LES COQUETTES – LE GRAND POINT VIRGULE

vz-e67369ef-23c9-4086-be44-3c9593f16b68♥♥♥ L’éternel féminin à l’honneur vendredi dernier ! Pendant qu’Isabelle découvrait Journal d’une femme de chambre à  La Folie Théâtre, je passais un délicieux moment devant les facéties des Coquettes ! Soit trois chanteuses, qu’on imagine aussi complices à la scène qu’à la ville, qui mélangent (belles) vocalises et humour. La blonde pinup Juliette, la rousse rigolote Lola et la brune piquante Marie nous entraînent 1 heure 15 durant dans un tour de chant plein de pep’s, de fraîcheur, de charme et d’humour…culotté ! Avec la complicité de leur pianiste Cyril,  elles abordent tous les sujets du plus « girly » aux plus tabous avec talent et dans une mise en scène diablement rythmée et efficace. Avec l’art et la manière de se mettre le public dans leurs poches en un tour de main…Une jolie performance à applaudir jusqu’au 29 avril. 

Signé Elisabeth

LES COQUETTES

Le Grand Point Virgule, 8 bis rue de l’Arrivée, 75015 Paris (Métro : Montparnasse)

Du mercredi au samedi à 19h45 jusqu’au 29 avril 2017

Vendredi 2 juin 2017 à 20h00 à l’OLYMPIA 

Crédit photos  : Hélène Pambrun

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JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

228♥♥ Fin du 19ème siècle, Célestine, la chambrière des Lanlaires à la sensualité manifeste, dénonce avec une lucidité redoutable et un humour impitoyable la condition misérable des domestiques et gens de maison. Tour à tour dévouée, manipulatrice et amoureuse, Célestine se confie dans son journal sans retenue… et sur scène sans pudeur.

Karine Ventalon – meilleure comédienne 1er rôle P’tits Molières 2015 – dans une petite robe noire sans décolleté mais très courte, avec bas noirs et porte-jarretelle, donne vie à Célestine. Etait-il nécessaire que les spectateurs entrevoient ses cuisses et son entrejambe, qu’elle mime avec un réalisme dérangeant l’acte sexuel à plusieurs reprises, pour leur faire apprécier le texte d’Octave Mirbeau (adapté par Virginie Mopin) et la sensualité de l’interprète ? La mise en scène épurée mais trop « sexe » et si crue de William Malatrat finit par déranger et occulter la beauté du texte comme l’interprétation de la comédienne qui sait autant jouer de son corps, de sa voix et de son intimité pour interpréter toute une galerie de personnages et une palette d’émotions. Version bien sensuelle. On en oublierait presque la condition des domestiques à la fin du 19ème siècle.

Le regard d’Isabelle

LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Theatre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Reprise à partir du 15 mai 2025

Durée : 1h15

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UN CAFÉ AVEC JENNIFER LESAGE-DAVID, CODIRECTRICE DE L’INTERNATIONAL VISUAL THEATRE (IVT)

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« L’International Visual Theatre, un carrefour culturel pour les sourds et les entendants »

L’International Visual Theatre (IVT) est un lieu culturel unique en France qui s’adresse aux sourds et aux entendants. Du théâtre pour tous oui mais bien plus encore ! Le lieu, niché au fond d’une charmante impasse pavée du 9e arrondissement de Paris, pourrait sembler vouloir cultiver la tranquillité mais les apparences sont trompeuses. L’IVT est une véritable « ruche » qui regorge d’activités et de projets autour de la langue des signes. J’ai eu le plaisir de partager un café avec Jennifer Lesage-David, sa codirectrice qui m’a fait découvrir son histoire et son identité. Une rencontre éminemment chaleureuse au cœur de l’hiver.

Coup de théâtre : Bonjour Jennifer, en quoi l’International Visual Theatre (IVT) est-il un lieu unique en France ?

Jennifer Lesage-David : Il est unique parce que nous sommes le seul lieu culturel en France dont le cœur de l’action est la promotion et la diffusion de la langue des signes sur une dimension culturelle très large. Quand nous sommes nés il y a quarante ans, nous étions à l’origine une compagnie de comédiens sourds qui faisaient des propositions de spectacles en langue des signes puis bilingues, puis on a fait naître un centre de formation sur la langue des signes, le premier en France, et la première maison d’éditions à éditer des ouvrages sur la langue des signes. Depuis des compagnies ont émergé sur ce thème, des centres de formation ont été créés également, mais nous sommes le seul lieu à regrouper toutes ces entités avec une volonté d’échanges et de partage.

Quelle est la vocation de l’IVT ?

J.L-D. : Notre vocation, c’est l’ouverture, la rencontre entre la culture de la langue des signes, la culture du visuel et la culture française au sens large. Avec l’objectif, après 40 ans d’activité, de s’inscrire dans la transmission auprès des jeunes générations et de partager ce très bel outil avec tous les acteurs culturels, et notamment les compagnies émergentes, qui travaillent à la promotion de la langue des signes.

Le lieu regroupe donc de nombreuses activités. Pourriez-vous nous les présenter ?

J.L-D. : Sur le plan artistique, nous disposons d’une salle de spectacles pouvant accueillir jusqu’à 185 personnes, nous diffusons et produisons des spectacles et des performances artistiques ; nous accueillons en résidence des compagnies qui travaillent sur le bilinguisme. Nous sommes également force de conseil et d’accompagnement auprès de structures comme le cinéma ou le théâtre qui veulent travailler avec des artistes sourds. Sur le plan de la formation, nous proposons des cours de langue des signes à tous les publics, sourds ou entendants, d’un niveau débutant à un niveau acquis, ainsi que des stages EN langue des signes (histoire de la langue des signes, identité sourde, et des stages artistiques  de théâtre, photo, hip hop, clown, danse,…). Et enfin nous éditons et diffusons des dictionnaires, des livres, des lexiques, des DVD,… Au total, nous sommes une équipe mixte de 23 salariés mais face au nombre d’activités, nous pourrions être beaucoup plus !

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Comment élaborez-vous votre programmation ? Sur quels critères ?

J.L-D. : Nous la construisons à quatre mains avec Emmanuelle (ndlr : Emmanuelle Laborit, codirectrice de l’IVT) en veillant à un équilibre entre spectacles bilingues mêlant langue des signes et français et des spectacles purement visuels sans paroles (danse, mime, clown, marionnettes…). Nos critères de sélection ? Nous cherchons des spectacles qui nous interpellent par leur esthétisme, leur créativité ou les messages qu’ils portent pour avoir envie de les partager avec le public et répondre à notre mission de programmation en ouvrant les esprits. Ensuite, un critère technique car notre plateau n’est pas très profond et ne permet pas d’accueillir tous les spectacles. Enfin, on n’y échappe pas hélas, un critère financier. Nous n’avons pas toujours les moyens de programmer ce que nous souhaitons. Aujourd’hui, nous proposons 10 spectacles et 10 événements par saison, soit 65 représentations par an.

Concrètement, voir un spectacle bilingue pour un entendant, c’est s’appuyer sur un surtitrage ou un interprète sur scène ?

J.L-D. : Justement pas ! L’idée c’est de ne pas faire appel à du surtitrage ou des interprètes qui sont des moyens d’accessibilité. Ce que nous souhaitons, c’est que le regard de chaque spectateur soit posé sur une proposition artistique unique; que chacun, sourd ou entendant, puisse recevoir le spectacle dans la même temporalité avec une richesse de contenu équivalent. Le défi, c’est de penser la mise en scène en bilinguisme dès le départ, de mélanger langue des signes et français. Il y a plusieurs partis-pris de mise en scène possibles, l’idée étant de trouver celle qui mettra le public à égalité et dans le même confort.

Quel est votre public justement ?

J.L-D. : Un public large et intergénérationnel : des enfants, des familles, des personnes âgées. On accueille également un public du monde entier, c’est notre caractère unique qui attire ! 

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Credit : IVT – S. Badie-Levet

Quelques mots sur l’histoire de l’IVT. Comment est né le lieu ? A l’initiative de qui ?

J.L-D. : Le projet est né il y a 40 ans par la rencontre de deux hommes de théâtre : Alfredo Corrado, un artiste sourd américain et le metteur en scène français Jean Grémion. Ils ont eu ce pari fou et magnifique de créer une compagnie de théâtre autour de la langue des signes. C’était l’époque du « Réveil Sourd », qui correspondait à la volonté des sourds de faire reconnaître leur langue, interdite pendant 100 ans (ndlr : la langue des signes a été reconnue officiellement en France en 2005). Puis la compagnie a grandi, s’est développée jusqu’à devenir un lieu, d’abord implanté au château de Vincennes puis ici à Paris.  

L’IVT fête ses 40 ans cette année !

 J.L-D. : Oui absolument ! Nous prévoyons cinq jours de festivités du 9 au 13 mai 2017 durant lesquels nous fêterons le passé et …l’avenir ! Les jeunes générations pourront rencontrer « les anciens » qui raconteront l’histoire de l’IVT et nous en profiterons pour présenter nos projets : la présentation de la master class artistique, une pédagogie plus moderne pour notre centre de formation et la saison 2017/2018…Nous avons du pain sur la planche!

Que peut-on vous souhaiter pour les 40 prochaines années ?

J.L-D. : Garder cette énergie et cette richesse de propositions, consolider nos ressources car la culture est fragile, et continuer à être soutenus pour porter nos projets. Et pourquoi pas s’agrandir car on commence à être à l’étroit ! (rire)

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Crédit : Maurice Melliet

Quelle est votre plus grande fierté ?

J.L-D. : Après la reconnaissance du public, c’est la reconnaissance politique. Les partenaires publics nous sont aujourd’hui d’un grand soutien même si le chemin a été long avant d’être reconnu comme un lieu culturel à part entière. Au départ, nous étions étiquetés « handicap » alors que ce n’est absolument pas notre créneau ! Notre créneau, c’est la culture pour tous.

Avez-vous un rêve ?

J.L-D. : Oui ! Renforcer la visibilité et la reconnaissance de la langue des signes. Elle n’a pas la place qu’elle devrait occuper, particulièrement dans l’éducation où l’enseignement en langue des signes leur est peu proposé. Les parents d’enfants sourds devraient avoir le choix entre une éducation bilingue ou une éducation oraliste. Or ce choix n’est pas possible aujourd’hui car les structures offrant une éducation bilingue sont infimes. Beaucoup pensent que l’intégration des personnes sourdes passe par l’oralisation, ce qui est à mon sens une erreur, car cela les place dans une position de rééducation et d’efforts constants. Alors que la langue des signes est une langue naturelle d’une richesse insoupçonnable qui leur permettrait d’avoir accès aux savoirs, aux connaissances, au français et représenterait un meilleur vecteur d’intégration. De plus, c’est un enrichissement pour tous !

Merci ! Et pour conclure, quel a été votre parcours ?

J.L-D. : J’ai toujours cherché à me nourrir et à explorer de nombreuses disciplines artistiques – Conservatoire d’Art Dramatique, brevet d’état en théâtre et cirque, Master 1 en études théâtrales, Master 2 en management du spectacle vivant – avec le projet de devenir administratrice de projet culturel. Parallèlement à mes études, j’ai commencé à apprendre la langue des signes à 18 ans, je me suis beaucoup investie dans les associations sourdes de Bretagne et j’ai eu plusieurs expériences d’administratrice de compagnies, de lieux culturels. Assez logiquement, j’ai intégré l’IVT en 2010 d’abord comme administratrice pendant quatre ans puis aujourd’hui comme codirectrice.

Propos recueillis par Elisabeth Donetti, avec l’aide de Pascaline Siméon/bureau de presse Sabine Arman

INTERNATIONAL VISUAL THEATRE

7 Cité Chaptal, 75009 Paris 

www.ivt.com

 

 

MOI ET FRANCOIS MITTERRAND – THÉÂTRE DE LA PEPINIÈRE

moi-et-francois-mitterrand-big♥♥♥1983. Hervé Laugier, homme simple et mythomane, érudit et rêveur, écrit au président de la République. Le secrétariat de François Mitterrand lui répond par une lettre-type : « Vos remarques seront prises en considération… ». Pour Hervé, une amitié singulière naît avec le chef de l’État. Il entreprend alors une correspondance régulière avec l’Elysée. Il raconte sa séparation d’avec Madeleine, ses vacances à Charleville-Mézières, la perte de sa chatte Tchoupette sans oublier de prodiguer quelques conseils…

D’une humanité bouleversante, « Moi et François Mitterrand », interprétée avec talent par Olivier Broche, imaginée par Hervé Le Tellier, mise en scène par Benjamin Guillard, raconte la paranoïa d’un homme solitaire, imaginatif, empreint d’un certain brin de folie. Cette petite fantaisie est très émouvante, attendrissante même, désopilante parfois. C’est surtout une véritable bouffée d’oxygène en cette période pré-électorale. A voir avant de déposer son bulletin de vote dans l’urne !

Le regard d’Isabelle

MOI ET FRANCOIS MITTERRAND 

Théâtre de la Pépinière, 7 rue Louis-Le-Grand, 75002 Paris (métro Opéra)

Jusqu’au 31 mars 2017 • Actuellement du mardi au samedi à 19h. Attention nouveaux horaires à partir du 1er mars 2017 : du mercredi au samedi à 19h et le dimanche à 15h

Durée : 1h15

Crédit photos : Raphaël Arnaud 

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VU DU PONT – LES ATELIERS BERTHIER

vu_du_pont-affiche1♥♥♥♥ Pour qui aime le théâtre, le grand et beau théâtre qui fait battre le cœur et rester bouche bée deux heures durant, il faut aller voir « Vu du Pont » mis en scène par le belge Ivo van Hove aux Ateliers Berthier. Je rédige cette chronique tout en sachant bien que les dix dernières représentations affichent complet. Quelques places sont mises à la vente chaque soir. Il est possible de s’inscrire sur une liste d’attente. Il faut tenter sa chance.

Cette pièce d’Arthur Miller (A View from the Bridge, 1955) nous plonge dans le New-York prolétaire des années 50. Edie Carbone, immigré italien, travaille comme docker dans le port de Brooklyn. Avec sa femme Catherine, il a élevé la nièce de celle-ci, la jolie Katie (remarquable Pauline Cheviller) qu’il aime comme sa propre fille. Ou un peu différemment peut-être…L’arrivée de deux jeunes cousins italiens, Marco et Rodolfo (excellents Laurent Papot et Nicolas Avinée) venus illégalement en Amérique pour y trouver une vie meilleure et l’amour naissant de la jeune Katie pour Rodolfo basculera la famille dans le drame. Un drame social aux accents de tragédie antique qui questionne les lois de l’immigration et plus largement la place de l’individu au sein d’une communauté.

Ivo van Hove a fait le choix de s’affranchir totalement d’une reconstitution historique classique pour faire évoluer ses comédiens dans un bloc rectangulaire blanc sans décor ultra moderne et ainsi faire entendre le texte, rien que le texte ! Simplicité, pureté, limpidité : la mise en scène est envoûtante, la beauté sur le plateau étonnante, la direction d’acteurs remarquable. Chaque geste est pensé, chaque silence nourri avec la formidable sensation d’une tension qui monte inexorablement tout au long de la pièce jusqu’au drame final. Éblouissant casting emmené par le très convaincant Charles Berling dans le rôle titre qui sombre dans une folie incontrôlable-même si un peu trop « bobo » à mon sens dans la peau de cet ouvrier immigré -.   Le final est saisissant. Un bonheur théâtral pur et dur.  

Signé Elisabeth

VU DU PONT

Les Ateliers Berthier, 1 rue André Suares, 75017 Paris 

Jusqu’au 4 février 2017 • Du mardi au samedi à 20h, 15h le dimanche

Représentation exceptionnelle à 14h30 le samedi 4 février 2017

Crédit photos : Thierry Depagne 

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FOLLE AMANDA – THÉÂTRE DE PARIS

folle-amanda♥♥♥ Le grand écart ! Après l’archi-dépouillé Elvira au théâtre de l’Athénée jeudi dernier, découverte de « Folle Amanda », l’un des grands « classiques » du théâtre boulevardier des années 70. Écrit par le duo Pierre Barillet & Jean-Pierre Grédy, immortalisé par Jacqueline Maillan puis repris par Line Renaud, la pièce raconte les déboires d’une ancienne vedette de music-hall complètement ruinée qui décide de publier ses mémoires pour pallier ses soucis d’argent. Mais encore doit-elle convaincre son ex-mari Philippe qui désormais ministre en exercice, tente de l’en dissuader….

Production très soignée et un excellent moment de théâtre ! J’avoue ne pas être fan du genre mais  j’ai très vite succombé au charme de cette pièce assez irrésistible! D’abord soulignons-le, dans l’exercice « casse-gueule » de la reprise, point d’opération de modernisation: tout a été gardé « dans le jus » de l’époque : univers, décors et costumes seventies, ce qui donne un charme indéniable à l’ensemble. Ajoutons un à un tous les ingrédients du parfait boulevard : un texte savoureux et ciselé qui n’a pas pris une ride, une troupe de comédiens, emmenés par l’impeccable Michèle Bernier/Amanda généreuse, « canaille » et gouailleuse à souhait, qui s’en donnent à cœur joie (mentions spéciales à Philippe Lelièvre et Pierre Cassignard), une mise en scène bien huilée, parfaitement maîtrisée, rondement menée, un décor chaleureux et très soigné. Bref, deux heures d’absolue fantaisie et sémillance ! 

Attention, 10 représentation seulement. Mais pour célébrer les cinquante ans de la mythique émission « Au théâtre ce soir » qui firent les grandes heures de l’ORTF dans les années 60/70, la pièce sera retransmise en direct sur TF1 samedi 21 janvier à 20h55. A vos postes en ces températures polaires, vous passerez un excellent moment ! 

Signé Elisabeth 

FOLLE AMANDA 

Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, 75009 Paris (métro Blanche, Pigalle)

Jusqu’au 22 janvier 2017, du mardi au samedi à 20h45, samedi et dimanche à 15h00

Diffusion en direct sur TF1 samedi 21 janvier à 20h55

Au théâtre Antoine jusqu’au 7 mai 2017

Crédit photos : Christophe Chevalin 

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RÉSISTER C’EST EXISTER – STUDIO HEBERTOT

resister%20affiche♥♥♥♥A partir de témoignages de ‘‘sans grade’’ issus de la vie ordinaire découverts au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, Alain Guyard a écrit un texte remarquable de vérité autant que d’authenticité.

Pour lui donner vie, il a confié l’interprétation de sa vingtaine de personnages à François Bourcier, un mime au talent rare. Il est tour à tour le proviseur qui s’efforce de calmer le zèle de l’un de ses professeurs par ailleurs milicien ; le mineur en grève ; le gendarme qui sauve un enfant juif ; l’agriculteur qui coupe des fils téléphoniques ; cette jeune maman qui transporte des armes ; cet homme qui joue les boîtes aux lettres ; Joseph Kessel, co-auteur du chant des partisans… Tous ces « soutiers de la gloire » issus de la Résistance Populaire qui, par de petits gestes et au risque de leur propre vie, ont fait basculer l’histoire et capituler l’ennemi. François Bourcier enfile ses costumes aussi brillamment que ses rôles et l’on reste bouche bée devant autant de virtuosité. Quelques fripes, un ou deux accessoires, trois ou quatre notes symphoniques de Beethoven et il est médecin, commerçant, maman, paysan… dans la langue, le geste, l’attitude.

Quant à la scénographie d’Isabelle Starkier, elle est d’une ingéniosité si prodigieuse que je vous laisse le plaisir de la découvrir.

Si l’interprétation, la mise en scène comme le texte sont d’une qualité rare, la thématique – résister contre la barbarie et l’oppression pour exister – est plus que d’actualité. Voilà deux bonnes raisons pour ne surtout pas manquer ce spectacle captivant, riche d’enseignements et d’humanité.

Le regard d’Isabelle

RÉSISTER C’EST EXISTER

Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris (métro Villiers)

Du mardi au samedi à 19h00, dimanche à 17h00

Du 10 janvier au 19 mars 2017

Séances scolaires (14h30) : – Mardis 24 et 31 janvier / 28 février / 7 et 14 mars 2017 – Jeudis 26 janvier / 2 février / 2, 9 et 16 mars 2017

Durée : 1h25

Crédits photos : Emilie Génaédig & Caroline Coste

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ELVIRA – THÉÂTRE ATHÉNÉE

14168♥♥♥♥ Conservatoire d’Art Dramatique, Paris, février 1940. Le professeur Louis Jouvet fait travailler une jeune actrice, Claudia, sur l’acte IV, scène 6 du personnage d’Elvire dans le Dom Juan de Molière. Entre février et septembre 1940, s’écrira alors au fil des mois et des séances de répétition la vision qu’avait Jouvet du travail du comédien. 

Le texte est inspiré des propres notes que Jouvet eu l’idée de faire notifier lorsqu’il était professeur au Conservatoire. De ces notes, Brigitte Jacques-Wajeman a tiré en 1986 une pièce de théâtre qui, avouons-le, manque un peu d’épaisseur et de dramaturgie et finit même par lasser un peu, tant la même idée, intéressante par ailleurs (l’importance du sentiment dans le travail d’interprétation) est ressassée.

Mais quel moment de théâtre ! Deux merveilles : l’interprétation et la mise en scène ! Elvira est servi par l’un des plus grands acteurs et metteurs en scène italiens, Toni Servillo, qui eut l’idée d’adapter cette pièce en italien. Il est le personnage de Jouvet (son mentor) dans le moindre souffle, le moindre geste, la moindre inflexion. Il donne, au propre et au figuré, une leçon de théâtre magistrale ! Quelle présence, quel charisme ! Un professeur comme Jouvet l’aurait aimé ! Il est accompagnée par la comédienne Petra Valentini qui est très convaincante dans son rôle de Claudia, à la fois éblouie et perdue devant le Maître. Toni Servillo signe également une mise en scène d’une pureté, d’une sobriété et d’une élégance absolue. Ni parasites, ni gratuités. Uniquement le geste, le verbe, l’intention dans un décor quasi nu. Eleganza italiana….

Le spectacle a reçu cet automne les faveurs du Piccolo Teatro de Milan et revient avec succès devant le public parisien de l’Athénée comme un hommage supplémentaire à Louis Jouvet. Hommage d’un monstre sacré à un monstre sacré, sous les yeux de l’acteur et réalisateur Roberto Benigni, venu applaudir son compatriote hier soir. Bella Italia….

Signé Elisabeth 

ELIVRA (ELVIRE JOUVET 40) dans le cadre du FESTIVAL ITALIEN 

Théâtre de L’Athénée, square de l’Opéra Louis Jouvet, 7 rue Boudreau, 75008 Paris (métro Havre-Caumartin)

Jusqu’au 21 janvier, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h

Spectacle en italien, surtitré en français 

Crédit photos : Fabio Esposito/PiccoloTeatroMilano

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MOI, CARAVAGE – LE LUCERNAIRE

affiche-moi-caravage♥♥♥♥Le Caravage est le peintre controversé du XVIIème siècle : son œuvre est autant d’un réalisme brutal que d’un érotisme troublant. Artiste rebelle dévoré par des passions amoureuses ténébreuses, il devint le maître du clair-obscur.

Cesare Capitani, très inspiré par la biographie rédigée par Dominique Fernandez (« La Course à l’abîme » éditée chez Grasset), met à nu sa vie sulfureuse avec un talent remarquable. Bien entendu, je pourrai vous la conter par le détail. Je préfère sans tarder vous inviter à rencontrer Caravage en personne au Lucernaire car Caravage, c’est lui, c’est Cesare Capitani. Sa force d’interprétation atteint le summum de l’exceptionnel.

Quant à la mise en scène de Stanislas Grassian, elle est stupéfiante de beauté et de réalisme : les tableaux du maître naissent fugacement sous nos yeux. Laetitia Favart, qui joue tour à tour une multitude de personnages, est talentueuse à souhait. Quant aux jeux de lumière, ils sont sublimes de magnificence.

« Moi, Caravage » est une œuvre d’art à l’état pur. Ex-cel-lent ! A voir absolument par les amateurs d’art comme par les amoureux du théâtre… Un des meilleurs spectacles du moment.

Le regard d’Isabelle 

MOI, CARAVAGE

Le Lucernaire, 56 rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris (métro : Vavin, Notre Dame des Champs)

Du mardi au samedi à 18h30 jusqu’au 12 mars 2017  (en italien les mardis)

Crédit photos : B. Cruvellier  

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JE PARLE TOUTE SEULE – BLANCHE GARDIN – L’EUROPÉEN

14690022743102_photo_hd_29088♥♥♥ Elle tient son micro à deux mains comme une petite fille et avec son air de première communiante, on tomberait presque dans le panneau. Mais on sait que le spectacle de Blanche Gardin est interdit aux moins de 17 ans et qu’on va en entendre des vertes et des pas mûres. Pour l’heure, elle s’est faite jolie Blanche devant la salle archi comble de l’Européen vendredi dernier pour son spectacle « Je parle toute seule » (déjà rôdé cet été à La Nouvelle Seine) : mise en plis élégante, jupe chatoyante, cache-cœur sexy, sautoir assorti, ongles vernis. « Quitte à ne pas baiser, autant ressembler à une femme de lettres » justifiera-t-elle le temps d’un spectacle-confession borderline mais qui claque!

Cette fille-là a clairement envie de nous parler. Larguée à 37 ans et solo, Blanche commence à sentir la pression sociale de ne pas avoir d’enfant à l’aube de la quarantaine sans l’ombre d’un début de changement dans les années à venir…Alors elle nous livre son spleen, ses angoisses, ses nœuds dans la tête de fille célibataire entre deux / trois réflexions métaphysiques sur tout et rien (sa famille, la mort, les attentats, le sexe, …). Elle s’épanche en mode résolument « conversation » et l’on admire au passage son talent de comédienne capable de donner l’illusion de réfléchir tout haut pendant 1 heure 30 alors que le texte est archi rôdé. On est tout ouïe, on rit (très souvent), on sourit (parfois), on décroche (de temps en temps), on y revient (toujours) et on passe finalement un délicieux moment à écouter les états d’âme d’une fille bien dans son époque qui n’a pas sa langue dans sa poche et ose presque (tout) dire ! C’est acide, désabusé, noir, cynique et on en redemande. Le spectacle qui va forcément faire un carton cet hiver.

Signé Elisabeth 

BLANCHE GARDIN  « JE PARLE TOUTE SEULE » 

L’Européen, 5 rue Biot, 75017 Paris (métro Place Clichy)

Du 4 mai au 24 juin 2017 les jeudi, vendredi, samedi à 20h30

Banche Gardin terminera la saison avec une représentation unique le jeudi 29 juin à 20h30 au Trianon 80, Boulevard de Rochechouart – 75018 Paris
www.letrianon.fr

Spectacle interdit aux moins de 17 ans

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