PEAU NEUVE – LILI CROS & THIERRY CHAZELLE – CINÉ XIII THÉÂTRE

vz-b3a44926-9a80-41ad-8883-09d185a90b8e♥♥♥♥ Un petit bijou de spectacle, sans esbroufe ni artifice, concocté avec cœur, générosité et (vraiment) beaucoup de talent. Ce n’est pas un concert mais un spectacle de chansons que nous offrent Lili Cros et Thierry Chazelle, tous deux auteurs-compositeurs-chanteurs-musiciens. Dans « Peau Neuve », leur troisième spectacle après sept années de travail en commun, ils conjuguent leurs voix, leurs corps et leurs trois guitares pour offrir un récital plein de charme, de drôlerie, de tendresse et de fraîcheur.

Ici pas de micro sur pied, pas de machinerie sur scène, pas de décor. Juste elle et lui et leur bonheur de chanter. Lili, coquette, délicieusement espiègle, avec son faux air d’Amélie Poulain et sa voix « à tomber par terre » (waouh). Lui et son timbre plus rocailleux, ses doigts magiques de guitariste et son look d’artiste (qui lui a inspiré le très drôle mon hit, mon hat). Une heure trente de plaisir vrai : textes ciselés sur des thèmes intemporels (la vie, l’amour, la jalousie, le couple,…), scénographie épurée et forcément élégante, très joli jeu des lumières et bien sûr générosité et complicité du duo (le couple est uni à la ville comme à la scène). Bravo à eux, ils méritent nos applaudissements. Encore deux dates à Paris et ils partent sur les routes de France. Les dates de leur tournée ICI. ♦

Signé Elisabeth 

PEAU NEUVE

Ciné XIII Théâtre, 1 avenue Junot, 75018 Paris (métro Lamarck-Caulaincourt ou Abbesses)

Mardi 14 mars à 21h00 & mardi 21 mars à 19h00

Crédit photos : Eric VERNAZOBRE

peau-neuve-photo-de-scne-2-par-eric-vernazobrepeau-neuve-photo-de-scne-3-par-eric-vernazobrepeau-neuve-photo-de-scne-4-par-eric-vernazobrepeau-neuve-photo-de-scne-6-bis-par-eric-vernazobrepeau-neuve-photo-de-scne-par-eric-vernazobre

ALEX VIZOREK EST UNE OEUVRE D’ART – THÉÂTRE DE LA PÉPINIÈRE

alex-vizorek-est-une-oeuvre-d-art-big♥♥♥♥ Épatant l’ami Alex Vizorek ! Humoriste belge connu du public français pour ses billets d’humeur sur France Inter, il remplit les salles depuis deux ans avec son seul en scène « Alex Vizorek est une oeuvre d’art ». On m’en avait dit le plus grand bien ce qui est toujours susceptible de générer chez moi une potentielle petite déception à l’arrivée. Mais là non ! Spectacle irrésistible et hautement recommandable !

Et pourtant Alex Vizorek ne fait pas dans la facilité. Il a choisi de nous parler d’art à travers des œuvres culturelles emblématiques -musique, cinéma, sculpture, art moderne- qu’il va s’employer une heure et demie durant à analyser avec un sens aigu de l’autodérision et un talent indéniable à se mettre le public dans la poche. L’occasion de s’amuser de son regard ultra décalé et de se cultiver au passage en (re)découvrant quelques grands courants ou œuvres artistiques oubliés. Un voyage drôlissime où se côtoient Malraux, Magritte, Ravel, Bergman, Visconti, Bergson mais aussi Luis Fernandez ou Pamela Anderson! C’est fin, rythmé, intelligent, le parfait remède anti-blues du dimanche soir.  Allez-y, vous me direz. ♦

Signé Elisabeth 

ALEX VIZOREK EST UNE OEUVRE D’ART 

Théâtre de la Pépinière, 7 rue Louis le Grand, 75002 Paris (métro Opéra)

Les dimanches à 19h

Crédit photos:  Mathieu Buyse 

SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE – THÉÂTRE DE L’OEUVRE

vz-057c4dc0-b989-421f-b292-0834a1fcaaae♥♥ Ni déçue, ni conquise par « Scènes de la vie conjugale » à l’affiche du théâtre de l’Oeuvre. La pièce, mise en scène par Safy Nebbou, est inspirée du célèbre film éponyme du cinéaste suédois Ingmar Bergman (1973). Johann (Raphaël Personnaz) et Marianne (Laetitia Casta) sont mariés depuis dix ans, ont deux filles et semblent filer le parfait bonheur. Pourtant, l’amour a cédé la place à une certaine routine, les cœurs et surtout les corps ne se rencontrent plus, et les failles se font jour. Lui la quitte et c’est le départ de vingt années chaotiques, durant lesquelles le couple n’arrive plus à communiquer, se désunit, se meurtrit, se déchire, se retrouve. Autopsie d’un couple à la dérive à coups d’engueulades, de confidences, de tension sexuelle…jusqu’à une happy end ? Débat passionné entre les blogueurs présents ce soir là….

Beau spectacle mais …froid !! Beau car le texte est magnifique et le couple de comédiens pour le moins photogénique. Raphaël Personnaz sert superbement son personnage de mari lâche et faible, perdu dans ses choix, voulant rester maître de la situation. Sans conteste un grand comédien, une grande présence! Sa partenaire Laetitia Casta offre quelques très bons moments mais donne l’impression d’être un peu trop sage, un peu trop sur la réserve là où l’on attendrait plus tempétueuse et volcanique. C’est le choix de Safy Nebbou qui a misé sur une mise en scène ultra minimaliste pour révéler toute la puissance du texte (intéressant) mais dans un décor absolument glacial (dommage). Une pièce qui ne démérite pas mais qui ne m’a pas emportée. ♦

Signé Elisabeth 

SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE 

Théâtre de l’Oeuvre, 55 rue de Clichy, 75009 Paris (métro Place de Clichy)

Du mercredi au samedi à 21h00 et du samedi au dimanche à 17h00 • Jusqu’au 30 avril 2017

Crédit Photos : Pascal Victor/ArtComPress

les-dix-pieces-de-theatre-a-voir-en-ce-moment-a-parism423835_victor-pascalast_1418_scenes_de_la_vie_conjugale_couv_fondtheatre-scenes-de-la-vie-conjugale-une-therapie-de-couple_32993722065373_scenes-de-la-vie-conjugale-en-boulevard-chic-et-froid-web-tete-0211803473442640_casta_et_personnaz

LA LEÇON DE PHOTOGRAPHIE – THÉÂTRE SAINT-GEORGES

affiche_285x427♥♥♥ Il fut le photographe du légendaire Studio Harcourt de 1984 à 2007. De ces décennies derrière l’appareil à tirer le portrait de stars de cinéma, de personnalités mais aussi de nombreux anonymes, Pierre-Anthony Allard a conçu et co-écrit avec Henriette Chardak une conférence-spectacle intitulée « La Leçon de Photographie ».

Ici point de leçon en réalité. P.A Allard préfère nous inviter à feuilleter son grand album à souvenirs : la naissance de sa vocation, son parcours d’autodidacte, ses rencontres marquantes (Jean-Loup Sieff), la vision de son métier de portraitiste (artisanale et humaine), son style noir et blanc (la signature Harcourt) qui sculpte les visages et révèle les personnalités, ses anecdotes insolites de prises de vue (épisode du macchabée) qui ont jalonné sa carrière…

Nous étions une petite centaine mardi dernier à découvrir en avant-première des extraits de ce spectacle qui fera l’objet de cinq représentations (seulement) au théâtre Saint Georges de mars à mai. Pierre-Anthony Allard n’est pas comédien, le verbe est parfois hésitant, le geste imprécis, les enchaînements hasardeux mais là n’est pas l’essentiel, c’est un artiste chaleureux, éminemment sympathique, amoureux fou de son métier qui se lance dans cette aventure pour défendre et transmettre une certaine vision de son art et de son rapport aux autres. Prometteur spectacle qui plaira à tous les amateurs d’images mais pas que. Et si vous êtes chanceux, vous aurez peut-être la chance d’être photographié en direct sur scène façon Harcourt. Mais ne surtout ne dites pas cheeese, Pierre-Anthony vous expliquera  que c’est au photographe de comprendre et révéler le sourire. 

Signé Elisabeth

LA LEÇON DE PHOTOGRAPHIE

Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, 75009 Paris (métro Saint-Georges)

5 représentations seulement : les 14 et 28 mars à 20h30 • Le 11 avril à 20h30 et le 23 avril à 17h00 • Le 7 mai à 17h00

Durée : 1h30

LA FÈVE DU SAMEDI SOIR – THÉÂTRE DE DIX HEURES

feve-e1484774648961♥♥♥ Pierre est un quadra vieux garçon, qui travaille au Ministère des Finances, célibataire et proche de sa mère. Son rayon de soleil : une présentatrice météo, Barbara Sunshine, qui officie sur une chaîne de la TNT. Barbara est sa nouvelle voisine de palier. Elle débarque un soir chez lui en plein chagrin d’amour, enfermée dehors car sa porte a claqué alors qu’elle était dans le couloir… Mais Andréas ne tarde pas à venir lui rendre visite.  

La comédie d’Eric Delcourt, Une fève du samedi soir, est riche en quiproquos et rebondissements. Mise en scène hardie. Dialogues hilarants. Les trois comédiens – Justine Bruneau,  Renaud Roussel, Patrick Veisselier – sont excellents. Cette galette est délicieuse. A déguster absolument. On y rit de si bon cœur. 

Le regard d’Isabelle 

LA FÈVE DU SAMEDI SOIR

Théâtre de Dix Heures, 36 Boulevard de Clichy, 75018 Paris.

Du jeudi au samedi à 21h, le samedi à 17h. 

Durée : 1h15.

JO&LÉO – THÉÂTRE DE BELLEVILLE

3511482400415♥♥ « Jo & Léo » est une création théâtrale contemporaine qui questionne l’adolescence, l’amour et l’identité à travers les portraits de deux adolescentes de 17 ans. Joséphine (Lola Roskis Gingembre), tornade, bavarde et solaire rencontre au lycée Léopoldine (Lou Bohringer), paumée, écorchée vive, sensuelle. Elles ont peu en commun mais progressivement se tisse entre elles une relation intime et naît un sentiment amoureux, sous le regard bienveillant d’un musicien-témoin (Romain Tiriakan).

Un moment de théâtre singulier, engagé, et fort bien interprété par les deux jeunes comédiennes qui donnent réellement tout ce qu’elles ont sur le plateau, et délivrent, via le texte de Julie Ménard, un joli message sur l’affirmation de soi et de sa singularité. La metteuse en scène Chloé Simoneau (collectif La Cavale) a fait le choix d’une mise en scène éclectique et variée en alternant épisodes chantés, parenthèses musicales, diffusion d’enregistrement sonores. Jolie trouvaille au passage : l’installation d’un grand mur d’images permettant au spectateur de plonger dans l’univers « teenager » des deux héroïnes. Au delà du message de tolérance, « Jo&Léo » est également un ode au théâtre qui fait écho à la vie des deux personnages. Malgré quelques longueurs, un joli spectacle en résonance avec notre époque.

Signé Elisabeth

JO&LÉO 

Théâtre de Belleville, 94 rue Faubourg du Temple, 75020 Paris (Métro : Goncourt, Belleville)

Samedi 18 février à 21h15

img_0404-modif-copie

Crédit Nicolas Drouet

joleo-romain-tiriakian-1

Crédit Romain Tirakianimg_0364-nbSONY DSC

LA TRAGÉDIE DU DOSSARD 512 – THÉÂTRE TRISTAN BERNARD

vz-a7960b3a-3f1b-4f70-bbf8-2d94ad0af0a3♥♥♥ Les histoires de vie donnent naissance à d’excellentes pièces de théâtre. Et ce n’est pas le comédien Yohann Métay qui dira le contraire ! Cet humoriste d’origine lilloise, passé par le Centre National des Arts du Cirque et le théâtre d’improvisation, a fait la (très) douloureuse mais mémorable expérience de l’Ultra-Trail du Mont Blanc, LA course mythique des trailers du monde entier: 170 kilomètres à parcourir en 40 heures autour du Mont-Blanc avec plus de 10 000 mètres de dénivelé ! 

De cette aventure physique et mentale hors norme, Yohann Métay en a tiré un spectacle savoureux et nous fait revivre avec une grosse (!) énergie cette épopée qui lui permettra de repousser ses propres limites. De la préparation physique au jour du départ, en passant par la souffrance physique, les moments de désespoir et de solitude, jusqu’à la délivrance finale avec l’obtention du tee shirt « Finisher », sésame des participants ! Excellent comédien, jouant aussi bien des techniques d’impro que de l’art du mime et du geste, Yohann Métay nous entraîne avec lui sur les chemins escarpés du Trail et incarne avec beaucoup de talent toute la palette des sentiments pendant une heure trente non stop : doutes, espoir, désespoir, joie…Même s’il use parfois de grosses ficelles et s’égare peut-être un peu parfois (la scène des organes humains) c’est une belle perf ! L’exploit est aussi sur scène !

La pièce, bien rodée, a déjà connu un beau succès au festival d’Avignon et auprès du public parisien. Un très bon spectacle aux allures de leçon de vie qui donne envie de respecter sa bonne résolution 2017 : continuer le sport !  

Signé Elisabeth 

LA TRAGÉDIE DU DOSSARD 512

Théâtre Tristan Bernard, 64 rue du Rocher, 75008 Paris (métro Villiers, Saint-Lazare)

Les jeudis, vendredis et samedis à 19h00 jusqu’au 29 avril 2017

PROLONGATIONS JUSQU’AU 13 MAI INCLUS

Crédit photos : Tous droits réservés Fabienne Rappeneau 

photo tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

photo tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

photo tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

photo tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

 

LE BAL – THÉÂTRE RIVE GAUCHE

le-bal-d%27irene-nemirovsky-theatre-rive-gauche-paris-14eme-visuel-definitif♥♥♥ Paris, années 20. la jeune Antoinette Kampf, 14 ans, rêve de participer au grand bal qu’organisent ses parents pour afficher leur fortune récemment acquise et leur ascension sociale fulgurante. Mais sa mère, Rosine, hautaine et égoïste, le lui refuse. Antoinette trouvera le moyen de se venger…

« Le Bal » est tiré d’un court roman autobiographique d’Irène Némirovsky (1928), petit chef d’oeuvre de drôlerie et de cruauté, qui questionne les tourments de l’adolescence. Grande fan de l’écrivain, la comédienne/metteuse en scène Virginie Lemoine, avec la collaboration de Marie Chevalot, a mis quatre ans pour adapter ce texte en pièce de théâtre et n’a pas lésiné sur les moyens : casting de haut vol emmené par l’excellente Brigitte Faure/Rosine Kampf qui avouons-le, pousse la caricature à l’extrême dans son rôle de parvenue voulant jouer à la grande bourgeoise, décor et lumières soignés, habillage sonore élégant. Un très agréable moment de théâtre même si j’ai regretté sincèrement la couleur « très boulevard » à l’ensemble et une direction d’acteurs un peu trop caricaturale. Virginie Lemoine offre le beau rôle au personnage de la mère qui « écrase » presque celui d’Antoinette, pourtant central dans le roman, et dont la psychologie aurait mérité d’être un peu plus travaillée. Seul bémol ! La pièce est à l’affiche du théâtre Rive Gauche jusqu’à fin mars, allez applaudir dans tous les cas une très belle troupe de comédiens. 

Signé Elisabeth 

LE BAL

Théâtre Rive Gauche, 6 rue de la Gaîté, 75014 Paris (métro : Gaîté)

Du mardi au samedi à 19h • Jusqu’au 30 mars 2017

Relâches exceptionnelles les 2, 10, 24, 25 et 26 février 2017 & 18, 24, 25 et 28 mars 2017

Crédit photo : Théâtre Rive Gauche – Droits réservés.

le-bal-theatre-rive-gauche-paris14eme-credit-theatre-rive-gauche-01-web-tous-droits-cedes-1le-bal-theatre-rive-gauche-paris14eme-credit-theatre-rive-gauche-06-web-tous-droits-cedesle-bal-theatre-rive-gauche-paris14eme-credit-theatre-rive-gauche-09-web-tous-droits-cedesle-bal-theatre-rive-gauche-paris14eme-credit-theatre-rive-gauche-03-web-tous-droits-cedes-1

LES COQUETTES – LE GRAND POINT VIRGULE

vz-e67369ef-23c9-4086-be44-3c9593f16b68♥♥♥ L’éternel féminin à l’honneur vendredi dernier ! Pendant qu’Isabelle découvrait Journal d’une femme de chambre à  La Folie Théâtre, je passais un délicieux moment devant les facéties des Coquettes ! Soit trois chanteuses, qu’on imagine aussi complices à la scène qu’à la ville, qui mélangent (belles) vocalises et humour. La blonde pinup Juliette, la rousse rigolote Lola et la brune piquante Marie nous entraînent 1 heure 15 durant dans un tour de chant plein de pep’s, de fraîcheur, de charme et d’humour…culotté ! Avec la complicité de leur pianiste Cyril,  elles abordent tous les sujets du plus « girly » aux plus tabous avec talent et dans une mise en scène diablement rythmée et efficace. Avec l’art et la manière de se mettre le public dans leurs poches en un tour de main…Une jolie performance à applaudir jusqu’au 29 avril. 

Signé Elisabeth

LES COQUETTES

Le Grand Point Virgule, 8 bis rue de l’Arrivée, 75015 Paris (Métro : Montparnasse)

Du mercredi au samedi à 19h45 jusqu’au 29 avril 2017

Vendredi 2 juin 2017 à 20h00 à l’OLYMPIA 

Crédit photos  : Hélène Pambrun

les-coquettes-spectacle04042016-110-c-helene-pambrun

 

 

VU DU PONT – LES ATELIERS BERTHIER

vu_du_pont-affiche1♥♥♥♥ Pour qui aime le théâtre, le grand et beau théâtre qui fait battre le cœur et rester bouche bée deux heures durant, il faut aller voir « Vu du Pont » mis en scène par le belge Ivo van Hove aux Ateliers Berthier. Je rédige cette chronique tout en sachant bien que les dix dernières représentations affichent complet. Quelques places sont mises à la vente chaque soir. Il est possible de s’inscrire sur une liste d’attente. Il faut tenter sa chance.

Cette pièce d’Arthur Miller (A View from the Bridge, 1955) nous plonge dans le New-York prolétaire des années 50. Edie Carbone, immigré italien, travaille comme docker dans le port de Brooklyn. Avec sa femme Catherine, il a élevé la nièce de celle-ci, la jolie Katie (remarquable Pauline Cheviller) qu’il aime comme sa propre fille. Ou un peu différemment peut-être…L’arrivée de deux jeunes cousins italiens, Marco et Rodolfo (excellents Laurent Papot et Nicolas Avinée) venus illégalement en Amérique pour y trouver une vie meilleure et l’amour naissant de la jeune Katie pour Rodolfo basculera la famille dans le drame. Un drame social aux accents de tragédie antique qui questionne les lois de l’immigration et plus largement la place de l’individu au sein d’une communauté.

Ivo van Hove a fait le choix de s’affranchir totalement d’une reconstitution historique classique pour faire évoluer ses comédiens dans un bloc rectangulaire blanc sans décor ultra moderne et ainsi faire entendre le texte, rien que le texte ! Simplicité, pureté, limpidité : la mise en scène est envoûtante, la beauté sur le plateau étonnante, la direction d’acteurs remarquable. Chaque geste est pensé, chaque silence nourri avec la formidable sensation d’une tension qui monte inexorablement tout au long de la pièce jusqu’au drame final. Éblouissant casting emmené par le très convaincant Charles Berling dans le rôle titre qui sombre dans une folie incontrôlable-même si un peu trop « bobo » à mon sens dans la peau de cet ouvrier immigré -.   Le final est saisissant. Un bonheur théâtral pur et dur.  

Signé Elisabeth

VU DU PONT

Les Ateliers Berthier, 1 rue André Suares, 75017 Paris 

Jusqu’au 4 février 2017 • Du mardi au samedi à 20h, 15h le dimanche

Représentation exceptionnelle à 14h30 le samedi 4 février 2017

Crédit photos : Thierry Depagne 

vdp2017_depagne_1vudupont_depagne1vdp_2vdp2017_depagne_5vdp2017_depagne_6

vudupont_depagne2