LES FOURBERIES DE SCAPIN – LA COMÉDIE-FRANÇAISE

Affiche♥♥♥♥ A Naples, deux jeunes hommes de bonne famille ont fait des leurs en l’absence de leurs pères. Octave vient d’épouser Hyacinthe sans le consentement de son père Argante, et Léandre est amoureux de Zerbinette, égyptienne de passage dans la ville. Mais les pères sont bientôt de retour avec des projets de mariage pour Octave… Les deux étourdis s’en remettent au valet de Léandre, un génial bricoleur de stratagèmes qui peut, si l’envie lui chante, les sauver : Scapin.

Avec les moyens matériels et artistiques dont dispose la Comédie-Française, je n’espérais pas moins que d’être éblouie, et je n’ai presque pas été déçue.

La mise-en-scène (de Denis Podalydès) m’a d’abord frappée car elle met en valeur le mélange de cultures qu’il pouvait y avoir dans une ville portuaire comme Naples au XVIIème siècle. Scapin (Benjamin Lavernhe) se promène sur scène à moitié nu, savates aux pieds, et fredonne des chansons italiennes en s’accompagnant lui-même sur une espèce de ukulélé. Le trait le plus « exotique » était les costumes de gitanes d’Hyacinthe, et surtout de Zerbinette, et leur danse endiablée avec Scapin, bien plus proche d’une danse africaine que du menuet de M. Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme. Des filets de pêche traînent parmi des échafauds et machineries qui évoquent tout un univers naval. Ces décors sont impressionnants et la mise en scène exploite au maximum cet espace, cependant le décor ne change presque pas au cours de la pièce, ce qui devient un peu lassant.

Ce qui à mon avis a vraiment fait la pièce est l’interprétation époustouflante de Benjamin Lavernhe. Il est virtuose en Scapin agile et fanfaron, et ses scènes avec Géronte (le génial Didier Sandre) ont été pour moi les meilleurs moments de la pièce. Lavernhe fait aussi ressortir le côté tendre, humain de son personnage. Car Scapin est un peu philosophe, et il est bien supérieur à ses maîtres et à tous ceux qui l’entourent.

Par contre, je suis un peu partagée sur le choix d’interprétation (ou l’interprétation elle-même) de Zerbinette, jouée par Adeline d’Hermy. Elle devient ici une gitane délurée, qui danse comme une possédée, s’avachit dans les bras de Scapin et est un peu trop stupide. Certes, il fallait trouver une manière de rendre le personnage intéressant, mais l’équilibre entre sympathique et un peu bébête/ridicule, qui est bon chez les autres jeunes personnages, ne marche pas dans son cas.   

Pour conclure, cette mise en scène des Fourberies de Scapin est intéressante et rafraîchissante. Quelques choix sont contestables, mais cela vaut la peine d’être vu, ne serait-ce que pour l’interprétation de Lavernhe. La pièce de Molière prend vie, et j’ai découvert des aspects que je n’avais pas aperçus en la lisant. Je suis sortie du théâtre de très bonne humeur et des étoiles dans les yeux. ♦

Le billet de Claire 

LES FOURBERIES DE SCAPIN 

La Comédie-Française, salle Richelieu, 1 place Colette, 75001 Paris (M° Pyramides ou Palais Royal-Musée du Louvre)

Du 20 septembre 2017 au 11 février 2018

Durée environ 1h45 sans entracte

Crédit photos : Christophe RAYNAUD DE LAGE

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