COMME IL VOUS PLAIRA – THÉÂTRE HÉBERTOT

♥♥♥ Un jeune duc, après avoir banni son grand frère, le vieux duc, décide de bannir sa nièce Rosalinde, la fille du vieux duc. Mais sa fille Célia, se considérant comme la sœur de Rosalinde, la fille du vieux duc, s’enfuie avec elle dans la forêt à la recherche de celui-ci. Poursuivies par le jeune duc, Rosalinde se déguise en homme, et Célia en bergère. Le vieux duc, le jeune duc, la fille du vieux duc, la fille du jeune duc, les amis du vieux duc, les amis du jeune duc, tout ce petit monde se retrouve dans la forêt des Ardennes…

Dans cette nouvelle adaptation de Pierre-Alain Leleu, moderne et enlevée, de la comédie Comme il vous plaira de William Shakespeare, se mêlent aventure, amour, désir, amitié, passion, jalousie… Les quiproquos s’enchaînent, les ducs et les duchesses en herbe se cherchent et se retrouvent, se détestent et s’aiment et s’épousent. Sous la houlette tonique de Léna Bréban, la mise en scène est détonante, décalée. Le rythme est mené tambour battant du lever au tomber de rideau. Le décor est féérique. Le texte est impertinent à souhait. La musique des Beatles et de Georges Moustaki accompagnent le tout. Quant aux neuf acteurs/chanteurs musiciens (Léna Bréban en alternance avec Ariane Mourier, Valentin Rolland en alternance avec Lionel Erdogan, Éric Bougnon, Adrien Dewitte, Pierre-Alain Leleu, Juliette Mayer-Michalon, Adrien Urso et Jean-Paul Bordes), tous talentueux, Barbara Schultz en tête, ils se déchaînent sur la scène comme dans la salle pour le plus grand plaisir ou étonnement du public. C’est selon.

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2024 – LE FLÉAU, MESURE POUR MESURE – FORT SAINT-ANDRÉ VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON (vu au Domaine national du Palais-Royal)

♥♥♥♥ En pleine épidémie de peste, le duc de Vienne annonce qu’il quitte la ville et qu’il en confie les rênes à Angelo, modèle de rigueur et de vertu. En réalité, le duc demeure et se déguise en prêtre pour, incognito, observer ce qu’il advient lorsque la loi punit la moindre incartade. En effet, sur ordre d’Angelo, les théâtres, les maisons et les cabarets sont contraints de fermer : prostituées, maquereaux et rabatteurs subissent les coups de la loi ; les couples illégitimes sont condamnés à mort ou à l’exil.

Claudio, qui a mis enceinte la jeune Juliette hors mariage, est arrêté. Il demande à sa sœur et future religieuse, Isabelle, d’intercéder en sa faveur auprès d’Angelo. Le ministre vertueux la reçoit et en tombe brutalement amoureux, tant et si bien qu’il la met face à un dilemme et abuse de son pouvoir : céder sa virginité ou bien laisser mourir son frère…              

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FESTIVAL OFF AVIGNON 2023 – LA NUIT DES ROIS – THÉÂTRE LE LUCERNAIRE

♥♥♥ Orsino aime Olivia qui aime Viola, qui aime Orsino. Autour de ce triangle amoureux, bien d’autres personnages surgissent dans cette nuit endiablée, faite de musique, de magie et de rêves… Tel est le socle de cette pure comédie Shakespearienne familiale, joyeuse et musicale (un peu trop ?) dépoussiérée pour l’occasion.

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LE MARCHAND DE VENISE – LE LUCERNAIRE

AFFICHE Le Marchand de Venise é♥♥ Venise, XVIe siècle. Antonio aime la belle et riche Portia dont il souhaite faire la conquête. Mais il lui faut de l’argent et s’en ouvre à son ami Antonio, riche marchand chrétien. Celui-ci accepte d’emprunter trois mille ducats à l’usurier juif Shylock. Mais les conditions d’emprunt sont sans pitié : s’il ne parvient pas à rembourser sa dette, Shylock pourra lui prélever un livre de chair…
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ENTRE DEUX TEMPÊTES | FESTIVAL LES TRÉTEAUX NOMADES – HÔTEL DE BEAUVAIS

vz-00b3f4e4-a1cd-4fed-9818-1595d6c7c909Pour inaugurer l’édition 2016 des Tréteaux nomades (retrouvez ici l’interview d’Aurélie Féat, coordinatrice du Festival), la compagnie du Mystère Bouffe présente sa nouvelle création dans la cour semi-ovale de l’hôtel de Beauvais «Entre deux tempêtes» né du montage original des deux Tempêtes, l’une écrite par William Shakespeare, l’autre par Aimé Césaire…

Exilé sur une île exotique, Prospero exerce son pouvoir d’esclavagiste avec tyrannie. Lorsqu’il apprend que ses ex-ennemis passent au large de son île, il contraint magiquement Ariel, un esprit de l’air, à susciter une tempête pour se venger. Après avoir marié sa fille au fils de son ancien ennemi, Prospero libère Ariel, renonce à toute magie sans oublier de punir Caliban, esclave noir et indigène de l’île, fils de sorcière et indécrottable rebelle malfaisant. Voici le thème exposé par William Shakespeare.

Si Aimé Césaire raconte la même histoire du dramaturge anglais, il choisit le point de vue de l’indigène dépossédé de son île, Caliban. Par l’intermédiaire de son personnage, l’auteur démontre comment le pouvoir colonial calomnie, entrave et dissout peu à peu les identités culturelles.

Nelly Quette (auteur – metteur en scène) confronte La Tempête de Shakespeare à Une Tempête d’Aimé Césaire pour dénoncer l’intolérance, le racisme et les discriminations nés du colonialisme parallèlement à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle de notre époque. Avec les comédiens – Pierre Ficheux, Frédéric Kontogom, Lisa Labbé, Premyslaw Lisiecki et Sofia Lopez Cruz – la compagnie Mystère Bouffe reste fidèle à la Commedia dell’arte : changement à vue des costumes et des masques, décor dépouillé, pantomimes, combats, chants et musiques.

Si ce théâtre dans le théâtre est un ravissement absolu pour les spectateurs, on peut regretter des longueurs en première partie. Pendant que les comédiens sont écartelés dans leurs propres choix, voire mêmes contradictions – scènes à adopter parmi celles de Shakespeare et de Césaire, point de vue à défendre, distribution, etc. – le temps s’éternise quelque peu. Si sur scène, les acteurs s’agitent (toujours avec brio), l’intrigue progresse bien lentement. Soudainement, pour notre plus grand bonheur, le spectacle prend enfin son envol et la seconde partie est enlevée et rythmée. Quant à la qualité d’interprétation, elle frôle la virtuosité comme lors de chacune des précédentes créations de Mystère Bouffe et c’est un vrai bonheur que d’assister à une telle maîtrise des arts de la scène de toute la troupe d’ « Entre deux tempêtes ».

Le regard d’Isabelle

ENTRE DEUX TEMPÊTES

Cour de l’Hôtel de Beauvais, 68 rue François-Miron – 75004 Paris

Métro : Saint-Paul (Ligne 1)

Jusqu’au 25 août 2016 à 20h30.