POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT – THÉÂTRE DES MATHURINS

image_363_1_Françoise (Catherine Hosmalin), la cinquantaine rayonnante, ancrée dans sa solitude et ses certitudes de vie monotone, voit pourtant un nouvel avenir possible lorsque sous les conseils avisés de Chloé (Lubna Gourion), sa nouvelle colocataire et mangeuse d’hommes avertie, elle se décide à utiliser les sites de rencontres sur internet pour rencontrer le bonheur. Il apparaît en la personne de Gaspard (Tom Dingler), jeune homme de vingt ans de moins que Françoise. Est-il un bel amoureux ou un adorable imposteur ?

A cinquante ans, une femme peut-elle tomber amoureuse alors qu’elle ne s’y attend plus et que l’amour sonne à sa porte en la personne d’un charmant jeune homme âgé de moins de vingt ans qu’elle et qui lui déclare sa flamme ? OUI ! « Hugh Grant » aime « Julia Roberts » et le public les adore.

Emmanuelle Michelet a écrit et mis en scène (assistée de Julien Ratel) une comédie pleine de tendresse, de légèreté et de fraîcheur sur les sentiments amoureux face aux âges de la vie à l’époque des réseaux sociaux. On en redemande, un quart d’heure en sus aurait été fort apprécié pour le plaisir de déguster plus encore les dernières scènes.

« Pour en finir avec Hugh Grant », c’est du baume pour le cœur que l’on soit amoureux ou pas ! A voir. Une pure gourmandise. Moral boosté assuré.

Le regard d’Isabelle

POUR EN FINIR AVEC HUGH GRANT 

Théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris (Métro : Havre-Caumartin, Madeleine ou Saint-Lazare)

Jusqu’au 24 septembre, du mercredi au samedi à 21h00, dimanche à 15h00.                         A partir du 28 septembre, du mercredi au samedi à 19h00, dimanche à 15h00.                   Jusqu’au 23 décembre 2016.

Crédit photos : Alexy Benard

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CAPITAINE FRACASSE | FESTIVAL LES TRÉTEAUX NOMADES – HÔTEL DE BEAUVAIS

vz-5cdbc070-1a86-4d39-a3d0-4c725264d94aSur les routes, lors d’une tempête, la roue de la charrette d’une troupe de comédiens affamés se brise devant les portes de la demeure du baron de Sigognac. Ce dernier, ruiné et solitaire, décide de tout quitter et de suivre la troupe jusqu’à Paris pour l’amour de la belle Isabelle. A leurs côtés, il interprétera le rôle du Capitaine Fracasse. Mais leur chemin est semé d’embûches jusqu’à l’enlèvement par des brigands d’Isabelle. Après mille tribulations,ses compagnons de scène parviendront-ils à la soustraire de ses ravisseurs?

Le célèbre et flamboyant roman de cape et d’épée « Capitaine Fracasse » de Théophile Gautier est revisité et mis en scène par LE maître de la Commedia dell’Arte, Carlo Boso. Il est interprété par la jeune compagnie La Carabela * issue de l’Académie Internationale des arts du spectacle de Versailles. 

Dans la plus pure tradition du Théâtre de tréteaux, ce « Capitaine Fracasse » est un spectacle d’aventures  haut en couleurs façon Commedia dell’Arte, une véritable explosion talentueuse des arts de la scène – comédie, pantomime, danse, chant, combat, etc. -, une communion absolue avec le public invité à jouer son propre rôle. Dans un rythme effréné, les situations cocasses s’enchaînent autant que les chansons populaires du XXe siècle, les combats d’escrime et les danses de flamenco. 

« Capitaine Fracasse », voilà un spectacle fracassant, à voir absolument autant à la pointe de l’épée qu’avec une sacrée pointe d’humour ! Petits et grands applaudiront assurément. 

Le regard d’Isabelle 

CAPITAINE FRACASSE

Cour de l’Hôtel de Beauvais, 68 rue François-Miron – 75004 Paris (Métro : Saint-Paul ligne 1)

Du 26 au 27 août 2016 – 20h30 | Dimanche 28 août 2016 – 16h00

 (*) Greta Bacchini, Claudio Ciannarella, Carlo Coculo, Jeanne Godard, Antea Magaldi, Antonella Marino, Miriam Moleon, Victor Moleon, Mathilde Noël, Giuseppe Pedone, Mélanie Samie.

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ENTRE DEUX TEMPÊTES | FESTIVAL LES TRÉTEAUX NOMADES – HÔTEL DE BEAUVAIS

vz-00b3f4e4-a1cd-4fed-9818-1595d6c7c909Pour inaugurer l’édition 2016 des Tréteaux nomades (retrouvez ici l’interview d’Aurélie Féat, coordinatrice du Festival), la compagnie du Mystère Bouffe présente sa nouvelle création dans la cour semi-ovale de l’hôtel de Beauvais «Entre deux tempêtes» né du montage original des deux Tempêtes, l’une écrite par William Shakespeare, l’autre par Aimé Césaire…

Exilé sur une île exotique, Prospero exerce son pouvoir d’esclavagiste avec tyrannie. Lorsqu’il apprend que ses ex-ennemis passent au large de son île, il contraint magiquement Ariel, un esprit de l’air, à susciter une tempête pour se venger. Après avoir marié sa fille au fils de son ancien ennemi, Prospero libère Ariel, renonce à toute magie sans oublier de punir Caliban, esclave noir et indigène de l’île, fils de sorcière et indécrottable rebelle malfaisant. Voici le thème exposé par William Shakespeare.

Si Aimé Césaire raconte la même histoire du dramaturge anglais, il choisit le point de vue de l’indigène dépossédé de son île, Caliban. Par l’intermédiaire de son personnage, l’auteur démontre comment le pouvoir colonial calomnie, entrave et dissout peu à peu les identités culturelles.

Nelly Quette (auteur – metteur en scène) confronte La Tempête de Shakespeare à Une Tempête d’Aimé Césaire pour dénoncer l’intolérance, le racisme et les discriminations nés du colonialisme parallèlement à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle de notre époque. Avec les comédiens – Pierre Ficheux, Frédéric Kontogom, Lisa Labbé, Premyslaw Lisiecki et Sofia Lopez Cruz – la compagnie Mystère Bouffe reste fidèle à la Commedia dell’arte : changement à vue des costumes et des masques, décor dépouillé, pantomimes, combats, chants et musiques.

Si ce théâtre dans le théâtre est un ravissement absolu pour les spectateurs, on peut regretter des longueurs en première partie. Pendant que les comédiens sont écartelés dans leurs propres choix, voire mêmes contradictions – scènes à adopter parmi celles de Shakespeare et de Césaire, point de vue à défendre, distribution, etc. – le temps s’éternise quelque peu. Si sur scène, les acteurs s’agitent (toujours avec brio), l’intrigue progresse bien lentement. Soudainement, pour notre plus grand bonheur, le spectacle prend enfin son envol et la seconde partie est enlevée et rythmée. Quant à la qualité d’interprétation, elle frôle la virtuosité comme lors de chacune des précédentes créations de Mystère Bouffe et c’est un vrai bonheur que d’assister à une telle maîtrise des arts de la scène de toute la troupe d’ « Entre deux tempêtes ».

Le regard d’Isabelle

ENTRE DEUX TEMPÊTES

Cour de l’Hôtel de Beauvais, 68 rue François-Miron – 75004 Paris

Métro : Saint-Paul (Ligne 1)

Jusqu’au 25 août 2016 à 20h30.

LE MEC DE LA TOMBE D’À CÔTÉ – THÉÂTRE DES FEUX DE LA RAMPE

vz-ae29530c-0ff2-4734-9a8a-b66afb40c5d7Trois petites semaines « off » et c’est déjà le retour. Heureuse de vous retrouver en cette presque-rentrée. J’inaugure cette nouvelle saison avec  la pièce « Le Mec de la Tombe d’à côté », vue semaine dernière au théâtre Les Feux de la Rampe. Adapté du best-seller suédois de Katarina Mazetti publié en 1999, la pièce raconte l’histoire de deux âmes en peine, voisins de cimetière. Elle, Daphné, 39 ans, bibliothécaire intello, fan de Lacan et de Schopenhauer, vit dans un appartement tout en blanc et mange bio. Elle vient se recueillir sur la tombe de son mari décédé et fait la connaissance de Jean, 45 ans, agriculteur célibataire et solitaire, fan de courses de tracteurs et de Mickey Magazine, qui vient fleurir la tombe de sa mère. Drôle de rencontre dans un drôle d’endroit. Évidemment, rien ne prédestinait ces deux-là à se rencontrer encore moins à s’aimer mais ces deux solitudes vont s’unir pour vivre une réelle histoire d’amour atypique et singulière. 

Dans l’esprit des Vaisseaux du cœur vu il y a deux ans au théâtre du petit Montparnasse, « Le mec de la tombe d’à côté » est une pièce attachante, joliment écrite et interprétée par un couple de comédiens qu’on sent aussi complice à la ville qu’à la scène Florence Hebbelynck et Stéphane Fievet. Mention particulière pour le comédien, parfaitement à l’aise dans son rôle d’agriculteur rustique au grand cœur qui offre une très belle prestation ! Côté scénographie, c’est hélas un peu moins convaincant. Le plateau « obstrué » en son centre par un grand socle rectangulaire gris fige quelque peu la mise en scène et la dynamique des mouvements. J’ai regretté également le manque d’habillage (aucun accompagnement musical, peu de jeux de lumière,…) qui m’aurait permise d’être davantage touchée par la pièce. L’ensemble reste cependant plaisant et si vous aimez les histoires d’amour contrariées et improbables, allez découvrir ce spectacle qui joue les prolongations cet été, après avoir obtenu un joli succès la saison dernière. 

Bonne rentrée !

Signé Elisabeth

LE MEC DE LA TOMBE D’À CÔTÉ

Théâtre des Feux de la Rampe, 34 rue Richer, 75009 Paris

Du mercredi au samedi à 21h30 jusqu’au 27 août 2016

Durée : 1h30

Crédit photos : Xavier Cantat

 

PASSAGE À L’HEURE D’ÉTÉ…

Cher(e)s ami(e)s,

L’heure du break estival a sonné après un premier semestre riche en belles émotions et découvertes théâtrales. Nous mettons donc le blog « sur pause » avant de se retrouver dès la fin du mois d’août pour de nouvelles chroniques et interviews. 

Très bonnes vacances  !

A bientôt 

Elisabeth et Isabelle 

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SMASHED – GANDINI JUGGLING – CENTRE CULTUREL IRLANDAIS

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Le spectacle estival qui donne furieusement envie de s’essayer au jonglage ….   A la manœuvre, Gandini Juggling, une compagnie anglaise, fondée à Londres par un italo-irlandais et une finlandaise, qui a posé ses valises à Paris le temps d’une dizaine de représentations pour le (toujours) formidable festival Paris Quartier d’Eté. Vendredi dernier, dans la jolie cour pavée du Centre Culturel Irlandais (Paris 5eme),  alors que les artistes se font légèrement attendre et qu’on entend les merles se chamailler dans les chênes, on jette un œil curieux au décor : 9 chaises encadrées de part et d’autre par des cageots de vaisselle blanche « so teatime » et des rangées de pommes sagement alignées…Nos 9 jongleurs (7 hommes et 2 femmes) font leur entrée sur scène. Look  aux antipodes des standards circassiens plutôt version costume, cravate tous droits sortis des années 50 ! Ce soir, la compagnie présente le décalé SMASHED (comprenez « Fracassé ») soit une série de tableaux dans lesquels nos 9 jongleurs vont explorer les thèmes éternels : les rapports homme/femme, la jalousie, la séduction, le pouvoir, la solitude,….avec pour unique article de jeu : des pommes et de la vaisselle. L’entrée en matière est plutôt sage mais le spectacle évolue vers des tableaux de plus en plus déstructurés et explosifs, jusqu’à un final complètement déjanté où nos protagonistes auront le plaisir jubilatoire de tout « envoyer valser »

Dans SMASHED, il n’est surtout pas question de performance, même si nos jongleurs maîtrisent parfaitement leur art et pratiquement leur gamme avec un flegme et une décontraction toute britannique, mais bien de poésie, de facétie et d’humour ! Conçu en 2009, juste après la disparition de la chorégraphe et danseuse allemande Pina Bausch, auquel le spectacle est dédié, SMASHED ne devait être présenté qu’une dizaine de dates mais face à l’enthousiasme du public, il n’a jamais cessé de tourner.  Ultra frais et attachant …et indiscrétion, amateurs de vaisselle anglaise, précipitez-vous, vous serez gâté à la fin du spectacle !

SMASHED

Découvrez les dates de tournée en France et à travers toute l’Europe ICI

Signé Elisabeth

« Paris Quartier d’été » jusqu’au 7 août 2016 : découvrez la programmation

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Gandini Juggling 2013

Gandini Juggling 2013