SIX PERSONNAGES EN QUÊTE D’AUTEURS – THÉÂTRE MONTANSIER

♥♥♥ Abandonnés par leur auteur en cours de création, six personnages trouvent refuge au théâtre Montansier, gardien des milliers d’histoires jouées entre ses murs et peuplé par les fantômes des personnages qui l’ont habité. Poussés par un besoin vital de raconter leur drame, ces six personnages, qui forment une famille tourmentée, interrompent les répétitions en cours de la troupe de la compagnie Gabbiano et essaient de convaincre le metteur en scène et les comédiens de leur donner vie. Très vite, les limites sont brouillées entre la réalité de la vie et le jeu de la fiction.

Au fil de leurs doléances s’agencent les éléments de leur histoire, à travers un récit fragmentaire et suspendu qui a tout du mélodrame : après la naissance de leur Fils, le Père a incité sa femme, la Mère, à se mettre en ménage avec son employé, qui lui donnera trois enfants. C’est autour de l’un d’entre eux, désignée comme la Belle-Fille, que se nouera le moment critique du drame. Le Père, habitué des arrière-boutiques où l’on monnaye les charmes des jeunes filles, manque de commettre avec celle-ci, qu’il n’a pas reconnue, un inceste… L’écriture de leur histoire révèle peu à peu le drame vécu au sein de cette famille dysfonctionnelle.

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LE CID PÈTE UN CÂBLE – THÉÂTRE DES MATHURINS

♥♥♥ Et si réinventer une pièce classique était la meilleure façon de lui donner un nouveau souffle ? Le Cid de Corneille, grand classique français, revisité par l’humoriste Caroline Vigneaux avec une belle surdose d’humour et une pleine pelletée de créativité a été rebaptisé Le Cid pète un câble

« Il y a deux ans j’ai emmené, pardon, traîné mes enfants au théâtre pour voir une pièce classique en alexandrins : L’Avare de Molière. “Vous allez voir, c’est drôle ! Faites-moi confiance !” Je pense que mes fils ont perdu toute confiance en moi dès la 3e minute de la pièce ! Pourquoi ? Ils ne comprenaient rien ! C’était comme s’ils assistaient à une pièce en latin. Ils n’avaient pas les réfs de Pierre Corneille ! Résultat des courses : mes fils ne veulent plus jamais aller voir une pièce classique “de leur life”. Moi qui voulais les initier, je venais de les dégoûter. C’est là que m’est venue l’idée ! L’idée de réécrire une pièce classique, avec un langage plus accessible, afin de créer un pont entre ces vieilles pièces et ceux qui s’y ennuient (enfants, ados et même adultes). Comme une marche qui pourrait leur donner envie ensuite de voir l’originale, et de l’apprécier. Je me suis donc lancée dans une nouvelle aventure : écrire en alexandrins, produire une pièce et mettre en scène des comédiens. […] Pourquoi Le Cid ? Car c’est une pièce qui parle d’adolescents amoureux, d’honneur et de réputation. […] Pendant deux ans, j’ai réécrit ligne par ligne, mélangeant la langue de Corneille à la mienne dans un respect (dé)constructif. J’ai coupé des passages, rajouté de l’humour et de la pédagogie (oui, on apprend bien mieux en s’amusant), de la danse, de la vidéo, et même du rap […] mais j’ai gardé la structure, l’histoire, beaucoup de vers de la version originale afin de créer Le Cid qui pète un câble. »

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LES P’TITES CASES – STUDIO HÉBERTOT 

♥♥♥ Szaludowski, modeste employé malentendant et néanmoins au caractère bien trempé, vient chercher, à la demande de son patron, une attestation de reconnaissance de travailleur handicapé auprès d’un organisme social. Les P’tites Cases est un spectacle inspiré d’une histoire (presque) vraie ; sa chute est autant inattendue pour les comédiens que pour le public.

Tour à tour pris au piège d’une dématérialisation du parcours bureaucratique qui lui est imposé, puis d’un questionnaire préétabli dont l’utilité lui échappe, Szaludowski va devoir s’accrocher à son simple bon sens pour résister à la cruauté sous-jacente des jargons et incongruités de ses deux interlocuteurs – un psychiatre et son assistant – dont les propos comme le comportement invitent autant à sourire qu’à réfléchir. Dans cette pièce où règnent magistralement l’absurde et le burlesque – la surdité est une pratique répandue chez les non-sourds qui ne veulent pas entendre ce qui les dérange –, la petitesse humaine est mise en exergue par une prompte mise en scène de Jean-Claude Cotillard dans un décor minimaliste.

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NUIT D’IVRESSE – THÉÂTRE DE LA MADELEINE

♥♥♥ Jacques Belin (Philippe Lellouche), animateur d’un jeu télévisé à succès, se retrouve seul dans un bar de la gare Saint-Lazare. Il y fait la connaissance de Simone (Catherine Jacob), une femme qui sort de prison, venue attendre son train. Ensemble, ils vont vivre une soirée très arrosée, très agitée… et surtout inoubliable.

Nuit d’ivresse, comédie culte de Josiane Balasko, est de nouveau à l’affiche. Créée le 2 octobre 1985 au Théâtre du Splendid avec Josiane Balasko, Michel Blanc et Jean-François Derec, la reprise par Catherine Jacob et Philippe Lellouche au Théâtre de la Madeleine était très attendue. Naturellement, on est tenté de se lancer dans la comparaison du jeu des deux duos de comédiens. Leurs personnalités comme leurs approches des rôles étant bien différentes, chacun a son style, son ressenti du personnage… Alors, ne débutons pas le jeu des comparaisons.

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MON TRÉSOR – LA SCÈNE PARISIENNE

♥♥ Paris, de nos jours. Bercé par les mélodies judéo-arabes, un homme d’une soixantaine d’années se remémore les souvenirs de son enfance et de sa vie quotidienne à Constantine (Algérie) auprès de sa chère maman (les rues joyeuses et foisonnantes du quartier arabe, les odeurs du marché, le hammam, les prières de la synagogue, les mélopées du muezzin, les chants de Noël), puis leur départ précipité pour la France suite aux sanglants « événements ».

Mon trésor, tout en tissant les fils invisibles qui unissent un fils à sa mère, nous propose un voyage dans l’espace et le temps. L’auteur raconte son insouciante jeunesse auprès de sa « mère juive » dans ce département de France baigné de soleil, de joie de vivre, de suaves odeurs et de couleurs chatoyantes, avec beaucoup d’émotion et d’humour sans jamais se laisser conquérir par un brin d’amertume.

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4 211 KM – THÉÂTRE MONTANSIER (VERSAILLES) & THÉÂTRE MARIGNY (PARIS)

♥♥♥♥(♥) 4 211 km, c’est la distance entre Paris et Téhéran, celle parcourue par Mina et Fereydoun venus se réfugier en France après une révolution qu’on leur a volée. Yalda, leur fille, née en France, nous raconte leur vie d’exilés, leur combat pour la liberté, l’amour d’un pays et l’espoir d’un retour. Une vie entre deux mondes. Comment vivre avec son héritage familial et culturel dans la société française à l’opposé de sa culture iranienne ? Avec le poids du passé ? Avec le sentiment du devoir de mémoire ? Avec une quête incessante de sa propre identité ?

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LA DOUBLE INCONSTANCE – THÉÂTRE LE RANELAGH

♥♥♥♥ Silvia, paysanne fidèle à Arlequin, est enlevée pour le bon plaisir du Prince déguisé pour l’occasion en simple officier. Aidé par Flaminia, il manœuvre habilement pour troubler les sentiments des deux jeunes amoureux et les séparer, illustrant comment le pouvoir manipule habilement les cœurs innocents. Deux couples soit deux mariages possibles au lieu d’un seul, tel est le début de l’intrigue de La Double Inconstance de Marivaux, située dans un univers où les faux-semblants sont loi. Au tomber de rideau, Silvia et Arlequin seront-ils vraiment heureux avec leur nouveau compagnon choisi après un jeu bien cruel ?

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L’ANTICHAMBRE – THÉÂTRE DES GÉMEAUX PARISIENS

♥♥♥♥ Paris, 1750. Marie du Deffand, femme d’esprit et figure majeure des salons parisiens où se côtoient gens de lettres et gens d’esprit, voit sa vue décliner. Elle choisit comme lectrice Julie de Lespinasse, jeune femme brillante et ambitieuse mais fille illégitime de son frère, bien des portes lui sont fermées. Entre admiration et rivalité, se joue dans l’antichambre de son salon l’éternel conflit entre les anciens et les modernes.
Dans une langue à l’élégance cruelle, Jean-Claude Brisville nous transporte au XVIIIe siècle dans l’ambiance feutrée d’un réputé salon parisien afin d’assister à une joute orale brillante qui se révèlera par bien des atours un effroyable duel moral. La plus âgée comme la plus jeune s’avèrent, l’une comme l’autre, aussi impitoyables par leur esprit vif et leur langue acérée.

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MON ROYAUME POUR UN PONEY – THÉÂTRE DE LA TOUR EIFFEL

♥♥♥♥ Une troupe de quatre joyeux lurons désire monter Richard III, tragédie aux 40 personnages. Et puisque le comédien qui remplacera l’acteur vedette mesure au plus 1 m 20, il montera non sur un cheval mais sur un poney, voilà tout ! Le producteur/directeur des meubles Mignois, un huluberlu plein de ressources, veille à l’entreprise. Quant au metteur en scène, il ne peut que plier devant ses exigences inconcevables pour monter son spectacle. Si je vous confiais que Richard III finira vendeur dans une baraque à frites sur les bords de Marne, me croirez vous ?

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APOTHICAIRE ET PERRUQUIER & UN MARI À LA PORTE – COMÉDIE SAINT-MICHEL

♥♥♥ Créée en 2012 par Geoffroy Bertran, la Compagnie Fortunio a pour vocation de faire découvrir des chefs-d’œuvre oubliés ou négligés du répertoire français d’opérette et d’opéra-comique. C’est chose faite avec deux petits bijoux d’humour et de musique concoctés par son compositeur fétiche Jacques Offenbach autour du thème : la journée de noces qui ne se passe pas comme prévu.

La première, Apothicaire et Perruquier, située sous Louis XV, met en scène quiproquos et rivalité amoureuse entre deux professions aussi anciennes que respectables, sur une musique pastichant délicieusement les styles réunis de Gluck, Mozart et Grétry.

La seconde, Un mari à la porte dans laquelle la jeune mariée, pour des raisons inattendues, interdit à son époux l’entrée de son boudoir, est un vaudeville de style Second Empire qu’Eugène Labiche n’aurait pas renié. 

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