BIOGRAPHIE : UN JEU – THEATRE MARIGNY

♥♥ À la faveur de sa rencontre avec Antoinette, le professeur Kürmann rejoue sa vie, retouche son existence, explore les possibles, et s’imagine un autre passé pour espérer un autre avenir. Et s’il pouvait, à cinquante ans, rejouer sa vie, les grandes scènes de sa vie, en modifier un geste, un mot, en déjouer le cours, et surtout éviter une rencontre, celle d’Antoinette, miracle et cauchemar de son existence ? C’est la règle de ce jeu : réécrire sa biographie.

Vingt ans après sa première mise en scène de Biographie : un jeu(1999, Cartoucherie, François Berléand et Emmanuelle Devos) Jérôme Bélier-Garcia reprend la comédie douce-amère de Max Frisch où le professeur Kürmann a le privilège de pouvoir revenir dans le temps, le suspendre, choisir d’autres voies dans l’espoir de s’offrir un meilleur avenir sentimental. Mais il n’est pas si aisé de décider de modifier le cours de sa vie en toute conscience d’où une multitude d’interrogations engoncées d’indécisions. Immanquablement, s’ensuivent de (trop) nombreux comeback pour réécrire la rencontre fatidique et le premier matin du professeur Kürmann et d’Antoinette en modifiant un geste, une parole, une sortie, un accessoire. Les propos et les faits sont répétés à l’envi qu’ils finissent par lasser jusqu’à l’ennui bon nombre de spectateurs.  

Lire la suite

MA VERSION DE L’HISTOIRE – THÉÂTRE MICHEL

♥♥♥ Valentine et Sam font une thérapie de couple. Sam n’a pas du tout envie d’être là. Valentine pense que c’est essentiel. Elle raconte leur vie commune. Sam s’insurge : ça ne s’est pas passé comme ça ! Et il se met à raconter sa propre version de l’histoire. Ils ont vécu ensemble pendant vingt ans mais ils n’ont pas vécu la même histoire. Alors, qui a tort, qui a raison ?

À la fois drôle et fin, Ma version de l’histoire a tout d’un bon spectacle : un texte de Sébastien Azzopardi savoureux et surprenant à différents points de l’intrigue, une mise en scène alerte et originale, un fond de décor en forme de kaléidoscope permettant des changements rapides de lieux et de temps. Quant au jeu des comédiens, il est pétillant et juste. Ils sont tous talentueux, autant les têtes d’affiche, Sébastien Azzopardi et Miren Pradier, que les seconds rôles, Déborah Leclercq et Alexandre Nicot, interprétant une multitude de personnages.

Lire la suite

J’AI SI PEU PARLÉ MA PROPRE LANGUE – THÉÂTRE DE LA REINE BLANCHE (vu à Reims au Cellier)

♥♥ Aujourd’hui, la Radio amicale du Soleil, « la radio de tous les rapatriés d’Algérie », rend hommage à Carmen Sintès, figure emblématique de ce quartier de Cannes. Diffusée en direct et en public, l’émission rassemble autour de la présentatrice Rosa Crémieux plusieurs invités qui ont bien connu Carmen : Jeannine, sa meilleure amie depuis les années de jeunesse en Algérie et une invitée surprise, l’autrice Angèle Deriaut.

Lire la suite

FEMME NON RÉÉDUCABLE – STUDIO HÉBERTOT (vu au Théâtre Au bout là-bas)

♥♥♥ En 2005, Vladislav Surkov, le très puissant secrétaire de Vladimir Poutine, signe une circulaire dans laquelle il constate que les ennemis de l’État se divisent en deux catégories : les ennemis avec lesquels on peut raisonner et ceux avec qui on ne peut pas, ces derniers sont dits « non rééducables ». La journaliste d’investigation, militante des droits de l’homme Anna Politkovskaïa était certainement de ceux-là.

Femme non rééducable raconte l’itinéraire d’Anna Politkovskaïa qui ne cessa de dénoncer les exactions des camps russes et tchétchènes par la description objective des faits. « Je me limite à raconter des faits. Les faits : tels qu’ils se produisent, tels qu’ils sont. Ça peut paraître la chose la plus simple, ici, c’est la plus difficile. Et ça coûte un prix fou. Quel prix ? Le prix que tu payes quand tu ne pratiques plus un métier, mais tu rentres en guerre. Tu combats. Tu te sens un combattant », affirme Stefano Massini. Anna Politkovskaïa sera assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou, jour de l’anniversaire du chef de l’État Vladimir Poutine. Son corps est découvert dans la cage d’escalier de son immeuble, dans le centre de Moscou, un pistolet et quatre balles à ses côtés.

Lire la suite

MARIE TUDOR – STUDIO HÉBERTOT (vu à l’Espace Roseau Teinturiers)

♥♥♥(♥) La reine Marie Tudor, une femme déchirée entre l’amour et la haine, le pardon et la vengeance, la fidélité et la trahison. LE drame passionnel de Victor Hugo ! Simon Renard, chargé d’organiser le mariage politique de l’Angleterre et de l’Espagne, va utiliser l’amour passionné d’un homme du peuple et la jalousie maladive d’une reine pour tendre un piège au favori dont le sacrifice est exigé par la raison d’État. Tout au long des trois journées qui constituent ce drame populaire, nous assistons à la chute programmée et méthodique de Fabiano Fabiani, favori et amant de la reine qui cristallise toutes les haines. Au drame amoureux se superpose alors une tragédie où le véritable enjeu est la prise de pouvoir, où les rancœurs privées servent un dessein politique, où un homme, au demeurant condamnable, est exécuté pour un crime qu’il n’a pas commis.

Lire la suite

CABARET ODESSA – THÉÂTRE DU SOLEIL

♥♥♥ Dès la fin du XVIIIe siècle, les juifs s’installent à Odessa, ville mythique autant qu’indomptable. Au fil des décennies, la ville s’inspire de leur culture musicale, de leur histoire, de leur quotidien. C’est pourquoi les chansons populaires d’Odessa sont souvent de style klezmer, inspirées par la culture yiddish qui n’a pas son pareil pour transformer le côté tragique de la vie en éclat de joie.

Tous les samedis après-midi, le Cabaret Odessa, de Vladimir et Elena Ant, ensoleille la Cartoucherie dans la froidure de l’hiver. Le public s’installe autour des grandes tables du bar du Théâtre du Soleil et le spectacle commence ! Humour et malice s’invitent tout au long du programme (en français, textes et chansons), des chansons populaires héritées de la musique klezmer pour célébrer dans la joie l’âme insoumise et la résistance de cette cité légendaire et de ses habitants. Quelques portées de notes et nous voilà transportés sur les bords de la mer Noire… Applaudissements à toute la troupe de Cabaret Odessa.

Lire la suite

NOTRE VIE DANS L’ART – THÉÂTRE DU SOLEIL

♥♥♥ 1923. Dans une pension familiale de Chicago (Illinois), lors d’un dîner de fête et du traditionnel kapustnik, Constantin Stanislavski et ses acteurs célèbrent le 25e anniversaire de la création de leur théâtre, le Théâtre d’Art de Moscou. Ils conversent autour des multiples facettes de l’art du théâtre, un bien essentiel de notre humanité tout en mangeant, buvant, chantant, faisant des blagues et jouant des sketchs, portant des toasts, s’embrassant sans jamais oublier leur situation fragile et précaire, et le futur qui les attend, en Russie ou en Amérique. Des périls politiques et des difficultés financières les guettent de toutes parts.

« En Union Soviétique, le théâtre d’Art de Moscou vient de traverser une période difficile. Leur répertoire constitué en partie de pièces de Tchekhov est perçu comme du théâtre bourgeois. Stanislavski, lui-même, est mal vu par le pouvoir en tant que riche propriétaire d’usines qui furent confisquées à la suite de la révolution. Ses mises en scène dépourvues de contenu politique sont considérées comme démodées. Aux États-Unis, la situation de la troupe en tournée n’est pas simple non plus. Certains voient ces acteurs étrangers avec méfiance les considérant comme des bolcheviques. En fait, leur public se compose en grande partie de Russes blancs exilés aux États-Unis pour qui ce théâtre rappelle le bon vieux temps. Mais cet accueil chaleureux par la communauté russe n’est pas sans dangers. Plus ils entretiennent de relations avec les Russes blancs, plus ils risquent d’avoir des problèmes une fois rentrés au pays. Il semble que Stanislavski ait très sérieusement envisagé d’immigrer aux États-Unis », précise l’auteur, Richard Nelson. « […] Ce sentiment de précarité vécu par les personnages de la pièce correspond à la situation actuelle de biens des troupes de théâtre en Russie aujourd’hui, même avant l’invasion de l’Ukraine. »

Lire la suite

LE QUAI. UNE HISTOIRE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE – MANUFACTURE DES ABBESSES

♥♥♥ Juillet 1962. La guerre d’Algérie est terminée. Dans une petite gare française, les passagers se bousculent sur le quai. Le sergent Romain Mira rentre en France, tout comme Rachel Dukan et Souâd Belkacem. L’attente se fait pesante et les galères s’enchaînent. Les trains passent, et les passagers demeurent bloqués à quai. Ils vont alors se rencontrer, se retrouver, partager leurs souvenirs, réaliser les liens qui les rattachent. Le doute apparaît, ne laissant alors qu’une seule certitude : le voyage va être long. Très long.

Le Quai, première pièce de théâtre de la Compagnie du Déserteur, plonge le public au sein des suites de la Guerre d’Algérie, un conflit chaotique qui marquera à jamais le destin d’hommes et de femmes par la culpabilité de leurs actes et leurs inévitables conséquences sur eux, leurs proches et tous ceux qui les ont côtoyé de loin ou de près.

Lire la suite

MATA HARI OU LA JUSTICE DES HOMMES – THÉÂTRE DU PETIT-MONTPARNASSE

♥♥♥♥ Février 1917. Marguaretha Von Zelle, alias Mata Hari, est extraite de sa cellule pour être présentée devant le capitaine Bouchardon chargé de l’interroger avant son procès pour intelligence avec l’ennemi. Même si son sort semble scellé d’avance, son interrogatoire va lui permettre de revivre douze années d’une vie trépidante et hors du commun, de ses premiers pas de danseuse à Paris et ses multiples conquêtes jusqu’à ces jours de 1917 qui seront ses derniers en qualité d’espionne. Et si la danseuse n’avait été que la victime de la cruauté et de la lâcheté des hommes ?

Lorsque la raison d’État sacrifie la destinée d’une femme pour satisfaire l’opinion publique, trahison et manipulation tiennent en haleine les spectateurs d’un bout à l’autre du déroulé du complot. Mata Hari ou la Justice des hommes dévoile le destin incroyable de cette femme amoureuse de la vie, bien en avance sur les mœurs de son temps.

Lire la suite

LE MONTESPAN – THÉÂTRE ACTUEL LA BRUYÈRE

♥♥♥♥ En 1663, Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, et la charmante Françoise de Rochechouart tombent fous amoureux et se marient. Les dettes s’accumulent et le marquis doit absolument s’attirer les bonnes grâces du Roi-Soleil. Aussi, Louis-Henri part en guerre pour Louis XIV et se réjouit durant son absence que Françoise soit introduite à la cour près de la reine. Mais c’est sans compter sur les appétits du roi pour sa tendre épouse : elle sera la nouvelle favorite ! Prêt à tout pour récupérer celle « qu’on n’aime qu’une fois dans une vie », il déclare une guerre sans relâche au monarque, refusant toutes les faveurs attachées à sa condition de cocu royal, allant même jusqu’à orner son carrosse de cornes gigantesques…

Le Montespan. Voilà un personnage fabuleux de théâtre et plus encore de l’Histoire de France. Plein de romantisme et de panache, il est autant rebelle que passionné. Jean Teulé lui a dédié un roman, Salomé Villiers l’adaptera pour la scène. Créé au Théâtre de la Huchette, Franck Desmedt, son directeur, séduit à l’idée de faire rentrer Versailles à La Huchette, lui donnera une contrainte d’écriture : seulement trois comédiens !

Lire la suite