♥♥♥♥ Le 18 octobre 1973, l’équipe des Aventures de Rabbi Jacob s’apprête à célébrer la sortie du film de Gérard Oury, avec Louis de Funès en tête d’affiche. Le succès sera immense. Le même jour, à 12 h 30, une jeune femme déroute sur l’aéroport de Marseille-Marignane le Boeing d’Air France Paris-Nice. Armée d’un 22 long rifle, elle exige, entre autres, que les bobines du film soient immédiatement placées sous scellés. Qui est-elle ? Et qu’est-ce qui l’a conduite à cet acte spectaculaire ?
♥♥♥ Szaludowski, modeste employé malentendant et néanmoins au caractère bien trempé, vient chercher, à la demande de son patron, une attestation de reconnaissance de travailleur handicapé auprès d’un organisme social. Les P’tites Cases est un spectacle inspiré d’une histoire (presque) vraie ; sa chute est autant inattendue pour les comédiens que pour le public.
Tour à tour pris au piège d’une dématérialisation du parcours bureaucratique qui lui est imposé, puis d’un questionnaire préétabli dont l’utilité lui échappe, Szaludowski va devoir s’accrocher à son simple bon sens pour résister à la cruauté sous-jacente des jargons et incongruités de ses deux interlocuteurs – un psychiatre et son assistant – dont les propos comme le comportement invitent autant à sourire qu’à réfléchir. Dans cette pièce où règnent magistralement l’absurde et le burlesque – la surdité est une pratique répandue chez les non-sourds qui ne veulent pas entendre ce qui les dérange –, la petitesse humaine est mise en exergue par une prompte mise en scène de Jean-Claude Cotillard dans un décor minimaliste.
♥♥♥♥ M. Follavoine, un fabricant de porcelaine, a invité à déjeuner, dans son appartement, un client de marque : Chouilloux, fonctionnaire influent du ministère des Armées qui doit statuer sur l’acquisition par l’Armée française de pots de chambre destinés aux soldats. Il espère emporter le marché, ayant mis au point un système de pots présumés incassables. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a invité également Mme Chouilloux et son amant, Horace Truchet. L’infortune conjugale de Chouilloux est en effet de notoriété publique, seul ce dernier ignore la trahison. Mais un événement fâcheux va contrarier les plans de Follavoine.
♥♥♥♥ Roméo et Juliette, texte universel de William Shakespeare autour d’un drame familial, mis en scène comme un conte fantastique, cruel, tendre et drôle… en noir et blanc par Maud Buquet Kandinsky. Elle nous en propose une version satirique où les personnages se débattent dans un monde cauchemardesque qu’ils alimentent eux-mêmes. Seule la mort de deux jeunes innocents, Roméo et Juliette, parvient à libérer la ville de Vérone envenimée par la haine et le crime. Le mal peut-il être le berceau du bien ?
♥♥♥♥ 1958. Noeux-Les-Mines, petite ville minière du nord de la France. Pierre et Vlad sont les deux meilleurs amis du monde. Ils partagent tout leur temps en creusant à la mine, en élevant des pigeons voyageurs et en jouant de l’accordéon dans l’orchestre local dirigé par Sosthène, personnage central de cette petite sphère joviale et haute en couleur, malgré la poussière du charbon. À partir du jour où Leila, la jeune et jolie Marocaine, vient jouer de l’accordéon dans l’orchestre, le monde des deux meilleurs amis ne sera plus le même…
♥♥♥ Ce soir, dans l’assistance, personne n’y comprend plus rien. Comment Fréderic, maire écologiste, agriculteur, jeune père de famille, engagé, rêveur, pour le recyclage, les circuits courts, les pistes cyclables et le festival de musique débranchée… Bref, comment Fréderic a-t-il pu décider seul, et dans le secret, du déploiement de la dernière génération d’antennes-relais partout dans la commune ? Y aurait-il de la corruption, voire de la manipulation de la part du conseil municipal ?
Écrite et mise en scène par Paul-Éloi Forget et Samuel Valensi, Coupuresest une comédie satirique qui interpelle et interroge sur la place du citoyen et de la citoyenne, ou plutôt celle qu’ils n’occupent pas au cœur du débat démocratique.Dans un décor minimaliste, la compagnie La Poursuite du Bleu nous plonge dans le monde rural où l’incursion des nouvelles technologies modifie le paysage, mais aussi le débat d’idées et la prise de décision des instances démocratiques.
♥♥♥ Le roi Basile d’une Pologne imaginaire a lu dans les astres que son fils prince héritier Sigismond deviendrait un tyran sanguinaire. La mort de sa femme en couches venant confirmer ses craintes, il prend la décision d’enfermer l’enfant dès sa naissance, et de cacher son existence. Le jeune homme grandit enchaîné dans une tournée auprès de Clothalde, son précepteur, en ignorant tout de sa lignée. Plusieurs années et plus tard, Rosaure, jeune femme qui souhaite se venger de l’abandon d’Astolphe, neveu du roi Basile, s’introduit dans la tour et découvre Sigismond. Au même moment Basile, envisageant de remettre la couronne à ses neveu et nièce, Astolphe et Étoile, décide de laisser une chance à son fils : le jeune homme, sous l’effet d’un filtre, s’endormira dans sa prison et se réveillera à la cour. S’il se comporte correctement, il sera roi ; s’il se montre violent et cruel, il retournera dans sa prison où on lui fera croire que tout n’était qu’un rêve. Le jeune homme se laisse dominer par ses pulsions. À son réveil dans la tour, l’impossibilité de distinguer le rêve de la réalité lui ouvre peu à peu la voie d’une réflexion profonde sur la vanité des hommes. Le peuple, réclamant son prince légitime, enjoindra Sigismond à la révolte jusqu’à ce que Basile s’avoue vaincu et que Sigismond, guidé par la sagesse, lui pardonne. « Sigismond envisage à présent la vie comme une succession de rêves, et, ce faisant, prend progressivement conscience du caractère illusoire de l’existence, se livrant à l’un des plus beaux monologues du théâtre européen. »
♥♥♥♥ Pour cette dernière chronique de la saison, j’arrive, comme l’on dit, après la bataille. L’encensement médiatique, les cinq molières, le succès public (la salle était archi comble un 29 juillet) ont consacré Edmond comme LA pièce phénomène de cette saison 2016/2017. Alors affichons la couleur tout de suite, évidemment on comprend le succès parce qu’on a passé un excellent moment de théâtre.Lire la suite →
♥♥♥ Être une vraie héroïne, c’était le projet de sa vie. Mais de clown à « bookeuse » dans une maison close, elle a décroché (et perdu) 64 petits boulots ! À l’heure de l’ubérisation et des bullshit jobs, comment ajuster notre vie rêvée au monde du travail ?
Adaptée du texte de Claudia Shear, immense succès à Broadway, « Ma vie en biais est un miroir de nos peines en même temps qu’une porte ouverte sur l’espérance : on peut embrasser la vie de telle sorte qu’elle ne puisse, au final, que nous sourire. Avec ce spectacle, je propose de réaliser ensemble que s’adapter n’est pas renoncer, composer n’est pas se trahir ; que quoi qu’il arrive, l’humour est un outil puissant pour tenir debout, que la curiosité pour autrui est une nourriture revigorante qui réserve bien des surprises, que rien n’est jamais perdu et que d’une manière ou d’une autre, nous pouvons tous et toutes trouver l’existence qui nous convient. » (Tatiana Gousseff)
♥♥♥♥ Louis et Gabriel, jeunes intellectuels arrogants, commettent un meurtre par pur défi, convaincus de leur supériorité. Leur victime ? Un camarade dont le cadavre repose sous les yeux de leurs invités, dissimulé dans un coffre en plein milieu du salon. Mais alors que la soirée bat son plein, entre conversations mondaines et piques acérées, Emile Cadell, leur ancien professeur, commence à douter… Tension insoutenable, jeu de manipulation et répliques mordantes s’entrelacent dans ce huis clos où l’ironie flirte avec le macabre. Derrière les rires et les verres qui s’entrechoquent, chaque mot pourrait bien trahir l’impensable…
Thriller policier rendu mythique au cinéma par le maître du suspense Alfred Hitchcock avec James Stewart (1948), The Rope (1929) de Patrick Hamilton a été adapté pour le théâtre par Lilou Fogli et Julien Lambroschini. Tous deux nous en proposent une version modernisée, avec des répliques ciselées pleines d’humour, riche en rebondissements. Elle est mise en scène avec maestria par Guy-Pierre Couleau et Anne Poirier-Busson. Quant à l’interprétation, elle est remarquable que ce soit celle des deux meurtriers Audran Cattin et Thomas Ribière, de la maman de l’un d’eux Myriam Boyer, le professeur – enquêteur d’un jour Grégori Derangère, la fiancée de la victime Lucie Boujenah et le voisin du dessus Martin Karmann. Ils sont tous d’une justesse incroyable.