ANDERSEN ! – THÉÂTRE LE LUCERNAIRE

♥♥ Hans Christian Andersen arrive à Copenhague. Du haut de ses 14 ans, il a une ambition débordante et une lourde histoire familiale pour bagages. Dans sa tête, ses complices « ambition, fantaisie et raison » se battent pour décider de son avenir. Ces trois petits personnages l’aident, avec beaucoup de gaucherie et d’humour, à s’évader du temps présent. Plein de bonne volonté, ils racontent à Hans de belles histoires. Tantôt mornes et tristes comme le ciel gris et froid en hiver, tantôt drôles et enfantins comme un petit bonbon sucré pour les petits : Andersen ! raconte les contes inspirés par sa propre existence : La Petite Marchande d’allumettes, Les Habits neufs de l’empereur, La Reine des neiges et La Princesse au petit pois.

« Au cours des siècles, certains aspects historiques, sanglants ou durs de ces contes ont été atténués au point parfois d’en modifier le sens. La Reine des neiges est devenue une histoire à l’eau de rose de deux sœurs, alors qu’elle était à l’origine le voyage initiatique de deux enfants vers l’âge adulte. Comment est-il également possible de transmettre un message identique quand la fin tragique de La Petite Sirène se transforme en un happy end ? Il est dommage que certaines adaptations connues du grand public modifient tellement l’histoire que le message initial de l’auteur n’existe plus. Selon Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées, les contes ont pour but de répondre aux différents problèmes que l’enfant peut rencontrer tout au long de son développement. Il est évident que les problèmes rencontrés par les enfants ont changé au cours des siècles et que certains contes peuvent sembler poussiéreux. Mais faut-il passer tout cet héritage à la Javel ? J’aimerais juste souffler sur la poussière pour faire ressurgir l’incroyable modernité de ces œuvres, retrouver les origines mêmes des contes pour montrer à quel point les thèmes abordés font encore écho dans notre société actuelle. »

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2025 – À LA RECHERCHE DE LA RECHERCHE – THÉÂTRE LE PETIT-CHIEN

♥♥♥♥ Marcel Proust a écrit À la recherche du temps perdu parce que sa maman ne venait pas toujours pour l’embrasser, le soir dans sa chambre, avant de s’endormir. Jean-Jacques Vanier entraîne le public à la recherche des origines de ce monument de la littérature française… et de ses propres souvenirs d’enfance : les gardiennes de moutons du papier peint de sa chambre, son copain Guillaume, la lampe de poche du grenier de sa grand-mère, les bougies du poêlon à fondue savoyarde du père de Guillaume, Yvette Horner et son accordéon, les tables de multiplication (la 7 plus particulièrement), un chauffeur de bus et son véhicule… sans oublier la chère maman du petit Marcel.

« Lire À la recherche du temps perdu n’a jamais été pour moi ni un rêve ni un défi, pas plus qu’escalader l’Everest, et pourtant je pense avoir l’âme d’un aventurier. Et puis un jour, un professeur de théâtre nous dit au milieu de son cours que le plus beau des voyages était le voyage intérieur, qu’il avait l’avantage de ne pas coûter trop cher et que la meilleure agence pour un voyage intérieur était la lecture de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Cette phrase a longtemps résonné (raisonné ?) peut-être parce qu’elle contenait la promesse de la découverte d’un fabuleux trésor, de son propre mystère intérieur. La surprise, c’est que la lecture d’À la recherche s’est avérée être un éverest à gravir… et sans oxygène. Bien des années plus tard, après trois ou quatre tentatives d’ascension de cet éverest, l’idée de ce spectacle est née. Lire À la recherche du temps perdu et faire remonter les souvenirs enfouis, retourner dans ma cour d’école, dans le jardin de ma grand-mère, vers mes premières amours, plonger dans mon enfance par la découverte de celle de Marcel Proust et entraîner le spectateur dans la sienne, dans sa propre cour de récréation. Le spectacle est né de ce manque d’oxygène et d’une question : Pourquoi longtemps ? Pourquoi longtemps Marcel s’est-il couché de bonne heure ? Mon travail a consisté à répondre à cette question sans jamais perdre de vue la nécessité, la priorité, l’obligation et le plaisir de faire rire la salle, d’apporter de la joie et après tout, pourquoi pas, du bonheur. » Pari remporté haut la main par Jean-Jacques Vanier.

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2025 – AVEC PLAISIRS – vu au THÉÂTRE DE LA HUCHETTE

♥♥♥♥ Paul et Julie assistent à la représentation d’un spectacle : quatre couples au cœur de la tourmente se débattent pour sauver leur relation après plusieurs années de vie commune. Pour cela, ils n’hésitent pas à consulter thérapeutes ou conseillers matrimoniaux. Peu à peu apparaît une radiographie du couple que forment un homme et une femme, de la vie qui les anime, de l’énergie qui se dépense à tenter la rencontre, la confrontation des désirs, les aléas de la vie commune… Aucun couple ne se ressemble : à chacun ses particularités, ses humeurs, ses espoirs, ses regrets, son chemin. Témoins des histoires qui se déroulent devant eux, Paul et Julie vont à leur tour se raconter, se reconnaître, se retrouver, s’aimer peut-être.

Par l’expérience de ces quatre couples se dessine la complexité du sentiment amoureux entre un homme et une femme. Chaque couple diffère sur ses facettes – le désir, le plaisir, la tendresse, le quotidien, les projets communs… – comme sur ses dysfonctionnements lorsqu’une crise ou un drame le traverse. Le conjoint que l’on croyait connaître se découvre alors si différent au risque de faire exploser le couple uni depuis des années, parfois des décennies.

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2025 – PHARAON AKHENATON LE MAUDIT – THÉÂTRE DU PETIT- LOUVRE

♥♥♥ Seul sur son trône, abandonné de tous, le pharaon Akhenaton se retrouve face à ses contradictions. Confronté à la haine de ses deux principaux ministres, il tente d’éviter un coup d’État. Père du monothéisme, il se bat contre les religions ancestrales et crée la première guerre de religion. Délaissé par son épouse Néfertiti, on veut l’éloigner de son fils Toutankhamon. C’est la dernière heure du règne du plus extraordinaire des pharaons. Sera-ce la fin de la XVIIIe dynastie égyptienne ?

Lors de sa montée sur le trône à 13 ans, héritier de la plus grande lignée des pharaons égyptiens, Amenhotep IV entend la voix d’un dieu qui se prétend unique, Aton, représenté par le soleil, précurseur de notre dieu contemporain. Cette révélation balaie de manière inattendue et soudaine l’ensemble des dieux millénaires égyptiens, menés en premier lieu par le puissant Amon et son clergé omnipotent et corrompu. En déclarant la guerre au clergé d’Amon, Amenhotep IV prend le nom provocateur d’Akhenaton. Une guerre sans merci éclate alors. Akhénaton : charlatan, fou ou messie ?

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LE LIVRE OUBLIÉ – FESTIVAL SenS – THÉÂTRE DES GÉMEAUX PARISIENS

♥♥♥♥ Il voulait être seul. Et puis, elle entre dans son compartiment. Elle ne le regarde pas. Pire encore, c’est comme s’il n’existait pas. Elle lit. Mais il est libre, disponible. Surtout, lui est un homme à femmes et voudrait bien entamer avec elle la conversation. Comme ça, pour le plaisir de l’échange. Mais qui est-elle ? À quoi joue-t-elle ? Pourquoi cette indifférence ? Qui est cette inconnue, proche de la Passante de Baudelaire ? Que cache-t-elle ? Une station. Il l’aide à descendre sa grande et lourde valise. Elle descend du train, elle s’éloigne. Il reste seul comme il le souhaitait. Par mégarde, à moins que ce soit volontaire, elle a oublié le livre qui accaparait tant son attention il y a peu. Aussitôt, lui reviennent en mémoire de beaux textes sur les femmes et la séduction.

Dans une mise en scène épurée et une scénographie minimaliste, une simple banquette, Jean-Pierre Bouvier est parfois grave, parfois sensible, toujours rieur. Il raconte la « Femme » en empruntant ses mots aux personnages célèbres des œuvres de Racine, Beaumarchais, Molière, Cervantès, Claudel et de tant d’autres. Il les raconte « elles » pour mieux se dévoile « lui ». Il passe par tous les sangs, Dom Juan dépité et passionné. Est-ce un rêve ou un fantasme ? Un hommage à la Femme ou une ode au désir charnel ? Le tout est habilement mené en mots par Jean-Philippe Arrou-Vignod, l’architecte de ce bel assemblage littéraire.

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2025 – LA VALISE (vu au THÉÂTRE ESSAÏON)

♥♥♥♥ Il y a cinq ans, à la mort de son oncle André, Sophie hérite d’une vieille valise. À l’intérieur, des centaines de photos de toute sa famille, de ses arrières grands-parents italiens à ses filles. À travers le regard affectueux qu’elle porte sur eux, chaque personnage prend vie sous nos yeux : un père devenu soudain célèbre sans jamais quitter son canapé, une mère pimpante à l’engouement indéfectible, une tante à la voix fêlée et aux multiples brushings, un papy napolitain dangereux, un oncle joyeux au destin inattendu sans oublier Gerry, le chien éternel. Des histoires à la fois incongrues, désopilantes, tragiques ou émouvantes.

Pour qu’ils ne meurent pas tout à fait et surtout parce ce qu’ils lui manquent, Sophie Forte les incarne sur scène avec tendresse et humour dans une mise en scène pétillante de Virginie Lemoine et Frédéric Patto. Ce spectacle s’inspire du livre de Sophie Forte dans lequel elle raconte sa famille pas tout à fait comme les autres. Le fil rouge : l’aventure fantastique de son père, Max Forte, peintre malgré lui, qui a exposé dans le monde entier et remporté les prix les plus prestigieux sans jamais quitter son canapé lyonnais !

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LE MOIS MOLIÈRE 2025 – UN MOIS DE JUIN DE THÉÂTRE ET DE MUSIQUE À VERSAILLES

« L’année 2025 a commencé dans l’inquiétude. Les désordres internationaux et leurs conséquences sur la croissance, l’instabilité politique mondiale et nationale, la multiplication des incidents climatiques, les interrogations liées à la généralisation des écrans et de l’intelligence artificielle, tous les repères de notre civilisation et de nos connaissances bougent, de plus en plus vite.

Crise de société ? Période de transition vers d’autres horizons ? À chacun sa réponse, mais une chose est certaine : c’est dans ces périodes de doute que la culture est la plus utile pour répondre aux inquiétudes et interrogations du monde. Les difficultés financières que rencontrent les collectivités locales amènent pourtant certaines d’entre elles à pratiquer des coupes sombres dans les budgets culturels, parfois même sans trop de discernement.

Nous ne suivrons pas cette voie et si le modèle économique du Mois Molière est particulièrement soucieux de l’argent public, nous aurons à cœur, plus que jamais, de défendre l’esprit de cette grande fête annuelle, un mois tourné vers la diffusion du théâtre et de la musique en direction du plus grand nombre.

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2025 – JE N’AI PAS LU FOUCAULT – ESPACE ROSEAU TEINTURIERS

♥ Céline Caussimon nous emmène dans le monde pénitentiaire (Fresnes, Fleury-Mérogis, Villepinte…) où elle animé une quinzaine d’ateliers d’écriture à partir de l’observation de tableaux de grands maîtres : Van Gogh, Picasso, Basquiat, de la Tour, etc. À sa grande surprise, l’art traverse les murs des prisons et révèle l’humanité des détenus. Ces hommes et ces femmes, elle ne sait pas pourquoi ils ou elles sont là, ni comment ils vont réagir à ses propositions. Au fil des séances, les distances et les préjugées s’effacent. Leurs mots l’interpellent. « J’ai été bouleversée par ces rencontres improbables et l’acuité de ces regards, bien plus que je ne l’aurais imaginé. J’ai voulu en faire le témoignage. C’est ainsi que ce spectacle est né : raconter comment grâce à l’art, dans ce lieu de violence, on trouve intelligence et humanité. »

Seule-en-scène, avec pour accessoires un vidéoprojecteur, une télécommande, un micro et des feuillets, Céline Caussimon incarne tous les rôles – détenus, surveillants et coordinatrices culturelles – pour revivre ses échanges avec les différents protagonistes. 

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RETOUR A BIRKENAU – MAIRIE DE PARIS 17e

♥♥♥♥ Avignon. 13 mars 1944. Sur dénonciation, la Gestapo et la Milice viennent arrêter les hommes de la famille de Ginette Kolinka, son père, son frère de 12 ans et son neveu de 14 ans. Essayant de protester, elle est embarquée avec eux… Après un bref passage au camp de Drancy, ils sont incarcérés au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Elle sera la seule de sa famille à en revenir. Depuis Ginette Kolinka raconte. Les coups. La faim. Le froid. La honte de la nudité. La haine. La cruauté. Parfois, la fraternité. Depuis son Retour à Birkenau, elle se demande encore comment elle a pu survivre à « ça ».

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2025 – RIEN N’A JAMAIS EMPÊCHÉ L’HISTOIRE DE BIFURQUER (vu à la Maison de la culture de Sallaumine)

♥♥♥ Paris. Centre Pompidou, 16 octobre 2020. Le philosophe Paul B. Preciado organise un séminaire intitulé « Cluster révolutionnaire ». Pour cet événement, Virginie Despentes écrit et lit un texte, toujours inédit à ce jour, qui interroge la notion de frontière et de liberté. Un appel à ce que l’histoire soit libérée des carcans de domination. Un appel à ce que la révolution des corps et des esprits opère. Un appel urgent au déploiement de la douceur et de l’écoute sincère. Pourquoi ? Parce qu’il y a une véritable urgence à changer le monde. Mais encore ? Mais parce que jamais Rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer sinon l’Homme. À moins que ce soient les hommes...

Les thèmes abordés de la compagnie In Extremis ont toujours un lien avec le comment vivre ensemble et avec soi-même : le courage, la souffrance au travail, le terrorisme, les inégalités sociales, les mécanismes de domination, mais dans le but unique de célébrer la vie, l’action et la joie de la transformation ou de la réparation. Rien n’a empêché l’histoire de bifurquer est sa toute dernière création.

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