LA CONFITURE AUX COINGS – À LA FOLIE THEATRE

♥♥♥ Jules et Romane nous content leur vie entière, en remontant le temps de leurs 90 ans à leurs 10 ans, à leur passion, leurs doutes, leur amour… sans jamais oublier leurs petits goûters de 17 heures avec les immanquables biscottes et la succulente confiture de coings.

La Confiture de coings, texte et mise en scène de Margaux Lebrun, est interprétée par deux excellents comédiens, Clara Navarro et Hugo Samperiz. En quatre tableaux – Mourir, Vieillir, Vivre, Naître – allant de leurs derniers jours aux premières années de leurs vies, Jules et Romane nous racontent les moments les plus marquants de leur histoire d’amour.

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MELTING POT – STUDIO HÉBERTOT

♥♥ 1907. Véra Revendal, chrétienne orthodoxe, et David Quixano, juif, sont amoureux. Tous les deux sont exilés de Russie aux États-Unis : elle pour ses opinions politiques révolutionnaires, lui parce que toute sa famille a été massacrée dans un pogrom à Chisinau. À New York, sur la terre du melting- pot, tout semble réuni pour qu’ils puissent vivre leur amour, malgré leurs religions différentes. Mais c’est sans compter sur le poids de la tradition incarnée par l’oncle de David et le tragique coup du sort qui voit le retour du père de Véra, impliqué dans le pogrome de Chisinau…

Excellente idée de Marie-Céline Courilleault d’adapter The Melting-Pot d’Israël Zangwill, auteur peu joué en France : « The Melting-pot offre une véritable réflexion sur des questions terriblement actuelles : religions, vivre ensemble, différences ethnico-culturelles, préjugés, racisme, antisémitisme, la pièce nous offre un véritable miroir. » […] Elle porte un message de tolérance […], d’un vivre-ensemble en harmonie au-delà de nos différences, dans une unité qui est celle de ‘‘la République de l’Homme’’ ainsi que le clame le personnage de David à la fin de la pièce. »

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GAGNANT-GAGNANT – COMÉDIE BASTILLE

♥♥♥ Bienvenue à la convention de Symbiosis ! L’occasion annuelle de « fêter les victoires » et de remettre le Symbio d’or devant toute l’entreprise réunie. Ce serait du moins le programme si l’on avait pu compter sur le sérieux et la compétence des intervenants. Mais avec un PDG pris entre contrôle fiscal et infidélité révélée au grand jour, un directeur commercial qui préfère jouer le match contre Châteauroux et Stéphane, infographiste sincère mais maladroit, le grand rassemblement tourne vite à la catastrophe…

Après Venise sous la neige, Le Retour de Richard III par le train de 9 h 24 et Je m’appelle Georges… et vous ?, Gagnant-Gagnant est la nouvelle comédie écrite et mise en scène par Gilles Dyrek, parodie mordante des conventions d’entreprise qui transforme le total fiasco de l’organisation de l’événement en satire sociale.

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HOLLYWOOD BRÛLE – STUDIO HÉBERTOT

♥♥ Sous le soleil brûlant d’un Hollywood des années 1950, Jack Morrison, jeune homme rêveur et charismatique, travaille en tant que mécanicien dans le garage de son père, Bob. À ses côtés, ses amis fidèles, Maggie, secrétaire douce, provenant d’un monde rural, et Marcus, également mécanicien, jeune homme loyal suivant les espoirs de ses parents pauvres. Jack, lui, n’a qu’un rêve : celui de devenir acteur et appartenir à ce monde du cinéma, alors en plein essor. Lorsqu’un jour, il déniche une annonce pour un casting dans le journal, c’est décidé : le rôle sera pour lui. Jack ne sait pourtant pas que le garage de son père est au bord de la fermeture et que celui-ci ne parvient plus à rembourser l’argent qu’il doit à Andréa Russo, un louche homme d’affaires… Croyant enfin toucher du bout des doigts son rêve, le destin va causer la chute irréversible de Jack… Les désillusions d’un rêve.

Hollywood brûle conte le parcours de Jack Morrison, jeune mécanicien rêveur désillusionné. C’est aussi l’histoire de Maggie, Marcus et Bob dont les espoirs se brisent contre le poids du capitalisme, de l’effacement systémique et du sacrifice silencieux. C’est l’histoire de ceux qui ont le droit de rêver dans une société qui glorifie la réussite tout en punissant l’ambition lorsqu’elle vient des marges. La pièce « évoque les conflits familiaux et sociaux qui pèsent sur nos choix, les rêves que l’on poursuit ou que l’on sacrifie, les origines que l’on fuit ou que l’on revendique. Tous les personnages sont confrontés, à un moment, à la nécessité de partir – quitter un lieu, une condition, un héritage – dans l’espoir de bâtir une existence meilleure ailleurs. » (Marie Reignier, autrice et metteur en scène).

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LE CHŒUR DES FEMMES – STUDIO HÉBERTOT  

♥♥♥ Jean Atwood, une jeune femme interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l’envoie passer son dernier semestre d’internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes – avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes, accompagnement des cancers gynécologiques en phase terminale. Le docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d’elles-mêmes à longueur de journée. Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Pour Jean Atwood, interne au caractère bien trempé et qui brûle d’exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable. Mais la réalité n’est jamais ce que l’on anticipe, et la rencontre entre les deux médecins ne va pas se dérouler comme l’interne l’imagine.

Le Chœur des femmes, adapté du roman documentaire de Martin Winckler, raconte l’histoire d’un jeune médecin déjà formaté par la faculté qui doit brusquement réviser ses préjugés devant une réalité qui lui avait échappé jusqu’ici. Ce ne sont pas ses maîtres qui lui apprendront la médecine des femmes mais les patientes avec ses gestes, ses particularités, ses écueils, ses interrogations éthiques tout en questionnant la relation médecin – patiente.

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LES RAISINS DE LA COLÈRE – THÉÂTRE LE LUCERNAIRE

♥♥♥ L’histoire de la famille Joad, lors de la Grande Dépression des années 1930, aux États-Unis, nous transporte sur la route 66, entre espoir et misère, générosité et mesquinerie.

Selon Xavier Simonin, metteur en scène et conteur, « Raconter notre époque, envisager l’avenir, se fait bien souvent en regardant le passé plus ou moins proche. Des enjeux de rareté de l’eau, de migrations, de lutte économique et de paupérisation de certains au profit d’autres se précisent chaque jour un peu davantage, au Nord comme au Sud. Parlons de sujets graves avec la lumière nécessaire pour y voir plus clair. C’est ce que proposais Steinbeck pour illuminer son temps… […] Notre lumière sera la musique offrant la faculté d’éclairer la tragique histoire des Joad et de nous transporter par des voies sensibles tout au long de la route 66. »

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CLIMAX – LE LUCERNAIRE

♥♥♥♥ La compagnie Zygomatic tire la sonnette d’alarme pour éveiller nos consciences sur la question de l’urgence climatique, l’épuisement des ressources naturelles, l’effondrement de la biodiversité́ et plus largement, la survie de notre chère petite planète.

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LE BOUQUINISTE MENDEL – À LA FOLIE THÉÂTRE

♥♥♥ Dans la Vienne du début du XXe siècle, il n’est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l’ensemble du savoir imprimé. Monomaniaque à la mémoire prodigieuse, affreusement peu doué en affaires, il est affligé d’une boulimie bibliographique qui fait de lui un homme précieux. Perpétuellement installé à la table du café Gluck du vieux Vienne dont il a fait son quartier général, il délivre ses conseils aux amateurs d’éditions les plus rares ou les plus savantes. Pour cela, il reçoit des quatre coins du monde la documentation nécessaire à entretenir son expertise. Mais la guerre 1914-1918 éclate, et ce pacifiste passionné de livres est suspecté d’espionnage…

« Tout de suite ce personnage [le bouquiniste Mendel] m’a attiré parce que, à un moment de ma vie, j’avais croisé pendant plusieurs années un personnage très similaire. Dans une vie précédente j’étais pédiatre. Mon maitre fut un homme qui, après un parcours tragique (déporté pendant un an à Auschwitz) était devenu, à l’époque où la mémoire du monde ne se trouvait que dans les livres et dans le cerveau de l’homme, une référence dans le monde médical tant sa connaissance livresque était presque infinie. Dans son domaine on avait toujours l’impression qu’il avait tout lu et, de ce fait, avait réponse à tout. Leur judéité commune, et la tragédie qui les avaient traversés, comme elle avait traversé la vie de Stéphane Zweig, malgré une époque différente, me les rendait très proches. Je percevais comme un hommage le fait de me glisser dans la peau d’un tel personnage. » (Jean-Luc Giorno, l’adaptateur).

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D’AUTRES FAMILLES QUE LA MIENNE – THÉÂTRE DU ROND-POINT

♥♥♥♥ De l’enfance à l’âge adulte, l’histoire de Nora et celle de Nino s’entrecroisent, se répondent pour finir par se mêler. L’une et l’autre sont faites chacune de grands désastres et de petites joies. Comme dans la vraie vie.

Entre gravité et espoir, émotion et optimisme, D’autres familles que la mienne est une touchante réflexion sur la construction de l’identité des enfants qui grandissent au sein de familles d’accueil parallèlement aux méandres des services d’aide à l’enfance (longueurs administratives, manque de moyens…). Quoi de plus dramatique à surmonter pour un enfant que l’abandon de sa mère ? Mais grâce à la résilience, l’amitié, l’amour, la tendresse et la bienveillance de ceux qui les entourent, tout est encore possible pour Nora et Nino, comme pour les autres.

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GAUGUIN–VAN GOGH – LE LUCERNAIRE

♥♥♥♥ Quelques semaines avant le 23 décembre 1888, le fameux jour où Vincent Van Gogh se coupera l’oreille avec son rasoir, Paul Gauguin le rejoint dans sa maison d’Arles à la demande insistante de Théo Van Gogh. Vincent y vit depuis quelques semaines, avec une certaine sérénité, pensionné par Théo. L’idée ? Fonder en Provence une maison d’artistes d’avant-garde. Vincent voue une admiration sans faille à Paul Gauguin, l’un des pères de l’art moderne. Pourtant, que de querelles éclatent entre eux pendant leur tumultueuse cohabitation. Leurs deux visions opposées de la peinture s’entrechoquent (Gauguin l’imaginaire, Van Gogh la nature), comme leurs modes de vie, leurs caractères. Chez eux, tout est dissemblable. Mais comment Vincent est-il arrivé à ce niveau de désespoir jusqu’à s’automutiler ? Gauguin – Van Gogh retrace fidèlement ces neuf semaines incandescentes.

Le face-à-face entre les deux peintres interprété par William Mesguich (Van Gogh) et Alexandre Cattez (Gauguin) est éblouissant de talent et de sincérité. La vive tension émotionnelle entre les deux hommes monte crescendo au fil des scènes pour atteindre une incroyable intensité qui s’achèvera par le geste fatal. Les mots de Cliff Paillé sont fougueux comme les personnalités décrites sont justes, l’un est nerveux et dépressif, l’autre est jouisseur et confiant en son avenir. La mise en scène de Cliff Paillé et Noémie Alzieu orchestre à merveille la dégradation inéluctable de leur relation et annonce la fin tragique de l’artiste maudit.

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