HÉLÈNE APRÈS LA CHUTE – THÉÂTRE DE L’ÉPÉE DE BOIS (vu à la Criée, à Marseille)

♥♥♥♥ Simon Abkahrian réinterprète brillamment le mythe d’Hélène de Troie, en imaginant les retrouvailles de la reine et de son mari Ménélas, roi de Sparte – qu’elle a quitté pour Pâris, déclenchant la guerre entre Grecs et Troyens –, après la chute de la ville de Troie. La pièce s’ouvre sur l’image splendide d’un tissu qui ondule et se déploie sur la scène telle une vague géante. En fond de scène, la silhouette de Ménélas au milieu des flots, épée à la main. La guerre de Troie s’est terminée dans le bruit et la fureur, et par la victoire écrasante des Grecs.

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DENVER, LE DERNIER DINOSAURE – THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE (JEUNE PUBLIC)

♥♥♥♥ 1985. États-Unis. Une bande de jeunes Californiens découvre dans un terrain vague un mystérieux œuf de dinosaure. Le gigantesque bébé est baptisé Denver par ses nouveaux amis. Ils deviendront très vite inséparables. Malheureusement, il devient la cible d’un producteur véreux prêt à tout pour s’enrichir…

Fans du mythique dessin animé des années 1980 Denver, le dernier dinosaure, Arthur Jugnot et Guillaume Bouchède l’ont adapté pour la scène. Et c’est un total succès ! Les tableaux s’enchaînent à un rythme effréné pendant une heure trente pleine de bonne humeur. Que d’aventures et de rebondissements ! Les répliques font mouche, les musiques sont mémorables, les paroles des chansons à hurler de rire, les chorégraphies endiablées. Même les changements de décors sont l’occasion de belles ou surprenantes surprises. Pas un temps de répit, pas une seconde d’ennui. Petits et grands restent attentifs d’un bout à l’autre. Les multiples interactions avec le public sont totalement déjantées. Formidable coup de chapeau aux neuf comédiens-chanteurs-danseurs débordant de vitalité et d’humour.

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BLACK LEGENDS – La Scène Musicale

♥♥♥♥ La silhouette d’un esclave apparaît sur le tristement célèbre Code noir ; en 1685, il donnait tous les droits aux propriétaires blancs occidentaux. L’homme se déploie à partir du sol, se lève, retombe… Quelques instants plus tard, il devient l’un des premiers danseurs du Cotton Club, ouvert à Harlem en 1920. Ainsi s’ouvre Black Legends. Cette magnifique fresque musicale en 36 tableaux retrace presque un siècle de la musique afro-américaine : du Cotton Club à l’élection à la Maison Blanche de Barack Obama en passant par la lutte pour les droits civiques.

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LE PETIT CHAPERON ROUGE (vu au THÉÂTRE DE LA HUCHETTE)

♥♥♥ Dans une toute petite maison perdue dans une forêt lointaine vivent une petite fille, une maman et un creux d’amour au milieu. Dans cette toute petite maison règne en maître l’ennui assourdissant. Mais que va-t-il se passer lorsque la petite fille aura réussi à faire un gâteau pour sa grand-mère ? Lorsqu’elle ira seule dans la sombre forêt au milieu des grands arbres ? Lorsqu’elle rencontrera cette bête véritablement monstrueuse ?

Le Petit Chaperon rouge revu par Joël Pommerat, c’est une grande part narrative avec très peu de dialogues pour ne retenir que l’essentiel de l’histoire.

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LES SOEURS HILTON – THÉÂTRE DES BOUFFES-DU-NORD

♥♥♥ Le duo multimoliérisé Christian Hecq-Valérie Lesort s’empare du destin flamboyant et tragique de deux soeurs siamoises pour tisser un spectacle très singulier aux frontières du théâtre, du cabaret et du music-hall. Esthétiquement irréprochable, celui-ci peine néanmoins à trouver son rythme et à dégager une réelle émotion. Restent quelques moments d’éclat et une mise en scène créative à souhait.

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DENVER LE DERNIER DINOSAURE – THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE (JEUNE PUBLIC)

♥♥♥♥Les vacances de la Toussaint approchent, c’est l’occasion d’emmener nos chères têtes blondes à la découverte de spectacles. Pour les 5-8 ans, mon conseil, direction le (splendide !) théâtre de la Renaissance et son « crazy musical show » Denver le dernier dinosaure, auréolé d’une nomination pour le meilleur spectacle jeune public aux Molières 2024. À l’écriture et la mise en scène, Arthur Jugnot et Guillaume Bouchède, qui ont su adapter avec beaucoup de panache le dessin animé culte de 1988. Énergique, drôle, culotté, le plus sympathique des dinos a fait vibré la salle avec ses aventures ! Un sans-faute !

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PAUVRE BITOS ou LE DÎNER DE TÊTES – THÉÂTRE HÉBERTOT

♥♥♥♥ Dans une petite ville de province, un groupe d’amis de la bonne société se donne rendez-vous pour un « dîner de têtes ». Chacun doit se faire la tête d’un grand personnage de la Révolution française. André Bitos, fils du peuple devenu magistrat incorruptible et vertueux, est l’invité d’honneur : il jouera Robespierre. Mais il semble que l’objectif de cette soirée ne soit pas uniquement de refaire l’histoire de France… Cette bande de notables en smoking – perruque va se lancer dans un jeu de massacre aussi cruel que jubilatoire.

Pauvre Bitos est créé au théâtre Montparnasse (1956) avec Michel Bouquet dans le rôle-titre. Elle décroche autant un triomphe qu’elle déclenche un scandale. Pourquoi ? Jean Anouilh osait s’attaquer, dans un parallèle avec la Terreur de 1793, à un totem : l’épuration, considérée alors comme la suite logique de la Libération de 1944. « Bitos, dans l’imagination d’Anouilh, c’était une sorte d’arrière-petit-fils de Robespierre dans la France d’après-guerre. […] À la Libération, au moment où se passe la pièce, il se livre à de sinistres épurations au nom de la Résistance, au nom du bien. Je dois avouer que, au cours des répétitions qu’il avait voulues très secrètes, je ne me suis pas vraiment rendu compte du tollé que nous allions déchaîner. C’était le 11 octobre 1956. Certains allèrent jusqu’à qualifier la pièce ‘‘d’ordure’’ ou de ‘‘crachat’’ ; la plupart reprochaient à Anouilh de souiller l’honneur et la mémoire de la France, de mettre droite et gauche dans le même sac de fiel et de mépris, de ne sauver ni pauvres, ni riches : tous infâmes, lamentables, les Français qu’il mettait en scène… Mais si cette comédie grinçante fit violemment réagir le public, elle ne manqua pas de le faire venir en grand nombre : la pièce fut un triomphe. » (Michel Bouquet, in L’homme en jeu et Mémoire d’acteur).

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UNE SOIRÉE CHEZ OFFENBACH – THÉÂTRE DE PASSY

♥♥♥ Et si on allait passer Une soirée chez Offenbach, le compositeur d’opéras-bouffes qui a égayé le Paris du Second Empire ? Sa musique brillante et populaire réjouit toujours les cœurs. Quant aux paroles des librettistes Meilhac et Halévy, elles sont pleines de verve et nul ne peut rester insensible à leur humour.

Quatre solistes de renom (en alternance Nicolas Rigas, Christine Tocci, Clémentine Decouture, Pierre-Antoine Chaumien, Guillaume Zhang, Xavier Flabat qui se sont produits à l’Opéra d’Avignon, au Théâtre des Champs-Élysées, aux Chorégies d’Orange, Monte-Carlo…) interprètent avec talent des extraits connus (Le Brésilien, J’aime les militaires…) et moins connus des opérettes de Jacques Offenbach (La Vie Parisienne, La Belle Hélène, La Périchole, Les Contes d’Hoffmann…) dans un livret « à la Feydeau ». Ils sont accompagnés avec brio au piano par Ruta Lenciauskaite ou Félix Ramos. La mise en scène de Martin Loizillon distille des notes de bonheur dans la salle.

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LES FRANGLAISES – BOBINO

♥♥♥♥ C’est officiel, les Franglaises redonnent de la voix ! Pour le meilleur, rien que pour le meilleur d’un spectacle musical culte qui fait salle comble depuis neuf saisons. Le concept ? Traduire littéralement et chanter en français les plus grands tubes anglo-saxons des cinquante dernières années, du Purple Rain de Prince aux Blue Suede Shoes d’Elvis Presley, du Wannabe des Spice Girls au Bad de Michael Jackson, au fil de mises en scène plus déjantées les unes que les autres et avec la complicité du public. Déjanté, mais tout en maîtrise, le spectacle est un pur bonheur.

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L’ODEUR DE LA GUERRE – LA SCALA PARIS

♥♥♥ Elle a une allure de guerrière, Julie Duval, alias Jeanne, son alter ego sur scène. Silhouette musclée, allure souple et déterminée, du genre qui ne s’en laisse pas conter. Vêtue d’une tenue de sport, short et brassière, qu’elle gardera tout au long du spectacle, elle se prépare pour son premier championnat de boxe à Paris. L’Odeur de la guerre, c’est le parcours d’une jeune femme d’aujourd’hui qui doit affronter de multiples défis : le manque de dialogue avec ses parents, obsédés par la réussite scolaire, le harcèlement à l’école, l’indifférence des professeurs, et bien sûr, la violence des rapports entre les deux sexes. Et au-dessus de tout ça, plane la question essentielle : pourquoi naître fille serait-il un handicap ?

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