ŒDIPE ROI – LA SCALA PARIS

♥♥♥♥ Avec cet Œdipe roi, déjà montré au Printemps des comédiens, à Montpellier, en 2022, Éric Lacascade nous livre une adaptation limpide et puissante de la plus célèbre des tragédies grecques, écrite par Sophocle au Ve siècle av. J.-C. Dans un espace dépouillé qui ressemble à une agora, le chœur antique (Jade Crespy et Alexandre Alberts) se fait le porte-parole du public, de l’assemblée à qui Œdipe s’adresse dès le début de la pièce. Ce parti pris du metteur en scène n’est pas sans évoquer le principe même de la démocratie dans laquelle les dirigeants doivent rendre des comptes à ceux qu’ils gouvernent, donnant d’emblée une résonance contemporaine au sujet.

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DANS LES COULISSES DES THÉÂTRES DES HAUTS-DE-SEINE – EXPOSITION – ENTRÉE GRATUITE

Les archives départementales présentent leur nouvelle exposition : « Dans les coulisses des théâtres des Hauts-de-Seine ». Des textes à la mise en scène, des décors au maquillage, c’est un panorama de la création artistique alto-séquanaise et une plongée dans les coulisses du spectacle vivant qui vous sont proposés.

Le territoire compte de nombreux théâtres publics et privés, dont deux centres dramatiques nationaux et deux scènes nationales. Les archives départementales conservent les fonds des deux centres dramatiques nationaux, le Théâtre Nanterre-Amandiers et le Théâtre de Gennevilliers, et d’une scène nationale, le Théâtre 71 à Malakoff. Ces archives, couvrant une période allant de 1963 à 2015, entrent en résonance avec d’autres sources, dont les plus anciennes datent du XIXe siècle. Architecture, apprentissage, répétitions, graphisme, machineries, décors, grandes figures théâtrales… toutes ces facettes sont évoquées à travers un parcours scénographique mêlant accessoires, documents d’archives ainsi qu’une exceptionnelle collection de costumes prêtée par le Théâtre Nanterre-Amandiers.

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JE M’APELLE ADÈLE BLOOM – THÉÂTRE DES GÉMEAUX PARISIENS

♥♥♥ Hôpital psychiatrique de Providence à Halifax (Canada). Fin des années 1940. Adèle Bloom, une jeune employée de la Poste souffrant d’inadaptation sociale, vient d’y faire son entrée à l’initiative de sa mère. Dans le pavillon des « bonnes malades », tout lui semble hostile, à commencer par l’infirmière en chef, Miss Wilbord, qui l’écrase dès la première entrevue de toutes les recommandations de l’institut… Heureusement, Poppie, une internée de longue date, fantasque et énigmatique, laisse entrouverte à Adèle la porte d’une humanité perdue.

Délestée de tous ses droits dès son arrivée à l’institut Providence d’Halifax, Adèle Bloom est envahie d’indicibles terreurs : Quand pourra-t-elle rentrer chez elle ? De quels sévices fera-t-elle l’objet ? En quoi consistent exactement ce traitement à la mode par l’électricité et ces nouvelles opérations du cerveau testées par le directeur de l’établissement dans un tourbillon médiatique ? Le temps passe au rythme des rites de l’hôpital où tout lui semble hostile, à commencer par l’infirmière en chef, Miss Wilbord, tandis qu’une patiente célèbre, Rosemary Kennedy (sœur cadette de John Fitzgerald Kennedy, futur 35e président des États-Unis), glace l’atmosphère de l’institut par sa présence muette.

Je m’appelle Adèle Bloom suit le parcours romanesque et haletant d’une jeune femme écrivain dans cet asile psychiatrique canadien, de son entrée, à l’initiative de sa mère, jusqu’à sa sortie grâce à la miraculeuse parution de son livre, écrit en secret durant huit années d’internement, décrivant les traitements expérimentaux dévastateurs mis en œuvre sur sa personne. La pièce de Franck Harscouët interroge sur le pouvoir de la création, la frénésie du monde médiatique et la question irrésolue de la folie. Avec ses allures de thriller mental, s’y croisent d’incroyables faisceaux de faits réels dans lesquels sont invités les fantômes d’Adèle Hugo, de Frances Farmer, de Rosemary Kennedy et de cette figure scandaleuse de la neurochirurgie américaine, Walter Freeman, qui a connu des années de gloire médiatique avant que ses travaux soient décriés par ses pairs pour leurs mutilations irréversibles et totalement inutiles.

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DÉCOUVREZ L’AFFICHE DE LA 59e ÉDITION DU FESTIVAL OFF AVIGNON 2025

La 59e édition festival Off Avignon se tiendra du 5 au 26 juillet 2025. Le Brésil y sera l’invité d’honneur.

Pour la quatrième année consécutive, l’affiche de la prochaine édition du Festival Off Avignon a été réalisée par un étudiant de l’École supérieure d’art d’Avignon – Esaa : Luca Mira. Depuis 2022, ce partenariat invite les étudiant·es du territoire « à proposer un regard nouveau sur le festival Off Avignon », précise le communiqué de presse. Nouveau ? Plutôt nostalgique de 2024, année de l’accueil en France des Jeux olympiques.

Pour effectuer vos réservations sur Ticket’Off, il faudra patienter jusqu’à début juin.

En attendant, plus d’infos sur www.festivaloffavignon.com… et n’oubliez pas de consulter notre blog. De nombreux spectacles présents à Avignon ont déjà été découverts par Coup de Théâtre.

Le regard d’Isabelle

LES PIEDS SUR TERRE – THÉÂTRE DE BELLEVILLE  

♥♥ M. Moreau et sa fille Suzanne viennent nous raconter un épisode de leur vie qui les a transformés et a changé leur relation… À l’époque, Moreau, ex-cadre sup devenu vigile, surprend un vol de parfum par une caissière. Dilemme : la caissière est l’ancienne nounou de Suzanne. Moreau risque sa place s’il la couvre. S’il ne le fait pas, c’est elle qui perdra son poste. Peut-on défier la loi par solidarité ou faut-il garder « les pieds sur terre » ? Tel est l’élément déclencheur de ce polar social, signalé dans le dossier de presse comme légèrement mystique et joyeusement immoral, qui interroge les liens humains, sociaux, intimes et intergénérationnels.

Hercub’ aime parler avec légèreté de choses graves tout comme Gilles Granouillet, approché par la compagnie pour écrire ce texte. « J’ai mis au fond du bol la figure d’un homme déchu, ma conviction que parfois ce sont nos enfants qui nous remettent les yeux en face des trous, mon émerveillement devant la peinture du Caravage et tout particulièrement devant La Vocation de saint Matthieu, des images de Vincent Lindon dans La Loi du marché, mon goût pour le genre policier… Très éclectique ! Très très éclectique ! Le résultat ? Une farce socio–familiale ? Un polar mystique ? »

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CASANOVA, LA FABULEUSE ÉVASION – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥ Le 1er novembre 1756, Giacomo Casanova s’évade de la prison des Plombs de Venise. Le 31 décembre de cette même année, en fuite vers Paris, son chemin croise, à l’auberge de l’Esprit de Strasbourg, celui d’une espionne vénitienne chargée d’une mission : établir la complicité de son geôlier dans cette évasion. Elle convainc Casanova de faire le récit de son aventure par le menu, dont elle fera le procès-verbal afin d’inculper ou disculper son gardien. Il accepte et dans les ombres de cette nuit, des secrets vont être dévoilés.

Pendant toute une nuit, l’évadé (Frédéric Andréi) le plus célèbre de son époque révèle absolument tous les secrets relatifs à sa fabuleuse évasion à Caterina Manuzzi, charmante espionne (Isabelle Texier) au service de la Sérénissime Venise, qui l’a poursuivi au-delà des Alpes pendant deux mois. Il ne lui épargne aucun détail du moindre élément. Quant à elle, elle l’interroge encore et encore, redemandant plus d’éléments jusqu’à plus soif. Leur confrontation un brin invraisemblable inonde d’informations. Certes, le tout est intéressant mais le texte (trop) dense de Frédéric Andréi, inspiré des Mémoires de ma vie, de Casanova, empêtre tant les comédiens que la mise en scène d’Hervé Hiolle, réduite à l’essentiel, est sans originalité et n’invite aucunement le spectateur à l’imaginaire. Il ne révèle rien (ou presque) sur l’emblématique Giacomo Casanova, son charisme mythique, son mode de séduction de ses multiples conquêtes féminines comme sur ses idées philosophiques en avance sur son temps. Heureusement, des traits d’esprit égayent le propos.

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POSTE RESTANTE, ESCALES SUR LA LIGNE – THÉÂTRE DU ROND-POINT

Cécile Léna est scénographe et plasticienne. Avec sa compagnie Léna d’Azy, elle imagine et réalise des espaces miniatures, animés par des sons, des lumières et des voix, qui mettent en scène des histoires. À la croisée du théâtre, du cinéma, des arts plastiques et de la littérature, ses scénographies se vivent comme un voyage imaginaire qui plongent le public dans une narration inédite et incroyablement vivante. Pour sa dixième création, elle s’est intéressée à l’aventure de l’Aéropostale, la première ligne aérienne transatlantique créée en 1918, reliant Toulouse à Santiago du Chili. Une épopée humaine, industrielle et technologique unique sublimée par le parcours des sept architectures miniatures. Poste restante, escales sur la ligne est un petit bijou de beauté et de poésie. À découvrir absolument.

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YALLA ! – THÉÂTRE LA REINE BLANCHE

♥♥ À la frontière, face à face, un adolescent palestinien et une soldate israélienne. L’adolescent a une pierre à la main, la soldate le tient en joue. Pendant un long temps suspendu, ils se parlent sans véritablement s’entendre. Leurs deux monologues intérieurs s’entrecroisent : forts de leurs convictions, chacun raconte sa propre vision du conflit, chacun revendique l’appropriation de sa terre, l’un et l’autre hurlent leurs envies et camouflent leur désespoir. Finiront-ils par s’écouter ? À dépasser le regard des autres ? À sortir du clivage ?

Au Moyen-Orient, l’expression Yalla peut-être traduite par « vite » ou « dépêche-toi ». Elle permet d’implorer aussi le divin. En français, on la traduirait par « Ô mon Dieu » ou « Ô Seigneur ».

Yalla ! de Sonia Ristic s’inspire des événements du 15 mai 2011 : lors de la commémoration de la Nakba (l’exode des Palestiniens qui a suivi la création de l’État d’Israël en mai 1948), des milliers de Palestiniens vivants dans les camps au Liban manifestent pacifiquement à la frontière libano-israélienne. Ils ne sont pas armés si ce n’est de drapeaux et de pierres. L’armée tire, il y a une douzaine de morts et plusieurs centaines de blessés. « Les tirs ont éclaté après que des dizaines de jeunes manifestants ont franchi le cordon de l’armée libanaise pour s’approcher des barbelés et ont commencé à lancer des pierres en direction des soldats israéliens de l’autre côté », selon un journaliste du Point.

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CHEVALIERS, PRINCESSE ET DRAGON –THÉÂTRE DES MATHURINS – JEUNE PUBLIC

♥♥♥♥ Oyé, oyé, amis lecteurs, venez festoyer au son des tambourins et des troubadours au théâtre des Mathurins où se joue Chevaliers, princesse et dragon, une pièce signée Olivier Solivérès, l’une des stars du théâtre jeune public (Blanche-Neige et les Sept Nains, Les Aventures de Pinocchio… ). Une comédie familiale et médiévale absolument épatante, menée tambour battant par cinq comédiens drôlissimes. On est sortis le coeur léger et le sourire aux lèvres !

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LES GRATITUDES – THÉÂTRE DU PETIT-SAINT-MARTIN

♥♥♥♥ Quoi de pire pour une femme de mots que de sentir, avec l’âge, que ceux-ci lui échappent, qu’elle n’arrive plus à formuler sa pensée comme elle le souhaiterait ? C’est la terrible réalité – l’aphasie – à laquelle est confrontée Michka, ancienne parolière, que cette situation plonge dans le désarroi et la peur de rester seule. Voilà pourquoi elle vient solliciter une place dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Dans ce monde impitoyable qui « accueille » des personnes âgées, très âgées et du « quatrième âge », comme les qualifie non sans humour Michka, elle se heurte à un quotidien marqué par des rituels immuables et, surtout, le manque de liberté.

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