LA FIN DU DÉBUT – THÉÂTRE LEPIC

♥♥ Malgré la présence généreuse et la faconde indéniable du comédien, le seul en scène de Solal Bouloudnine n’a pas réussi à me convaincre. Sans doute est-ce lié au côté un peu trop brouillon de la mise en scène et du ton adopté, qui hésite entre plusieurs styles (jeu survolté, nostalgie à travers la musique et les vidéos des années 1990, humour potache ou franchement outrancier). Le postulat de départ : la mort brutale du compositeur et chanteur Michel Berger (décédé à 44  ans d’une crise cardiaque) qui aurait fait prendre conscience de la finitude de la vie au gamin de 6 ans qu’était l’humoriste à l’époque. À partir de là, il se construit un monde virtuel où le va-et-vient entre rêve et réalité, personnages réels ou inventés, va lui permettre de conjurer son angoisse de la mort.

Le début du spectacle est très laborieux, peinant à déclencher le rire. Une fois lancé, il souffre d’un manque flagrant de ligne directrice. Sur fond d’hommage aux années de son enfance et au couple Berger-France Gall, Solal évoque, en vrac, sa peur de la fin de la vie et des maladies, transmise par un père chirurgien un peu foutraque, une société inventée où l’on pourrait choisir l’âge de sa mort, mais aussi les travers de la famille juive – sujet éminemment classique, traité bien avant lui par Woody Allen. Malgré la drôlerie de certains passages, on a l’impression d’assister à une suite de sketches mis bout à bout, de qualité très inégale, plutôt qu’à un spectacle abouti. L’écriture aurait sans doute gagné à être plus travaillée (n’est pas Raymond Devos qui veut).

Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas spécialement apprécié La Fin du début (ou est-ce Le Début de la fin ?) Ce n’était visiblement pas le cas de tout le monde puisque mes voisins se tordaient de rire dans leur fauteuil. Question de goût sans doute, l’humour étant affaire de sensibilité personnelle.

Le billet de Véronique

LA FIN DU DÉBUT
Théâtre Lepic
1, avenue Junot – 75018 Paris

Lundi et mardi à 21 h
Dimanche à 19 h 30

Crédits photo : Marie Charbonnier

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