♥♥♥♥ 1949 : Josef Mengele débarque à Buenos Aires. Caché sous une fausse identité, l’ancien médecin tortionnaire d’Auschwitz, surnommé « L’ange de la mort », croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie après avoir envoyé près de quatre cent mille hommes, femmes et enfants dans les chambres à gaz entre 1943 et 1945. Protégé et soutenu par sa famille pendant près de quarante ans, Josef Mengele s’éteindra en 1979 sur une plage du Brésil, sans jamais avoir affronté la justice des hommes, ni celle de ses victimes.
Mikaël Chirinian a adapté pour la scène, le livre éponyme d’Olivier Guez (Éditions Grasset, Prix Renaudot 2017) qui conte l’errance de Josef Mengele pour tenter d’échapper à sa traquejusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage du Brésil.
♥♥♥♥ Le spectacle qui cartonne dans tous les sens du terme. Les Gros patinent bien, deuxième opus de Cabaret de Carton, une aventure théâtrale inédite, signée par le duo burlesque Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvancontinue de remplir les salles et d’accumuler les critiques dithyrambiques. Il suffit de voir le spectacle pour comprendre le phénomène. Une réussite totale !
Il m’a fallu quelques minutes en sortant de la pièce pour reprendre mes esprits comme si j’avais reçu un KO. Car finalement Les Chatouilles, c’est peut-être cela : une pièce coup de poing qui vous happe de la première à la dernière seconde, qui balaye tout sur son passage, qui ne lâche rien et qui vous reste gravée dans un coin de mémoire. Et pour longtemps. Sur scène, rien qu’une fille en jean-basket et une chaise. Et une histoire : celle d’Odette, une petite fille de 8 ans, victime d’abus sexuels – ces « chatouilles », comme lui expliquait Gilbert, son agresseur, un ami de la famille –, jusqu’à l’âge de 12 ans. Et Odette, comme toutes les petites filles, va grandir, des rêves de danseuse plein la tête, avec cette indicible souffrance et dans l’indifférence d’une mère incapable de l’entendre et de la protéger. Elle deviendra danseuse professionnelle au fil d’un parcours chaotique, souvent violent, parfois désespéré, une lente descente aux enfers qui la fera flirter avec de mauvaises rencontres et plonger un temps dans l’alcool et la drogue. Mais la danse, « cette danse pour dire l’indicible », lui permettra de surmonter ses démons et de se reconstruire.
♥♥♥ De nos jours, une cour d’assises. Dans une salle de délibérations, trois magistrats et six jurés populaires tiennent entre leurs mains le destin d’une femme. Lors du procès, l’accusée a avoué être coupable d’un crime mais elle a réclamé justice. N’était-elle pas également victime de cette tragédie ? Neuf hommes et femmes vont devoir choisir entre punition et pardon.
Femmes en colère est adapté du roman à succès de Mathieu Menegaux, l’auteur triplement primé, publié chez Grasset et deux fois adapté pour France Télévisions. La pièce rappelle avec pédagogie le fonctionnement de la justice en France – rôle des jurés, déroulé des délibérations, jurisprudence, légitime défense, peine avec sursis… – et pose la question de la capacité qu’ont la justice et la société de défendre les femmes victimes de violence.
Tu vas voir, tu vas adorer. Ca me rappelle quelque chose…. Une fois, deux fois, trois fois, adjugé. Direction le théâtre La Pépinière mercredi dernier pour découvrir « Le cercle des illusionnistes », la deuxième création d’Alexis Michalik, après le succès du spectacle « Le porteur d’histoire ». Et j’ai A-DO-RE la pièce parce qu’Alexis Michalik raconte les histoires comme personne. Ce jeune et talentueux metteur en scène a définitivement trouvé un style, une signature théâtrale, une manière bien à lui d’embarquer le public dans des récits à tiroirs originaux, formidablement construits, de les faire se combiner, s’enchaîner, se répondre à travers les époques et les lieux, tout en suivant le fil d’une histoire unique. On retrouve ici l’équation gagnante qui a fait le succès du Porteur d’histoire : six comédiens « caméléons » ultra talentueux portés par une mise en scène fluide, rythmée et très inventive.
Dans « Le cercle des illusionnistes » cette fois-ci, il est question de magie, d’inventeurs fous, de cinéma, de théâtre, d’amour. Alexis Michalik nous invite à découvrir, des plaines italiennes à la cour de Russie, de Londres à Paris, les destins méconnus et passionnants de Jean-Eugène Robert-Houdin (1805 – 1871) horloger, magicien, créateur d’automates et de Georges Méliès (1861 – 1938), héritier d’un fabricant de chaussures, industriel, inventeur des premiers « effets spéciaux » du cinéma. Ils ne se rencontreront jamais mais leurs destins respectifs se noueront au cœur d’une salle de théâtre parisienne, aujourd’hui disparue, devenue à l’époque la première salle de cinéma moderne. Mais la pièce commence en juin 1984. Alors que la France vibre pour le championnat d’Europe de football, Décembre vole un sac dans le métro. Dans le sac, il trouve la photo d’Avril jolie et décide la revoir…
Après chut !! C’est parti pour 1 heure 30, de rêve, d’émerveillement, de rire. Le bonheur tout simple de retomber en enfance.