LA CONFITURE AUX COINGS – À LA FOLIE THEATRE

♥♥♥ Jules et Romane nous content leur vie entière, en remontant le temps de leurs 90 ans à leurs 10 ans, à leur passion, leurs doutes, leur amour… sans jamais oublier leurs petits goûters de 17 heures avec les immanquables biscottes et la succulente confiture de coings.

La Confiture de coings, texte et mise en scène de Margaux Lebrun, est interprétée par deux excellents comédiens, Clara Navarro et Hugo Samperiz. En quatre tableaux – Mourir, Vieillir, Vivre, Naître – allant de leurs derniers jours aux premières années de leurs vies, Jules et Romane nous racontent les moments les plus marquants de leur histoire d’amour.

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LE BOUQUINISTE MENDEL – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥♥ Dans la Vienne du début du XXe siècle, il n’est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l’ensemble du savoir imprimé. Monomaniaque à la mémoire prodigieuse, affreusement peu doué en affaires, il est affligé d’une boulimie bibliographique qui fait de lui un homme précieux. Perpétuellement installé à la table du café Gluck du vieux Vienne dont il a fait son quartier général, il délivre ses conseils aux amateurs d’éditions les plus rares ou les plus savantes. Pour cela, il reçoit des quatre coins du monde la documentation nécessaire à entretenir son expertise. Mais la guerre 1914-1918 éclate, et ce pacifiste passionné de livres est suspecté d’espionnage…

« Tout de suite ce personnage [le bouquiniste Mendel] m’a attiré parce que, à un moment de ma vie, j’avais croisé pendant plusieurs années un personnage très similaire. Dans une vie précédente j’étais pédiatre. Mon maitre fut un homme qui, après un parcours tragique (déporté pendant un an à Auschwitz) était devenu, à l’époque où la mémoire du monde ne se trouvait que dans les livres et dans le cerveau de l’homme, une référence dans le monde médical tant sa connaissance livresque était presque infinie. Dans son domaine on avait toujours l’impression qu’il avait tout lu et, de ce fait, avait réponse à tout. Leur judéité commune, et la tragédie qui les avaient traversés, comme elle avait traversé la vie de Stéphane Zweig, malgré une époque différente, me les rendait très proches. Je percevais comme un hommage le fait de me glisser dans la peau d’un tel personnage. » (Jean-Luc Giorno, l’adaptateur).

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CASANOVA, LA FABULEUSE ÉVASION – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥ Le 1er novembre 1756, Giacomo Casanova s’évade de la prison des Plombs de Venise. Le 31 décembre de cette même année, en fuite vers Paris, son chemin croise, à l’auberge de l’Esprit de Strasbourg, celui d’une espionne vénitienne chargée d’une mission : établir la complicité de son geôlier dans cette évasion. Elle convainc Casanova de faire le récit de son aventure par le menu, dont elle fera le procès-verbal afin d’inculper ou disculper son gardien. Il accepte et dans les ombres de cette nuit, des secrets vont être dévoilés.

Pendant toute une nuit, l’évadé (Frédéric Andréi) le plus célèbre de son époque révèle absolument tous les secrets relatifs à sa fabuleuse évasion à Caterina Manuzzi, charmante espionne (Isabelle Texier) au service de la Sérénissime Venise, qui l’a poursuivi au-delà des Alpes pendant deux mois. Il ne lui épargne aucun détail du moindre élément. Quant à elle, elle l’interroge encore et encore, redemandant plus d’éléments jusqu’à plus soif. Leur confrontation un brin invraisemblable inonde d’informations. Certes, le tout est intéressant mais le texte (trop) dense de Frédéric Andréi, inspiré des Mémoires de ma vie, de Casanova, empêtre tant les comédiens que la mise en scène d’Hervé Hiolle, réduite à l’essentiel, est sans originalité et n’invite aucunement le spectateur à l’imaginaire. Il ne révèle rien (ou presque) sur l’emblématique Giacomo Casanova, son charisme mythique, son mode de séduction de ses multiples conquêtes féminines comme sur ses idées philosophiques en avance sur son temps. Heureusement, des traits d’esprit égayent le propos.

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JE SERAI TOUJOURS LÀ POUR TE TUER – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥♥ Helen, la trentaine passée, vit seule dans une petite maison à la campagne. Elle a quitté la capitale pour retrouver une vie plus saine. Mais Helen se morfond : elle ressasse ses frustrations, l’échec de sa carrière de comédienne, la gloire qu’elle ne connaîtra jamais. Elle songe à mettre fin à ses jours mais ne trouve pas le courage de passer à l’acte. Aussi, elle décide d’avoir recours à un tueur professionnel. Simon Gilbert répond à sa petite annonce : elle l’engage comme homme à tout faire et lui demande de la supprimer sans même la prévenir, un jour prochain, de préférence avant l’automne. Au fil des jours, le quotidien s’installe entre ces deux êtres et Helen se met à flancher : pourra-t-elle négocier un petit sursis auprès de Simon ?

Je serai toujours là pour te tuer, savoureuse comédie à l’intrigue bien insolite écrite et interprétée par Sophie Tonneau aux côtés d’Yves Comeliau, est d’un humour noir franchement décapant et totalement jubilatoire. Les rebondissements sont surprenants, les situations fantaisistes, les dialogues percutants… et la chute inattendue. La mise en scène de Catherine Perrotte ajoute sa petite note de folie à l’ensemble sur un fond musical de très bon goût.

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L’INGÉNU – LE LUCERNAIRE

Affiche l'IngénuNous avions découvert et beaucoup aimé « L’Ingénu » à la Folie Théâtre l’an dernier. La pièce est de nouveau à l’affiche au Lucernaire à partir du 23 octobre. Nous vous la conseillons et republions notre critique à cette occasion. 
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L’INGÉNU – À LA FOLIE THÉÂTRE

265♥♥♥♥ Au 17ème siècle, un jeune Indien du Canada débarque d’Angleterre dans la petite communauté du prieuré de l’Abbé de Kerkabon située en Basse-Bretagne. Sa parole franche et pleine de bon sens tranche avec les habitudes locales. Aussi, tous les gens de la bonne société veulent l’approcher, le connaître notamment la belle Mademoiselle de Saint-Yves dont il tombe éperdument amoureux au premier regard échangé. Mais bientôt, chacun s’indigne qu’il ne soit pas catholique ! Qu’à cela ne tienne : il suit une initiation religieuse expresse, il est baptisé et projette d’épouser sa belle. Mais cela lui est refusé car son adorée a été sa marraine lors du sacrement. Il se pourvoit à la cour du Roi pour plaider sa cause… Lire la suite

JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

228♥♥ Fin du 19ème siècle, Célestine, la chambrière des Lanlaires à la sensualité manifeste, dénonce avec une lucidité redoutable et un humour impitoyable la condition misérable des domestiques et gens de maison. Tour à tour dévouée, manipulatrice et amoureuse, Célestine se confie dans son journal sans retenue… et sur scène sans pudeur.

Karine Ventalon – meilleure comédienne 1er rôle P’tits Molières 2015 – dans une petite robe noire sans décolleté mais très courte, avec bas noirs et porte-jarretelle, donne vie à Célestine. Etait-il nécessaire que les spectateurs entrevoient ses cuisses et son entrejambe, qu’elle mime avec un réalisme dérangeant l’acte sexuel à plusieurs reprises, pour leur faire apprécier le texte d’Octave Mirbeau (adapté par Virginie Mopin) et la sensualité de l’interprète ? La mise en scène épurée mais trop « sexe » et si crue de William Malatrat finit par déranger et occulter la beauté du texte comme l’interprétation de la comédienne qui sait autant jouer de son corps, de sa voix et de son intimité pour interpréter toute une galerie de personnages et une palette d’émotions. Version bien sensuelle. On en oublierait presque la condition des domestiques à la fin du 19ème siècle.

Le regard d’Isabelle

LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Theatre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Reprise à partir du 15 mai 2025

Durée : 1h15

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TRIPTYQUE DE COUPLES – À LA FOLIE THÉÂTRE

205Deux acteurs, trois saynètes, trois avis. 

Marina Valleix et Jean-Patrick Gauthier incarnent respectivement le rôle de la femme et du mari chronologiquement dans Par la fenêtre de Georges Feydeau, Le Pain de ménage de Jules Renard, La Peur des coups de Georges Courteline.

Hector, un avocat, rentre chez lui déjeuner bien sagement et se prête à la cuisine, faute de bonne que sa femme a licenciée par jalousie. De tempérament soumis, il profite de l’espace à lui tout seul de son appartement pour souffler et nous confie la raison pour laquelle il a embrassé une carrière dans la magistrature : cela faisait plaisir à sa mère. Un coup de sonnette vient l’interrompre dans sa pause. Une inconnue sans gêne pénètre dans son appartement et lui impose de lui faire la cour « par la fenêtre » pour susciter la jalousie de son mari…Une belle énergie à la Feydeau sur scène qui donne du mouvement à cette pièce mais trop surjouée même pour un vaudeville. Aussi, un timbre de voix qui semble en décalage avec le personnage qu’on pourrait se représenter d’Emma (l’inconnue). Étonnant surtout quand Marina Valleix s’illustre avec brio dans le deuxième personnage qu’elle incarne pour Le Pain de ménage de Jules Renard.

Marthe et Pierre, amis, tous deux en couple, apprécient parfois de se retrouver et d’échanger autour de l’amour, et d’évoquer plus principalement des sujets corollaires tels que celui de l’infidélité. Voilà de quoi agrémenter de longues soirées en tête-à-tête sans oublier en pensée leur propre compagnon ou compagne ni de vanter leurs qualités, voire leurs vertus…Marina Valleix est sémillante et la diction de Jean-Patrick Gauthier remarquable. Les décors minimalistes suffisent à un jeu de comédiens qui entraîne le spectateur dans l’histoire.

Les oiseaux chantent, une tente est déployée et la salle découvre habillé en Hawaïens un jeune couple en pleine dispute. Vexé que sa femme ait pu se laisser courtiser par un officier lors d’une soirée, ce mari aussi lâche que macho s’en prend à elle. Dotée d’un fort caractère, pertinente, elle sait lui répondre et le mettre au pied du mur quand il lui déclare bonhomme aller régler ses comptes à ce malotru. Arrogant, agressif, il ne sait que menacer sa femme et s’en prendre à sa belle-mère absente : elle se cache dans la tente en pleurant « par peur des coups ». De l’humour et de la légèreté sur un sujet qui l’est moins et encore bien moderne. Une mise en scène originale, signée Guillaume Peigné.

Signé Carole !

TRIPTYQUE DE COUPLES

avec la Compagnie Chocnosof

À la Folie Théâtre, 6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris 

Du 4 décembre 2015 au 5 mars 2016, vendredi et samedi à 21h.

LES BOUTS DE VAISSELLE – A LA FOLIE THÉÂTRE

204Sous l’Occupation, une attachante bande de bras cassés – un vacher polonais, un ouvrier de chez Renault, une fonctionnaire libérée, une écervelée pétillante, et un paysan bonne pâte – s’engage autour de Sœur Hortense, une religieuse franchement caractérielle, dans une action aussi désordonnée qu’inefficace avec les moyens du bord (cierges, selle de vélo et pince Monseigneur). Une comédie qui se veut résistante aux accents loufoques.

 « Les bouts de vaisselle » nous parle bien de la Résistance mais elle n’est ni loufoque, ni comique. Le texte de Jérôme Gaulier manque de rythme, de rebondissements comme d’originalité ; la fin est ficelée à la va-vite. La mise en scène colle ici ou là des extraits de chansons ou des films d’époque sans lien avec l’intrigue alors que les éléments de décor (prie-Dieu, banc) campent sobrement mais avec efficacité les lieux (église, ferme). Quant à la troupe de comédiens, si elle est animée par la fougue de la jeunesse, son talent est pour la plupart encore en herbe. On passe un bon moment mais le tout fait un peu « amateur » au sens strict du terme.

Le regard d’Isabelle 

LES BOUTS DE VAISSELLE 

A La Folie Théâtre – Grande Salle- 6 rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris.

Les vendredi et samedi à 20h00, le dimanche à 18h30

Jusqu’au dimanche 31 janvier 2016. 

 

 

 

 

LA COMMÈRE DE MARIVAUX – A LA FOLIE THÉÂTRE

vz-50eb1296-a409-4803-92c8-322feefd1499Debout, évoluant sur une création musicale de Fabien Kantapareddy… ou assis, le dos tourné aux spectateurs sur un tabouret, attendant de revenir sur le devant de la scène quand leur rôle les y invite… neuf jeunes comédiens plein d’élans s’élancent sur les planches pour nous faire (re)découvrir, à pas rythmés, à voix chantées et clamées, cette comédie de mœurs du XVIIIe siècle : La Commère de Marivaux.

Quelle commère, cette madame Alain ! (Chut ! Il faut dire que Jacob, un beau paysan, lui donne matière à dire et à médire : il n’a pas son pareil pour gagner le cœur de toutes les femmes qu’il croise et leur promettre monts et merveilles si leur amour l’élève à la bourgeoisie.) Pour l’heure, il a décidé de se marier à la très gracieuse mademoiselle Haber, largement son aînée. Nenni ! Le neveu de sa future qui tient bien conserver sa part d’héritage, ne l’entend pas de cette oreille, et fera tout pour débusquer l’imposteur qui s’est forgé une fausse identité. Agathe, la fille même de madame Alain, et la servante se lanceront dans la partie, et sauront rendre la monnaie de sa pièce à ce joli cœur…

Dans une mise en scène originale de Karin Catala et sur une chorégraphie signée Sophie Méary-Sauvage, la Compagnie Enfants de la comédie nous enchante par leur fraîcheur et leur bien belle énergie théâtrale. (Un secret à répéter !)

Avec : Julie Le Lay, Cécile Clemenceau, Raphaëlle Talopp, Kamelia Pariss, Jules Méary, Simon Renou, Barthélemy Guillemard, Bastien Chevrot, Lucas Lecointe.

Signé Carole !

LA COMMÈRE DE MARIVAUX

La Folie Théâtre, 6, rue de la Folie-Méricourt • 75011 Paris

Vendredi et samedi à 20h, dimanche à 18h30

Représentations scolaires possibles en semaine

Jusqu’au dimanche 8 novembre 2015