LA CLAQUE – THÉÂTRE DE LA GAÎTÉ-MONTPARNASSE

♥♥♥♥ 1895 dans un théâtre parisien. Auguste Levasseur, chef de claque, dirige une troupe de complices, qui, mêlés au public, sont chargés d’applaudir aux moments opportuns car une pièce applaudie est une pièce à succès. Or, à deux heures d’une grande première, Auguste est abandonné par sa claque. Il charge alors Fauvette, musicienne de l’orchestre, et Dugommier, régisseur du théâtre, de trouver des remplaçants pour sauver la représentation du soir. Il ne reste plus qu’une heure trente avant le début de la première pour faire répéter les claqueurs novices en leur interprétant des extraits du spectacle qui ne compte pas moins de cinq actes, quarante musiciens et trente changements de décors ! La tâche est ardue, ils ne sont que trois, et ce soir, leur carrière ne tient plus qu’à une claque !… Elle sera assurée par les spectateurs du théâtre de la Gaité Montparnasse avec un immense plaisir.

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LA FIN DU DÉBUT – THÉÂTRE LEPIC

♥♥ Malgré la présence généreuse et la faconde indéniable du comédien, le seul en scène de Solal Bouloudnine n’a pas réussi à me convaincre. Sans doute est-ce lié au côté un peu trop brouillon de la mise en scène et du ton adopté, qui hésite entre plusieurs styles (jeu survolté, nostalgie à travers la musique et les vidéos des années 1990, humour potache ou franchement outrancier). Le postulat de départ : la mort brutale du compositeur et chanteur Michel Berger (décédé à 44  ans d’une crise cardiaque) qui aurait fait prendre conscience de la finitude de la vie au gamin de 6 ans qu’était l’humoriste à l’époque. À partir de là, il se construit un monde virtuel où le va-et-vient entre rêve et réalité, personnages réels ou inventés, va lui permettre de conjurer son angoisse de la mort.

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COMME IL VOUS PLAIRA – THÉÂTRE HÉBERTOT

♥♥♥ Un jeune duc, après avoir banni son grand frère, le vieux duc, décide de bannir sa nièce Rosalinde, la fille du vieux duc. Mais sa fille Célia, se considérant comme la sœur de Rosalinde, la fille du vieux duc, s’enfuie avec elle dans la forêt à la recherche de celui-ci. Poursuivies par le jeune duc, Rosalinde se déguise en homme, et Célia en bergère. Le vieux duc, le jeune duc, la fille du vieux duc, la fille du jeune duc, les amis du vieux duc, les amis du jeune duc, tout ce petit monde se retrouve dans la forêt des Ardennes…

Dans cette nouvelle adaptation de Pierre-Alain Leleu, moderne et enlevée, de la comédie Comme il vous plaira de William Shakespeare, se mêlent aventure, amour, désir, amitié, passion, jalousie… Les quiproquos s’enchaînent, les ducs et les duchesses en herbe se cherchent et se retrouvent, se détestent et s’aiment et s’épousent. Sous la houlette tonique de Léna Bréban, la mise en scène est détonante, décalée. Le rythme est mené tambour battant du lever au tomber de rideau. Le décor est féérique. Le texte est impertinent à souhait. La musique des Beatles et de Georges Moustaki accompagnent le tout. Quant aux neuf acteurs/chanteurs musiciens (Léna Bréban en alternance avec Ariane Mourier, Valentin Rolland en alternance avec Lionel Erdogan, Éric Bougnon, Adrien Dewitte, Pierre-Alain Leleu, Juliette Mayer-Michalon, Adrien Urso et Jean-Paul Bordes), tous talentueux, Barbara Schultz en tête, ils se déchaînent sur la scène comme dans la salle pour le plus grand plaisir ou étonnement du public. C’est selon.

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OMBRES PORTÉES – THÉÂTRE SILVIA MONTFORT

♥♥♥♥ La chorégraphe et metteuse en scène Raphaëlle Boitel, fondatrice de la compagnie « L’Oublié(e) », délivre avec son spectacle « Ombres Portées » une pièce très singulière et d’une grande épaisseur. Pour raconter l’histoire d’une famille rongée par le secret, en proie aux non-dits et aux silences, elle convoque toutes les expressions scéniques : danse, théâtre, arts du cirque qui se conjugent au plateau avec pureté, densité, élégance. Beau, graphique, et incroyablement inspiré.

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EXIT – THÉÂTRE 14

♥♥♥♥Jacklyne, Manu, Laurent, Docteur Jean et Sophie sont accompagnateurs bénévoles dans l’association Exit. Ils sont les héros du quotidien de nombreux malades, ils osent regarder la mort en face. Nous les suivons dans leurs réunions, leurs permanences téléphoniques, leurs randonnées. De la prise de contact jusqu’à la mort, ces anti-héros accompagnent, avec leurs propres limites, les malades vers une issue qu’ils estiment plus digne.

Depuis 1982, en Suisse, des associations telles qu’Exit proposent en toute légalité une assistance au suicide pour les personnes atteintes d’une maladie incurable.

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LE NEVEU DE RAMEAU – THÉÂTRE DE L’ESSAION

♥♥♥ Vers 1760, au café de la Régence non loin du Palais-Royal à Paris, lieu où les clients aiment à jouer aux échecs, un dialogue philosophique et pétillant, portant sur la morale, l’art, l’éducation et les mœurs, s’engage entre Denis Diderot, le fondateur de l’Encyclopédie (œuvre emblématique du siècle des Lumières), et un bohème cynique et braillard : Jean-François Rameau, neveu déchu du grand compositeur Jean-Philippe Rameau. Diderot est littéralement fasciné par ce personnage composé « De hauteur et de bassesse, de bon sens et de déraison », un être abject mais délivré de son abjection par la fierté qu’il en tire. Les deux hommes s’opposent en tout… ou presque.

Dans un décor sommaire (une table, un banc, deux chaises), la joute verbale entre ces deux tempéraments de feu que sont Diderot et Rameau est brillante, virevoltante, pétillante. De haute volée. Les deux antagonistes rivalisent d’intelligence et de malice, le sophisme de l’un répondant avec brio à la philosophie de l’autre. Il est vrai, on ne peut qu’en convenir : les dialogues signés Diderot sont étincelants tant par la forme que par le fond. Et d’une modernité époustouflante ! « L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener. » Il en est toujours ainsi malgré les siècles qui nous séparent de leur rédaction.

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CLÔTURE DE L’AMOUR – THÉÂTRE DE L’ATELIER

♥♥♥ Les mots frappent, cognent, vont droit au corps et au cœur comme autant de scuds destinés à atteindre l’adversaire. Car c’est bien d’un combat qu’il s’agit ici. Le dernier. Celui que se livrent Audrey et Stan (les vrais prénoms de leurs interprètes) devant nous pour mettre fin à leur histoire d’amour. Deux artistes, qui partagent leur vie et leur travail depuis longtemps.
C’est l’homme – une fois n’est pas coutume – qui lance l’attaque. Pour dire qu’il n’aime plus cette femme, sa femme, qu’il ne la désire plus et qu’il va partir. Mais avant de la quitter, il entreprend, dans un violent monologue, une minutieuse entreprise de démolition de leur amour.

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LE CHAT BOTTÉ – THÉÂTRE DE LA GAITÉ MONTPARNASSE (JEUNE PUBLIC)

♥♥♥ Le célèbre conte de Perrault reste une source perpétuelle d’inspiration pour les metteurs en scène et artistes de tout poil. Allons-y de notre petit jeu de mots sur les chats, ce spectacle musical et jeune public en regorge ! Après les succès de leurs deux précédents opus (Pirates : le desin d’Evan Kingsley et Sherlock Holmes, l’aventure musicale), Julien et Samuel Safa revisitent « Le Chat Botté » dans un musical très plaisant et enlevé, emmené par un comédien, chanteur, danseur particulièrement convaincant dans le rôle-titre, Nathan Desnyder.

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MÉNÉLAS RÉBÉTIKO RAPSODIE et HÉLÈNE APRÈS LA CHUTE – THÉÂTRE DE L’ÉPÉE DE BOIS

♥♥♥♥ Dans une ambiance de cabaret, à la lumière feutrée, Simon Abkarian reprend le spectacle musical Ménélas Rébétiko Rapsodie, créé il y a dix ans et nous offre un magnifique moment de poésie, empreint de mélancolie. Accompagné de deux musiciens (Grigori Vasilas, bouzouki et chant, et Kostas Tsekouras, guitare), il chante, esquisse quelques pas de danse et déclame, au nom de Ménélas, le roi de Sparte, une ode poignante à Hélène, la plus belle des femmes, qui l’a quitté pour le Troyen Paris.

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POPECK. FINI DE RIRE, ON FERME ! – THÉÂTRE DE PASSY

♥♥♥♥ Avec son accent yiddish inimitable, son chapeau melon, son caractère grognon et son humour légendaire, Popeck s’offre un dernier tour de piste au Théâtre de Passy. Si vous désirez le (re)voir sur scène, c’est maintenant ou jamais car bientôt Fini de rire, on ferme ! 

Quel bonheur de retrouver Popeck entouré de ses objets fétiches : caleçon molletonné, guitare, redingote, chapeau melon, menu de Chez Maxim’s, etc. Sans jamais être vulgaire, il passe du coq-à-l’âne et déballe ses considérations désopilantes mais pas si absurdes que cela. Et le public rit à gorge déployée à l’écoute de ses histoires d’hier et d’aujourd’hui, parfois tendres, souvent mordantes, toujours pleines de pertinence et plus encore d’impertinence.

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