INTRA MUROS – THÉÂTRE 13

p83202_10200♥♥♥♥Le charme opère. Encore et toujours. Comme à chaque fois qu’Alexis Michalik nous raconte une histoire me direz-vous. Après les succès phénomènes du Porteur d’Histoire, du Cercle des Illusionnistes, d’Edmond (tous les trois toujours à l’affiche), l’auteur-metteur en scène revient au Théâtre 13 (celui-là même qui avait lancé « Porteur d’histoire » en septembre 2012) pour présenter sa nouvelle création « Intra Muros », un huis-clos contemporain dans l’univers carcéral. Avec Michalik, rien de très compliqué au fond. Installez-vous confortablement dans votre fauteuil, attendez sagement que les lumières s’éteignent, ouvrez grand les yeux et les oreilles et laissez-vous embarquer dans un récit qui vous captivera d’un bout à l’autre.

Cinq comédiens et un musicien investissent un plateau quasi nu : mur sombre en fond de scène, trois chaises et un tapis rectangulaire scotché au sol. Richard, professeur de théâtre, accompagné de son ex-épouse et d’une assistante sociale, vient donner son premier cours en maison centrale. Il espère une bonne affluence mais seuls deux détenus se présentent : Kevin, jeune rebelle et marginal (remarquable Fayçal Safi) et Ange, la cinquantaine, plutôt taiseux et énigmatique. Ce cours de théâtre conduira les protagonistes à se livrer, à remonter le fil de leurs vies jusqu’à un final aussi inattendu que formidablement émouvant. 

Encore une fois, la « mécanique » Michalik fonctionne à plein: mise en scène épurée, fluide, rythmée où chaque geste est réfléchi, chaque déplacement utile; des comédiens-caméléons capables de passer d’un personnage à l’autre le temps d’un changement de costume, des histoires à tiroirs qui se croisent et s’entrecroisent à travers les époques et les espaces. Le puzzle se dessine comme l’araignée tisse sa toile et inexorablement, on est happé.  Je prends le pari d’une salle comble tous les soirs. ♦

Signé Elisabeth 

INTRA MUROS

Théâtre 13 Jardin, 103 A boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris (métro Glacière)

Du mardi au samedi à 20h00, le dimanche à 16h00

Jusqu’au 16 avril 2017

NOUVEAU : Reprise au théâtre de la Pépinière, 7 rue Louis-le-Grand, 75002 Paris à partir du 14 septembre 2017

Crédit photos : Alejandro Guerrero

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FEMME FEMME FEMME – THÉÂTRE TRÉVISE

17201391_1154633044645101_3044563124901955454_n♥♥ Si vous aimez le théâtre musical 100% féminin, vous n’avez que l’embarras du choix en ce moment ! Nous avions adoré les SEA GIRLS l’an dernier à la Nouvelle Ève et LES COQUETTES actuellement au Grand Point Virgule. Nous bouclons la boucle avec les DIVALALA. Leur dénominateur commun ? Des « supers nanas » qui ne se prennent pas au sérieux et conjuguent musique, humour, glamour pour des spectacles bourrés de charme et de fraîcheur.

Sur la scène du Trévise hier soir, les DIVALALA n’ont pas fait exception à la règle avec leur deuxième spectacle « Femme Femme Femme ». Ca tombe bien, elles sont trois (excellentes) chanteuses (Gabrielle Laurens, Angélique Fridblatt et Marion Lépine) à offrir un joli spectacle musical qui explore avec humour les thématiques du couple, de l’amour et de l’éternel féminin. Leur signature à elles ? Des performances a cappella (parfois accompagnés d’instruments, dirons-nous, improbables) sur des « tubes » intergénérationnels (Léo Ferré, Ophélie Winter, Patrick Bruel, Mademoiselle K, Herbert Léonard, Beyoncé,…). Les plus du spectacle ? La maîtrise technique, le talent d’interprétation (très belle version « Avec le temps ») et la créativité du trio qui nous offre au cours de leur show quelques vraies « pépites » (« Voyage voyage » de Desireless, « Le petit bonhomme en mousse » et autres  « Casser la voix »). Ca swingue, ça chaloupe,  ça balance et ça chante vraiment bien ! Deux petits bémols personnels en revanche côté mise en scène qui manque à mon sens d’un véritable lien narratif (les chansons s’enchaînent sans véritablement de fil rouge, dommage) et côté direction artistique qu’on aurait souhaité encore plus raffinée. Dans tous les cas, les Divalala jouent les prolongations au théâtre Trévise jusqu’au 24 avril et partiront à la rencontre du public d’Avignon cet été. ♦

Signé Elisabeth 

FEMME FEMME FEMME

Théâtre Trévise, 14 rue de Trévise, 75009 Paris (Métro : Cadet ou Grands Boulevards)

Tous les lundis à 19h30 jusqu’au 24 avril 2017 puis au festival d’Avignon 2017 (Théâtre du Roi René)

Crédit photos : Charlotte Spillemaecker

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Elisabeth & Isabelle

PEAU NEUVE – LILI CROS & THIERRY CHAZELLE – CINÉ XIII THÉÂTRE

vz-b3a44926-9a80-41ad-8883-09d185a90b8e♥♥♥♥ Un petit bijou de spectacle, sans esbroufe ni artifice, concocté avec cœur, générosité et (vraiment) beaucoup de talent. Ce n’est pas un concert mais un spectacle de chansons que nous offrent Lili Cros et Thierry Chazelle, tous deux auteurs-compositeurs-chanteurs-musiciens. Dans « Peau Neuve », leur troisième spectacle après sept années de travail en commun, ils conjuguent leurs voix, leurs corps et leurs trois guitares pour offrir un récital plein de charme, de drôlerie, de tendresse et de fraîcheur.

Ici pas de micro sur pied, pas de machinerie sur scène, pas de décor. Juste elle et lui et leur bonheur de chanter. Lili, coquette, délicieusement espiègle, avec son faux air d’Amélie Poulain et sa voix « à tomber par terre » (waouh). Lui et son timbre plus rocailleux, ses doigts magiques de guitariste et son look d’artiste (qui lui a inspiré le très drôle mon hit, mon hat). Une heure trente de plaisir vrai : textes ciselés sur des thèmes intemporels (la vie, l’amour, la jalousie, le couple,…), scénographie épurée et forcément élégante, très joli jeu des lumières et bien sûr générosité et complicité du duo (le couple est uni à la ville comme à la scène). Bravo à eux, ils méritent nos applaudissements. Encore deux dates à Paris et ils partent sur les routes de France. Les dates de leur tournée ICI. ♦

Signé Elisabeth 

PEAU NEUVE

Ciné XIII Théâtre, 1 avenue Junot, 75018 Paris (métro Lamarck-Caulaincourt ou Abbesses)

Mardi 14 mars à 21h00 & mardi 21 mars à 19h00

Crédit photos : Eric VERNAZOBRE

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ALEX VIZOREK EST UNE OEUVRE D’ART – THÉÂTRE DE LA PÉPINIÈRE

alex-vizorek-est-une-oeuvre-d-art-big♥♥♥♥ Épatant l’ami Alex Vizorek ! Humoriste belge connu du public français pour ses billets d’humeur sur France Inter, il remplit les salles depuis deux ans avec son seul en scène « Alex Vizorek est une oeuvre d’art ». On m’en avait dit le plus grand bien ce qui est toujours susceptible de générer chez moi une potentielle petite déception à l’arrivée. Mais là non ! Spectacle irrésistible et hautement recommandable !

Et pourtant Alex Vizorek ne fait pas dans la facilité. Il a choisi de nous parler d’art à travers des œuvres culturelles emblématiques -musique, cinéma, sculpture, art moderne- qu’il va s’employer une heure et demie durant à analyser avec un sens aigu de l’autodérision et un talent indéniable à se mettre le public dans la poche. L’occasion de s’amuser de son regard ultra décalé et de se cultiver au passage en (re)découvrant quelques grands courants ou œuvres artistiques oubliés. Un voyage drôlissime où se côtoient Malraux, Magritte, Ravel, Bergman, Visconti, Bergson mais aussi Luis Fernandez ou Pamela Anderson! C’est fin, rythmé, intelligent, le parfait remède anti-blues du dimanche soir.  Allez-y, vous me direz. ♦

Signé Elisabeth 

ALEX VIZOREK EST UNE OEUVRE D’ART 

Théâtre de la Pépinière, 7 rue Louis le Grand, 75002 Paris (métro Opéra)

Les dimanches à 19h

Crédit photos:  Mathieu Buyse 

SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE – THÉÂTRE DE L’OEUVRE

vz-057c4dc0-b989-421f-b292-0834a1fcaaae♥♥ Ni déçue, ni conquise par « Scènes de la vie conjugale » à l’affiche du théâtre de l’Oeuvre. La pièce, mise en scène par Safy Nebbou, est inspirée du célèbre film éponyme du cinéaste suédois Ingmar Bergman (1973). Johann (Raphaël Personnaz) et Marianne (Laetitia Casta) sont mariés depuis dix ans, ont deux filles et semblent filer le parfait bonheur. Pourtant, l’amour a cédé la place à une certaine routine, les cœurs et surtout les corps ne se rencontrent plus, et les failles se font jour. Lui la quitte et c’est le départ de vingt années chaotiques, durant lesquelles le couple n’arrive plus à communiquer, se désunit, se meurtrit, se déchire, se retrouve. Autopsie d’un couple à la dérive à coups d’engueulades, de confidences, de tension sexuelle…jusqu’à une happy end ? Débat passionné entre les blogueurs présents ce soir là….

Beau spectacle mais …froid !! Beau car le texte est magnifique et le couple de comédiens pour le moins photogénique. Raphaël Personnaz sert superbement son personnage de mari lâche et faible, perdu dans ses choix, voulant rester maître de la situation. Sans conteste un grand comédien, une grande présence! Sa partenaire Laetitia Casta offre quelques très bons moments mais donne l’impression d’être un peu trop sage, un peu trop sur la réserve là où l’on attendrait plus tempétueuse et volcanique. C’est le choix de Safy Nebbou qui a misé sur une mise en scène ultra minimaliste pour révéler toute la puissance du texte (intéressant) mais dans un décor absolument glacial (dommage). Une pièce qui ne démérite pas mais qui ne m’a pas emportée. ♦

Signé Elisabeth 

SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE 

Théâtre de l’Oeuvre, 55 rue de Clichy, 75009 Paris (métro Place de Clichy)

Du mercredi au samedi à 21h00 et du samedi au dimanche à 17h00 • Jusqu’au 30 avril 2017

Crédit Photos : Pascal Victor/ArtComPress

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C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI – THÉÂTRE HÉBERTOT

affiche-cest-encore-mieux-lapres-midi♥♥♥♥Dans le bel Hôtel de l’Hémicycle, tout proche de l’Assemblée Nationale, M. Machalier, célèbre député, se prépare à un après-midi coquin avec une secrétaire du Premier ministre au lieu d’assister à un débat parlementaire de la plus haute importance. Mais la présence de sa femme dans le même hôtel et la maladresse chronique de son assistant vont déchaîner les catastrophes et une série de quiproquos de plus en plus délirants.

« C’est encore mieux l’après-midi » est sans aucun doute la comédie la plus hilarante de l’anglais Ray Cooney. L’adaptation par Jean Poiret n’a pas pris une ride. La mise en scène de José Paul est d’une précision magistrale qui fait mouche à chaque scène, elle ne laisse aucun temps mort ni aux comédiens, ni aux spectateurs. Une mention spéciale pour toute la troupe – Pierre Cassignard, Lysiane Meis, Sébastien Castro, Guilhem Pellegrin, Pascale Louange, Guillaume Clérice, Rudy Milstein, Anne-Sophie Germanaz – où chacun excelle et pétille dans son rôle quelle que soit son importance.

Ce vaudeville offre au théâtre du Boulevard ses lettres de noblesse et au public un divertissement au rythme endiablé. Catastrophes et situations cocasses en cascades. Explosions de rires de bout en bout grâce à des répliques ciselées et un humour sans aucune vulgarité. Déferlements d’applaudissements mérités aux changements de décor et au baisser de rideau final.

Allez au théâtre Hébertot en après-midi ou en soirée, une heure trente de pur bonheur assuré. N’oubliez pas vos mouchoirs : vous allez pleurer de rire !

Le regard d’Isabelle

C’EST ENCORE MIEUX L’APRES-MIDI

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris – Métro : Rome (ligne 2) – Villiers (lignes 2 et 3).

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h30, le dimanche à 15h00.

Jusqu’au 26 mars 2017

Crédit photos : Lot

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LA LEÇON DE PHOTOGRAPHIE – THÉÂTRE SAINT-GEORGES

affiche_285x427♥♥♥ Il fut le photographe du légendaire Studio Harcourt de 1984 à 2007. De ces décennies derrière l’appareil à tirer le portrait de stars de cinéma, de personnalités mais aussi de nombreux anonymes, Pierre-Anthony Allard a conçu et co-écrit avec Henriette Chardak une conférence-spectacle intitulée « La Leçon de Photographie ».

Ici point de leçon en réalité. P.A Allard préfère nous inviter à feuilleter son grand album à souvenirs : la naissance de sa vocation, son parcours d’autodidacte, ses rencontres marquantes (Jean-Loup Sieff), la vision de son métier de portraitiste (artisanale et humaine), son style noir et blanc (la signature Harcourt) qui sculpte les visages et révèle les personnalités, ses anecdotes insolites de prises de vue (épisode du macchabée) qui ont jalonné sa carrière…

Nous étions une petite centaine mardi dernier à découvrir en avant-première des extraits de ce spectacle qui fera l’objet de cinq représentations (seulement) au théâtre Saint Georges de mars à mai. Pierre-Anthony Allard n’est pas comédien, le verbe est parfois hésitant, le geste imprécis, les enchaînements hasardeux mais là n’est pas l’essentiel, c’est un artiste chaleureux, éminemment sympathique, amoureux fou de son métier qui se lance dans cette aventure pour défendre et transmettre une certaine vision de son art et de son rapport aux autres. Prometteur spectacle qui plaira à tous les amateurs d’images mais pas que. Et si vous êtes chanceux, vous aurez peut-être la chance d’être photographié en direct sur scène façon Harcourt. Mais ne surtout ne dites pas cheeese, Pierre-Anthony vous expliquera  que c’est au photographe de comprendre et révéler le sourire. 

Signé Elisabeth

LA LEÇON DE PHOTOGRAPHIE

Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, 75009 Paris (métro Saint-Georges)

5 représentations seulement : les 14 et 28 mars à 20h30 • Le 11 avril à 20h30 et le 23 avril à 17h00 • Le 7 mai à 17h00

Durée : 1h30

STAVANGER – STUDIO HÉBERTOT

vz-67cab3e7-5327-4c51-8808-ed25f02145d1♥♥ L’avocate Florence Bernstein vient de convaincre un jeune homme, Simon, de ne pas rester allongé sur les rails du quai n° 5. Choqué, désemparé, il accepte de la suivre chez elle. Dans cet appartement très chic, tout de noir et d’argent, où elle lui offre du champagne et du foie gras il est comme perdu. Elle est élégante, calme, sereine. Il a froid, est replié sur lui-même, nerveux, instable. Elle semble savoir quelque chose qu’il ignore. Le temps semble suspendu. Ils ont quelques heures pour échanger sur leur vie, leur passé, et pourquoi pas sur leur avenir jusqu’à ce qu’ils se trouvent un point commun : la ville portuaire de Stavanger en Norvège. Une coïncidence ?

Si la première pièce d’Olivier Sourisse révèle une écriture ciselée ménageant des rebondissements et une fin troublante ; une direction (Quentin Defalt) comme une interprétation d’acteurs remarquables (Sylvia Roux et Thomas Lempire) ; une très belle qualité esthétique de la lumière et de la bande son, ce secret de famille enfouit sous un amoncellement de non-dits est lourd autant à dévoiler qu’à partager par le public. Ces deux écorchés vifs, qui ont tant de zones d’ombres à divulguer, sont trop verbeux et sans optimisme dans l’avenir. Quant au final, il est si surprenant qu’on lui accorde difficilement de la crédibilité. Aussi, cet embarquement pour Stavanger ne nous a pas pleinement conquis.

Le regard d’Isabelle

STAVANGER

Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris (métro : Rome, Villiers)

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h.

Jusqu’au 29 avril 2017.

Durée : 1h15

Crédit photos : Patrick Courtois 

LA FÈVE DU SAMEDI SOIR – THÉÂTRE DE DIX HEURES

feve-e1484774648961♥♥♥ Pierre est un quadra vieux garçon, qui travaille au Ministère des Finances, célibataire et proche de sa mère. Son rayon de soleil : une présentatrice météo, Barbara Sunshine, qui officie sur une chaîne de la TNT. Barbara est sa nouvelle voisine de palier. Elle débarque un soir chez lui en plein chagrin d’amour, enfermée dehors car sa porte a claqué alors qu’elle était dans le couloir… Mais Andréas ne tarde pas à venir lui rendre visite.  

La comédie d’Eric Delcourt, Une fève du samedi soir, est riche en quiproquos et rebondissements. Mise en scène hardie. Dialogues hilarants. Les trois comédiens – Justine Bruneau,  Renaud Roussel, Patrick Veisselier – sont excellents. Cette galette est délicieuse. A déguster absolument. On y rit de si bon cœur. 

Le regard d’Isabelle 

LA FÈVE DU SAMEDI SOIR

Théâtre de Dix Heures, 36 Boulevard de Clichy, 75018 Paris.

Du jeudi au samedi à 21h, le samedi à 17h. 

Durée : 1h15.