COMME IL VOUS PLAIRA – THÉÂTRE HÉBERTOT

♥♥♥ Un jeune duc, après avoir banni son grand frère, le vieux duc, décide de bannir sa nièce Rosalinde, la fille du vieux duc. Mais sa fille Célia, se considérant comme la sœur de Rosalinde, la fille du vieux duc, s’enfuie avec elle dans la forêt à la recherche de celui-ci. Poursuivies par le jeune duc, Rosalinde se déguise en homme, et Célia en bergère. Le vieux duc, le jeune duc, la fille du vieux duc, la fille du jeune duc, les amis du vieux duc, les amis du jeune duc, tout ce petit monde se retrouve dans la forêt des Ardennes…

Dans cette nouvelle adaptation de Pierre-Alain Leleu, moderne et enlevée, de la comédie Comme il vous plaira de William Shakespeare, se mêlent aventure, amour, désir, amitié, passion, jalousie… Les quiproquos s’enchaînent, les ducs et les duchesses en herbe se cherchent et se retrouvent, se détestent et s’aiment et s’épousent. Sous la houlette tonique de Léna Bréban, la mise en scène est détonante, décalée. Le rythme est mené tambour battant du lever au tomber de rideau. Le décor est féérique. Le texte est impertinent à souhait. La musique des Beatles et de Georges Moustaki accompagnent le tout. Quant aux neuf acteurs/chanteurs musiciens (Léna Bréban en alternance avec Ariane Mourier, Valentin Rolland en alternance avec Lionel Erdogan, Éric Bougnon, Adrien Dewitte, Pierre-Alain Leleu, Juliette Mayer-Michalon, Adrien Urso et Jean-Paul Bordes), tous talentueux, Barbara Schultz en tête, ils se déchaînent sur la scène comme dans la salle pour le plus grand plaisir ou étonnement du public. C’est selon.

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EXIT – THÉÂTRE 14

♥♥♥♥Jacklyne, Manu, Laurent, Docteur Jean et Sophie sont accompagnateurs bénévoles dans l’association Exit. Ils sont les héros du quotidien de nombreux malades, ils osent regarder la mort en face. Nous les suivons dans leurs réunions, leurs permanences téléphoniques, leurs randonnées. De la prise de contact jusqu’à la mort, ces anti-héros accompagnent, avec leurs propres limites, les malades vers une issue qu’ils estiment plus digne.

Depuis 1982, en Suisse, des associations telles qu’Exit proposent en toute légalité une assistance au suicide pour les personnes atteintes d’une maladie incurable.

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LE NEVEU DE RAMEAU – THÉÂTRE DE L’ESSAION

♥♥♥ Vers 1760, au café de la Régence non loin du Palais-Royal à Paris, lieu où les clients aiment à jouer aux échecs, un dialogue philosophique et pétillant, portant sur la morale, l’art, l’éducation et les mœurs, s’engage entre Denis Diderot, le fondateur de l’Encyclopédie (œuvre emblématique du siècle des Lumières), et un bohème cynique et braillard : Jean-François Rameau, neveu déchu du grand compositeur Jean-Philippe Rameau. Diderot est littéralement fasciné par ce personnage composé « De hauteur et de bassesse, de bon sens et de déraison », un être abject mais délivré de son abjection par la fierté qu’il en tire. Les deux hommes s’opposent en tout… ou presque.

Dans un décor sommaire (une table, un banc, deux chaises), la joute verbale entre ces deux tempéraments de feu que sont Diderot et Rameau est brillante, virevoltante, pétillante. De haute volée. Les deux antagonistes rivalisent d’intelligence et de malice, le sophisme de l’un répondant avec brio à la philosophie de l’autre. Il est vrai, on ne peut qu’en convenir : les dialogues signés Diderot sont étincelants tant par la forme que par le fond. Et d’une modernité époustouflante ! « L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener. » Il en est toujours ainsi malgré les siècles qui nous séparent de leur rédaction.

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POPECK. FINI DE RIRE, ON FERME ! – THÉÂTRE DE PASSY

♥♥♥♥ Avec son accent yiddish inimitable, son chapeau melon, son caractère grognon et son humour légendaire, Popeck s’offre un dernier tour de piste au Théâtre de Passy. Si vous désirez le (re)voir sur scène, c’est maintenant ou jamais car bientôt Fini de rire, on ferme ! 

Quel bonheur de retrouver Popeck entouré de ses objets fétiches : caleçon molletonné, guitare, redingote, chapeau melon, menu de Chez Maxim’s, etc. Sans jamais être vulgaire, il passe du coq-à-l’âne et déballe ses considérations désopilantes mais pas si absurdes que cela. Et le public rit à gorge déployée à l’écoute de ses histoires d’hier et d’aujourd’hui, parfois tendres, souvent mordantes, toujours pleines de pertinence et plus encore d’impertinence.

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DENVER, LE DERNIER DINOSAURE – THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE (JEUNE PUBLIC)

♥♥♥♥ 1985. États-Unis. Une bande de jeunes Californiens découvre dans un terrain vague un mystérieux œuf de dinosaure. Le gigantesque bébé est baptisé Denver par ses nouveaux amis. Ils deviendront très vite inséparables. Malheureusement, il devient la cible d’un producteur véreux prêt à tout pour s’enrichir…

Fans du mythique dessin animé des années 1980 Denver, le dernier dinosaure, Arthur Jugnot et Guillaume Bouchède l’ont adapté pour la scène. Et c’est un total succès ! Les tableaux s’enchaînent à un rythme effréné pendant une heure trente pleine de bonne humeur. Que d’aventures et de rebondissements ! Les répliques font mouche, les musiques sont mémorables, les paroles des chansons à hurler de rire, les chorégraphies endiablées. Même les changements de décors sont l’occasion de belles ou surprenantes surprises. Pas un temps de répit, pas une seconde d’ennui. Petits et grands restent attentifs d’un bout à l’autre. Les multiples interactions avec le public sont totalement déjantées. Formidable coup de chapeau aux neuf comédiens-chanteurs-danseurs débordant de vitalité et d’humour.

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BLACK LEGENDS – La Scène Musicale

♥♥♥♥ La silhouette d’un esclave apparaît sur le tristement célèbre Code noir ; en 1685, il donnait tous les droits aux propriétaires blancs occidentaux. L’homme se déploie à partir du sol, se lève, retombe… Quelques instants plus tard, il devient l’un des premiers danseurs du Cotton Club, ouvert à Harlem en 1920. Ainsi s’ouvre Black Legends. Cette magnifique fresque musicale en 36 tableaux retrace presque un siècle de la musique afro-américaine : du Cotton Club à l’élection à la Maison Blanche de Barack Obama en passant par la lutte pour les droits civiques.

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LE PETIT CHAPERON ROUGE (vu au THÉÂTRE DE LA HUCHETTE)

♥♥♥ Dans une toute petite maison perdue dans une forêt lointaine vivent une petite fille, une maman et un creux d’amour au milieu. Dans cette toute petite maison règne en maître l’ennui assourdissant. Mais que va-t-il se passer lorsque la petite fille aura réussi à faire un gâteau pour sa grand-mère ? Lorsqu’elle ira seule dans la sombre forêt au milieu des grands arbres ? Lorsqu’elle rencontrera cette bête véritablement monstrueuse ?

Le Petit Chaperon rouge revu par Joël Pommerat, c’est une grande part narrative avec très peu de dialogues pour ne retenir que l’essentiel de l’histoire.

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PAUVRE BITOS ou LE DÎNER DE TÊTES – THÉÂTRE HÉBERTOT

♥♥♥♥ Dans une petite ville de province, un groupe d’amis de la bonne société se donne rendez-vous pour un « dîner de têtes ». Chacun doit se faire la tête d’un grand personnage de la Révolution française. André Bitos, fils du peuple devenu magistrat incorruptible et vertueux, est l’invité d’honneur : il jouera Robespierre. Mais il semble que l’objectif de cette soirée ne soit pas uniquement de refaire l’histoire de France… Cette bande de notables en smoking – perruque va se lancer dans un jeu de massacre aussi cruel que jubilatoire.

Pauvre Bitos est créé au théâtre Montparnasse (1956) avec Michel Bouquet dans le rôle-titre. Elle décroche autant un triomphe qu’elle déclenche un scandale. Pourquoi ? Jean Anouilh osait s’attaquer, dans un parallèle avec la Terreur de 1793, à un totem : l’épuration, considérée alors comme la suite logique de la Libération de 1944. « Bitos, dans l’imagination d’Anouilh, c’était une sorte d’arrière-petit-fils de Robespierre dans la France d’après-guerre. […] À la Libération, au moment où se passe la pièce, il se livre à de sinistres épurations au nom de la Résistance, au nom du bien. Je dois avouer que, au cours des répétitions qu’il avait voulues très secrètes, je ne me suis pas vraiment rendu compte du tollé que nous allions déchaîner. C’était le 11 octobre 1956. Certains allèrent jusqu’à qualifier la pièce ‘‘d’ordure’’ ou de ‘‘crachat’’ ; la plupart reprochaient à Anouilh de souiller l’honneur et la mémoire de la France, de mettre droite et gauche dans le même sac de fiel et de mépris, de ne sauver ni pauvres, ni riches : tous infâmes, lamentables, les Français qu’il mettait en scène… Mais si cette comédie grinçante fit violemment réagir le public, elle ne manqua pas de le faire venir en grand nombre : la pièce fut un triomphe. » (Michel Bouquet, in L’homme en jeu et Mémoire d’acteur).

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UNE SOIRÉE CHEZ OFFENBACH – THÉÂTRE DE PASSY

♥♥♥ Et si on allait passer Une soirée chez Offenbach, le compositeur d’opéras-bouffes qui a égayé le Paris du Second Empire ? Sa musique brillante et populaire réjouit toujours les cœurs. Quant aux paroles des librettistes Meilhac et Halévy, elles sont pleines de verve et nul ne peut rester insensible à leur humour.

Quatre solistes de renom (en alternance Nicolas Rigas, Christine Tocci, Clémentine Decouture, Pierre-Antoine Chaumien, Guillaume Zhang, Xavier Flabat qui se sont produits à l’Opéra d’Avignon, au Théâtre des Champs-Élysées, aux Chorégies d’Orange, Monte-Carlo…) interprètent avec talent des extraits connus (Le Brésilien, J’aime les militaires…) et moins connus des opérettes de Jacques Offenbach (La Vie Parisienne, La Belle Hélène, La Périchole, Les Contes d’Hoffmann…) dans un livret « à la Feydeau ». Ils sont accompagnés avec brio au piano par Ruta Lenciauskaite ou Félix Ramos. La mise en scène de Martin Loizillon distille des notes de bonheur dans la salle.

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NASREDDINE – vu au FIGUIER POURPRE (JEUNE PUBLIC)

♥♥♥ C’est un drôle de bonhomme qui se promène à contresens dans l’existence. Est-il sage ? Est-il fou ? Là où la logique ne voit que deux voies possibles, il trouve toujours le moyen d’attraper la réalité et de la retourner, comme on met un vêtement à l’envers. Nasreddine, c’est celui qui peut se permettre de tout dire parce qu’on ne le prend pas au sérieux. Un sage pas aussi fou qu’il n’y paraît.

La compagnie Viens voir en face a traduit des fables populaires du Moyen-Orient dans un langage à la croisée des chemins entre arts de la parole et marionnettes contemporaines pour nous proposer un spectacle chaleureux et pétillant de malice, qui fait parler les objets tout en déployant les facéties d’un humour à double sens.

Nasreddine nous plonge dans l’imaginaire du Moyen-Orient. Tout en nous redonnant notre âme d’enfant, il régale autant nos yeux que nos oreilles. Un véritable moment d’enchantement et d’évasion pour les grands et les petits.

Le regard d’Isabelle

NASREDDINE

En 2024

Le jeudi 17 octobre à 10 h et 14 h
Le vendredi 18 octobre 14 h et 19 h
Le samedi 19 octobre à 16 h 
 
Du mercredi 23 au vendredi 25 octobre à 15 h au Mucem, Marseille (13)
 
le samedi 09 novembre à 16 h à l’Espace Charles-Aznavour, Arnouville (95)