THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE – SAISON 2016/2017

Si vous appréciez la poche de votre vêtement favori, la poche offerte par le supermarché de votre quartier, le couteau de poche indispensable lors de vos balades en forêt, le livre de poche indissociable de vos voyages en train, etc. il faut absolument que vous découvriez le Théâtre de Poche-Montparnasse, sis 75 boulevard du Montparnasse dans le 6e arrondissement et sa programmation 2016/2017…

• Des pièces composées par des auteurs talentueux (Stefan Zweig, Jean Racine, Jules Renard, Nathalie Sarraute, Rainer-Maria Rilke, Marcel Pagnol…) et interprétées par des acteurs de renom (Michael Lonsdale, Anne Delbée, Alexis Moncorgé, Catherine Sauval…).

• Des conférences-spectacles autour du répertoire dramatique animées par Olivier Barrot et interprétées par Manon Elezaar et Jean-Louis Cassarino.

Pour découvrir le détail de cette prometteuse programmation, sortez votre agenda de la poche de votre sac et visitez le site de ce lieu si chaleureux et convivial : www.theatredepoche-montparnasse.com

Dans l’attente du début de la prochaine saison du Théâtre de Poche, permettez-moi une suggestion : allez voir absolument « La Médiation » de Chloé Lambert, mis en scène et interprété par Julien Boisselier (entre autres). Déjà notre chronique parue voici quelques mois vous y invitait, vous ne le regretterez pas.

Le regard d’Isabelle

SAISON 16/17 à télécharger ICI 

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LES FAUX BRITISH – THÉÂTRE SAINT GEORGES

vz-47DE3262-E63E-470B-A7A2-B2673306F8BBLa pièce fut un énorme succès à Londres et c’est maintenant à Paris qu’elle remporte tous les suffrages. Après avoir fait un triomphe au théâtre Tristan Bernard l’an dernier et raflé le Molière de la comédie le 23 mai dernier, « Les Faux British » sont désormais à l’affiche du théâtre Saint Georges et c’est salle comble tous les soirs ! Difficile en effet de ne pas passer un excellent moment de théâtre devant cette pièce ultra drôle et diablement efficace. Le pitch ? Imaginez 7 amateurs de romans noirs anglais qui décident de monter sur les planches pour adapter un roman de Conan Doyle, alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds sur scène…. L’action se situe au XIXème siècle dans un manoir anglais. Par une nuit d’hiver enneigée, on découvre le corps sans vie de Charles Aversham dont on s’apprêtait à fêter les fiançailles. Sitôt est appelé sur les lieux du crime le vieil inspecteur qui démarre son enquête sur tous les protagonistes : la fiancée, le majordome,…Nos acteurs d’un soir vont donner le meilleur d’eux-mêmes pour proposer un digne spectacle mais n’est pas comédien qui veut et les petites et grandes catastrophes vont s’enchaîner à un rythme effréné : oubli de texte, élocution difficile, régisseur à contre temps, décor en carton pâte, nos apprentis comédiens vont faire les frais de leur amateurisme…

Si vous aimez l’humour décalé dans l’esprit « Les Monthy Python font du théâtre », les gags à gogo et le comique de situation, courrez applaudir « Les Faux British » qui mérite amplement son succès. Un moment de théâtre franchement réjouissant, drôle, extrêmement bien interprété qui vous fait passer une délicieuse soirée. A l’affiche jusqu’à la fin de l’année.

Signé Elisabeth

LES FAUX BRITISH

Théâtre Saint Georges, 51 rue Saint Georges, 75009 Paris

Mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h30; samedi à 18h et à 21h; dimanche à 15h et à 20h

Jusqu’au 18 décembre 2016

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC – THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD

La pièce m’avait tapée dans l’œil à la lecture de la saison 2015/2016 des Bouffes du Nord en début d’année. Bonne intuition… « Monsieur de Pourceaugnac », mis en scène par Clément Hervieu-Léger – également pensionnaire au Français – est un moment de pur bonheur théâtral et musical, qui devrait rencontrer un énorme succès !

Rarement montée de nos jours, la pièce est une comédie-ballet, genre qui préfigurera l’opéra, composée par Molière et Lully en l’an de grâce 1669 pour le divertissement du roi de France Louis XIV. Elle narre les aventures d’un gentilhomme gauche et nigaud débarqué de son Limousin natal dans la capitale pour épouser la jeune et belle Julie, promise par son père mais amoureuse d’Eraste. Qu’à cela ne tienne, les deux amoureux, aidés par des gens d’intrigue, vont user de toutes les ruses – jusqu’aux plus cruels – pour déjouer le mariage et ridiculiser le brave Pourceaugnac, contraint finalement de fuir la ville…déshonoré et travesti en femme !

Soyons honnêtes – même si l’on retrouve avec plaisir les grands thèmes « molièresques » – mariages arrangés, médecins pédants et incompétents, justice corrompue – la trame narrative de « Monsieur de Pourceaugnac » n’a qu’un intérêt limité – certaines scènes frôlant même un mauvais goût certain. Mais quel spectacle ! La mise en scène de C. Hervieu-Léger, qui n’a pas lésiné sur les moyens pour monter cette « super production », est une franche réussite ! En transposant l’intrigue dans le Paris de la fin des années 50, et en s’entourant d’une véritable « troupe » (10 comédiens/chanteurs et 10 musiciens de la compagnie des Arts Florissants – sous la direction musicale de William Christie), le metteur en scène a réussi à monter une pièce réjouissante, à l’énergie collective ultra-communicative, formidablement rythmée, sans jamais la dissocier de sa dimension musicale et chantée. Même si les scènes de danse sont moins convaincantes, elles sont largement compensées par les séquences musicales fort bien interprétées par des comédiens/chanteurs d’opéra et les scènes collectives sont admirablement mises en scène. La qualité du spectacle tient également aux comédiens qui offrent un « numéro » irrésistible. Citons en particulier Gilles Privat/Monsieur de Pourceaugnac, Stéphane Facco/le médecin et Daniel San Pedro/Sbrigani qui offrent quelques séquences franchement désopilantes (travestissement de Pourceaugnac, exposé du médecin, plainte de la femme trompée, entre autres morceaux de bravoure…).

Après les Bouffes du Nord, le spectacle sera en tournée et passera par Thiré, Versailles, Boulogne-Billancourt,..Mais si le temps vous le permet, allez ou plutôt courez applaudir cette pièce d’ici le 9 juillet à Paris ! C’est vif, réjouissant, admirablement interprété et l’on sort de ce spectacle le cœur et l’esprit légers ! 

Signé Elisabeth 

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris 

Du lundi au vendredi à 20h30, les samedis à 15h30 et à 20h30 | Jusqu’au 9 juillet 2016

Durée : 1h45 environ | Crédit photos : Brigitte Enguerand

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MOLIÈRE MALGRÉ MOI – THÉÂTRE DE LA GAÎTÉ MONTPARNASSE

vz-178545c6-8a45-4ab0-bae0-d0a3e809b136Le Bourgeois gentilhommeLe Malade imaginaireLes Précieuses ridicules, le Misanthrope, Tartuffe, l’Ecole des maris, l’Ecole des femmes…  Les titres de ces pièces de théâtre appartiennent a notre patrimoine culturel. Si leurs textes sont étudiés dans les écoles depuis plusieurs générations, trop peu d’entre nous connaissent les différentes facéties de l’existence tourmentée de leur  auteur, Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673) dit Molière.

Francis Perrin (auteur, metteur en scène et interprète) nous a concocté un spectacle d’une rare érudition sur cet auteur assuré de la protection de Monsieur, frère du Roi Soleil et du fidèle soutien de Louis XIV en personne ; aimé des femmes ; soutenu par ses amis (Boileau, La Fontaine, le peintre Mignard…), trahi par d’autres (Racine, Lulli…) ; décrié par les courtisans de la Cour mais adulé par le peuple.

Les quinze dernières années de la vie de Molière défilent, les plus prolifiques du chef de troupe de l’Illustre Théâtre, déchirées entre les joies et les chagrins, les amours et les trahisons. Le tout nous est offert emballé par de magnifiques et d’inoubliables répliques de ce grand Homme de théâtre.  

Francis Perrin nous invite à une superbe balade dans les coulisses d’une existence mouvementée pour nous faire partager son amour inconditionnel de Molière dont il a joué l’essentiel du répertoire (Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire, Le Misanthrope…). Si on peut regretter la trop grande sobriété de la mise en scène et le choix du monologue, l’interprétation fougueuse et toujours talentueuse de ce comédien hors pair (malgré quelques agacements fâcheux de la langue) les fait oublier pour notre plus grand bonheur.

« Molière malgré moi » est à partager en couples, entre amis et même en famille pour que les plus jeunes découvrent (si besoin) les plaisirs de s’exprimer dans la belle langue de Molière.

Le regard d’Isabelle 

MOLIÈRE MALGRÉ MOI

Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, 26 rue de la Gaîté – 75014 Paris

Du mardi au samedi à 19h00| Jusqu’au 10 septembre 2016

Crédit photos : Bernard Richebé

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RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST – THÉÂTRE DU ROND-POINT

Pages de RdvGareEst1Maquillage soigné, queue de cheval élégante, robe tendance, elle est assise sur une chaise, le plateau baigné par une douce pénombre. Et elle commence à nous parler sans attendre le silence du public, le point de départ d’un récit-confession qui nous emportera bien plus loin que l’on aurait pu imaginer. Au départ, il s’agit seulement de l’histoire d’une femme : son quotidien de vendeuse, sa vie de couple, son désir d’enfant. Et puis les indices pointent un à un, se font écho – son traitement au lithium, ses séances de sismothérapie, ses épisodes schizophréniques, ses allers-retours à l’hôpital Saint Anne – et nous font comprendre par bribes ce dont elle souffre : la maniaco-dépression. « Rendez-vous gare de l’Est », c’est le portrait d’une femme malade qui se livre entièrement sans fausse pudeur. Et indirectement nous donne des « clés » pour essayer de mieux appréhender la maladie invisible.  

Guillaume Vincent, l’auteur et metteur en scène de la pièce, a interrogé pendant six mois dans le quartier de la gare de l’Est une amie dépressive sur sa vie, sur sa maladie. Il a recueilli des dizaines d’heures d’entretiens. « J’ai tout gardé, même ce qui d’ordinaire est mis de côté lorsqu’on retranscrit une parole orale » confie-t-il. Il en a tiré ce monologue bouleversant, un témoignage sans filtre sur le portrait d’une femme en souffrance, dans ses moments de peur, de colère, de répit, de rechute, dans ses fragilités. 

Un moment de théâtre formidable de justesse, d’émotion vraie ! La présence lumineuse, profonde, magnétique de la comédienne Emilie Incerti Formentini, est hallucinante de naturel. Elle nous happe dès les premiers mots, nous entraîne avec elle dans les méandres et les tourments de son âme, sachant user des changements de rythmes et de ton avec une fluidité et une profondeur rares. On boit ses paroles, ses silences nous troublent. Une interprétation au sommet.   

Signé Elisabeth

RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris  – Salle Roland Topor

Jusqu’au 26 juin 2016 (relâche les lundis et le 5 juin)

Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30

Durée : 1 heure 

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Crédit : Giovanni Cittadini Cesi

 

 

 

UNE FOLIE – THÉÂTRE RIVE GAUCHE

UNE FOLIE (Th+®+ótre Rive Gauche-Paris 14+¿me) - visuel d+®finitifLe docteur Flache, célèbre psychiatre, s’apprête à quitter Paris pour prendre sa retraite dans le midi, laissant ses patients, son joli petit pavillon du XVIIIe (une folie !) et son infirmière… Mais voilà que Jean-Louis, puis sa compagne Missia, débarquent dans son cabinet. L’un après l’autre, ils demandent au docteur d’examiner leur moitié qu’ils croient devenue folle. Ce dernier les enverrait bien au diable, mais la femme est plutôt charmante… et le divorce est encore un sujet bien délicat en 1934.

En 1938, Sacha Guitry crée « Un monde fou ». Il reprendra son texte en 1951 et le rebaptisera « Une folie » pour l’offrir au Théâtre des Variétés. C’est la seconde version de cette comédie qui nous est offerte au Théâtre Rive-Gauche dans une mise en scène sobre et épurée de Francis Huster.

Les répliques d’un Guitry très inspiré, sont toutes acérées avec finesse, pertinentes et impertinentes. Elles font le plus souvent mouche, qu’elles ciblent le mariage ou le divorce, même si on peut regretter quelques longueurs dans le texte. Néanmoins, Lola Dewaere, Manuel Gélin, Alice Carel comme Marianne Giraud et Mathilde Hennekine (toutes deux en alternance) s’en délectent, le savourent et le servent avec délice, talent et humour. Quant à Olivier Lejeune, son interprétation est époustouflante de ressemblance à celle que Sacha Guitry a dû endosser dans son temps. Peut être, d’un peu trop prêt. Il en est de même pour le jeu des comédiens calqué sur celui du théâtre d’avant-guerre.

Mais toute la troupe baigne dans une douce folie par cette farce coquine et délirante. Au tomber de rideau, les applaudissements du public fusent. La vie conjugale vue par Sacha Guitry est toujours aussi pertinente. Un petit bonheur de théâtre à partager en couple ou en cours d’union… avant divorce.

Le regard d’Isabelle 

UNE FOLIE 

THEÂTRE RIVE-GAUCHE,  6, rue de la Gaîté – 75014 Paris

Métro : Edgar Quinet ou Gaîté

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h30.

Crédit photos : Fabienne Rappeneau 

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ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE – STUDIO HÉBERTOT

f227a9_1ed4b2e28cd943a69f47a6eeaba518dePrenez cinquante ans de combats féministes, ajoutez quatre comédiennes qu’on sent aussi complices à la scène qu’à la ville, saupoudrez d’une bonne dose d’humour, laissez cuire pendant 1h20 et vous obtiendrez « Et Pendant ce Temps Simone Veille », un spectacle ultra sympathique, écrit par la comédienne Trinidad, qui retrace l’évolution de la condition féminine  des années 1950 à nos jours,  à travers les destins de 4 générations de femme (Marcelle l’ouvrière, France la bourgeoise et Giovanna issue de la classe moyenne). L’occasion de revisiter les grandes dates qui ont jalonné les combats féministes, du droit de vote à la légalisation de la pilule contraceptive en passant par la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse ou la procréation assistée,…et de rendre hommage aux grandes figures des combats féministes de Simone de Beauvoir (« On ne naît pas femme, on le devient« ) à Simone Veil.

Une pièce très plaisante, qui, après un démarrage un peu lent, gagne en épaisseur et en drôlerie au fur et à mesure de la représentation. La mise en scène, signée Gil Galliot, s’appuie sur une habile alternance entre scènes de vie quotidiennes, chansons joliment détournées et archives télévisuelles. Ici, point de donneuses de leçons ou de théâtre militant, juste l’envie de rappeler quelques vérités aux plus jeunes générations et continuer la lutte(!) entre clins d’œil, fraîcheur et ironie. Allez les applaudir jusqu’au 26 juin.  

Signé Elisabeth 

ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE

Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h.

Jusqu’au 26 juin 2016

Durée : 1h20

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