

Signé Elisabeth

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Carte postale d’Avignon – 13 juillet 2016

Cachet_de_la_poste_-_1907_-_Palais_des_PapesChers amis lecteurs,

Nous avons pris nos quartiers d’été au Festival d’Avignon ! Une première qui sera, je l’espère, le début d’une longue série. A peine installées – notre « home sweet home » est un bel appartement situé dans un ancien pensionnat 1820, situé à quelques encablures du palais des Papes -nous plongeons au cœur de l’effervescence avignonnaise. A peine franchie la porte de l’immeuble, bercées par le léger mistral, nous sommes cernées par les centaines, milliers, millions d’affiches qui tapissent absolument tous les murs de la ville.  Nous nous amusons à sélectionner les spectacles que l’on a déjà vus, qui nous inspirent…(1416 pièces sont programmées cette année dans le festival OFF). En chemin pour aller récupérer le précieux sésame (carte d’abonnement) au village OFF , nous croisons des dizaines et des dizaines de compagnies qui « tractent » dans le jargon festivalier et, quand l’occasion se présente, nous arrêtent pour nous présenter leur pièce en moins de 12 secondes chrono. Le discours est ultra rodé et le sourire toujours chaleureux, c’est ça l’esprit d’Avignon !

AdieuMHaffmann-Avignon-affsite_1La carte d’abonnement en poche, place au théâtre ! En longeant la rue Guillaume Puy, nous entrons presque par hasard au Théâtre Actuel qui ressemble davantage à un cinéma avec ses 10 pièces programmées par jour de 10h à 22h ! Il reste des places pour la pièces « Adieu Monsieur Haffmann ».  On entre ! Et Premier coup de cœur ! La pièce, écrite et mise en scène par J. Ph Daguerre, nous plonge dans le Paris occupé des années 1940 et raconte l’histoire d’un bijoutier juif  Joseph Haffmann qui propose de confier sa boutique à son employé Pierre Vigneau et d’être caché dans sa cave pendant ces sombres heures. En échange, Pierre Vigneau accepte à la condition que M Haffmann …aient des relations sexuelles avec sa femme pour avoir un enfant qu’il ne peut concevoir biologiquement. Mais, peu à peu, Pierre Vigneau au départ bienveillant, va se laisser envahir par les doutes, l’ambition, la lâcheté jusqu’à recevoir l’ambassadeur de l’Allemagne nazie à sa table. Quel jeu jouera-t-il ? Une superbe pièce qui interroge la difficile et ambiguë position des comportements pendant la guerre. Un texte ciselé, un scenario très cinématographique, une mise en scène soignée -même si un peu trop ronronnante en 1ere partie- et une interprétation au sommet avec la partition toujours parfaite de Grégori Baquet, Molière de la révélation masculine 2014 et, soulignons le, de sa partenaire Julie Cavanna. Un très élégant moment de théâtre.

ADIEU MONSIEUR HAFFMANN | Tous les jours 17h20 au Théâtre ACTUEL,  80 rue Guillaume Puy, Avignon

FullSizeRenderEn sortant de la salle, j’échange quelques mots chaleureux avec le comédien Arnaud Dupont que j’avais interviewé cet hiver. Arnaud est à Avignon pour défendre La Reine de Beauté de Leenane au théâtre des Corps Saints. Je lui souhaite un bon festival !

Et hier soir notre grand saut dans le IN avec KARAMAZOV, mis en scène par Jean Bellorini aux carrières de Boulbon à une quinzaine de kilomètres d’Avignon, l’un des lieux mythiques du Festival.  Le grand saut car la pièce dure 5 heures 30  et qu’on rentre forcément dans une expérience théâtrale …unique. Les spectateurs sont venus en nombre soit en voiture ou par les navettes mises en place par le Festival pour se rendre dans ce site majestueux – un vaste arène surplombée par une falaise de calcaire- qui offre une vue panoramique sur toute la région. Nous nous installons en haut des gradins et nous nous enveloppons dans les couvertures gracieusement proposées aux spectateurs avertis. Et nous plongeons….

KARAMAZOV -

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

 

KARAMAZOV est tiré du chef d’œuvre « Les Frères Karamazov » de F. Dostoïevski. La pièce interroge, fidèlement au roman, les grandes questions de la religion, de la croyance en Dieu, de la moralité et du libre arbitre à travers le parricide de Fiodor Pavlovitch Karamazov, un homme impudique, vulgaire et sans principes, commis par l’un de ses trois fils : Alexeï, le benjamin, est un homme de foi ; Ivan, le deuxième fils, est un intellectuel matérialiste qui cherche à savoir si tout est permis, dans la mesure où Dieu n’existe pas ; Dimitri, leur très exalté demi-frère aîné, est un homme impétueux  divisé entre le vice et la vertu. Très conquise par la mise en scène inspirée, tantôt grandiose, tantôt intimiste de J. Bellorini  qui offre une lecture explicite de l’œuvre de Dostoïevski. Mais la vraie valeur ajoutée de la pièce : une interprétation magistrale ! La pièce est portée par des comédiens de très haut vol (mention spéciale à Jacques Hadaje dans le rôle du patriarche qui offre une composition exceptionnelle ainsi que Karyll Elgrichi dans le rôle de Katerina Ivanovna). Malheureusement la deuxième partie est moins convaincante. On perd le souffle, la dramaturgie et l’intensité dramatique installées en 1ere partie et les longs tunnels de monologue, même si parfaitement interprétés, plombent quelque peu l’ensemble. Le ciel étoilé n’empêche pas la magie de s’émousser donc. 3h10 du matin, dernière réplique, applaudissements chaleureux pour un public resté en nombre malgré le froid, la nuit, la fatigue. A demain pour la suite de nos traversées avignonnaises.

KARAMAZOV -

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

KARAMAZOV, les 15, 16, 17, 18, 19 21, 22 juillet à 21h30 aux Carrières du Boulbon (Navettes disponibles gare routière d’Avignon)

Signé Elisabeth

 

 

ITALIE-BRÉSIL 3 À 2 – LE CARREAU DU TEMPLE

26670f_9c9738aba26a49c99442998857ab8bbcC’était impossible de passer à côté. Car cette pièce, c’est un fragment fabuleux de mon enfance, un écho à des souvenirs personnels qui résonnent avec toujours autant de plaisir et d’émotion 34 ans plus tard. On est au coeur de l’été 1982, chaleur caniculaire, la Coupe du monde de football bat son plein en Espagne et la Squadra Azzura italienne, après des débuts timides dans la compétition, est opposée en quart de finale à la mythique seleçao brésilienne pour un match qui allait devenir légendaire et électriser toute une nation.

L’écrivain palermitain Davide Enia avait 8 ans à l’époque et a écrit un très beau récit sur ce morceau d’anthologie footbalistique, inspiré de ses souvenirs d’enfant. Dans le salon familial à Palerme, entouré de ses parents, son oncle, son petit frère, ses amis, vissés au nouvel écran couleurs, il nous fait revivre entre nostalgie, tendresse et humour le film de ce match à la dramaturgie quasi mystique, des 180 nazionali sans filtre fumées par l’oncle Curcuru aux 272 « Oh Con ! » del padre, en passant par les truculents rituels quasi religieux. Sur scène, le comédien Solal Bouloudnine, avec pour seul partenaire le guitariste Jean-Marc Montera, incarne avec beaucoup de talent et de générosité tous les personnages de ce « théâtre-récit ». Et relève le défi de nous tenir en haleine pendant 90 minutes, dans une langue « ultra-rythmique » fortement évocatrice, jusqu’à la délivrance finale (l’Italie gagnera finalement sur le score de 3 à 2 et sera championne du monde quelques jours plus tard). 

Ce spectacle, créé par la compagnie Tandaim et mis en scène par Alexandra Tobelaim, a déjà été joué plus de 150 fois et continue d’aller à la rencontre de tous les publics. Que vous soyez « footeux » ou pas, vous passerez un très bon moment ! Et pour tous les tifosi, je ne peux m’empêcher d’associer les visuels aux mots en diffusant quelques images…d’un certain Italie-Brésil 1982…Italia, sara sempre nel mio cuore.  

Signé Elisabeth 

ITALIE -BRESIL 3 A 2 

Le Carreau du Temple, 4 rue Eugnène Puller, 75003 Paris

Samedi 9 juillet à 19h30

Crédits photos : Compagnie Tandaim / Gabrielle Voinot / Olivier Thomas 

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THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE – SAISON 2016/2017

Si vous appréciez la poche de votre vêtement favori, la poche offerte par le supermarché de votre quartier, le couteau de poche indispensable lors de vos balades en forêt, le livre de poche indissociable de vos voyages en train, etc. il faut absolument que vous découvriez le Théâtre de Poche-Montparnasse, sis 75 boulevard du Montparnasse dans le 6e arrondissement et sa programmation 2016/2017…

• Des pièces composées par des auteurs talentueux (Stefan Zweig, Jean Racine, Jules Renard, Nathalie Sarraute, Rainer-Maria Rilke, Marcel Pagnol…) et interprétées par des acteurs de renom (Michael Lonsdale, Anne Delbée, Alexis Moncorgé, Catherine Sauval…).

• Des conférences-spectacles autour du répertoire dramatique animées par Olivier Barrot et interprétées par Manon Elezaar et Jean-Louis Cassarino.

Pour découvrir le détail de cette prometteuse programmation, sortez votre agenda de la poche de votre sac et visitez le site de ce lieu si chaleureux et convivial : www.theatredepoche-montparnasse.com

Dans l’attente du début de la prochaine saison du Théâtre de Poche, permettez-moi une suggestion : allez voir absolument « La Médiation » de Chloé Lambert, mis en scène et interprété par Julien Boisselier (entre autres). Déjà notre chronique parue voici quelques mois vous y invitait, vous ne le regretterez pas.

Le regard d’Isabelle

SAISON 16/17 à télécharger ICI 

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LES FAUX BRITISH – THÉÂTRE SAINT GEORGES

vz-47DE3262-E63E-470B-A7A2-B2673306F8BBLa pièce fut un énorme succès à Londres et c’est maintenant à Paris qu’elle remporte tous les suffrages. Après avoir fait un triomphe au théâtre Tristan Bernard l’an dernier et raflé le Molière de la comédie le 23 mai dernier, « Les Faux British » sont désormais à l’affiche du théâtre Saint Georges et c’est salle comble tous les soirs ! Difficile en effet de ne pas passer un excellent moment de théâtre devant cette pièce ultra drôle et diablement efficace. Le pitch ? Imaginez 7 amateurs de romans noirs anglais qui décident de monter sur les planches pour adapter un roman de Conan Doyle, alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds sur scène…. L’action se situe au XIXème siècle dans un manoir anglais. Par une nuit d’hiver enneigée, on découvre le corps sans vie de Charles Aversham dont on s’apprêtait à fêter les fiançailles. Sitôt est appelé sur les lieux du crime le vieil inspecteur qui démarre son enquête sur tous les protagonistes : la fiancée, le majordome,…Nos acteurs d’un soir vont donner le meilleur d’eux-mêmes pour proposer un digne spectacle mais n’est pas comédien qui veut et les petites et grandes catastrophes vont s’enchaîner à un rythme effréné : oubli de texte, élocution difficile, régisseur à contre temps, décor en carton pâte, nos apprentis comédiens vont faire les frais de leur amateurisme…

Si vous aimez l’humour décalé dans l’esprit « Les Monthy Python font du théâtre », les gags à gogo et le comique de situation, courrez applaudir « Les Faux British » qui mérite amplement son succès. Un moment de théâtre franchement réjouissant, drôle, extrêmement bien interprété qui vous fait passer une délicieuse soirée. A l’affiche jusqu’à la fin de l’année.

Signé Elisabeth

LES FAUX BRITISH

Théâtre Saint Georges, 51 rue Saint Georges, 75009 Paris

Mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h30; samedi à 18h et à 21h; dimanche à 15h et à 20h

Jusqu’au 18 décembre 2016

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC – THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD

La pièce m’avait tapée dans l’œil à la lecture de la saison 2015/2016 des Bouffes du Nord en début d’année. Bonne intuition… « Monsieur de Pourceaugnac », mis en scène par Clément Hervieu-Léger – également pensionnaire au Français – est un moment de pur bonheur théâtral et musical, qui devrait rencontrer un énorme succès !

Rarement montée de nos jours, la pièce est une comédie-ballet, genre qui préfigurera l’opéra, composée par Molière et Lully en l’an de grâce 1669 pour le divertissement du roi de France Louis XIV. Elle narre les aventures d’un gentilhomme gauche et nigaud débarqué de son Limousin natal dans la capitale pour épouser la jeune et belle Julie, promise par son père mais amoureuse d’Eraste. Qu’à cela ne tienne, les deux amoureux, aidés par des gens d’intrigue, vont user de toutes les ruses – jusqu’aux plus cruels – pour déjouer le mariage et ridiculiser le brave Pourceaugnac, contraint finalement de fuir la ville…déshonoré et travesti en femme !

Soyons honnêtes – même si l’on retrouve avec plaisir les grands thèmes « molièresques » – mariages arrangés, médecins pédants et incompétents, justice corrompue – la trame narrative de « Monsieur de Pourceaugnac » n’a qu’un intérêt limité – certaines scènes frôlant même un mauvais goût certain. Mais quel spectacle ! La mise en scène de C. Hervieu-Léger, qui n’a pas lésiné sur les moyens pour monter cette « super production », est une franche réussite ! En transposant l’intrigue dans le Paris de la fin des années 50, et en s’entourant d’une véritable « troupe » (10 comédiens/chanteurs et 10 musiciens de la compagnie des Arts Florissants – sous la direction musicale de William Christie), le metteur en scène a réussi à monter une pièce réjouissante, à l’énergie collective ultra-communicative, formidablement rythmée, sans jamais la dissocier de sa dimension musicale et chantée. Même si les scènes de danse sont moins convaincantes, elles sont largement compensées par les séquences musicales fort bien interprétées par des comédiens/chanteurs d’opéra et les scènes collectives sont admirablement mises en scène. La qualité du spectacle tient également aux comédiens qui offrent un « numéro » irrésistible. Citons en particulier Gilles Privat/Monsieur de Pourceaugnac, Stéphane Facco/le médecin et Daniel San Pedro/Sbrigani qui offrent quelques séquences franchement désopilantes (travestissement de Pourceaugnac, exposé du médecin, plainte de la femme trompée, entre autres morceaux de bravoure…).

Après les Bouffes du Nord, le spectacle sera en tournée et passera par Thiré, Versailles, Boulogne-Billancourt,..Mais si le temps vous le permet, allez ou plutôt courez applaudir cette pièce d’ici le 9 juillet à Paris ! C’est vif, réjouissant, admirablement interprété et l’on sort de ce spectacle le cœur et l’esprit légers ! 

Signé Elisabeth 

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris 

Du lundi au vendredi à 20h30, les samedis à 15h30 et à 20h30 | Jusqu’au 9 juillet 2016

Durée : 1h45 environ | Crédit photos : Brigitte Enguerand

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MOLIÈRE MALGRÉ MOI – THÉÂTRE DE LA GAÎTÉ MONTPARNASSE

vz-178545c6-8a45-4ab0-bae0-d0a3e809b136Le Bourgeois gentilhommeLe Malade imaginaireLes Précieuses ridicules, le Misanthrope, Tartuffe, l’Ecole des maris, l’Ecole des femmes…  Les titres de ces pièces de théâtre appartiennent a notre patrimoine culturel. Si leurs textes sont étudiés dans les écoles depuis plusieurs générations, trop peu d’entre nous connaissent les différentes facéties de l’existence tourmentée de leur  auteur, Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673) dit Molière.

Francis Perrin (auteur, metteur en scène et interprète) nous a concocté un spectacle d’une rare érudition sur cet auteur assuré de la protection de Monsieur, frère du Roi Soleil et du fidèle soutien de Louis XIV en personne ; aimé des femmes ; soutenu par ses amis (Boileau, La Fontaine, le peintre Mignard…), trahi par d’autres (Racine, Lulli…) ; décrié par les courtisans de la Cour mais adulé par le peuple.

Les quinze dernières années de la vie de Molière défilent, les plus prolifiques du chef de troupe de l’Illustre Théâtre, déchirées entre les joies et les chagrins, les amours et les trahisons. Le tout nous est offert emballé par de magnifiques et d’inoubliables répliques de ce grand Homme de théâtre.  

Francis Perrin nous invite à une superbe balade dans les coulisses d’une existence mouvementée pour nous faire partager son amour inconditionnel de Molière dont il a joué l’essentiel du répertoire (Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire, Le Misanthrope…). Si on peut regretter la trop grande sobriété de la mise en scène et le choix du monologue, l’interprétation fougueuse et toujours talentueuse de ce comédien hors pair (malgré quelques agacements fâcheux de la langue) les fait oublier pour notre plus grand bonheur.

« Molière malgré moi » est à partager en couples, entre amis et même en famille pour que les plus jeunes découvrent (si besoin) les plaisirs de s’exprimer dans la belle langue de Molière.

Le regard d’Isabelle 

MOLIÈRE MALGRÉ MOI

Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, 26 rue de la Gaîté – 75014 Paris

Du mardi au samedi à 19h00| Jusqu’au 10 septembre 2016

Crédit photos : Bernard Richebé

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RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST – THÉÂTRE DU ROND-POINT

Pages de RdvGareEst1Maquillage soigné, queue de cheval élégante, robe tendance, elle est assise sur une chaise, le plateau baigné par une douce pénombre. Et elle commence à nous parler sans attendre le silence du public, le point de départ d’un récit-confession qui nous emportera bien plus loin que l’on aurait pu imaginer. Au départ, il s’agit seulement de l’histoire d’une femme : son quotidien de vendeuse, sa vie de couple, son désir d’enfant. Et puis les indices pointent un à un, se font écho – son traitement au lithium, ses séances de sismothérapie, ses épisodes schizophréniques, ses allers-retours à l’hôpital Saint Anne – et nous font comprendre par bribes ce dont elle souffre : la maniaco-dépression. « Rendez-vous gare de l’Est », c’est le portrait d’une femme malade qui se livre entièrement sans fausse pudeur. Et indirectement nous donne des « clés » pour essayer de mieux appréhender la maladie invisible.  

Guillaume Vincent, l’auteur et metteur en scène de la pièce, a interrogé pendant six mois dans le quartier de la gare de l’Est une amie dépressive sur sa vie, sur sa maladie. Il a recueilli des dizaines d’heures d’entretiens. « J’ai tout gardé, même ce qui d’ordinaire est mis de côté lorsqu’on retranscrit une parole orale » confie-t-il. Il en a tiré ce monologue bouleversant, un témoignage sans filtre sur le portrait d’une femme en souffrance, dans ses moments de peur, de colère, de répit, de rechute, dans ses fragilités. 

Un moment de théâtre formidable de justesse, d’émotion vraie ! La présence lumineuse, profonde, magnétique de la comédienne Emilie Incerti Formentini, est hallucinante de naturel. Elle nous happe dès les premiers mots, nous entraîne avec elle dans les méandres et les tourments de son âme, sachant user des changements de rythmes et de ton avec une fluidité et une profondeur rares. On boit ses paroles, ses silences nous troublent. Une interprétation au sommet.   

Signé Elisabeth

RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris  – Salle Roland Topor

Jusqu’au 26 juin 2016 (relâche les lundis et le 5 juin)

Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30

Durée : 1 heure 

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Crédit : Giovanni Cittadini Cesi